
Voici une expérience scientifique que ses concepteurs jugeaient secondaires (le propos de l'époque étant bien plus le développement d'applications militaires) et dont l'influence est probablement décisive sur l'imaginaire collectif et sur l'art.
Car enfin, si l'imaginaire spatial n'a rien de strictement nouveau, n'assiste-t-on pas à une accélération, une augmentation rapide du nombre des membres d'un club formé par des Cyrano de Bergerac, des Jules Verne et des Fritz Lang? La concrétisation technique du fantasme, les voyages "extraordinaires" de Gagarine, Armstrong ou de la chienne Laïka, n'a-t-elle pas ouvert les portes d'un imaginaire quelque-peu lointain au plus grand nombre, passant de l'hypothétique à l'anticipation?
L'art dans son entier, de ses formes les plus populaires au travers du jouet ou du feuilleton, à ses expressions les plus prestigieuses, ne se saisit-il pas dans la deuxième moitié du XXe siècle, du thème spatial avec, parfois, une frénésie créatrice vouée à l'anecdotique, et parfois, une grâce intemporelle? Comment le thème du voyage spatial touche-t-il l'imaginaire, comment cette "nouvelle frontière" nourrit-elle les rêves, avant Spoutnik, après lui (continuité ou rupture? ), comment traverse-t-il les barrières des genres et de la reconnaissance, depuis nos jeux d'enfants jusque dans l'art officiel?
Dans les années 1970, une héroïne de fiction rencontre l'amitié sous terre, prélude (conscient ou non) à ce voyage fabuleux. L'artiste peut se rendre à Rome, trouver ses racines sous les mêmes cieux que les anciens. Il pouvait parfois aussi avoir été lui-même un de ceux qui avaient parcourru les mers et les continents. L'espace est peut-être cette nouvelle Rome, cette nouvelle Athènes, ce nouveau bout du monde, ce nouveau fond des océans, ces nouvelles îles mystérieuses, ces nouvelles cités étrangères, ce nouveau bord lointain et fantasmé. Mais le voyage n'est qu'imaginaire pour l'immense majorité des mortels. Notre façon d'imaginer les horizons lointains change-t-elle au contact presque mystique de ce nouvel inconnu? Ou s'y manifeste-elle avec une remarquable constance?
Et nous, quels sont, quels ont été, quels seront nos rêves, quand notre regard se porte à la voûte étoilée?
Hallberg, qui a rêvé d'être cosmonaute quand il était petit...

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Voici une expérience scientifique que ses concepteurs jugeaient secondaires (le propos de l'époque étant bien plus le développement d'applications militaires)
Pourtant, Spoutnik est le produit direct des développement militaires de l'époque. Il a simplement pris la place d'une ogive nucléaire sur un lanceur résolumment militaire. C'est que la lutte avec les ricains était chaude, crénom de bonsoir!! je m'rapelle du bon vieux temps, quand le patron Wernher venait nous remonter les bretelles pour accélérer la préparation de l'Explorer. Faut dire que les gars de la marine, lui en ont fait voir de toutes les couleurs. Qu'est ce qu'on s'est fendu la poire quand leur Vanguard a pêté sur le pas de tir !
Enfin... On faisait quand même pas trop les marioles, avec ce foutu bip-bip au dessus de nos tête, on s'est rendu compte que notre Vicking faisait pas trop le poids face à leur Sémiorka. Alors quand le président à promis d'envoyer un type sur la lune, 10 ans plus tard, on a cru à une sacré blague, tiens! Les rouges venaient de balancer plus de 80 kg en orbite, et nous on avait péniblement envoyé 8 kg dans l'espace, alors la lune... Mais le boss i'croyait lui. Alors, on a suivi...
Kroco (Ex-Technicien de rivetage dans l'équipe Von Braun... Dans une autre vie)
Von Schnappi Krocovitch Yaourtski de Bergerac, KrocoSoup onctueuse a base de Danone et Fils de Maitre Yaourtberg...
Et bien moi, je ne m'en rappelle pas ^^
Il faut dire que 57 est l'année de naissance de ma Moman... elle est même née 3 jours après le lancement de Spoutnik.
Je trouve qu'il y a quelque chose de passionnant dans l'exploration spatiale (moi aussi je rêvais d'être cosmonaute... à peu près autant l'archéologue d'ailleurs).
Le problème, c'est que je ne suis pas assez forte en maths 
"La terre est bleue comme une orange"
Paul Eluard![]()
"Le chat est entré dans la cage aux lutins"
Voyager dans l'espace oui, mais sans avoir besoin de navette spatiale pour y aller, de combinaison et d'oxygène pour survivre : en somme pouvoir y aller en 2 temps 3 mouvements, en bondissant vers les cieux, y évoluer sans craindre le froid et le manque d'air, slalomer entre les astéroïdes, caresser les chevelures des comètes, faire la course avec les météorites, traverser les soleils, contempler les mondes lointains...
Edité Jeudi 4 octobre 2007 :21:55 par Bardamu



kroco poco a écrit Kroco (Ex-Technicien de rivetage dans l'équipe Von Braun... Dans une autre vie)
De Boris Aleksandrovich Kipitjelnik,
Assistant secret de Koroliov...
Mon très cher collègue,
Que d'années ont passé... nos tempes ont blanchi, notre dos s'est vouté, mais je sais sans avoir besoin de vous voir, que votre oeil pétille toujours de ce feu qui anime les pionniers...
Et voilà notre rêve réalisé, en partie : désormais, les anciens ennemis construisent ensemble une station spatiale au service de l'humanité.
Car au delà de la politique, nous avions finalement tous un rêve, aller là-haut... Ensemencer les champs d'étoiles... Conduire le char de Phaëton...
À l'époque, tout ceci était officiellement beaucoup plus prosaïque. Ce que tout le monde connait comme le lanceur Semiorka, c'était à l'époque le missile intercontinental R-7, un engin capable de porter l'arme atomique en n'importe-quel point du territoire américain, et devant nous assurer une supériorité stratégique...
Koroliov, n'avait pas encore évolué vers la lumière qu'on sait, et travaillait dans l'ombre. Cet ancien dissident n'était connu que des professionnels, son nom était encore caché au grand public - cet immense savant n'était pas en odeur de sainteté, politiquement...
Or Spoutnik, cette boule à la fois énorme et dérisoire, qui amusait tant les radio-amateurs, tout fiers de capter son fameux "bip", c'était le bébé de Koroliov. C'était une expérience un peu gratuite, finalement, et peu de gens imaginaient les conséquences : la course à l'espace, moment d'une intense rivalité au plus fort de la guerre froide, mais aussi période où tout le monde avait les yeux braqués vers l'espace, suivait les exploits des deux camps, et rêvait, rêvait...
Au départ, nous n'étions pas fiers, nous qui n'avions réussi qu'à capter une part mineure de l'héritage nazi - les fusées V2 et leurs concepteurs. Vous aviez von Braun, nous n'avions que des scientifiques de rang inférieur. Nous avons peiné, sué, travaillé d'arrache-pied, avec la redoutable pression du régime d'alors, pour tirer de ce maigre butin un engin viable, qui n'était que l'assemblage de plusieurs moteurs de V2. Nous avons eu moult catastrophes dont vous n'avez rien su, tant notre pays avait le culte maniaque du secret. Nous-mêmes n'étions pas libres de nos mouvements, de nous informer, de voyager, et nous ne savions pas où vous en étiez - l'on nous disait que vous étiez minables, mais où était la vérité?
Avons-nous fanfaronné? Certes oui. Quand, retrouvant la chienne Laïka morte d'un arrêt cardiaque consécutif au brutal trajet de retour, fut monté un faux reportage d'actualités montrant un autre animal bondissant, tout frais, d'une capsule un peu trop neuve pour avoir subi la difficile entrée dans l'atmosphère.
Quand, aussi, nous avons lancé en toute hâte la mission de Leonov en 65, auréolés des succès précédents... L'héroïque pionnier devait s'extraire de l'engin, pas du tout prévu pour cet usage, en utilisant un sas gonflable peu commode et à la fiabilité pas très éprouvée. Et s'il n'avait pas pu revenir dans son engin? Le gouvernement n'aurait jamais rien laissé filtré, comme à chacun de nos déboires - mais nous, en bas, continuer avec ça sur la conscience...
Puis vous avez repris la main. Nous avons essuyé échec sur échec avec notre programme lunaire. Nous n'avions pas su progresser du point de vue des moteurs. Notre énorme N1L3 ne vaudrait jamais vos Saturne-V, ce n'était encore qu'un assemblage de petits moteurs de V2, mais cette fois le niveau acceptable de complexité était dépassé... Malgré la tragédie d'Apollo 1, vous gagniez votre pari lunaire quand nous nous plantions.
Hé bien! Comme si désormais tout ceci perdait son intérêt, aussitôt l'exploit réalisé, les missions lunaires semblaient tomber dans la banalité. Les missions de vos hommes sur la Lune, ainsi que les sondes automatiques que nous y envoyons enfin avec succès, ne laissèrent plus jamais un tel souvenir dans les esprits que cette magique première fois... Votre gouvernement, comme le notre, interrompit les programmes lunaires avant leur terme...
Mais ceci est une autre histoire...
En attendant, cher collègue, cher ancien concurrent, au delà de l'ancien rideau de fer, je vous adresse mes amitiés. Et que l'espace, qui fut notre vie, continue de passionner les jeunes esprits qui, désormais main dans la main, s'y construisent un nouvel idéal.
Amicalement,
B.A.Kipitjelnik.

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Bon, cher collègue, il y a eu un croisement de post, mais soyez assuré que de mon paisible ranch du texas où je passe ma retraite je vous répondrai...
Entre les deux Spoutniks dis-don' ! C'est que le deuxième de la lignée, il est parti un mois après le premier, et avec un chien à bord en plus ! Laïka même qu'i' s'appelait le clébard... Le satellite il pesait plus d'une demi-tonne... Ce qui veut dire qu'alors que nous, les ricains, on se réjouissait de la satelisation de notre Explorer de 8 kg, les soviets ils envoyaient une demi-tonne, comme ça, l'air de rien, les mains dans les poches... La honte, je vous raconte pas. Comment ça grognait au Pentagone. Faut dire que théoriquement, on avait récupéré tous les ingénieurs compétent de l'ex-Allemagne nazie, avec la plupart des outils technologiques développés durant la seconde mondiale, et on avait laissé des coquilles de noix au ruskofs! Sauf qu'on avait pas prévu qu'ils avaient, eux-même, des ingénieurs pas mal compétent, et que les quelques techniciens récupérés à Peenemünde, la principale base d'expérimentation militaire spatiale nazie, allaient leur fournir l'expérience pratique pour concrétiser leur projet. Et d'ailleurs, leur ingénieur en chef, là, le... Crénom, comment s'appelle-t-il déjà... Ah oui, le Korolev, ce gars, il a fait un boulot d'enfer ! La R-7 Sémiorka, la fameuse fusée qui a envoyé les Spoutniks en l'air, c'est lui ! Elle developpait une puissance cinq fois supérieure à nos Vicking et autres Vanguard, et cette fusée est toujours utilisée, dans des versions plus modernes mais c'est dire un peu l'avancé des soviets. Et le Gagarine il a pris ce taxi pour s'envoyer en l'air. mais ça c'est une autre histoire, je la raconterai plus tard... I's'fait tard, nom d'un gyroscope inertiel...
Edité Vendredi 5 octobre 2007 :00:08 par kroco poco
Von Schnappi Krocovitch Yaourtski de Bergerac, KrocoSoup onctueuse a base de Danone et Fils de Maitre Yaourtberg...
Hallberg a écrit Et voilà notre rêve réalisé, en partie : désormais, les anciens ennemis construisent ensemble une station spatiale au service de l'humanité.
Justement, les ricains se retirent. Ils veulent maintenant vendre des passages sur leurs nouveaux lanceurs pour poster d'autre pollution céleste aux points de Lagrange.
Car il y a, depuis sept ans maintenant, pour les États-Unis, un danger plus grand que ne le furent les communistes. Il s'appelle G. W. Bush.
Hallberg a écrit Car enfin, si l'imaginaire spatial n'a rien de strictement nouveau, n'assiste-t-on pas à une accélération, une augmentation rapide du nombre des membres d'un club formé par des Cyrano de Bergerac, des Jules Verne et des Fritz Lang?
Reste maintenant à suivre les chemins proposés par Jean Plantier, Paul. A. M. Dirac et autres qui nous proposent une propulsion moins facile d'accès mais plus réaliste que la propulsion chimique actuelle.
Hallberg a écrit Et que l'espace, qui fut notre vie, continue de passionner les jeunes esprits qui, désormais main dans la main, s'y construisent un nouvel idéal.
Il y a deux milliards d'années, la vie sortait des mers. Aujourd'hui, elle quitte la planète. Tôt ou tard, elle ensemencera d'autres planètes et systèmes stellaires.
kroco poco a écrit Kroco (Ex-Technicien de rivetage dans l'équipe Von Braun... Dans une autre vie)
Petite Fleur (Future semence martienne ou -pourquoi pas?- vinénne... Dans une autre vie)
Edité Samedi 6 octobre 2007 :21:35 par Petite Fleur

Il y a des personnes qui pleurent en apprenant que les roses ont des épines.
D'autres se réjouissent quand ils savent que les épines portent des roses
Mouais... Les petites phrases... Et à part ça, les enjeux littéraires et historiques?
Kroco, nos retraités imaginaires feraient mieux d'être moins grandiloquents, sinon ça invite les gens à sortir des vérités de café du commerce. 
Edité Vendredi 5 octobre 2007 :19:12 par Hallberg

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler

Technicien spécial de l'équipe de recherche Von Braun...
Mes amitiés cher ex-bolchévique
Il est vrai qu'utiliser une telle expression m'aurait surpris il y a de cela 40 ans. mais que voulez-vous, le temps passe, les vieilles disputes et les rancoeurs finissent par s'estomper au loin, et le vieil ennemi de toujours finit par devenir le collègue qu'on interpelle amicalement. ..
Et si dans mon oeil continue de pétiller ce feu qui anima tous les pionniers de mon époque, je sens que votre coeur tressaille encore de la fébrilité aventurière qui secoua les conquérents d'hier.
Oui, mon ami, nous avons vécu là une histoire extraordinaire.
Et malgré la déculotté que vous nous avez infligé dans les prémices de la conquête spatiale, je peux en toute fierté affirmer que notre réponse ne manqua pas d'audace...
Car Crénom, d'bonsoir, la lune, c'est nous qui l'avons eu!!
Sans rancune,
J.S.Fergusson
PS: Peuchère, moi les vérités de café du commerce, je les passe, parce que si je devais répondre quelque chose, ça serait... "Oh Bob, une autre mousse, le vieux James a soif!"
Et puis c'est pas tout ça, mais j'ai une histoire à poursuivre. C'est que chez les ricains le temps n'était pas à la fête... D'abord un spoutnik de 80 kg bipant au-dessus de nos têtes, et envoyé par le lanceur Sémiorka

suivi un mois plus tard, de Spoutnik 2, et de son occupant canin

Et enfin, Spoutnik 3, qui dut s'y reprendre à deux fois, mais qui s'envoya en l'air avec un embompoint de plus de 1300 kg, six mois plus tard.

Et à la même époque, les américains n'avait lancé que les satellites Explorer 1 et 3

Et c'était nous, l'équipe de Von Braun, qui, malgré le choix initial du gouvernement en faveur du projet Vanguard, réalisèrent le premier satellite américain. Fallait bien redorer le blason américain, qui venait de prendre une double baffe par Spoutnik I, et par l'échec de la riposte Vanguard, ce petit satellite surnommé le pamplemousse, en raison de sa forme, et de son poids... 1 kg. Ne rigolons pas.
Aux USA, on était tous conscient du retard énorme qui venait d'être révélé au yeux du monde vis à vis de nos homologues soviétiques. Ce fut une drôle d'époque. En 58, la NASA fut créer, et malgré les réticences concernant le passé nazi de Wernher Von Braun, c'est vers lui que se tournèrent tous les regards pour rattraper le temps perdu. Car les connaissances, c'est lui qui les avait. La fusée Vicking 1 d'Explorer I, c'était lui. Développée sur le concept de la V-2 allemande d'ailleurs, dont il était le père. L'Amérique pouvait se rattraper sur deux plans. La conquête de la lune, et les vols habités.
Car si à la fin de la guerre, les applications civiles de l'aérospatiale n'était pas une priorité, l'opinion publique américaine avait pris une telle claque avec les Spoutnik, qu'il était inconcevable de ne pas jeter à son tour, toutes ses forces dans la bataille.
La Nasa lança alors le programme "Pionner", avec en ligne de mire, la lune. Pionner 0 malgré son échec, ne fut lancé que quelque mois après le lancement d'Explorer 1. Il fallait faire vite, très vite, car de l'autre côté de l'atlantique, les russes s'affairaient drôlement sur le programme lunaire, batisé moins originalement "Luna", mais que les gens avaient renommé "Lunik". Plus soviétik, ya-ya!
Début 1959, et avec deux mois d'écart furent envoyés les sondes Luna 1 et Pionner 4. Toujours un temps d'avance pour la russie. Mais si les deux sondes devaient initialement s'écraser sur la lune après avoir pris tout une foule de renseignement sur le satellite naturel de la terre, toutes deux le frolèrent en raison d'avaries de propulsions. Luna 1 fut le premier engin envoyé par l'homme à quitter l'orbite terrestre. Et le retard en matière de charge utile entre américains et russes était toujours considérable. Jugez donc, Pionner 4 et ses 6 kg, faisait pâle figure face aux 300 kg de Lunik. Six mois plus tard, Luna 2 partait pour la lune, et cette fois pour taper en plein dans le mille. Avant l'impact, elle eut quand même le temps de larguer sur l'astre mort des capsules à l'emblème de l'URSS. Application civile, certes, mais nous étions tout de même en pleine guerre froide.
Trois mois plus tard, c'était Luna 3 qui s'envolait pour la lune, avec pour objectif, photographier la face caché de la lune. Pas de numérique à l'époque, la sonde prit 29 photos en une quarantaine de minutes, les développa, les scanna, et les envoya par radio à la terre. 17 clichés exploitable arrivèrent et permirent de cartographier environ 70% de cette fameuse face cachée. De nouvelles chaînes montagneuses, cratères, et autres furent découverts, il fallut leur donner des noms. Mer de Moscou, cratère Konstantin Tsiolkowski... Et oui, toujours la guerre froide... A la même époque, l'URSS envoyait en parallèle Spoutnik 25ème du nom, et les américain Pionner 5.
Pour aller plus vite dans l'acquisition de données lunaire, la Nasa lança en parallèle de "Pionner" le programme "Ranger", afin de cartographier et analyser d'éventuelles conditions d'alunissage de sondes.
Mais pour ce soir, ça suffit, James va regarder pour la 12 586ème fois l'étoffe des héros 
Edité Samedi 6 octobre 2007 :02:19 par kroco poco
Von Schnappi Krocovitch Yaourtski de Bergerac, KrocoSoup onctueuse a base de Danone et Fils de Maitre Yaourtberg...
Il me semble pourtant que de signaler un enjeu environnemental n'est pas de mauvais goût. Tu pourrais nous développer cela davantage stp Petite Fleur?
Edité Samedi 6 octobre 2007 :02:33 par Cherrydean
Edité Samedi 6 octobre 2007 :02:39 par Cherrydean
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
Cherrydean a écrit Il me semble pourtant que de signaler un enjeu environnemental n'est pas de mauvais goût. Tu pourrais nous développer cela davantage stp Petite Fleur?
Certainement Cherrydean. Et merci de ton invitation.
D'abord, concernant Spoutnik. Il est clair que ce pas historiquement capital ne fut pas le fait que de Korolev (et non "Koroliov" : Sergeï Pavlovich Korolev). Passons sur l'invention chinoise de la fusée, dont le nom de l'inventeur est inconnu semble t-il (du moins, moi je ne le connais pas). Il y eut, avant von Braun et Korolev, d'autres présurseurs, dont le russe Konstantin Eduardovitch Tsiolkovsky, et l'américain Robert Goddard. Plusieurs considèrent Goddard, et non Von Braun, comme le véritable pionnier de l'espace. Dès 1920, il indiquait le chemin à suivre pour construire une fusée lunaire (mentionné dans le lien proposé).
Un fait aussi instructif qu'amusant : lorsqu'après avoir "importé" des techniciens et inventeurs de Peenemünde, les américains, qui avaient ressenti de l'inquiétude voyant l'avance technologique allemande sur les fusées, demandèrent à von Braun comment il en était venu à inventer une fusée si en avance sur son temps, von Braun répondit qu'il avait été fortement influencé par les travaux de l'américain Goddard. 1
C'était un peu un soufflet à l'égard des "scientifiques" américains qui avaient accueilli avec mépris et sarcasme la publication de Goddard A Method Of reaching Extreme Altitudes.
Je ne mentionne pas ça pour discréditer l'incontournable apport de ces précuseurs de génie que furent Korolev et von Braun, mais seulement pour souligner qu'ici comme ailleurs, la recherche, la découverte et l'invention furent les fruits non d'un homme isolé mais d'un apport collectif qu'on a tendance à oublier, mettant quelques noms en vedette.
Lors de ce lancement historique, certains esprits étroits se sont aussitôt concentrés sur son impact militaire et politique. D'autres ont aussitôt vu à beaucoup plus grande échelle. En écrivant
Il y a deux milliards d'années, la vie sortait des mers. Aujourd'hui, elle quitte la planète. Tôt ou tard, elle ensemencera d'autres planètes et systèmes stellaires.
je ne croyais pas énoncer "une vérité de café du commerce". Étant québécois, je ne connais pas bien cette expression, mais elle m'a semblé méprisante et sarcastique. Si c'est le cas, je ne crois pas qu'elle ait sa place sur ce beau forum, surtout venant d'un membre aussi respecté que Hallberg. Il y a peut-être eu quiproquo : qu'on me permette de clarifier ma pensée.
Je crois profondément que "ces" pas, et non seulement "ce" pas d'avoir lancé Spoutnik, s'inscrivent dans une démarche universelle (et non seulement terrestre) inéluctable et incontournable. Lorsque quelques atomes se réunirent en molécules naquit la chimie. Lorsque ces molécules se réunirent en chaînes, naquit la complexité, indispensable à l'organisation. Lorsque ces chaînes s'agglutinèrent pour former les premières cellules naquit la vie. Cette vie se blottit d'abord dans l'eau. "Glou-glou". Puis un jour, elle osa sortir de l'eau.
Ce faisant, elle s'ouvrait à beaucoup plus vaste qu'au milieu continental (par opposition à "marin") : grâce à la transparence de l'atmosphère, elle put constater que l'Univers n'est pas rempli d'eau, que la Terre n'est pas seule (les étoiles), puis qu'elle n'est pas au centre de cet Univers, puis que même notre galaxie n'est qu'une parmi des milliards. Ceci ne s'est pas fait en un jour, mais en deux milliards d'années. Et peut-être, dans quelques siècles ou millénaires, découvrirons-nous que notre Univers n'est qu'un parmi tant d'autres. C'est dans cette optique, selon moi, que vient s'inscrire Spoutnik : l'innexorable avancée de la Vie. Et s'il n'y avait pas eu Korolev, von Braun, Goddard, Tsiolkovsky, ni même des humains... il y en aurait eu d'autres. Je crois que l'Univers tout entier est un être vivant qui, graduellement (j'allais dire "lentement" mais ceci n'est vrai qu'à notre échelle) prend conscience de lui-même. Et que l'expansion de la Vie est aussi innarêtable que l'évolution des galaxies. C'est dans ce contexte que j'ai écrit la phrase mentionné ci-dessus. Pour moi, le "Bip-bip" de Spoutnik est le successeur du "Glou-glou" de nos ancêtres : après être sortie de l'eau, la Vie sort maintenant de la planète. Ou, comme le disait Tsiolkovsky
La Terre est le berceau du mental, mais nous ne pouvons pas vivre à jamais dans un berceau.
Non, je ne crois pas que ce ne soient là que des "vérités de café du commerce".
Pour répondre à ton invitation maintenant, Cherrydean, tout comme les êtres qui vivent maintenant hors de l'eau ne sont pas des "poissons améliorés", je crois qu'à long terme, les transporteurs interstellaires (intergalactiques?) ne seront pas des "fusées améliorées". (Leloup l'a d'ailleurs bien préfiguré avec sa navette intergalactique.) Et ce, même si on remplace la propulsion chimique par la propulsion ionique, nucléaire, ou même par la recombinaison de matière et d'anti-matière (découverte par P.A.M. Dirac que je mentionnais) ou photonique (dont les vinéens semblent faire usage). Tout ceci, c'est encore des fusées améliorées. J'ai mentionné ci-haut Jean Plantier. Je crois que, par ses réflexions, il ouvre une nouvelle voie. Il est d'ailleurs amusant de voir comment ses idées furent connues.
Durant les années '50, Aimé Michel faisait une enquête sur les soucoupes volantes. Il avait deux objectifs : 1) recuellir des témoignages crédibles sur ces observations et 2) proposer des explications à ce phénomène. Il publia le résultat de ses recherches en 1958 dans Lueurs sur les soucoupes volantes (préfacé par son ami Jean Cocteau). Enquêtant auprès de l'armée de l'air française, on lui recommenda d'aller voir le lieutenant Plantier. Celui-ci le reçut en niant qu'il s'était intéressé aux observations de soucoupes volantes, précisant qu'il s'intéressait à un nouveau mode de propulsion de l'engin supersonique et interstellaire idéal. Il sortit des papiers grifonnés de dessins et de quelques équations représentant cet engin de ses rêves. Le mode de fonctionnement (basé sur la création d'une gravité locale orientée) nécessitait que le moteur soit circulaire (en forme d'un grand disque), d'où le fait que ses compagnons croyaient qu'il s'intéressait aux soucoupes volantes. Ce n'était pas ce que Michel cherchait mais il accepta que Plantier lui en présente les grandes lignes. Un fait le frappa aussitôt : bien que conçu à partir de données purement théoriques et pas du tout "pour expliquer les soucoupes volantes", l'engin se comportait selon les descriptions des témoins de soucoupes réelles! C'était d'autant plus surprenant que les prévisions de Plantier expliquaient des comportements que les autres explications alors à la mode (phénomènes atmosphériques, illusions d'optique etc.) ne parvenaient pas à inclure. Même des phénomènes "inexplicables" étaient prévus, comme l'observation de Gaillac et Oloron où des centaines de témoins virent
&imgrefurl= http://www.ovni.ch/archives/plantier.htm&h=283&w=188&sz=2&hl=fr&start=5&um=1&tbnid=emMCERVmthzaCM:&tbnh=114&tbnw=76&prev=/images%3Fq%3DGaillac%2Bet%2BOloron%26svnum%3D10%26um%3D1%26hl%3Dfr%26sa%3D X">des fils ténus s'échapper et tomber sur le sol où ils s'évaporaient lentement (cité de l'ouvrage d'Aimé Michel. Descendez dans la page jusqu'à voir cette illustration : voir le texte à sa droite)
Autre fait notable, Plantier avait prévu des phénomènes reliés à son engin et qui n'avaient jamais été observés à la date de l'entrevue, mais qui ont été rapportés plus tard dans des journaux de divers pays, comme la création d'un "nuage" au dessus de l'engin lorsque celui-ci volerait lentement par temps humide, ou la formation de vagues "vers le haut" (et non vers le bas comme c'est le cas pour des avions ou hélicoptères) lorsque son engin volerait lentement (ou en vol stationnaire) au-dessus d'un plan d'eau. Suite à l'exhortation d'Aimé Michel, Plantier a publié La propulsion des soucoupes volantes par action directe sur l'atome.
En quoi ceci répond-il à ton invitation, Cherrydean? Ces véhicules n'utilisent aucun carburant polluant. Ils utilisent une particularité de l'espace prévue par la Relativité Générale selon laquelle une forte masse concentrée dans un petit volume, comme on peut en observer dans les pulsars et étoiles à neutrons, cause une courbure de l'espace. C'est cette courbure qu'utilise le véhicule hypothétique de Plantier. Il est intéressant de noter que ces véhicules peuvent aussi bien voler dans l'air que dans l'espace vide. Ils y auraient même l'avantage d'être silencieux, même à des vitesses supersoniques. (Ce fait, surprenant, est expliqué dans l'ouvrage de Plantier.) De plus, ils ne tirent pas dans les ressources non renouvelables de la Terre, utilisant une énergie disponible partout dans l'Univers. Je crois que, comme tu le dis, ça pourrait concerner un enjeu environnemental. Un enjeu de taille quand on voit la consommation (et la pollution) des avions et des fusées. Malheureusement, l'utilisation de matière aussi condensée n'est pas techniquement possible aujourd'hui. Mais la réalisation de fusées lunaires et d'avions incercontinentaux ne l'était pas non plus il y a un siècle...
À Hallberg
Dois-je te remercier pour ce "mot de bienvenue"? Tu demandes "Et à part ça, les enjeux littéraires et historiques?"? Je crois que Spoutnik fut bien plus un fait technologique que littéraire. Quant à l'aspect historique, désolé si je n'ai pas été assez clair pour que tu le voies : c'est vrai, je l'admets, que la notion d'histoire que j'englobe est un peu vaste, couvrant non pas quelques centaines mais quelques milliards d'années.
La grandiloquence est un outil précieux pour les politiciens et ceux qui préfèrent la forme au fond, le contenant au contenu. Je préfère la clarté et la concision : "Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage. Soustrayez beaucoup, ajoutez peu".
Je doute que cet "accueil du nouveau" en encourage plusieurs à nous joindre... "Le mépris et le sarcasme sont les armes de ceux qui n'ont pas d'arguments".
Edité Samedi 6 octobre 2007 :22:07 par Petite Fleur

Il y a des personnes qui pleurent en apprenant que les roses ont des épines.
D'autres se réjouissent quand ils savent que les épines portent des roses
Vous avez raison de signaler que la mémoire collective est prompte à céder au vedettariat et à monter en épingle les têtes d'affiche. Cette forme de sélection a du reste fait des ravages jusque dans des sphères qui devraient théoriquement lui échapper - l'historiographie traditionnelle regorge de ce genre de choses.
La translitération, inexacte, "Koroliov", était usuelle en Europe francophone et disparait progressivement au fur et à mesure que la translitération internationale, unifiée, s'impose. À ce titre, d'ailleurs, beaucoup écrivaient également "Sergueï" en lieu et place de "Sergei", et autres licences en matière de translitération.
L'expression "vérité de café du commerce", désigne une affirmation qu'il n'est pas réellement possible de contester (ou dont la vérité semble évidente à beaucoup), mais rendue superflue ou gratuite par l'absence d'illustration ou d'argumentation réellement dialectique, le caractère stéréotypé ou manichéen, ou encore la capacité à susciter un accord superficiel entre les interlocuteurs par ommission des réserves, nuances et compléments qui pourraient déboucher sur une discussion réelle. En l'occurence vos formulations précédentes, par exemple ailleurs sur le rôle des croyances religieuses dans les conflits, peuvent raisonnablement entrer dans cette catégorie.
Dans une moindre mesure, les proverbes ou le recours excessif à des maximes formulées par des personnes "faisant autorité" (quand elles ne sont pas utilisées comme illustration mais substituées à un argument personnel) peuvent entrer dans cette catégorie, dans la mesure où il y a remplacement d'une opinion développée par un lieu-commun collectivement admis.
Vos propos entraient partiellement dans ces catégories et certains en sortent au fur et à mesure des éclaircissements.
J'ignore d'où vous sortez la qualification de membre respecté qui m'est attribuée. Si c'est en référence à la période où j'avais des responsabilités, ceci n'est plus d'actualité.
Sur l'enjeu littéraire et historique.
D'une part je conçois parfaitement que les enjeux techniques et scientifiques sont importants. Cependant, le créateur d'un "topic" en délimite généralement l'objet, et je pense avoir suffisamment insisté, dans mon introduction, sur le fait que mes questions ne portaient ici que sur les répercussions sur l'art et l'imaginaire collectif. Etant donné qu'il reste à tout instant possible d'ouvrir un nouveau sujet consacré à un thème scientifique, il est mal venu, à moins d'être en position d'arbitre, d'imposer à l'auteur du premier message une réorientation thématique.
D'autre-part, il est vrai que j'entendais l'enjeu historique au sens conventionnel de ce terme. Les riches enjeux scientifiques que vous mentionnez trouveront encore une fois leur place dans un autre sujet, que vous aurez sans-doute à coeur de créer.
Mon hostilité, qui peut s'avérer une erreur, repose sur l'analogie frappante existant entre l'ensemble de votre rhétorique (subite irruption d'un discours scientifique conséquent dans un site littéraire, recours très important à des liens, proverbes et maximes, remarques stéréotypées sur les autres thèmes, mauvaise compréhension générale des orientations thématiques d'un sujet et propention, consécutive, à imposer une réorientation contre l'avis de l'auteur.
Styles et façons, j'en suis absolument navré, m'ont furieusement rappelé une personne que nous avons éconduite, et au sujet de laquelle je vous dois des explications, sans quoi la chose serait mystérieuse. Il s'agissait d'une personne qui s'avéra très démonstrative, perpétuellement préoccupée d'avoir une bonne image auprès des gens, désireuse de s'imposer sur le forum et à occuper le terrain en y faisant reconnaître ses mérites.
Aussi, il est probable que votre ton ne ressemble qu'en apparence à une telle personne, auquel cas ma méfiance aura été inutile.
À l'époque, j'étais en charge du forum. Je ne le suis plus et suis, en conséquence, dégagé de mon devoir de réserve. Simultanément je puis être sanctionné par les responsables actuels. N'ayez donc aucun souci, si c'est moi qui fais fausse route, c'est moi qui ferai les frais de l'erreur.
Partons donc sur une hypothèse moins désagréable, et revenons au sujet. Je suis à votre disposition pour vous fournir des précisions si vous estimez que mon introduction ne précisait pas assez clairement la dimension littéraire et imaginaire du sujet.

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Le 7 octobre 2007
(Il y a un autre post ci-dessous, sous la ligne séparatrice, le 21 octobre)
Hallberg a écrit je pense avoir suffisamment insisté, dans mon introduction, sur le fait que mes questions ne portaient ici que sur les répercussions sur l'art et l'imaginaire collectif.
Hallberg a écrit si vous estimez que mon introduction ne précisait pas assez clairement la dimension littéraire et imaginaire du sujet.
Hé oui : vous avez raison et je vous dois des excuses. Vous étiez clair :
Hallberg a écrit Comment le thème du voyage spatial touche-t-il l'imaginaire, comment cette "nouvelle frontière" nourrit-elle les rêves, avant Spoutnik, après lui (continuité ou rupture? ), comment traverse-t-il les barrières des genres et de la reconnaissance, depuis nos jeux d'enfants jusque dans l'art officiel?
Et nous, quels sont, quels ont été, quels seront nos rêves, quand notre regard se porte à la voûte étoilée?
J'avoue que, lisant les posts suivants, qui abondent en kilogrammes, puissance relative des moteurs Vanguard et Semiorka, dimensions, dates, récits, nombre de photos prises et techniques photographiques, et même un dessin technique détaillé avec explications, j'ai oublié que l'invitation était dans le domaine du rêve, de l'imaginaire. Je vous prie de m'en excuser : mon intention n'était pas de dévier l'orientation du sujet, que je croyais suivre. Je vous remercie de rappeler ici cette orientation première, à moi et aux autres participants par le fait même.
Concernant l'expression "vérités de café du commerce", je l'avais comprise dans le sens d'une expression d'ici : "discussions d'avocats (ou de "scientifiques" ou de "médecins") de tavernes", une expression qui a, au Québec, un sens très méprisant. D'où ma réponse...
Concernant les énoncés manichéens (ou "binaires"), personnellement, je les trouve très faciles à réfuter. Il suffit, comme vous le mentionnez implicitement ci-dessus, d'apporter une nuance ou de demander une référence. J'ai observé que, lorsque la personne qui l'a énoncé ne peut développer ou étayer, elle se rétracte (ou se tait) généralement rapidement. Par contre, j'ai vu plusieurs cas où la personne pouvait développer et étayer et avait, dans un premier temps, simplement énoncé une opinion ou une croyance et, lorsqu'on le lui demandait, était très capable de la fonder. D'où j'ai constaté qu'il est préférable de vérifier avant d'accuser ou de préjuger.
Je ne vois pas, dans mon premier post sur ce sujet, d'usage abusif de maximes, proverbes ou d'usage important de liens. Je comprends mal alors que votre réponse à ce premier post ait été basée là-dessus. L'usage de liens dans mon second post vient peut-être d'une formation (ou "déformation"? 1
) universitaire où on nous demande de tout justifier, de citer nos références etc. Pour éviter, justement, les "vérités de café du commerce". Également, ces liens contiennent beaucoup plus d'informations que je n'aurais pu en mettre dans un post et peuvent s'avérer utiles aux lecteurs que ces sujets intéresseraient. Je les ai proposés non pour remplacer ma pensée (que je crois avoir exprimée clairement) mais pour la compléter sans surcharger le post, ou pour donner mes références (eh oui! Université, quand tu nous tiens...
).
Hallberg a écrit J'ignore d'où vous sortez la qualification de membre respecté qui m'est attribuée.
C'est mentionné à plusieurs endroits sur le forum, entre autres par Émilia, par @Yoko et plusieurs autres.
Je suis sincèrement désolé si mon post vous a rappelé une personne désagréable.
Je proposerais donc que l'incident soit clos car mon but n'est certes pas de créer ni d'entretenir une ambiance de conflit que j'avais cru percevoir dans votre réponse.
Et, pour corriger le tir, permettez-moi de répondre ci-dessous plus dans la ligne de votre première invitation.
__________________________________________
Hallberg a écrit Comment le thème du voyage spatial touche-t-il l'imaginaire, comment cette "nouvelle frontière" nourrit-elle les rêves, avant Spoutnik, après lui (continuité ou rupture?)
Pour moi, il est certain que le passage soudain (et inattendu pour plusieurs) du rêve à une réalité accomplie a fortement catalysé ce rêve. Il me semble plausible que les énormes fusées de l'époque, des ICBM pour la plupart, étaient plus objets de cauchemars que de rêves. Et voilà que, soudain, les Semiorka et Jupiter C ressemblent soudainement à la fusée du professeur Tournesol! Je n'y étais pas, mais il me semble que, dans l'imaginaire de l'époque, on a dû commencer à voir ces montres d'un autre oeil... Je crois donc qu'il y a eu à la fois continuité et rupture : continuité d'un rêve aussi vieux que l'humanité et rupture dans sa forme. À un point tel qu'aujourd'hui, les énormes fusées sont plus liées au voyage spatial qu'à la guerre nucléaire.
Concernant l'art, je suis surpris de voir la persistance de concepts tirés de l'aviation dans l'art ayant trait aux voyages spatiaux. Dans le cinéma, par exemple, des films comme "La guerre des étoiles" et ses séquelles nous montrent des "engins spatiaux" munis d'ailes, de moteurs qui font du bruit (dans le vide???) et autres incohérences.
Dans l'art pictural, par contre, ce rêve a donné naissance à plusieurs très belles oeuvres. Cette image me fait penser au titre d'un ouvrage d'Hubert Reeves qui nous rappelle que nous sommes des "Poussières d'étoiles". Elle éveille en moi un sentiment que nous venons de l'infini et que nous cherchons à y retourner... Ici, sans nul doute (du moins pour moi), nous touchons à un imaginaire collectif. Pour moi, une telle image catalyse bien plus le rêve que des images de guerres ou de monstres interstellaires... (Vous pourrez la retrouver, ainsi que plusieurs autres, sur ce site. J'ai trouvé amusant le jeu de mots entre "Noway" et "Noé"...)
Vous demandez aussi
Hallberg a écrit Et nous, quels sont, quels ont été, quels seront nos rêves, quand notre regard se porte à la voûte étoilée?
Enfant, je rêvais d'y aller (moi aussi : comme "Hallberg, qui a rêvé d'être cosmonaute quand il était petit..."). Aujourd'hui, je rêve simplement que j'y suis... Je mentionne dans mon post ci-dessus que l'actuelle aventure spatiale n'est qu'un pas dans l'évolution et l'expansion de la Vie. Les faits et images fabuleuses que nous ont expédiés les sondes spatiales (des premières qui nous renvoyaient des photos de la Terre aux récentes comme Cassini-Huygens qui nous a envoyé des photos d'une beauté saisissante) m'ont fait réaliser que j'appartiens à cet Univers. Elles m'ont rendu aussi conscient que j'y appartiens qu'un poisson est conscient de vivre dans la mer. Comment ne pas l'être quand on sait que le tout petit point bleu, à gauche dans l'image de Saturne, passé les anneaux brillants et près du premier anneau diffus, est notre bonne vieille Terre vue de là-bas? (Pour bien le voir, je suggère d'aggrandir la photo par le petit carré en bas à droite.)
Pour moi, et en réponse à votre question, quand je regarde la voûte étoilée, ou même quand je regarde une "petite fleur" depuis que j'ai vu ces photos, le rêve est devenu réalité. Je crois que nous habitons un vaisseau spatial appelé Terre. Et que chaque être, du plus grand génie à l'humble brin d'herbe, participe à une aventure qui nous transcende tout en nous appartenant partiellement.
Pour moi, il est certain que Spoutnik et ses successeurs ont potentialisé ce rêve et ce sentiment d'appartenance, à moi et à plusieurs autres.
P.S. Euh... j'avoue que l'engin de Plantier m'a aussi beaucoup fait rêver...
Edité Dimanche 7 octobre 2007 :03:08 par Petite Fleur
Le 21 octobre 2007.
Bon... Bien puisque la réponse tarde à venir, je vais me permettre de développer un peu plus, essayant cette fois de respecter l'orientation demandée : le rêve, l'imaginaire collectif et l'art.
Je mentionnais ci-haut que l'engin de Plantier m'avait aussi beaucoup fait rêver. En effet, puisqu'il puise son énergie à même l'espace qui l'entoure, ce serait comme un bateau qui aurait un moteur à eau... Les possibilités laissent rêveur!
Puisqu'il se propulse en créant une gravitation artificielle dans laquelle il "tombe", les passagers de cet engin ressentiraient à peine les accélérations les plus fulgurantes. Ainsi, il serait possible d'atteindre rapidement des vitesses fabuleuses sans que les occupants en souffrent. Cela ouvre la porte à des rêves que la propulsion actuelle semble interdire. Dans ce qui suit, qu'on me pardonne d'apporter quelques notions techniques ou scientifiques : ce n'est pas pour dévier l'orientation "rêveuse" proposée, mais pour la renforcer. En effet, quand on croit un rêve possible, on l'entretient, on le nourrit alors que, quand on le croit impossible, on y renonce. Tout comme il semble plus réaliste à un fils de riche vivant à Pasadena ou Beverley Hills de devenir président des USA qu'à un noir de Harlem vivant du "Welfare" (la sécurité sociale). C'est uniquement dans ce sens que j'aimerais que les notions que j'apporterai soient interprétées : oui, on a le droit de rêver, et même de rêver que ça se réalisera (sinon à quoi servent les rêves?) ; la Science nous y autorise.
Étant donnée la vitesse fabuleuse et la portée pratiquement illimitée de l'engin de rêve de Plantier, et tenant compte de la contraction du temps décrite par Lorentz et reprise en Relativité selon laquelle le temps s'arrête presque pour qui voyage à une vitesse proche de la lumière, il serait possible, avec un tel engin de...
Bardamu a écrit pouvoir y aller en 2 temps 3 mouvements, en bondissant vers les cieux, y évoluer sans craindre le froid et le manque d'air, slalomer entre les astéroïdes, caresser les chevelures des comètes, faire la course avec les météorites, traverser les soleils, contempler les mondes lointains...
(quoique, "traverser les soleils", là j'ai des doutes...)
Et tout ça en dedans du cadre d'une vie!
De plus, cet engin apportant avec lui son propre champ gravitationnel, donc déformant l'espace localement, on peut rêver qu'il pourrait dépasser la vitesse de la lumière relativement à son point de départ (qui, de ce fait, ne pourrait plus l'observer). Tout comme se le permettent plusieurs auteurs de science fiction, comme Roger avec la navette intergalactique ("Les trois soleils de Vinéa", "Les Titans"...). Il me semble beaucoup plus réaliste de le faire ainsi qu'avec des "fusées améliorées" comme les engins photoniques ou même le Ryu. Ou même avec ceci (image tirée d'un site appelé Bad astronomy! 1
)
Pourtant, reconnaissons que Star Trek a fortement catalysé le rêve de plusieurs et touche certainement à l'imaginaire collectif! Et, si on admet le cinéma comme une forme d'art (le septième paraît-il), il me semble certain que la conquête spatiale commencée avec Spoutnik a influencé et catalysé ce rêve dans l'art! On peut en dire autant de nombreux romans et bandes dessinées.
Le rêve... Je connais un homme qui demeure près de chez moi et qui se rappelle Spoutnik. Je lui ai parlé de ce sujet et il m'a commenté "Je m'en souviens clairement. Ce soir-là, j'étais enfant alors, je pouvais à peine m'endormir. Je rêvais à ce tout petit joujou perdu dans l'immensité, à la frontière entre notre monde et l'infini... Et je me disais que notre monde ne sera plus jamais le même".
Quel est donc cet imaginaire collectif, d'où vient-il et où va t-il? Oui on peut rêver du passé comme nos deux compères Boris Aleksandrovich Kipitjelnik et James Smith-Fergusson ci-dessus : le rêve s'appelle alors nostalgie... Et je comprends aisément que les artisants de la première heure ont dû vivre des moments exaltants! Ils étaient faits de "The right stuff" ("L'étoffe des héros") et ont certainement de quoi être très fiers! Car, à tout prendre, la différence entre le rêve et la nostalgie, c'est la différence entre l'à venir et l'accompli.
Mais le rêve se tourne plus volontiers vers l'avenir. Comme le disait si justement Hallberg
La concrétisation technique du fantasme (...) n'a-t-elle pas ouvert les portes d'un imaginaire quelque-peu lointain au plus grand nombre, passant de l'hypothétique à l'anticipation?
(...)
Notre façon d'imaginer les horizons lointains change-t-elle au contact presque mystique de ce nouvel inconnu? Ou s'y manifeste-elle avec une remarquable constance?
Indéniablement! Mais quelle anticipation? Quel contact presque mystique? Qu'y a t-il dessous cet imaginaire collectif, ce goût d'un ailleurs qui imprègne toutes les époques et les civilisations? Peu importe qu'on l'appelle Mercure, Icare, l'Atlantide, Quetzalcoatl, la quête du Saint Graal, l'archétype de la Traversée, "Go west young man" ou ...Vinéa, ce rêve semble lié à une puissance presque divine, à une immortalité. Ce rêve est-il d'ailleurs unique à l'espèce humaine ou en avons-nous hérité de nos ancêtres lointains, des premières bactéries et planctons et leurs descendants qui se lancèrent à la conquête des mers, puis des continents, puis des airs? Ce rêve, je crois, est universel. Et non seulement "terrestre".
Ce rêve, je crois, est aussi stimulé par les récits de ceux qui nous reviennent de l'au-delà, les ressuscités cliniques, qui nous décrivent tous un même voyage (sous différentes formes, mais toujours avec le même fond) quelles que soient leurs croyances, leur religion, leur culture et même leur âge! Certains nous relatent des observations vérifiées qu'ils ne pouvaient pourtant pas observer de la salle d'opération où leur corps se trouvait.
Et ici on rejoint le rêve de Bardamu :
Voyager dans l'espace oui, mais sans avoir besoin de navette spatiale pour y aller, de combinaison et d'oxygène pour survivre
Ce rêve, je crois, se réalisera. Mais pas par des humains, du moins pas sous la forme actuelle. (Et probablement pas sur une planche à surfer 1
) N'est-ce pas le rêve de la Vie depuis ses tout débuts?
Edité Dimanche 21 octobre 2007 :19:57 par Petite Fleur

Il y a des personnes qui pleurent en apprenant que les roses ont des épines.
D'autres se réjouissent quand ils savent que les épines portent des roses
Petite Fleur a écrit Et ici on rejoint le rêve de Bardamu :
Voyager dans l'espace oui, mais sans avoir besoin de navette spatiale pour y aller, de combinaison et d'oxygène pour survivre
Ce rêve, je crois, se réalisera. Mais pas par des humains, du moins pas sous la forme actuelle. (Et probablement pas sur une planche à surfer 1
) N'est-ce pas le rêve de la Vie depuis ses tout débuts?
Disons que je trouve ça super stylé de voyager à travers l'infini sur une simple planche ^^
Sinon, qu'entends-tu par "pas par des humains, du moins pas sous la forme actuelle" ?



Bonjour Bardamu
Petite Fleur a écrit Ce rêve, je crois, se réalisera. Mais pas par des humains, du moins pas sous la forme actuelle. (Et probablement pas sur une planche à surfer 1
) N'est-ce pas le rêve de la Vie depuis ses tout débuts?
Bardamu a écrit Sinon, qu'entends-tu par "pas par des humains, du moins pas sous la forme actuelle" ?
Je ne veux pas tomber dans les "vérités de café du commerce" dont parlait Hallberg, mais je croyais que c'était évident...
Pardonne!
Regarde ton corps. La plupart des gens (sauf ceux qui vivent en haute montagne depuis leur enfance) ont déjà de la difficulté à être actifs à 5000 mètres. Oui on peut y vivre mais si on court un peu ou si on fait une activité physique le moindrement exigeante, on s'essouffle très rapidement à cause du manque de pression atmosphérique. À 7000 mètres ou plus, comme sur l'Everest, même les montagnards endurcis comme les Sherpa doivent apporter de l'oxygène sinon ils ne peuvent pas grimper. Si on monte plus haut, l'air se raréfie de plus en plus jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus. Alors, non seulement on aurait un peu(?) de difficulté à respirer mais, sans aucune pression extérieure et à la température du corps, l'eau bout. Alors l'eau de notre corps (qui forme entre 70 et 85% du corps selon notre sexe et quelques autres facteurs) se transformant en vapeur, le corps éclate comme un ballon trop gonflé. Dur dur pour des humains, dans ces conditions, de continuer le voyage "sous la forme actuelle"!
Et je n'ai parlé que de la pression de l'air. Comment te sens-tu à 20 sous zéro sans protection aucune? Dans le vide de l'espace et près de la Terre, tu serais soumis à environ +200 d'un côté (le côté ensoleillé) et à -270 de l'autre. Puis il y a les radiations intenses de rayons qui nous sont mortels. Puis, équipés comme nous le sommes avec des jambes qui doivent s'appuyer sur quelque chose pour qu'on puisse se déplacer, comment nous déplacerions-nous? Ce ne sont que quelques facteurs mortels (pour nous) des conditions spatiales ; il y en a d'autres, et en abondance.
La vie, qu'on croit être apparue d'abord dans l'eau, a dû changer de forme avant de pouvoir vivre hors de l'eau. Rares sont les poissons et autres fruits de mer qui survivent longtemps hors de l'eau. Les mammifères, les oiseaux, les insectes n'ont plus (depuis longtemps) la "forme actuelle" des poissons.
Semblablement, il me semble évident que, sans protection corporelle, "sans avoir besoin de navette spatiale pour y aller, de combinaison et d'oxygène pour survivre", nous ne survivrions pas, tout simplement. Alors, si des êtres vivants (qu'ils soient nos lointains descendants ou non) vont dans l'espace "slalomer entre les astéroïdes, caresser les chevelures des comètes, faire la course avec les météorites, traverser les soleils, contempler les mondes lointains... ", ils sont (ou seront) très différents de nous.
Euh... peut-être en "voyage hors du corps"? Mais encore là, ce n'est pas sous notre forme habituelle...
Je ne nie pas la possibilité qu'une vie existe dans des conditions très différentes de celles de la Terre. Ce qui serait "le point de vue de la carpe", c'est à dire faire comme un poisson qui nierait qu'il puisse y avoir de la vie hors de l'eau. Mais j'affirme que, s'il y en a, la constitution de ces êtres serait très différente de la nôtre! Donc pas "des humains, du moins pas sous la forme actuelle". Est-ce que ça répond à ta question Bardamu?
Concernant les planches à surfer, ce n'est pas (tu l'as compris), une question de style mais ici encore, de survie. Les moyens techniques se développant, probablement parviendrons-nous à fabriquer de l'équipement léger permettant notre survie dans l'espace, comme ces bulles flottantes que Roger nous suggère entre autres dans "Les Trois Soleils de Vinés" et "Les Titans". Ces bulles devraient être très résistantes, non seulement à la pression de l'air à l'intérieur, mais aussi aux radiations et autres dangers pour l'occupant. De tels appareils offriraient, par leur souplesse et leur visibilité, un liberté proche de celle d'une planche. Cependant, pour des voyages à plus long terme, un équipement plus lourd demeurerait nécessaire.
Mais que ceci ne nous empêche pas de rêver! Bien au contraire, parle-nous de tes rêves, Bardamu. Comment, selon toi, serait-il possible de "slalomer entre les astéroïdes, caresser les chevelures des comètes, faire la course avec les météorites, traverser les soleils, contempler les mondes lointains..." Comment vivrais-tu ça?

Il y a des personnes qui pleurent en apprenant que les roses ont des épines.
D'autres se réjouissent quand ils savent que les épines portent des roses