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Technique (réelle) et inventions (littéraires)

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Hallberg
(@hallberg)
Illustrious Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 10550
Début du sujet  

Je voudrais faire rebondir (hop) quelques thèmes d'ordre technique abordés par Pulko, la disgression me semblant intéressante en elle-même. Ce sujet me semble un autre versant, pas forcément moins vaste, de la question du réalisme en tant qu'enjeu de style. Ici, le réalisme comme enjeu technique?

Pour le laser d'Ixo, il sera visible dans l'atmosphère s'il y a un peu de poussière. Dans l'espace par contre ça paraît moins simple, surtout que vu sa puissance les poussières seraient vite désintégrées. Donc ce n'est pas tout à fait réaliste...

Pour la caméra de la proie et l'ombre, il y a quelques expériences de projecteurs laser qui utilisent l'intersection de deux rayons laser pour faire "surchauffer" l'air en un point précis, ce qui finit par le rendre lumineux. Je n'ai pas le principe exact en tête, mais le problème est qu'il y a tellement d'énergie que toucher ce point lumineux est plutôt dangereux. De plus ça ne fonctionne encore que sur une petite surface et quand il fait assez sombre. Je n'ai pas entendu parler d'hologrammes animés, par contre, mais on n'arrête jamais la science. La difficulté principale de la projection d'image en 3d est l'absence d'écran, ce qui fait qu'on a pour tout support les molécules d'air. Elles ont en plus la mauvaise idée d'être transparentes, ce qui, pour un écran, est assez peu pratique. En plus de ça, elles bougent tout le temps, et on ne peut donc pas les installer comme un jeu de mirroirs qui permettrait d'arriver facilement à quelque chose de convaincant. On est donc obligé de s'arranger pour faire apparaître quelque chose à l'intersection de deux lasers, c'est à dire de fabriquer de la lumière avec de la lumière...

La réalisation d'une image animée me semble justement ne poser aucune question fondamentale, à partir du moment où l'on ne remet pas en cause l'idée d'animation par persistance rétinienne, le tout étant de savoir si ce procédé utilisant l'intersection de deux lasers possède une vitesse de réponse suffisante pour pouvoir illuminer un point pendant un douzième ou un quinzième de seconde, voire moins longtemps.

Ce qui est fascinant, c'est que la conscience qu'une projection n'est efficace que dans la pénombre est présente tant dans "la proie et l'ombre" que dans l'antécédent "évident" que constitue "le chateau des Carpathes", dans lequel, par inexistance du concept de lumière laser, l'idée de la projection est moins précise, mais où le principe d'une nécessaire intersection de deux projections (entre des miroirs dans le cas présent) est déjà là (et ceci-dit, toutes les applications actuelles du principe de stéréoscopie utilisent un support plan et partiellement un dispositif optique du côté de l'observateur).

En plus de la projection d'une image, Verne proposait en plus un second défi, celui de la projection du son de telle façon qu'il semble sortir de l'image. Là aussi conceptuellement, rien de sorcier puisqu'il suffit de disposer plusieurs sources pour obtenir l'effet bien connu de stéréophonie. La difficulté conceptuelle n'y est pas mais on peut imaginer la difficulté de la réalisation, quant à l'enregistrement et à la synthèse postérieure des effets de spatialisation par l'équilibre respectif des sources sonores, et surtout les raffinements de synchronisation qu'il faudrait déployer pour qu'un personnage donne l'impression de se déplacer sur une certaine distance, avec des sources d'émission du son se relayant au cours du trajet, comme les projecteurs de l'image.

Naturellement, moi, quand je réfléchis à ça, je vois des complications énormes parce que je ne peux m'empécher de penser en dispositifs électro-mécaniques ou en électronique "primitive", passionné que je suis par l'aventure des pionniers du cinéma, et je suppose que Pulko me répondrait qu'imaginer une grande complexité, une coordination parfaite de projections, d'enregistrements sonores, etc, n'est pas aussi problématique à l'ère informatique.


Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler


   
Citation
PulkoMandy
(@pulkomandy)
Honorable Member
Inscription: Il y a 22 ans
Posts: 533
 

Pas si sur... l'informatique reste quand même de l'électronique, avec des composants plus petits et plus nombreux...
De plus, plus il y a de pistes sonores et plus il y a de données qui doivent être traitées. Comme cet effet de spatialisation du son n'est jamais parfait, on pourra toujours essayer de rajouter une source sonore de plus pour avoir un positionnement plus précis. Il y a d'ailleurs là aussi des projets assez intéressants de hauts-parleurs silencieux (mais si!), qui utiliseraient des ultrasons, qui ont la propriété de ne se propager que dans une direction contrairement aux sons que l'oreille humaine, et rendus audibles, par intersection un peu suivant le même principe que les lasers.
(détails techniques ici: http://www.wipo.int/pctdb/fr/ia.jsp?IA=JP2006/312927&LANGUAGE=FR )
Ça marche plutôt bien mais avec un petit souci: comme c'est directionnel, il est interdit de bouger.

On envisage aussi des systèmes pour lire une pièce de musique en permettant à l'auditeur de se placer ou il veut par rapport à l'orchestre, y compris en plein milieu. Je n'ai pas les détails techniques en tête mais il est évident que le son de chaque instrument d'un orchestre synmphonique, enregistré séparément, prend à peu près autant de place que la symphonie entière enregistrée en une seule fois, ce qui fait que tout ça ne rentre plus sur un CD normal... sans parler de l'appareillage qu'il faut pour pouvoir l'écouter (une bonne huitaine de haut-parleurs, une salle insonorisée pour éviter les échos parasites, ...
En plus de ça, les hauts-parleurs restituent le son en gros entre 20 et 20000Hz, ce qui est à peu près ce qu'une oreille normale peut entendre, mais il n'est pas exclu qu'on perçoive d'une façon ou d'une autre des sons à des fréquences plus hautes ou plus basses.
C'est ce qui fait qu'il vaut toujours mieux aller voir un concert en vrai qu'écouter un CD smiley

Donc finalement même pour le son on n'est pas encore tout à fait au point... d'ailleurs le mixage est fait dans un ordinateur comme il était fait dans n'importe quel système électronique, même si maintenant ça rentre dans une puce d'un centimètre carré... avec d'ailleurs une qualité qui ne vaut pas du tout celle d'un ampli à lampes...


"Qui a un pied dans la barque et l'autre dans le canoë tobera à l'eau."
proverbe tuscarora


   
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