Sur le site officiel de Yoko Tsuno, Roger Leloup a dit:
— Si je devais refaire La Porte des âmes, je supprimerais le personnage d'Ethéra, constate-t-il. Avec le recul, je me demande s'il n'y a pas eu un personnage de trop qui a compliqué l'intrigue. J'aurais pu faire l'histoire uniquement avec Litsy et sa mère. Je me suis en fait attaché à cette androïde et je n'ai finalement pas eu assez de pages pour expliquer l'ensemble et développer le suspense de conclusion. Mais c'est cependant le premier album dont l'impression me satisfait totalement.
(c'était ici: http://www.yokotsuno.com/rombaldi/com_album21.html )
Que pensez-vous du personnage d'Ethéra?
Cyann, papillon doré aux ailes nacrées.
C'est vrai moi aussi je trouve qu'Ethéra a un rôle secondaire mais de la à la suprimer...
"L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs." Oscar Wilde
Eh bien contrairement à vous, moi je pense que c'est le personnage le plus intéressant de cette histoire... Listy est trop passive, trop... Comment dire? Alors qu'Ethéra, elle a une personnalioté bien plus forte, bien plus complexe... Elle abandonne ce qu'elle est, en accueillant l'âme de Listy pour parvenir à son but... Elle n'est même plus humaine, elle a tout perdu, elle n'a même plus son âme à elle... Et elle tente tout pour en finir avec Isora...
En fait, je ne parle pas ici du scénario, qui, je le pense aussi, est plus que très compliqué! Cet album est d'ailleurs celui que j'aime le moins. mais je voulais m'arrêter un peu sur Ethéra, dont on parle si peu.
Cyann, papillon doré aux ailes nacrées.
je suis assez d'accord avec cyann j'ai relu les derniers tomes y a pas longtemps, j'avoue ne plus arriver a accrocher aux histoires j'ai un peu de mal mais a la relecture je me suis deja un peu plus attaché. peut etre mon probleme vient du fait que j'ai beaucoup relu jusqu'au tome 20 mais pas ensuite, et je suis donc beaucoup moins convaincu par les intrigues ce qui est utile ou pas etc et je n'ai pas eu de reel coup de coeur depuis le tome 20 ou l'histoire m'avait intrigué etc
mais je pense aussi que Litsy est un personnage un peu mou oui ^^' j'aurai centré sur la confrontation avec Ethera personellement quitta faire que Ethera est en fait la fille et non litsy ça m'aurait semblé beaucoup plus... piquant je ne sais pas trop^^'
mais bon ce n'est qu'un avis personnel de fan de moi à moi je suis surement la seul a penser ainsi^^
C'est l'incertitude qui nous charme. Tout devient merveilleux dans la brume.
[ Oscar Wilde ]
Éthéra? Bon, j'ai toujours accroché un peu moins aux histoires vinéennes personnellement, mais moi je trouve que ce n'était pas si compliqué que ça à comprendre. La seule impression que j'ai, c'est que les personnages pouvaient être approfondis davantage, M. Leloup aurait peut-être souhaité le faire, mais je trouve que ça n'enlève rien à l'histoire.
Même si la question concerne Éthéra, moi je trouve que Litsy n'est pas du tout un personnage mou. On pourrait dire qu'elle pateauge dans l'histoire, mais mettez vous à sa place et je crois que vous pateaugeriez aussi. Sa situation n'est pas du tout banale! Ce que je me suis toujours demandée toutefois, c'était à quel point elle était coupable du crime dont on l'accuse (avoir pris la place de quelqu'un d'autre dans une capsule de mise en hibernation). J'aurais aimé savoir le contexte dans lequel cela c'était passé, cela peut changer beaucoup à notre perception des choses.
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
C'est vrai qu'à la fin, on ne sait pas ce qui s'est vraiment passé avec cette ussurpation. Listy ne possédant + son âme, elle ne peut rien démentir ou justifier. C'est vrai qu'on aurait pataugé (y'a une faute, là...)à sa place, et moi j'aurais même coulé! Mais je ne comprends pas pourquoi l'histoire est à ce point centré sur Ethéra, si c'est pour décourir qu'au final, c'est Listy la fille d'Isora...
Mais je ne crois pas qu'il eut été possible qu'Ethéra soit la fille d'isora, car sinon, elle n'aurait pas ejeté la greffe, et il n'y aurait pas eu d'histoire. Mais mon point de vue se rapproche de Satsuko.
Mais quel était ce secret, cahé au fond de l'âme de listy? celui d'Ethéra était la connaissance d'Isora, ainsi que dans les deux autres corps, alors quoi d'autre? Et puis pourquoi Ethéra voulait elle absolument tuer Isora, si c'est pour ensuite lui offrir de vivre en elle?
Cyann, papillon doré aux ailes nacrées.
À côté de cette histoire d'âmes quelque-peu compliquée, et qui aurait probablement trouvé plus d'espace dans quelques dizaines de pages supplémentaires (je n'y ai pas compris grand-chose, Kaldo a compris et il faudrait que je vous le ramène à l'occasion), Ethera fait entrer dans le récit un autre thème particulièrement complexe si l'on veut l'aborder autrement que par la psychologie de cuisine, celui de la relation entre l'identité et le visage. En ce sens, l'ouvrage s'approche de thèmes communs, par exemple, à certaines oeuvres sur les "gueules cassées" des deux guerres mondiales, sauf que le propos est pratiquement renversé, puisque Ethera, pour retrouver sa personnalité - son individualité - a détruit le visage qu'elle portait, et qui l'associait à une autre. Ce qui subsiste de commun est la question de savoir si l'on est toujours quelqu'un, aux yeux des autres, sans son propre visage, si l'autre nous considère d'abord avec le regard porté sur notre visage, et enfin, dans le cas spécifique d'Ethera, si l'on peut porter le visage d'un autre. L'éclosion d'un débat éthique possible sur l'actualité scientifique récente (la greffe d'éléments du visage) n'en finit pas de renvoyer à ces interrogations-là. Je me garderai d'avancer un début de réponse car ceci est bien complexe pour être abordé dans un post pas trop long - d'autre part, je ne m'étais à vrai-dire pas tellement posé la question en ce sens et au sujet d'Ethera. C'est par les interrogations de Cyann que je découvre cet aspect d'un personnage, dans un album qui jusqu'ici avait assez peu retenu mon attention.
Pour ce qui est de son intérêt, effectivement, ce personnage complique l'intrigue - mais surtout, il ouvre des perspectives effarantes de complexité sur les enjeux qu'il incarne. Car on pourrait aussi voir en Ethera, laissée pour morte et ramenée à la vie, les questions de l'intégrité du corps humain, des limites de la reconstruction prothétique, bref, d'une grande partie de l'éthique médicale en général. Il se trouve qu'avec tout ça, soit on abandonnait Ethera, soit on lui consacrait un volume de cent-cinquante pages, soit, comme celà a finalement été fait, on la gardait dans l'histoire tout en l'enveloppant d'un halo de mystère. Je trouve que c'est encore la meilleure solution pour que l'imagination et la réflexion de chacun trouve une infinie liberté d'agréables ou de préoccupantes divagations. Donc Ethera telle qu'elle est présentée ne me semble pas si mal...
Une autre question qui m'intrigue, cette fois, depuis le début - l'irruption de ce qui semble être des racines gréco-latines dans un contexte vinéen (Ethera, Ultima) - n'est-ce pas plutôt le phénomène de transmission de pensée qui traduit en racines linguistiques terriennes évocatrices des noms vinéens qui n'auraient pas de sens pour Yoko et pour nous? Vaste question... Question de la transmission de pensée, aussi, parce que... le transmetteur de pensée nous transmet-il des mots, ou seulement des concepts que notre cerveau traduit en mots? Le langage, essence ou simple support de la pensée?
Bon, je pense que ce message fait aussi peu avancer le Schmilblick que possible: non seulement je n'ai pas les réponses aux questions de Cyann (décidément faut vraiment que Kaldo nous réexplique ce qu'il a compris si facilement dans cet album, moi je patine dans la choucroute), mais en plus, je rajoute une floppée de questions supplémentaires... Désolé...

-Edité le: Samedi 18 mars 2006 à 01:08 par Hallberg-

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Emilia peut nous éclairer sur les processus créatifs, mais je crains que les interrogations de lecteurs restent... des interrogations de lecteurs, avec tout ce que la personnalité propre de chacun apporte à la lecture (et heureusement). Mais il n'y a pas de contradiction là-dedans, le rôle du lecteur reste cette interprétation du ressenti, tant qu'il ne sort pas de sa place et ne se met pas, de façon fautive, à supposer l'intention de l'auteur (erreur rétrospective, projection). Sinon, on risque la psychologie à deux balles. Donc moi aussi j'aimerais bien qu'un jour Emilia nous révèle ce qui a inspiré La porte des âmes à l'auteur dans l'excellente rubrique qu'elle anime, mais n'en demandons pas trop et pas trop vite, que la priorité reste au tome 25 

(ah mais que c'est exigeant, un lecteur curieux...) 

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Chouette, un sujet avec plein de questions que je me suis déjà posé !!!!
On en a déjà parlé, effectivement, il y a longtemps, avec Kaldo. C'était il y a je crois environ deux ans et demi (une éternité à l'échelle du forum, quoi !), et il m'avait à l'époque donné une explication assez claire, mais qu'avec le recul, je me rends compte que je n'ai pas intégrée (comprise ?), puisque mes questions restent toujours les mêmes...
L'une d'entre elle tient au mot "âme". Pour moi, l'âme, c'est ce qui fait l'essence même de l'être humain, et en ce sens, ne peut pas être retirée de quelqu'un et encore moins remplacée par celle d'une autre. Pour moi, c'est choquant, parce que ça ramène l'"âme" (les guillemets, c'est parce que pour moi, le mot n'est pas approprié), au rang d'une mémoire, un peu comme celle d'un ordinateur, ou bien encore des boîtes mémoires qu'on voit sur les robots articulés des "Trois soleils de Vinéa" (Sâdar, en particulier), duplicables à l'infini, remplaçables... alors que pour moi, un être humain est entier, corps et âme, et unique, donc irremplaçable... J'ai fini avec les questions sur l'âme, je sais que ça n'avance toujours pas, mais bon.
La réponse de Kaldo là-dessus, était, si je me souviens bien, que l'âme ici était à entendre effectivement comme "mémoire", "vécu", "souvenirs", la meilleure preuve étant donnée par Isora à la fin : "je lui ai tout donné... sauf mon âme".
Voilà ce que j'ai retenu du Kaldopost de l'époque sur le sujet.
Deuxième point, le rôle d'Ethéra. Pour moi aussi, c'est un personnage fondamental, dans le sens où c'est la seule à avoir réussi, finalement, à rester elle-même (la preuve en est que malgré la destruction de son corps pour en "extirper" Isora, elle a su garder sa personnalité, son esprit d'initiative). La "greffe" a donc bel et bien échoué, ce qui est bien sûr le propos de l'histoire, vous êtes bien d'accord avec moi, mais que sa personnalité est assez forte pour continuer de vivre malgré ce visage défiguré, ce corps qui n'a plus rien d'humain. Les autres "cobayes" d'Isora ont su se débarrasser d'elle également, mais en y laissant leur vie... Donc, pour moi, Ethéra est loin d'être un personnage superflu, mais aurait mérité un approfondissement important, tant de son rôle que de son caractère, de sa personnalité...
Litsy, je la voyais avant comme transparente... Jusqu'à cette histoire d'usurpation. Elle incarne pour moi la dualité de chaque personne : une part d'ombre, une part de lumière. Elle est une criminelle, condamnée comme telle, mais aussi finalement une jeune fille un peu paumée, en recherche elle aussi de son identité, de ses souvenirs... Elle semble assumer son passé, même si elle n'en a plus vraiment de souvenirs à cause de l'échange des "âmes"... mais sait mettre à profit ce qu'elle sait de "l'autre" (Ethéra), même si c'est finalement cette dernière qui la manipule (en lui reprenant son âme mais en ne lui rendant pas la sienne...).
J'en ai déjà parlé dans un autre sujet, mais "La Porte des âmes" est l'album que j'aime le moins (à égalité, je crois, avec les deux albums "Chinois", la Pagode des Brumes et la Jonque Céleste), sans doute parce qu'il est obscur, et qu'il me "heurte" à cause de cette histoire d'âmes. Ceci dit, il est très intéressant (sinon je ne serais pas là à vous faire un kaldopost sur le sujet), pour toutes les questions qu'il pose, et celle de l'identité n'est pas la moindre. D'autant plus qu'on y retrouve aussi la question de la gémellité (qu'on voit ailleurs dans l'oeuvre de Roger Leloup), par le biais des "doubles" (je pense par exemple à la ressemblance entre Margaret et Cécilia, aux deux "jumelles" Synda et Khany, aux vraies-fausses jumelles Khany et Poky, mais aussi à Yoko et à la jeune Vinéenne qui la remplace dans, si je ne m'abuse, la Forge de Vulcain, ainsi qu'à Ambre et Tyo dans le Pic des Ténèbres...) Il y a là toujours soit une question d'identité, ou d'usurpation d'identité, par un moyen ou un autre. Là, c'est Isora qui, pour survivre, se "reproduit" à l'identique en allant jusqu'à utiliser le corps de sa propre fille. Encore une question de filiation, d'ailleurs !
C'est marrant, les albums que j'aime le moins sont finalement ceux qui me font le plus discourir... C'était déjà le cas avec "Les Exilés de Kifa"...
Moi, j'aimerais juste un éclairage sur le choix du mot "âme" dans "La Porte des âmes". Emilia, si tu passes par là...
On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.
On pourrait discerter a l'infini sur le sujet.
Petite precision toutefois sur la definition que Kaldo avait donné a ce qu'il a compris comme etant l'ame dans l'album.
Pour lui, ce qui a ete soutiré a l'une et donné a l'autre, puis echangé a nouveau (ou du moins en partie), ne serait quie les souvenirs, je cite Gobol citant Kaldo:
Gobol a écrit La réponse de Kaldo là-dessus, était, si je me souviens bien, que l'âme ici était à entendre effectivement comme "mémoire", "vécu", "souvenirs", la meilleure preuve étant donnée par Isora à la fin : "je lui ai tout donné... sauf mon âme".
Pourtant, a la fin de l'album, Listy offre son "ame" au deux "victimes" precedentes d'Isora pour leurs redonner l'envie de vivre. Pour moi cela signifie qu'il ne suffit pas de voir en ce concepte d'ame que les souvenirs.
En effet, un amnesique total n'a plus de souvenirs, mais continue a avoir une volonte de vivre. Donc, a moins que la machine de Wodek permette de moduler le prelevement (juste les souvenirs ou nettoyage total), je pense qu'il y a plus que juste la memoire ou le vecu dans le concepte d'ame de l'album.
Je sais j'ai l'air d'etre un peu confus dans mes explications. C'est juste que je sais mieux m'exprimer en dialogue verbal que de coucher sur papier mes impressions.

Membre de :
"Ceux qui y sont arrivés 2 fois"

En fait, dan un sujet précédent, il y a X temps, quelqu'un (allez savoir qui?) avait émis l'hyppothèse, que ce mot 'âme' avait été utilisé là où d'auttres mots, auraient été plus judicieux et plus clairs.
Je trouve que souvenirs est à placer dans certains cas et pas pour d'autres. mais comme pour Gobol, le concept d'une âme qu'on enlève et remt à son gré ne me convient pas (c'est mon avis personnel, qui n'engage que moi).
Cyann, papillon doré aux ailes nacrées.
Hum, j'ai trouvé où ce sujet d'"âmes" avaient été débattu... Et bien débattu!! Certains étaient même vraiment loin loin loin d'aimer cet album...
J'ai peur de mettre de l'huile sur le feu en mettant le lien vu que certains n'y allaient pas de main morte, donc pour ceux qui veulent aller voir, c'est le topic "l'album le moins aimé", à partir de la deuxième page...
Cyann, papillon doré aux ailes nacrées.
Non vraiment, je voudrais voir ce que Kaldo avait à dire là-dessus (quelqu'un peut me référer l'endroit?), parce que je ne l'ai pas trouvé difficile à comprendre cet album, du tout. Et pour moi, le concept "d'âme" est flou de lui-même, même dans notre société, alors de là à aller débattre de la signification que ce mot peut avoir dans ce monde extra-terrestre...
Mettons que les traducteurs auraient pu traduire un mot vinéen par le meilleur mot possible en français, soit "âme", sans que ça soit tout à fait exactement la même chose. Et ceci serait très logique finalement, parce que même entre deux mots équivalents de langues latines différentes, la signification de ce mot peut varier un peu, mais comme c'est le meilleur mot pour traduire, on l'emploie quand même.
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...

