à Bardamu, cehel2, Onago et les autres ...
encore deux gros indices,
concernant l'activité professionnelle principale du personnage inconnu :
'dans ce monde professionnel certains hommes portent des robes différentes'
sa troisième activité professionnelle est à trouver dans le monde
de l'édition.
Il serait donc magistrat, ce monsieur?
Magistrat, écrivain et éditeur; né dans les années 20 (s'il a servi en 40-45 comme jeune conscrit); français de souche; fils de Général étoilé; a connu un succés réel avec 3 de ses oeuvres; a écrit sous un pseudonyme ...
Cela devrait commencer à se décanter ...
I asked of life: “What have you to give me? The answer came: “What have you to offer?”
Ca se décante.. mais c'est toujours trouble pour moi pour le moment..
Oui, il fut Magistrat pendant 46 années et ce à différents endroits du territoire républicain.
Est-on déjà vieux à 25 ou 30 ans? Non bien sûr.
Le mot jeune dans "jeune officier conscrit" ne doit pas être pris 'stricto sensu'.
Il était déjà 'jeune' magistrat au moment de sa mobilisation.
Il n'a jamais été éditeur, mais a exercé un rôle de Direction dans le monde de l'édition pendant de nombreuses années et chez différents éditeurs.
Ca se décante donc, sauf pour ce qui est de sa date de naissance dont tu viens d'élargir un peu la plage.
On y arrivera, si si!
I asked of life: “What have you to give me? The answer came: “What have you to offer?”
Serge Dalens ?
Donnalee
Notre seule certitude, c'est qu'il n'y a pas de certitude.
Félicitations donnalee,
c'est bien du papa du "Prince Eric" qu'il s'agit :
* Serge DALENS, nom de plume de l'auteur de la "saga du Prince Eric"
6 volumes de 1937 à 1992
Illustrations de son co-concepteur et ami Pierre JOUBERT.
* Yves de VERDILHAC, son vrai nom, Magistrat de profession.
* Le même, avec un autre écrivain et ami, co-fondateur et directeur de la
Collection "Signe de Piste".
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la jeunesse
Le 3 Octobre 1910 à Albertville, en Savoie naît Yves de Verdilhac, premier né de Joseph-Raoul officier chasseur alpin alors en garnison dans cette ville. D'une famille de " gens d'épée ou de robe ", il orientera plus tard la carrière de son fils vers le Droit.
La première rencontre d'Yves avec le scoutisme a lieu à 15 ans lorsque son père est nommé dans l'armée d'occupation de la Rhur après la guerre de 1914-1918. Il entre chez les Eclaireurs Unionistes au Lycée français de Mayence. C'est une révélation pour lui. Enfant sensible, souffrant d'une éducation rigide, ballotté de garnison en garnison, il éprouve avec la découverte du scoutisme une véritable libération. Tout comme ces quelques années passées en Allemagne, le scoutisme avec ses valeurs morales qu'il cultivera toute sa vie et l'amitié entre adolescents imprégneront toute son oeuvre littéraire. En 1925, à 15 ans, il est scout à Montpellier ; à Lorient il sera C.P. du Lynx. En 1933, il participe au Jamboree de Gödöllö en Hongrie dont il gardera une impression très forte toute sa vie. La langue qui lui permet de communiquer avec tous ceux qui, venant du monde entier, ne parlent pas le français, est le ...latin !
Yves est bachelier à 16 ans et premier au Concours général de littérature en composant une dissertation sur La Mort du loup d'Alfred de Vigny. Quoique rêvant d'être médecin, fortement incité par son père, il suit des études de Droit à Nancy. Après avoir réussi sa licence en droit, se voulant déjà défenseur de la veuve et de l'orphelin, il choisit le Barreau et devient avocat stagiaire à Strasbourg. Cependant, son père, certain qu'Yves n'oserait jamais demander un sou à un client, lui conseille plutôt la magistrature.
Yves s'essaie très jeune à la littérature. Dès l'âge de 10 ans, il commet un drame historique dont on ne retrouvera malheureusement pas trace. A Mayence, il ajoute un sixième acte au Cid et, devenu scout, il se lance dans des nouvelles et contes qu'il envoie à la revue Scout. Pierre Joubert, qu'il connaît à peine à l'époque, fait les illustrations.
la guerre et le Prince Eric
L'idée du Bracelet de Vermeil lui est venue après la lecture du Roi de Torla (note 1) ; il a 22 ans. Le livre ne trouvera un éditeur, ALSATIA, que 5 ans plus tard en 1937, tous ceux à qui il avait présenté le manuscrit l'ayant rejeté avec mépris, ne lui prédisant aucun avenir.
Curieusement, c'est par son père qu'Yves fit la connaissance de Pierre Joubert, illustrateur déjà talentueux de la revue Scout et d'autres publications. Alors que ce dernier effectuait son service militaire à Strasbourg dans le 158ème régiment d'infanterie, le nouveau "père du régiment", le Colonel de Verdilhac, lui demanda de procéder à une décoration du mess des officiers. Reconnaissant en lui le scout, il l'invita à venir chez lui afin de rencontrer Yves. Et c'est ensemble à la Brasserie Schutzenberger, en engouffrant force saucisses et moultes bières, qu'ils élaborent les principaux épisodes du Bracelet de Vermeil. Les princes étant à la mode à l'époque, les deux amis cherchèrent jusque dans les Balkans une principauté plausible, pour se rabattre finalement vers les pays nordiques.
Avec le Prince Eric, la littérature pour la jeunesse prend un nouveau tournant. Il faut comprendre qu'avant guerre, les jeunes se régalaient presque essentiellement de romans de la Comtesse de Ségur (née Rostopchine), de Trilby pour les plus jeunes et de ceux de Jules Vernes pour les adolescents ; les illustrations étaient souvent de piètre qualité , bref le choix était plutôt mince. Ce nouveau roman, vite suivi de la Bande des Ayacks, apporte un souffle, stimule l'imagination des lecteurs tout en correspondant à leur recherche d'aventures accessibles, de rencontres intenses, de sentiments exaltants. Serge Dalens écrira à propos de son héros :
"le Prince Eric n'est pas un mythe, même fraternel, mais la cristallisation d'un ensemble d'aspirations qui sont le fait de la plupart des adolescents. Ils sont religieux quoiqu'ils ne prient guère, ils croient à l'honneur, à l'amour, à l'amitié, à l'effort, à la fidélité à la parole donnée. Ils ne rejettent pas leur famille, ils vénèrent leur patrie. L'enfant qui ne rêve pas d'actions héroïques ni de don de soi ne deviendra jamais l'homme et la femme que l'on voudrait suivre et imiter, même s'ils ne sont pas des saints."
En 1936, l'années du "Front Populaire", Yves de Verdillac est enfin reçu au concours de la magistrature. Il est envoyé l'année suivante à Dieppe comme juge suppléant. C'est sa première affectation qui lui permet d'apprendre le métier. A l'époque, si la charge de magistrat est mal rémunérée, elle offre l'avantage de laisser du temps libre à son titulaire. Aussi, Yves, qui avait rêvé d'être chirurgien, va-t-il tous les matins à l'hôpital rencontrer médecins et malades. De cette période, il retirera du matériel pour écrire plus tard les Contes du Bourreau (note 2). Le Bourreau en question étant un interne qui rend régulièrement visite à un petit malade condamné, Roland, et lui raconte des histoires merveilleuses.
En 1938, chez ALSATIA, Serge Dalens fait la connaissance de Jean-Louis Foncine, de son vrai nom Pierre Lamoureux, qui vient de faire publier la Bande des Ayacks. Avec Pierre Joubert qui, lui, connaissait Foncine depuis de nombreuses années pour avoir appartenu à la même troupe scoute, ils formeront un fameux trio.
En 1939, publication du second volet de la saga : Le Prince Eric. Mais c'est surtout la déclaration de guerre. Yves, sous-lieutenant, est mobilisé. Ce sera rapidement la déroute. La ville de Strasbourg est vidée en 48 heures. En mai, c'est la débâcle. Yves se replie à Mende en Lozère. Des réfugiés pillent son appartement de Dieppe : tous ses cours et livres de droit sont saccagés, il ne pourra continuer la thèse qu'il préparait. Son père est général d'une division qui comporte un régiment de légionnaires, un régiment de Marocains et un troisième d'Algériens, seule division qui, à Sedan, ne cédera pas devant les Allemands. Cependant, il sera fait prisonnier avec le général Giraud. Et ayant pour mission de le faire évader, Verdilhac s'évadera d'abord de façon rocambolesque. Puis ayant accompli sa mission, il partira avec l'Armée d'Orient, mais c'est là une autre histoire(note 3).
Avant d'être démobilisé, Yves reçoit la Croix de Guerre et la Croix de Valeur Militaire, mais il parle peu de cette période traumatisante. Le ministère de la Justice le met à la disposition du ministère de la Jeunesse et il rejoint le Secrétariat général à la Jeunesse pour y diriger les délégués régionaux à la jeunesse. Il est également chargé de mission pour l'Enfance irrégulière et la Délinquance. Il découvre la détresse de la jeunesse à la dérive et en demeurera profondément marqué. Il fonde les Centres de rééducation dont le Centre Lisbonne, rue de Madrid, que l'on retrouve dans Les Voleurs. Il faut se souvenir qu'auparavant les mineurs étaient envoyés dans des maisons de redressement que n'aurait pas désavouées Zola. Ces nouveaux centres de rééducation plus tournés vers la réadaptation que vers la répression étaient une véritable révolution dans le monde judiciaire, même s'ils n'avaient aucun point commun avec des centres de vacances.
Durant cette période, Yves se lie d'amitié avec un instituteur nommé Robert Jospin et il profite de sa fonction pour ne faire partir de nombreux jeunes au STO(note 4) que sur le papier.
La Mort d'Eric paraît en janvier 43. L'ouvrage est tout empreint de l'horreur de la guerre ; le lecteur n'est plus un enfant, il devient adulte. Dalens l'avertit :
"Il ne s'agit plus d'un roman mais bien d'un récit. La fiction s'efface devant la réalité. L'histoire n'est qu'un fil doré, rehaussant l'indifférente tapisserie des faits.Le livre se termine mal. Le Prince n'est pas vengé, le lecteur n'est pas consolé. Les "grandes personnes" seront probablement mécontentes, car ces pages sont tristes, tristes comme la guerre qu'elles perdirent. Sans doute prétendront-elles que ce livre " n'est pas pour les enfants".Or, je pense, moi, qu'un garçon de quinze, seize, dix-sept ans, est un garçon. C'est-à-dire un homme. Je pense qu'il n'y a pas de raison de le traiter à la paix autrement qu'à la guerre. De le traiter dans sa maison autrement qu'en ces jours de 40 où il courait dans les champs. De lui cacher la vérité."
En 1945, Yves rejoint le ministère de la Justice. Peu après, il s'installe avec sa petite famille à Paris. Il peaufine La Tache de vin qui paraît en janvier 47. C'est le quatrième volet de la saga qui se déroule, en fait, entre le Prince Eric et La mort d'Eric.
l'homme
Yves de Verdilhac cumulera toute sa vie deux fonctions : celle de magistrat dont il ne prendra sa retraite qu'à 73 ans et celle d'écrivain qu'il remplit jusqu'à la veille de sa mort, le 9 Janvier 1998. Durant de nombreuses années, il fut également directeur de collection avec Jean-Louis Foncine, aux Editions ALSATIA, puis pour les autres maisons d'éditions qui reprirent la collection Signe de Piste par la suite. C'est d'ailleurs Foncine, lui-même père de sept enfants, qui l'incita à trouver un vieux presbytère en Franche-Comté pour y passer ses vacances. Une autre de leurs passions communes était d'écumer les ventes aux enchères pour y trouver de vieux meubles, de vieux livres, de vieux trucs...
Extrêmement soucieux de justice et d'équité, il estime ne pas être capable de juger ses concitoyens aussi choisit-il de rester au Parquet tout au long de sa carrière, comme substitut du procureur puis procureur et enfin avocat général. Il sera nommé successivement à Orange, Paris, en Algérie comme magistrat militaire durant la guerre, puis à nouveau à Paris, pour terminer à Nanterre.
Père de six enfants, il en recueillit un septième en Algérie. Il eut le temps de connaître ses 15 petits enfants et ses deux arrières petits-enfants. Cela ne l'empêcha pas de s'intéresser à de nombreux jeunes en difficulté qu'il accueillit souvent chez lui comme ses propres enfants.
Toujours très vaillant et désireux de comprendre par lui-même les événements importants, il n'hésite pas, à près de 70 ans, à se rendre par bateau à Beyrouth en pleine guerre civile pour y interviewer des jeunes. Et la veille de sa mort, il dictait encore à sa femme des lettres, des textes qu'il aurait voulu pouvoir publier.
note 1 : L'aventure du Roi de Torla, de Jacques Michel, collection "Feux de camps", Editions J. de Gigord
note 2 : Les Contes du Bourreau seront également édités sous le titre La plume verte et autres contes pour Roland.
note 3 : Le père de Serge Dalens possédait lui-même un grand talent de conteur. Les mémoires du Chat-pin-pin, éditées sous le pseudonymes de Raoul Germain, chez Alsatia en 1946, ont ravi bien des enfants. Cet ouvrage est malheureusement introuvable. Si quelqu'un en possède un exemplaire...
note 4 : STO = Service du Travail Obligatoire. Institué en 1943 par le gouvernement de Vichy afin de se conformer aux exigences de l'occupant allemand qui réclamait de la main-d'oeuvre pour ses usines.
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Quelques liens :
Prince Eric :
Les 6 romans
Collection Signe de Piste :
Les collections 'Signe de Piste'
Amis du Signe de Piste :
Site des Amis du Signe de Piste
Où trouver les oeuvres de Dalens, Joubert et les autres :
Le site des éditions DELAHAYE
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C'est à ton tour maintenant.
Edité samedi 22 janvier 2011 : 02:18 par JXF
Merci JXF pour ton explication ! Et Bravo Donnalee... L'ami de Yves de Verdilhac, Pierre Joubert, a toujours été pour moi une référence et j'ai dévoré les Signes de Piste un à un. Comme quoi...
"Les enfants sont comme les marins : où que se portent leurs yeux, partout c'est l'immense."
(Christian Bobin)
Je ne connaissais pas du tout.
Merci de nous instruire si brillament, JXF.
Voici une charmante jeune femme. Qui est-ce ?
Donnalee
Notre seule certitude, c'est qu'il n'y a pas de certitude.
Européenne ?
"Les enfants sont comme les marins : où que se portent leurs yeux, partout c'est l'immense."
(Christian Bobin)
En tant qu'ingénieur en informatique, je me mets hors concours (c'est un indice pour les autres)
I asked of life: “What have you to give me? The answer came: “What have you to offer?”
Marie Curie ? ...
"Les enfants sont comme les marins : où que se portent leurs yeux, partout c'est l'immense."
(Christian Bobin)
Bravo à Onago. Je trouve que même pour un ingénieur en informatique ce n'est pas si évident de connaitre ce visage et même ce personnage. Tu as bien le droit de participer.
Oui elle est européenne.
Non ce n'est pas Marie Curie.
Donnalee
Notre seule certitude, c'est qu'il n'y a pas de certitude.

