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Carnets de philosophie et d’art post-contemporain

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koko
 koko
(@koko)
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Le but de ce topic est de faire un petit état de l’art post-contemporain, de la philosophie néo-futuriste, et de la littérature altermoderniste. Pour des raisons de cohérence contre-chronologique, cohérence qui se justifie d’elle-même comme opposition au dogme structuraliste, les carnets déposés ici seront numérotés dans Z et désordonnés de manière rigoureuse.

Carnets artistiques et philosophiques post-contemporains numéro n+30

Sourdi Nacoustik, le désormais célèbre compositeur post-sériel, s’est illustré en créant la musique méta-sérielle. La musique post-sérielle était régie par des lois strictes : en fait chaque note devait servir exactement le même nombre de fois en moyenne quel que soit le segment de la chose considérée, et toute partition de l’ensemble des notes du morceau devait correspondre à une relation d’équivalence transitive vérifiant les axiomes de Maizoui Cétrivial sur un magma commutatif. En fait le seul morceau pouvant respecter ces règles était le célèbre « Morceau vide » (ainsi, bien sûr, que « Une heure de silence silencieux »), et ce par une application directe du théorème de Bolzano-Weierstrass.
Avec la musique méta-sérielle on fait un pas en arrière puisque l’on retombe dans de la musique sonore. Les contraintes de construction d’un morceau sont relaxées si bien que certaines œuvres sonorisées deviennent compatibles avec les spécifications.
Mais la musique sonore a encore de l’avenir, comme nous le montre le succès dans les milieux chics de ce mouvement acoustique. Ainsi le « Train qui sort de gare sous fond de moulin à café et de cliquetis d’appareils photographiques » a réussi à rassembler deux spectateurs à sa première audition.
Comme je sais que vous êtes des hommes, des femmes et des robots intelligents je vais ici me permettre de vous présenter brièvement les règles de composition harmoniques qui régissent la musique de Sourdi Nacoustik.
D’abord il faut constater l’abandon du concept de note, la note faisait référence à une fréquence précise ce qui était une hérésie profondément limitative. Le nouveau concept dominant est la sonorité nommable. Ainsi un train qui entre en gare émet une sonorité à la quel on peut attribuer un nom, cette sonorité sera donc représentable sur une partition et en conséquence pourra être utilisée dans une composition. Comme on reste fidèle au principe de la musique sériel il faut que chaque sonorité ait autant de chance d’apparaître dans le morceau. Le problème vient du fait qu’aux quelques notes traditionnelles se substituent des millions d’échantillons bruyants à manipuler.
En fait aucun morceau ne sera assez long pour contenir tous les sons, à moins d’en passer plusieurs centaines à la fois et de durer des dizaines de jours (c’est le cas de « Tout » écrit par Bélla Bartir), d’où le concept de probabilité randomisante.
Chaque ‘hyper-note non fréquencée’ (le nom donnée à n’importe quel son) doit avoir sa chance lors de la composition de l’œuvre. Ainsi l’auteur tirera au hasard à l’aide d’une grille de loto les hyper-notes qu’il placera dans son morceau et n’aura plus qu’à les désordonner par un mélange dans un chapeau. Le résultat est stupéfiant de vivacité, de variété et d’originalité. Ainsi, une des meilleurs œuvre méta-sériel : « Pshit-boum-iuoou » écrite par Sourdi Nacoustik commence par l’ouverture d’une bouteille d’Orangina secouée, suivie de l’explosion d’une canette de Coca-Cola à l’aide de quelques centimètres cubes de TNT. Entrent alors en scène des camions de pompiers ainsi que des danseurs qui écrasent des chips en cadence. Le morceau continue, toujours aussi original, avec deux chasses tirées (une cinquante litres modèle de luxe et une chasse ordinaire en faïence rétamée) et trois papiers déchirés (une page de Victor Hugo, un feuille de papier toilette signée Ode Heurdepied et un papier de bonbon à la pistache).

Discographie post sériel :
« Une heure de silence silencieux » par Sourdi Nacoustik, interprété par l’orchestre des sourds-muets de TryFhouLLy Sur Mer. 1h, éditions DuSourd.
« Morceau vide » par Sourdi Nacoustik, interprété par l’ensemble vide de Korax-Sur-Water. 0h, éditions DuFrit.
« Rien » par Bélla Bartir, interprété par lui même. 7h, éditions DuFrit.

Discographie méta-sériel :
« Tout » par Bélla Bartir, interprété par vingt chemineaux, douze buveurs de Coca-Cola, quinze camionneurs, trente plombiers, cinquante deux danseurs et neuf cents autres interprètes divers. 897 jours, éditions DuSourd.
« Sons au hasard » par Sourdi Nacoustik, interprété par un cuisiner polonais anonyme. 6h, éditions DuFrit.

-Edité le: Jeudi 11 août 2005 à 12:43 par koko-

-Edité le: Jeudi 25 août 2005 à 22:21 par koko-


Le cinéphile déviant


   
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Hallberg
(@hallberg)
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Voici une petite tirade un peu parodique et un peu prophétique faisant partie d'une grosse blague de tonton Offenbach, en 1860. Bien-entendu, Offenbach ne savait pas qu'un peu plus tard, certaines de ses formules volontairement excessives se trouveraient prises au sens littéral.
Mais revenons-en en 1860. Pour savoir qui est le compositeur directement visé, ça n'est pas bien compliqué, je vous laisse deviner...

Symphonie de l'Avenir

[Arrive un personnage barbu portant un béret, et hurlant à tue-tête un air connu de sa composition*]

Ta tatadadam, ta tadadadam...

Ahahahahaaah, me voici, je suis le compositeur de l'avenir, et je vous écrase tous!

Vous le passé, vous la routine! Je suis... toute une révolution!

Plus de notes, plus d'harmonie, plus de diapason, plus de gammes, plus de bémols, plus de dièses, plus de bécarres, plus de "forte", plus de "piano"!

Plus de musique alors? Si! Mais une musique inouie, indéfinissable, "undeskriptible"!!! D'ailleurs, j'en ai toujours sur moi...

[il jette une partition sur le pupitre du chef]

ça doit commencer... euh... quelque-part par là... bien...
Vous êtes prêts? C'est "la marche des fiancés". Écoutez, si vous pouvez...!

[l'orchestre joue une sorte de version torturée et cacophonique du "quadrille des lanciers" Le compositeur de l'avenir commente:]

Départ pour la mairie.
Ils sont mariés.
La mère pleure, elle jette sa fille dans les bras du malheureux époux.
La fille gémit - quel organe!
On se met à table, le potage est servi.
On lui fait don d'une paire de bottes vernies - pas à la mariée.

[taratata, taratata...]
Fanfare! À cheval mes amis!
Euh, mais puisqu'ils sont à table...

[fanfare, en plus fort...]
Cela n'y fait rien, n'entendez-vous pas les lanciers?

[musique frénétique]
Marchons, courons, galopons, hop! hop! hop!
Chantons, combattons, galopons, hop! hop! hop!

[finale grandiose]
Encore! Encore! Toujours! Toujours!
Puis encore!
Bravo!
Sublime!
Inouï!
Renversant!

[Le compositeur de l'avenir se jette éperdu dans les bras du chef d'orchestre et lui demande pardon]

smileysmileysmiley

______________
*L'air en question est une fantaisie fromagère: la Chevauchée des Vaches qui Rient... J'ai enlevé cette information afin de vous laisser deviner l'identité du compositeur de l'avenir...

-Edité le: Jeudi 11 août 2005 à 14:03 par Hallberg-


Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler


   
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koko
 koko
(@koko)
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Wagner utilisait encore des notes et je ne peux que m’indigner devant son conformisme petit bourgeois. Parlons plutôt de philosophie avec les derniers résultats de recherche de la nouvelle génération de penseurs.

Carnets artistiques et philosophiques post-contemporains numéro n+28

Vous savez tous sans exception que l’hypothèse de la continuité semi-modulable des états d’âmes presque partout modulaires est un des plus grand problèmes actuels de la philosophie post rationnelle.
Dans le cas où les courants de pensée sont simplifiables à gauche et semi-bornés à droite l’on conclut aisément que les flux conflictuels de l’individu convergent simplement vers une fonction dérivable. Ce résultat fut d’ailleurs raffiné par Max Hicon qui montra que l’on pouvait, dans le cas de la non errance des traumatismes primaires dans l’espace topologique du sur-ça, conclure que le flux conflictuel convergeait vers un polynôme de degré d majoré par Zut(w) où Zut symbolise la fonction d’autocensure interne de notre esprit et w la constante d’élasticité de la computation individuelle.
Mais ce qui retiendra notre attention aujourd’hui c’est le cas particulier où l’être ethnologique étudié possède une bonne réduction en p, p étant un entier premier.
Sur ce sujet l’article de Tothal Halakon « Réduction des petits groupes vides d’âmes individuelles », paru le 17/36/15 de l’année dernière, apporte des lumières aussi nouvelles qu’aveuglantes. Jusqu’à maintenant l’on savait aisément tracer dans un espace Hilbertien les droites de liaison (âme, corps) (corps, gros orteil) (nez, ça) et (ça, moi) mais quand il s’agissait de passer à un espace métrique en général non doté d’un produit scalaire l’on se heurtait au problème de la transcendance de l’esprit sur le corps des fractions des états d’âmes.
Avec les procédés révolutionnaires basés sur le développement en modules réduit de Halakon l’on peut aisément surmonter ce problème, quitte à renoncer à la pseudo-presque-semi-linéarité à droite des foncteurs contravariants de l’âme.
Tout cela pour se poser la question ultime : existe-t-il un nombre infini de points de torsion de la pensée lors d’une réflexion de degré p sur un problème philosophique ?
Certes nous sommes encore loin de la réponse, ne sachant même pas si dans le cas où p est un nombre de Hicon l’on peut parler d’espace alterné de flux réfléchissants, mais nous tendons insensiblement vers la réponse. Et dés lors, le jour où nous saurons d’où vient l’homme, où il va, comment il y va, pourquoi il y va et quelle est la dérivée troisième de sa trajectoire en x=2 approche à pas de géants.

PS : J’espère que l’utilisation des notations simplifiées de Baldé Zoizo utilisée ordinairement en poésie ne vous a pas troublés. J’ai écrit cet article dans un but de vulgarisation et de simplification et il ne peut être en aucun cas retenu comme rigoureusement rédigé.

Si vous voulez savoir avec précision ce qu’il en est lisez les quelques ouvrages suivants :
‘Problèmes de philosophie appliqués aux divagations multilinéaires alternées’ par Mac Duchnock
‘Moi, centre de l’univers’ par Max Hicon
‘Dieu ou comment je suis le maître de l’univers’ par Dékonus Maximus II
‘Tout, c’est à dire moi’ par Tothal Halakon


Le cinéphile déviant


   
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Hallberg
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C'est grandiose. À côté, même le débat entre les peintres cubistes, sphéristes et tétraèdristes parait répugnant de conformisme réactionnaire. Encore, encore, mon ptit pote (on ne dit plus Maître, c'est passéïste).


Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler


   
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koko
 koko
(@koko)
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Certains lecteurs ronchons pensent que le prix de l’abonnement à mes carnets est fort onéreux (d'où la présence d'un seul lecteur sur ce forum : Hallberg, quoi doit être très aisé vu les cures psychanalytiques qu’il se permet). Pour les autres radins payer quelques millions de dollars par an pour recevoir un éventuel numéro de ma splendide œuvre littéraire est une dépense dispendieuse. (Je rappelle que l’abonnement est annuel et que le journal est tricentenaire à randomisation disparate. C’est-à-dire qu’il paraît une fois tout les trois cents ans en moyenne.)
Pour faire taire les mauvaises langues je vais donc faire un numéro spécial économie.

Carnets artistiques et philosophiques post-contemporains numéro n+38

Commençons par le commencement, je vais partir de l’observation d’une femme ordinaire comme la Kontesse Dubalai. Elle n’a touché qu’un minuscule héritage et ses romans ne se vendent presque pas de telle sorte qu’elle a à peine de quoi à nourrir les chauffeurs de ses Merde&Cesse 32 soupapes. Elle symbolise donc la femme moyennement pauvre.
Tout les matins elle fait sa toilette, c’est à dire qu’elle met du rouge à ongle Kécher sur ses ongles, du rouge à orteil Kétrocher sur ses orteils et du rouge à lèvre N°5 de Mr Chanhelle sur ses lèvres. Tablons sur une surface à couvrir de cinquante centimètres carrés ce qui me paraît une approximation correcte (nous avons tout de même vingt ongles à colorier et deux lèvres à repeindre) nous obtenons donc un total, à raison d’un centimètre cube de colorant pour cinq centimètre carré de surface à recouvrir, de prés de dix centimètre cube de rouges variés tous les matins. Sachant qu’il y à trois cent soixante cinq jours par ans et qu’une femme du monde fait sa toilette trois fois par jours cela fait environ dix milles centimètre cube de colorant par an. Il y a cent centimètre cube dans un mètre cube (d’où leurs noms d’ailleurs) et donc cela équivaut à un total annuel de cent mètres cubes de colorant pour une femme seule. En admettant que son mari et son chien consomment autant nous montons à trois cent mètres cubes par an soit environ, à cent francs le tube de rouge à ongle et en partant du constat qu’il faut deux cent mille tubes de rouge à ongle pour faire un mètre cube (expérience effectuée dans ma baignoire pendant les vacances de pâques), une dépense cumulée en colorants de six milliards de francs par an.
Ces six milliards de francs par ans sont amplement suffisants pour l’achat des « Carnets artistiques et philosophiques post-contemporains » et je vais vous permettre de les économiser.
En effet les supermarché de bricolage Briko-Lo bradent actuellement la peinture rouge antirouille indélébile à seulement trois cent francs le bidon de deux litres. Or cette peinture étant très résistante un simple bidon permet de colorier normalement une femme, un mari trois enfants et deux chiens pendant une année.
L’économie effectuée est donc d’environ un milliards de dollars, sans compter énormément de temps perdu à repasser une nouvelle couche et à attendre que sa sèche. En fait vous pouvez même verser le bidon dans une baignoire et vous repeindre, vous et toute votre famille en un clin d’œil sans perdre du temps avec un petit pinceau malcommode.
D’ailleurs l’on vend également des rouleaux et des pinceaux larges qui vous feront gagner des heures et des heures (c’est simple, j’ai essayé de repeindre un appartement avec un tube de rouge à lèvre et il m’a fallut cent fois plus de temps qu’avec un bon pinceau).

-Edité le: Mardi 23 août 2005 à 10:36 par koko-


Le cinéphile déviant


   
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Le Grand migrateur
(@le-grand-migrateur)
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Petite erreur: si il y a bien 100 cm dans un metre, il y a bien 1000000 cm3 dans 1 m3.
Retourne a l'école pour les maths mon cher Koko.
Par ailleur, la numérotation plus que fantaisiste ne m'inspire que très peu confiance.....


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koko
 koko
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Pour la numérotation du moment qu’on a une injection dans un ensemble dénombrable ça fait l’affaire. Pas la peine de tout vouloir ordonner (et vive les fonctions de hachage).

Spoiler
Euh... LGM, j'ai une maîtrise en mathématiques. L'erreur sur les centimètres cubes est volontaire au cas où tu ne l'aurais pas remarqué. Il est amusant de constater qu’on peut accumuler les erreurs de raisonnement et que c’est toujours sur les petits détails que les gens tiquent.

-Edité le: Lundi 22 août 2005 à 21:25 par koko-


Le cinéphile déviant


   
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Le Grand migrateur
(@le-grand-migrateur)
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Tel est pris qui croyait pendre mon cher Koko, bien sur que je me doutais que c'etait volontaire, mais justement, focaliser l'attention du lecteur sur un petit detail permet de faire passer une grosse c........ encore plus facilement.


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Gobol
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Ben j'ai tellement pas tout compris que même l'erreur mathématique, je ne l'avais pas vue...smiley Mais la théorie sur le rouge à lèvres me plaît bien. Elle me conforte dans mon aversion des produits de beauté en tous genre... smiley


On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.


   
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koko
 koko
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Assez parlé math et économie ! Un de mes sponsors veux que je vous parle de sa religion laïque transcendante.

Carnets artistiques et philosophiques post-contemporains numéro n+157

Croyez-vous en la métempsycose matérielle généralisée ? Question pouvant, au premier abord, passer pour inapte, car semblant superficiellement s’inscrire dans le registre religieux des croyances théologiques, mais reposant en fait sur une base solidement sablonneuse de laïcité neutre valorisant son indépendance vis à vis de tout support divinisé. Car ne l’oublions pas la croyance en une entité divine est un postulat de niveau six ne pouvant être conceptualisée comme fondement d’une quelconque pensée destinée à être partagée avec des êtres éventuellement athées, ou, plus généralement, auto-croyants, c’est à dire partageant la profonde réflexion de Mac Duchnock : « Dieu n’existe pas et d’ailleurs c’est moi. »
Mais justement la métempsycose matérielle généralisée ne se formalise pas comme un ensemble structurellement impliqué dans une religion. C’est pour cela que mon laïque journal va s’y intéresser, car il s’agit d’une véritable philosophie de la perception de la vie, ou même, comme le disait si pertinemment le Sage : « d’une façon de voir le monde à travers le filtre opaque du filet déformant des yeux qui sont au milieu du visage, des deux cotés du nez, de telle sorte que le nez est entre les deux. »
Plutôt que de m’embêter à comprendre ce que c’est et à vous l’expliquer, ce qui me prendrait du temps et de l’aspirine, je cède mon stylo à Tivien Danmasekt, l’inventeur de cette conceptualisation formelle de la réalité intrinsèque, à qui cela fera très plaisir de vous parler.

« Même sans admettre l’existence de l’âme l’on est forcé de reconnaître que l’individu est constitué d’un corps topologiquement incomplet et d’une composante connexe disjointe à la densité irréelle rassurante. Toujours sans postuler que l’âme existe l’on aboutit donc indubitablement à la conclusion selon la quelle la mort n’est pas une fin en soi mais la disparition relative d’une partie de la réalité physique de la matière qui nous forme. Ce phénomène constitue visiblement chez les croyants le voyage palpable vers une forme symbolique quelconque d’au-delà onirique, effet d’un fantasme indicible de tentative de projection sur l’immortalité, et chez les athées une disparition sous-cutanée de la croyance en leur propre réalité, phénomène très lié et sensiblement identique puisque croire que l’on ne croie pas est structurellement isomorphe à la croyance. Mais en fait, si l’on réfléchit un tant soit peu en repliant ses neurones sur l’analyse performative interne de son comportement, il découle que cette composante non-physique de l’humain est forcément indestructible puisque justement toutes les tentatives de notre conscience sont, soit de l’immobiliser par l’immortalité, soit de l’éradiquer par le scepticisme. Cette composante se réincarne donc a fortiori dans quelque chose après la destruction de notre « truc biologique ». C’est là qu’il apparaît évident que, n’ayant plus aucun repère sensuel ou affectif stable à qui se fier, ce « machin » qui est en nous se rattachera alors à la première entité rencontrée. La réincarnation aura donc lieu dans n’importe quoi, tel, par exemple, une bosse à dents en titane, un ouvre-boîtes promotionnel en plastique ou un enjoliveur de voiture VosWagon. C’est pour cela que nous devons respecter non seulement les animaux mais également chaque chose, à commencer par les plus insignifiantes tel, par exemple, les raviolis, les enclumes et les guirlandes électriques.
C’est cela la philosophie de la métempsycose matérielle généralisée, la philosophie du savoir de celui qui sait que chaque truc est un être doté d’une sur-chose.
J’ai donc créé une association spirituelle non-théologique nommée « Ceux qui savent le tire-bouchon » et destinée à rendre hommage au très honorable tire-bouchon dans lequel s’est réincarné Freud. Le maître des maîtres parmi les maîtres et l’ancêtre spirituel de Tépabien Dantatête. »

PS : C'est pas encore un kaldoposte mais ça vient.

-Edité le: Jeudi 25 août 2005 à 22:38 par koko-


Le cinéphile déviant


   
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Le Grand migrateur
(@le-grand-migrateur)
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Dis m'sieur, ca veut dire que je peux etre reincarné sous la forme d'un aspirateur?


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Lucterios
(@lucterios)
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Toi, su tu continues, tu vas te réincarner en compteur kilométrique !smiley


Fortuna audaces juvat !


   
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Le Grand migrateur
(@le-grand-migrateur)
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C'est utile un compteur kilometrique.


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koko
 koko
(@koko)
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Le Grand migrateur a écrit Dis m'sieur, ca veut dire que je peux etre reincarné sous la forme d'un aspirateur?

Oui, si tu adhères à la secte de mon sponsor tu pourra te réincarner dans ce que tu veux.


Le cinéphile déviant


   
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koko
 koko
(@koko)
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Carnets artistiques et philosophiques post-contemporains numéro n+61

Hier, pour passer le temps, j’ai décidé d’écrire un dictionnaire, comme ça, juste pour voir. En effet je n’aime vraiment pas les ouvrages existant déjà, si ce n’est la splendide « Liste des mots que j’utilise » de Tothal Halakon.
Comme vous le savez l’ordre lexicographique est d’une barbarie indigne du trente-troisième siècle à la veille du quel nous allons pénétrer d’un pas assuré et confiant. Classer les mots en fonction de leur écriture est un non-sens absolu vis à vis de leur sens profond et de leurs signification intrinsèquement véritable et, comme le disait si bien Max Hicon, le philosophe, il est complètement inadéquate de croire que l’ordre engendré par la grammaire française peut être imposé sans aucun respect de leur liberté individuelle aux mots.
J’ai donc en conséquence planifié d’écrire mon dictionnaire personnel en me basant sur le célèbre ordre du « comment que ça vient » décrit en détail par le docteur Frédébille dans l’ouvrage « Des mots et des chiffres » qu’il publia la veille du premier avril de l’été dernier.
Cette classification des mots est basée sur le « chaînage implicite explicatif réciproque ». C’est à dire que l’on part d’un mot (j’ai choisi « ravissant ») et que l’on tente de l’expliquer avec d’autres mots, comme le ferait d’ailleurs un dictionnaire ordinaire, là où les choses se compliquent, car jusqu’alors c’était relativement simple, il faut bien le reconnaître, c’est quand l’on doit commencer à décrire les mots que l’on vient d’utiliser dans la description, introduisant ainsi d’autre mots. Par une récurrence immédiate l’on parcours l’intégralité du dictionnaire comme si l’on explorait une arborescence.
Un petit exemple parlant plus qu’un grand discours, surtout quand l’on utilise du langage branché de journaliste moderne (comme le fait si bien Chti Ga mon confrère) voici pour vous les premières lignes de mon livre :
« Ravissant : Adjectif servant à désigner l’enthousiasme métaphysique d’un philosophe post-rationnel face à une situation égayante. Exemple : « Ces chips Shlibidi-Chips sont révolutionnairement ravissantes tels de petites enclumes souriantes un jour d’élection communale » (attribué à Baldé Zoizo).
Adjectif : Nom désignant un complément syntaxique littéraire informatif visant à détailler plus précisément que par un mot seul la description primaire d’un objet par des paroles vocales ou écrites. Exemple : « Abracadabrantesque » (attribué au Pépé, le Président de la Présidence)
Nom : Objet métaphysique relatif par le quelle on désigne une entité quelconque physique ou symbolique. Exemple : « Mon nom est Dugland, Paul Dugland » (attribué à Paul Dugland)
Objet : Entité relative définie par un contexte primaire de séquencement syntaxique dans le cadre d’une communication approximative. Exemple d’objet : « Une véritable bottine Pato-Gasse en poil de barbe de rossignol cirée avec du vernis à ongle vert pistache Kétrocher » (attribué à la Kontesse Dubalai lors la soirée mondaine qu’elle organisa à Lumière sur-champ-d’ailes)
Contexte : Ensemble d’informations spatio-temporelles et de notions liées au champ lexical employé dans l’hyper-structure narrative en relation avec un objet désigné. Exemple : « Le contexte historique de l’économie mondiale est hautement liée aux faits futurs des événement s’y rapportant dans les sphères superficielles de la perception primaire que nous avons de l’avenir. » (attribué à Mac Hibouzou lors de sa conférence de Korax-Sur-Water) »
Comme vous pouvez le voir l’ordre des définition est ainsi parfaitement logique et pour la première fois l’on peut lire le dictionnaire comme un tout se suffisant à lui même et sans discontinuités inesthétiques.


Le cinéphile déviant


   
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