Sachant que beaucoup de personne de ce site sont fondus d'histoire, je me demandais si certains d'entre vous n'aurait pas, par le plus grand hasard, des critiques sur le livre "le masque de fer" de Jean-Christian Petitfils (kaldo, ne rigole pas...
) Merci!!! 
Von Schnappi Krocovitch Yaourtski de Bergerac, KrocoSoup onctueuse a base de Danone et Fils de Maitre Yaourtberg...
Tu parles de l'histoire avec un grand H et non pas un roman !
il me semble que récemment il y a eu une arrière petite fille qui a écrit un bouquin sur un coeur trouvé, mais je n'en sais pas trop plus.
Je n'ai pas lu le bouquin ni vu le film.
"La terre est bleue comme une orange"
Paul Eluard![]()
"Le chat est entré dans la cage aux lutins"
Non, Kroco Poco, je ne vois pas pourquoi je me moquerai de ta question si interessante 
Je vais te faire une jolie réponse 
La vérité naît de la contradiction. Donner ses arguments, c'est reconnaître que l'on peut avoir tort.
l'art est un aliment pour la piété du pauvre peuple. Détruisez l'art, déformez le goût d'un peuple, et vous lui oterez sa piété.
J'ai trouvé sur internet quelque chose de bien mieux sur le livre que ce que je pourrais jamais pondre
c'est très bien fait, alors je te le mets ici 
Je ne suis pas d'accord avec la dernière partie sur l'absolutisme royal (qui d'ailleurs ne corresponds pas à la réflexion du livre) mais je n'allais quand même pas couper ce texte, très interessant dans l'ensemble.
Il s'agit en effet d'histoire, et non de Roamn.
Jean-Christian Petitfils. L’homme au masque de fer: Entre histoire et légende. Paris: Perrin, 2003. 310
p. Bibliographie. EUR 22.00 (broché), ISBN 22-6201-963-0.
Reviewed by Stéphane Genêt, Lycée Choiseul de Tours.
Published by H-Francais (October, 2003)
Parmi les histoires pittoresques et
mystérieuses, celle du masque de fer a une place
de choix. Depuis le XVIIIe siècle, cette double
énigme (qui est cet homme et pourquoi ce masque
?) a alimenté nombre de récits, d’études,
d’hypothèses et plus récemment de films (22 au
total avec le tout premier en 1902 !).
L’ouvrage de Jean-Christian Petitfils
s’attaque lui aussi à cette histoire mais d’une façon
strictement historienne, en y appliquant donc
toutes les règles d’investigation propres à cette
science. L’auteur, historien connu pour ses
nombreuses biographies souvent saluées par les
critiques, Fouquet, Lauzun et surtout Louis XIV
(son titre le plus célèbre) s’est intéressé dans ses
travaux à deux thèmes distincts : le « Grand siècle
» et la vie politique au XXe siècle. Cet intérêt pour
le masque de fer n’est pas nouveau chez lui
puisqu’il avait déjà développé une théorie
(abandonnée depuis) en 1970 (L’homme au
masque de fer, le plus mystérieux des prisonniers
de l’Histoire, Paris, Perrin, 1970).
L’ouvrage débute par la présentation des
sources évoquant ce détenu. Cette démarche
louable et honnête, permet de fixer les bases de
toute hypothèse ultérieure.
Puis rapidement, Jean-Christian Petitfils
nous démontre que l’histoire du prisonnier est
intimement liée à l’histoire de son geôlier, M. de
Saint-Mars, officier chez les mousquetaires et
serviteur zélé de Louvois. Celui-ci va changer
plusieurs fois d’affectation : il commence par
commander le donjon de Pignerol où il a Fouquet
et Lauzun à garder, Exilles une rude prison dans
les Alpes, ensuite le fort Sainte-Marguerite sur les
îles de Lérins et enfin la Bastille. L’homme au
masque de fer le suit sur toutes ces étapes et la
démarche de l’auteur pour découvrir l’identité de
l’inconnu consiste à ne retenir dans les candidats
potentiels, que ceux qui suivent Saint-Mars jusqu’à
Paris. De six individus possibles, on arrive à deux,
puis un seul. La thèse de l’agent double italien
Matthioli, qui a trompé le roi de France en
dévoilant une négociation secrète à la partie
adverse, fut longtemps populaire parmi les auteurs
intéressés au sujet. Or celui-ci n’alla pas à la
Bastille, restant aux îles de Lérins.
L’auteur expose donc sa théorie, dans une
démonstration habile et bien menée:
1 - L’homme au masque serait Eustache
Danger, humble valet affecté au service de
Madame, Henriette d’Angleterre. Ayant eu dans les
mains des documents secrets en vue de la
conversion de Charles II Stuart au catholicisme et à
la signature d’une alliance franco-anglaise contre
les Provinces Unies, Danger aurait été trop bavard
(auprès des Hollandais ?). Sa légèreté entraîna son
arrestation à Calais et son emprisonnement rapide.
2 - Le masque de fer serait en fait une
mystification montée de toute pièce par le geôlier,
M. de Saint-Mars. Celui-ci qui s’ennuyait dans sa
petite garnison montagneuse d’Exilles sans
prisonnier « de valeur » (du même ordre que
Fouquet ou Lauzun) souhaitait se donner de
l’importance en créant un mystère autour de ce
personnage. Ce masque ne fut d’ailleurs jamais
demandé par les ministres, Louvois ou Barbezieux.
Par le biais de cet objet, porté vraisemblablement
qu’en « public » (lors du transfert d’une prison à
une autre; à la Bastille, de fer le masque devenait
en velours), il faisait du valet bavard un prisonnier
d’état. Saint-Mars n’hésite pas à en rajouter, à
relancer l’histoire quand son prisonnier est un peu
oublié. La rumeur s’en empare et il s’en félicite. Le
succès de cette manipulation dépasse même toutes
ses attentes. Fut-il prisonnier de son invention ?
Av ait-il des problèmes psychologiques, une manie
affabulatoire ?
Le dernier chapitre évoquant brillamment
l’histoire de la légende montre la postérité de cette
rumeur. Celle-ci, créée par Saint-Mars lui-même,
aurait reçu un soutien de poids par Barbezieux, le
secrétaire d’Etat à la guerre, frustré de ne pas avoir
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été élevé au conseil d’en haut. Un soir de fête, il
annonce publiquement que le masque de fer est le
frère aîné de Louis XIV. Voltaire ayant appris cette
histoire par une des participantes à cette
bacchanale, rassemble tous les éléments pour
étoffer cette thèse et rajoute dans son Siècle de
Louis XIV l’idée du frère aîné. Puis, les versions
de l’histoire fleurissent. Parmi les victimes
prétendus du masque de fer, on trouve ainsi le fils
de Cromwell, le comte de Vermandois un des
bâtards de Louis XIV, Matthioli l’espion italien,
Henri duc de Guise, le duc De Beaufort, un valet
de Fouquet et Fouquet lui-même etc. L’auteur nous
donne en annexe une liste réjouissante de toutes les
hypothèses avec leurs auteurs. « Jamais dieu de
l’Inde ne connut plus de métempsycoses et tant
d’avatars » selon le critique Paul de Saint-Victor
cité p 32.
Sous les Lumières et pendant la révolution,
l’homme au masque de fer devient un symbole de
la détention arbitraire et de l’absolutisme royal.
C’est aussi l’époque où se répand l’idée du frère
jumeau du roi. En 1791, on en fait un frère cadet,
issu des amours entre Anne d’Autriche et Mazarin.
Le masque de fer est aussi récupéré à des
fins strictement politiques. C’est ainsi que les
partisans du duc d’Orléans propagent l’idée d’une
prisonnière féminine, première fille d’Anne
d’Autriche. Le roi Louis XIII soucieux d’avoir un
fils, l’aurait remplacée par un garçon né dans une
famille inconnue. La fille, confiée à une nourrice
est placée à l’âge adulte en prison. Le second
enfant d’Anne d’Autriche, Philippe, serait donc le
seul à être légitime ; rendant ainsi bâtarde la lignée
des Bourbons On fit même du masque de fer par
une histoire extravagante, un ancêtre de Bonaparte
! Molière fut aussi pressenti pour ce rôle. En tout,
cinquante-deux versions différentes ont existé. Il
est frappant d’ailleurs à la lecture du livre de voir
que les légendes même les plus invraisemblables
cherchent toujours à s’imposer au détriment d’une
vérité jugée moins fascinante.
Les annexes sont fort utiles : registres
d’écrous des différentes prisons qu’a pu connaître
le masque de fer, chronologie détaillée, abondante
bibliographie (où les ouvrages annonçant aussi « la
clé » ou la « vérité » de l’énigme sont légion ; un
bandeau de l’éditeur sur celui-ci n’hésite pas non
plus à annoncer « la clef de l’énigme »).
L’auteur dans son souci de vérité, cède
parfois à l’excès de détails qui nuit à l’attention du
lecteur, un peu perdu entre toutes ces dates, ces
lieux, ces personnages. Mais le style particulier de
Jean-Christian Petitfils, mélange d’humour,
d’ironie, parfois de quelques facilités, rend la
lecture souvent palpitante.
Trois questions n’ont toutefois pas réponses
convaincantes. Pourquoi interdire autant à Danger
à crier son nom ? Celui-ci ne devrait certainement
rien évoquer à personne. L’auteur mentionne bien
toutes les précautions extrêmes de sécurité que les
ministres exigeaient, même pour des personnes
accusées de délits mineurs ; mais rien n’est dit sur
le nom à conserver secret. Deuxième chose :
pourquoi le laisser croupir en prison alors que son
secret n’a plus de valeur ? Enfin, l’homme au
masque de fer paraît d’une soumission absolue ;
certes, on peut dire qu’il est « doux » de caractère
mais c’est étonnant qu’il ne soit pas devenu fou,
comme la majeure partie des détenus.
Cet ouvrage est en tout cas éclairant sur
l’absolutisme royal dans une de ses formes : les
détentions arbitraires, les lettres de cachet et la vie
pénible et sordide de ces condamnés. C’est
l’exemple réussi de la rencontre entre la « petite
histoire » (terme décidément bien péjoratif et
excessif) avec la « grande ».
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Subjects:
• Fournier, N. (Narcisse), 1803-1880.
Citation: Stéphane Genêt. "Review of Jean-Christian Petitfils, L’homme au masque de fer: Entre histoire
et légende, H-Francais, H-Net Reviews, October, 2003.
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l'art est un aliment pour la piété du pauvre peuple. Détruisez l'art, déformez le goût d'un peuple, et vous lui oterez sa piété.
Merci bien pour cette info, la thèse proposée est interessante...
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