Magnétoporteur (version court courrier)
Là je ne me mouille pas, la description selon Yoko : ce véhicule est d’une technique très avancée et utilise les propriétés des champs magnétiques pour se déplacer… le principe est simple… les barres aimantées fixées aux extrémités des ailettes guident l’engin sur les rails magnétiques émis par les supports en forme de croissant… c’est un puissant champ magnétique, issu du compartiment moteur qui doit assurer la propulsion -fin de citation- La taille de l’engin est très approximativement de 15m de long pour 6m de diamètre, 5 places assise dont 2 pour l’équipage. Celui-ci peut aussi remorquer des “wagons”.
Né de l’imagination de Leloup, le magnétoporteur correspond cependant à un concept de transport réellement étudié, celui du train à sustentation magnétique qui, débarrassé des frottements induits par le contact entre les roues et le rail, doit permettre des vitesses supérieures ainsi que des économies d’énergie. Dans le Nord de l’Allemagne, un tel système est actuellement en essais (système “Transrapid”) et devrait connaître une application commerciale en Chine, après l’abandon d’un audacieux projet de ligne Berlin-Hambourg. Soutenu et propulsé par des champs magnétiques, le magnétoporteur vinéen possède une autre caractéristique : il circule sur une partie de son trajet dans un tube sous vide encadré par des sas. Voici un principe qui, bien loin d’appartenir à la pure fantasmagorie, a été réellement étudié et dont la mise en œuvre a été envisagée. Jugez plutôt:
À partir de 1974, l’ingénieur helvétique Rodolphe Nieth a étudié la possibilité de desservir le territoire suisse à l’aide d’un réseau ultra-rapide dénommé Swissmetro. Son idée consistait à percer des tunnels de forme tubulaire, de petit diamètre (4,5m), et à y faire circuler des véhicules flottant au dessus de rails magnétiques et propulsés à vive allure par la même énergie. Des pompes devaient faire le vide dans les tubes, permettant aux convois de progresser sans rencontrer de résistance. En l’absence de frottements liés aux roues et à l’air, la possibilité d’accélération est théoriquement infinie, avec une dépense d’énergie réduite. Avouez que le principe ressemble à s’y méprendre à celui du magnétoporteur, dématérialisation des “rails” exceptée, car, dans la réalité, il faut encore un support matériel conducteur de courant pour générer un champ magnétique capable de porter un véhicule. La réalité rejoint la fiction mais reste moins poétique.
En pratique, notre magnétoporteur alpin, donc, aurait dû relier Genève à Zurich en une heure, filant dans son tube à 400 ou 500 km/h tout en dépensant proportionnellement trois fois moins d’énergie qu’un train classique. Et sans toucher au paysage mythique du pays de la Vache Milka, s’il-vous-plait… Au début des années 1990, industriels et pouvoirs publics étudient très sérieusement le dossier : l’audacieux engin de science fiction semble techniquement réalisable ; seul le prix a un effet dissuasif, et il faut croire que les difficultés apparues en Suisse (feu le paradis des transports publics) autour du vaste plan d’action “rail 2000” ont déjà renvoyé Swissmetro au purgatoire des bonnes intentions. Reste une maquette exposée à l’école Polytechnique de Lausanne, et un fait rare dans l’histoire : le seul moyen de transport ayant (inconsciemment) inspiré un artiste avant même d’avoir existé…
Amis lecteurs, nous sommes à la recherche de tout renseignement sur l’état d’avancement actuel du projet Swissmetro…
Commentaire: Hallberg.
A voir aussi l’article Le Magnétoporteur existe… du journal Spirou.
