Article Le Soir
Yoko dans les médias

Le soir

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La silhouette de Yoko Tsuno a été inspirée à Roger Leloup par l’actrice franco-japonaise Yoko Tani, dont les seconds rôles avaient ébloui l’auteur dans sa prime jeunesse. © roger leloup.

Je voulais rester dans la bande dessinée pour enfants avec Yoko Tsuno et m’adresser d’abord aux filles, pour qui le caractère sexy d’une héroïne n’avait aucune importance. Au départ, Yoko ne devait être qu’un personnage secondaire. Elle est devenue la petite ou la grande s½ur que j’aurais voulu avoir à côté de moi. Je l’ai un peu idéalisée mais sans en faire une femme fatale.

Les Japonais avaient mauvaise presse dans la BD. Buck Danny les traitait de « faces de citron ». Yoko a changé les choses ?

A l’époque, les Japonais accusaient les Européens de protec-

saient une mauvaise colle et que les pages des albums se détachaient rapidement. C’est comme ça que ce
sont devenus des objets collector. J’en ai retrouvé une pile sous un baffle de ma chaîne sté-

Cette collection est une merveilleuse illustration de l’évolution de Yoko Tsuno. ROGER LELOUP

tionnisme et de racisme. Ils ne comprenaient pas pourquoi on les dessinait en jaune. Quand j’ai créé Yoko, je me suis souvenu d’une actrice française d’origine japonaise dont j’avais été amoureux étant jeune, Yoko Tani. J’en ai fait une électronicienne car c’était le début du raz de marée de l’électronique et les Japonais entraient dans le camp des bons.
Les sept premiers albums ont été publiés sous reliure souple. A l’époque, les albums cartonnés étaient réservés aux héros établis. Rétrospectivement, cela fait sourire ?
J’étais déçu que Dupuis ne mise pas à fond sur Yoko. En réalité, ça a marché tout de suite mais ils ont attendu le 8e tome avant de passer au cartonné. C’était d’autant plus désolant qu’ils utili

réo, en même temps qu’un exemplaire de Tintin et les Picaros dédicacé à Yoko par Hergé. Il m’avait dit avec une pointe de regret qu’on aurait pu faire Yoko Tsuno aux Studios Hergé, ce qui m’avait touché.

Quel regard jetez-vous sur ces premiers albums ?
J’avais un peu peur de revoir ces balbutiements. Dans le premier tome, la coiffure et le physique de Yoko n’étaient pas encore aboutis. Mais cette collection est une merveilleuse illustration de l’évolution de Yoko Tsuno. Il y a un «effet grenier» délicieux. C’est important de la montrer dans sa simplicité originelle. J’ai aujourd’hui 78 ans et je me sens comme l’élève qui retourne à l’école.

Propos recueillis par DANIEL COUVREUR

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