A propos d'histoire...
 
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A propos d'histoire.

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kroco poco
(@kroco-poco)
Famed Member
Inscription: Il y a 22 ans
Posts: 2652
Début du sujet  

Sachant que beaucoup de personne de ce site sont fondus d'histoire, je me demandais si certains d'entre vous n'aurait pas, par le plus grand hasard, des critiques sur le livre "le masque de fer" de Jean-Christian Petitfils (kaldo, ne rigole pas... smiley) Merci!!! smiley


Von Schnappi Krocovitch Yaourtski de Bergerac, KrocoSoup onctueuse a base de Danone et Fils de Maitre Yaourtberg...


   
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Thalie
(@thalie)
Famed Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 4287
 

Tu parles de l'histoire avec un grand H et non pas un roman !

il me semble que récemment il y a eu une arrière petite fille qui a écrit un bouquin sur un coeur trouvé, mais je n'en sais pas trop plus.
Je n'ai pas lu le bouquin ni vu le film.


"La terre est bleue comme une orange"
Paul Eluard

"Le chat est entré dans la cage aux lutins"


   
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Kaldorion
(@kaldorion)
Illustrious Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 11799
 

Non, Kroco Poco, je ne vois pas pourquoi je me moquerai de ta question si interessante smiley

Je vais te faire une jolie réponse smiley


La vérité naît de la contradiction. Donner ses arguments, c'est reconnaître que l'on peut avoir tort.

l'art est un aliment pour la piété du pauvre peuple. Détruisez l'art, déformez le goût d'un peuple, et vous lui oterez sa piété.


   
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Kaldorion
(@kaldorion)
Illustrious Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 11799
 

J'ai trouvé sur internet quelque chose de bien mieux sur le livre que ce que je pourrais jamais pondre smiley c'est très bien fait, alors je te le mets ici smiley

Je ne suis pas d'accord avec la dernière partie sur l'absolutisme royal (qui d'ailleurs ne corresponds pas à la réflexion du livre) mais je n'allais quand même pas couper ce texte, très interessant dans l'ensemble.

Il s'agit en effet d'histoire, et non de Roamn.

Jean-Christian Petitfils. L’homme au masque de fer: Entre histoire et légende. Paris: Perrin, 2003. 310

p. Bibliographie. EUR 22.00 (broché), ISBN 22-6201-963-0.

Reviewed by Stéphane Genêt, Lycée Choiseul de Tours.

Published by H-Francais (October, 2003)

Parmi les histoires pittoresques et

mystérieuses, celle du masque de fer a une place

de choix. Depuis le XVIIIe siècle, cette double

énigme (qui est cet homme et pourquoi ce masque

?) a alimenté nombre de récits, d’études,

d’hypothèses et plus récemment de films (22 au

total avec le tout premier en 1902 !).

L’ouvrage de Jean-Christian Petitfils

s’attaque lui aussi à cette histoire mais d’une façon

strictement historienne, en y appliquant donc

toutes les règles d’investigation propres à cette

science. L’auteur, historien connu pour ses

nombreuses biographies souvent saluées par les

critiques, Fouquet, Lauzun et surtout Louis XIV

(son titre le plus célèbre) s’est intéressé dans ses

travaux à deux thèmes distincts : le « Grand siècle

» et la vie politique au XXe siècle. Cet intérêt pour

le masque de fer n’est pas nouveau chez lui

puisqu’il avait déjà développé une théorie

(abandonnée depuis) en 1970 (L’homme au

masque de fer, le plus mystérieux des prisonniers

de l’Histoire, Paris, Perrin, 1970).

L’ouvrage débute par la présentation des

sources évoquant ce détenu. Cette démarche

louable et honnête, permet de fixer les bases de

toute hypothèse ultérieure.

Puis rapidement, Jean-Christian Petitfils

nous démontre que l’histoire du prisonnier est

intimement liée à l’histoire de son geôlier, M. de

Saint-Mars, officier chez les mousquetaires et

serviteur zélé de Louvois. Celui-ci va changer

plusieurs fois d’affectation : il commence par

commander le donjon de Pignerol où il a Fouquet

et Lauzun à garder, Exilles une rude prison dans

les Alpes, ensuite le fort Sainte-Marguerite sur les

îles de Lérins et enfin la Bastille. L’homme au

masque de fer le suit sur toutes ces étapes et la

démarche de l’auteur pour découvrir l’identité de

l’inconnu consiste à ne retenir dans les candidats

potentiels, que ceux qui suivent Saint-Mars jusqu’à

Paris. De six individus possibles, on arrive à deux,

puis un seul. La thèse de l’agent double italien
Matthioli, qui a trompé le roi de France en

dévoilant une négociation secrète à la partie

adverse, fut longtemps populaire parmi les auteurs

intéressés au sujet. Or celui-ci n’alla pas à la

Bastille, restant aux îles de Lérins.

L’auteur expose donc sa théorie, dans une

démonstration habile et bien menée:

1 - L’homme au masque serait Eustache

Danger, humble valet affecté au service de

Madame, Henriette d’Angleterre. Ayant eu dans les

mains des documents secrets en vue de la

conversion de Charles II Stuart au catholicisme et à

la signature d’une alliance franco-anglaise contre

les Provinces Unies, Danger aurait été trop bavard

(auprès des Hollandais ?). Sa légèreté entraîna son

arrestation à Calais et son emprisonnement rapide.

2 - Le masque de fer serait en fait une

mystification montée de toute pièce par le geôlier,

M. de Saint-Mars. Celui-ci qui s’ennuyait dans sa

petite garnison montagneuse d’Exilles sans

prisonnier « de valeur » (du même ordre que

Fouquet ou Lauzun) souhaitait se donner de

l’importance en créant un mystère autour de ce

personnage. Ce masque ne fut d’ailleurs jamais

demandé par les ministres, Louvois ou Barbezieux.

Par le biais de cet objet, porté vraisemblablement

qu’en « public » (lors du transfert d’une prison à

une autre; à la Bastille, de fer le masque devenait

en velours), il faisait du valet bavard un prisonnier

d’état. Saint-Mars n’hésite pas à en rajouter, à

relancer l’histoire quand son prisonnier est un peu

oublié. La rumeur s’en empare et il s’en félicite. Le

succès de cette manipulation dépasse même toutes

ses attentes. Fut-il prisonnier de son invention ?

Av ait-il des problèmes psychologiques, une manie

affabulatoire ?

Le dernier chapitre évoquant brillamment

l’histoire de la légende montre la postérité de cette

rumeur. Celle-ci, créée par Saint-Mars lui-même,

aurait reçu un soutien de poids par Barbezieux, le

secrétaire d’Etat à la guerre, frustré de ne pas avoir

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été élevé au conseil d’en haut. Un soir de fête, il

annonce publiquement que le masque de fer est le

frère aîné de Louis XIV. Voltaire ayant appris cette

histoire par une des participantes à cette

bacchanale, rassemble tous les éléments pour

étoffer cette thèse et rajoute dans son Siècle de

Louis XIV l’idée du frère aîné. Puis, les versions

de l’histoire fleurissent. Parmi les victimes

prétendus du masque de fer, on trouve ainsi le fils

de Cromwell, le comte de Vermandois un des

bâtards de Louis XIV, Matthioli l’espion italien,

Henri duc de Guise, le duc De Beaufort, un valet

de Fouquet et Fouquet lui-même etc. L’auteur nous

donne en annexe une liste réjouissante de toutes les

hypothèses avec leurs auteurs. « Jamais dieu de

l’Inde ne connut plus de métempsycoses et tant

d’avatars » selon le critique Paul de Saint-Victor

cité p 32.

Sous les Lumières et pendant la révolution,

l’homme au masque de fer devient un symbole de

la détention arbitraire et de l’absolutisme royal.

C’est aussi l’époque où se répand l’idée du frère

jumeau du roi. En 1791, on en fait un frère cadet,

issu des amours entre Anne d’Autriche et Mazarin.

Le masque de fer est aussi récupéré à des

fins strictement politiques. C’est ainsi que les

partisans du duc d’Orléans propagent l’idée d’une

prisonnière féminine, première fille d’Anne

d’Autriche. Le roi Louis XIII soucieux d’avoir un

fils, l’aurait remplacée par un garçon né dans une

famille inconnue. La fille, confiée à une nourrice

est placée à l’âge adulte en prison. Le second

enfant d’Anne d’Autriche, Philippe, serait donc le

seul à être légitime ; rendant ainsi bâtarde la lignée

des Bourbons On fit même du masque de fer par

une histoire extravagante, un ancêtre de Bonaparte

! Molière fut aussi pressenti pour ce rôle. En tout,

cinquante-deux versions différentes ont existé. Il

est frappant d’ailleurs à la lecture du livre de voir

que les légendes même les plus invraisemblables

cherchent toujours à s’imposer au détriment d’une

vérité jugée moins fascinante.

Les annexes sont fort utiles : registres

d’écrous des différentes prisons qu’a pu connaître

le masque de fer, chronologie détaillée, abondante

bibliographie (où les ouvrages annonçant aussi « la

clé » ou la « vérité » de l’énigme sont légion ; un

bandeau de l’éditeur sur celui-ci n’hésite pas non

plus à annoncer « la clef de l’énigme »).

L’auteur dans son souci de vérité, cède

parfois à l’excès de détails qui nuit à l’attention du

lecteur, un peu perdu entre toutes ces dates, ces
lieux, ces personnages. Mais le style particulier de

Jean-Christian Petitfils, mélange d’humour,

d’ironie, parfois de quelques facilités, rend la

lecture souvent palpitante.

Trois questions n’ont toutefois pas réponses

convaincantes. Pourquoi interdire autant à Danger

à crier son nom ? Celui-ci ne devrait certainement

rien évoquer à personne. L’auteur mentionne bien

toutes les précautions extrêmes de sécurité que les

ministres exigeaient, même pour des personnes

accusées de délits mineurs ; mais rien n’est dit sur

le nom à conserver secret. Deuxième chose :

pourquoi le laisser croupir en prison alors que son

secret n’a plus de valeur ? Enfin, l’homme au

masque de fer paraît d’une soumission absolue ;

certes, on peut dire qu’il est « doux » de caractère

mais c’est étonnant qu’il ne soit pas devenu fou,

comme la majeure partie des détenus.

Cet ouvrage est en tout cas éclairant sur

l’absolutisme royal dans une de ses formes : les

détentions arbitraires, les lettres de cachet et la vie

pénible et sordide de ces condamnés. C’est

l’exemple réussi de la rencontre entre la « petite

histoire » (terme décidément bien péjoratif et

excessif) avec la « grande ».

Copyright (c) 2003 by H-Net, all rights

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Subjects:

• Fournier, N. (Narcisse), 1803-1880.

Citation: Stéphane Genêt. "Review of Jean-Christian Petitfils, L’homme au masque de fer: Entre histoire

et légende, H-Francais, H-Net Reviews, October, 2003.

URL: http://www.h-net.msu.edu/reviews/showrev.cgi?path=71821068692561.

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La vérité naît de la contradiction. Donner ses arguments, c'est reconnaître que l'on peut avoir tort.

l'art est un aliment pour la piété du pauvre peuple. Détruisez l'art, déformez le goût d'un peuple, et vous lui oterez sa piété.


   
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kroco poco
(@kroco-poco)
Famed Member
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Merci bien pour cette info, la thèse proposée est interessante...


Von Schnappi Krocovitch Yaourtski de Bergerac, KrocoSoup onctueuse a base de Danone et Fils de Maitre Yaourtberg...


   
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