La fête du cinéma m'a permis d'aller dans les salles obscurs aujourd'hui :
Ocean's Thirteen de Steven Soderbergh
Danny Ocean reprend du service pour sauver un de sa bande. Il concocte donc un casse pour redonner du baume au coeur à son vieil ami. Ce que j'en retiens, c'est que c'est un film assez moyen car redite des premiers volets mais tout de même divertissant et amusant. Le film réutilise la recette des premiers sans être trop lourd. C'est un film assez honnête et sympatique. On sort de la salle avec le sourire sans s'être ennuyer.
Zodiac de David Fincher
Louchine a déjà résumé l'histoire. J'ai personnellement beaucoup aimé ce film. C'est vrai qu'il n'y a pas d'action en tant que cascade, voiture qui explose, mais le film possède tout de même un rythme assez soutenu dans l'enchaînement des événements. Certes, il y a certains passages à vide au niveau de l'enchaînement mais je trouve qu'ils suivent très bien l'histoire. Je n'ai pas vu^passer les 2h30 de film. Le film nous tient en haleine du début à la fin. Je m'attendais par contre à une autre fin, plus achevée. Mais en y réfléchissant, cela permet de pas arrêter brutalement l'histoire et permet au spectateur de laisser parler son imagination. Cette fin est quand même surtout due à la grande inspiration d'une enquête policière réelle. Vraiment à mon goût, un très bon film.
"L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs." Oscar Wilde
Shrek le Troisième (Chris Miller)
Vu qu'Andrew Adamson s'en est allé réaliser du cinéma sérieux ("Narnia"), on se demande parfois quelle direction peut prendre le personnage qui l'a fait connaître.
Il était une fois (donc, restons dans le genre) un ogre au grand coeur, secrètement sensible, mais au comportement joyeusement crado, subversif et régressif, dont la vocation était de renverser les valeurs des contes de fées afin d'y pourchasser l'ordre établi un peu trop prévisible. Les deux premiers volets jouaient sur un registre sans originalité, mais toujours réjouissant (le massacre du répertoire des contes saupoudré d'anachronismes et d'allusions visant sur le mode parodique à traquer le ridicule du monde réel).
Ici, sans son créateur et après deux épisodes, la saga doit-elle céder à la fatigue? Sans-doute si l'on songe que les héros sont désormais confrontés à ce qui, jusqu'à présent, devait les faire fuir: le devoir de prendre des responsabilités d'adulte (avoir des enfants, tenir sa place dans la société, prendre des responsabilités politiques). Si le "propos" sous-jacent se faisait suffisamment discret, auparavant, pour ne pas être étouffant (le plaidoyer le droit à la différence), il devient ici, lors de séquences heureusement brèves, franchement superflu. Car, par un curieux contre-sens, c'est Shrek, celui qui ne respecte rien et n'en fait qu'à sa tête, qui se retrouve dans la position du "sage" chargé de trouver des réponses au manque d'assurance d'un adolescent. On se serait passé de ce propos rebattu et facile.
À cette réserve près, le dynamitage fonctionne toujours bien autour du joyeux mélange de références littéraires, mythologiques ou cinématographiques volontairement réduites à leur stéréotype le plus ridicule (Merlin fait une dépression nerveuse, le Capitaine Crochet joue du piano dans un bar où la reine maléfique de Blanche-Neige trompe l'ennui en jouant au billard), et la parodie du cinéma hollywoodien est toujours au rendez-vous, autant que le non-sens qui réapparait dès que les personnages secondaires (savoureux: l'âne, le chat, les trois petits cochons à l'accent germanique, Blanche-Neige, cendrillon, Pinocchio, Rapunzell et le prince charmant...). La technique est toujours confondante et le style soigné, allant. On se rassure en supposant que le studio Dreamworks n'ira probablement pas épuiser les ressources du personnage dans des suites qui risqueraient d'être poussives, puisque le film applique à la lettre, dans les dernières séquences, l'une des phrases qui conclut très souvent les contes. Je ne vous en dis pas plus.
Miss Potter (Chris Noonan)
Il n'est pas inutile de rappeler au bon souvenir du public européen qui fut Beatrix Potter. Aquarelliste et écrivain, certes, mais aussi femme indépendante (or le film vous montrera qu'il fallait avoir une certaine force de caractère pour l'être dans le contexte qui était le sien: la bonne société londonienne du début du XXe siècle). Ayant assuré son indépendance sous le regard sceptique de sa famille et d'une bonne partie de son milieu social en publiant de petits contes illustrés, cette artiste exigeante s'affirma comme une des pionnières de la pensée environnementale et patrimoniale européenne en luttant contre la déprise agricole et le "refermement" des paysages dans le milieu rural - des thèses qui n'ont atteint que bien plus tard la pensée générale de l'aménagement et de la gestion des territoires. Peintre d'une exigence fanatique envers elle-même qui cherchait pendant des heures le trait et la couleur juste, mais s'inquiétait aussi de publier des livres que tous, et surtout les enfants, pourraient acquérir, et par là même sensible aux questions techniques et éditoriales. Le personnage touche et séduit immédiatement.
L'exercice fort académique de la biographie filmée réussit plutôt bien à Noonan, qui a l'excellente idée d'ajouter un petit plus à son film très conventionnel: les petits personnages de l'artiste s'animent avec délicatesse et grâce quand elle s'adresse à eux. Le réalisateur s'efforce de ne pas forcer le trait et semble parvenir à bon compromis, tant dans la caricature que dans l'émotion. Savoir rester pudique quand on parle de personnages caractérisés par une sensibilité à fleur de peau est une vertu très appréciable.
On se demande un peu ce qui a poussé Renée Zellweger à jouer son personnage avec cette expression curieusement caricaturale (la bouche pincée comme une vieille "Lady") qui va souvent à l'encontre du naturel de l'héroïne. C'est mon unique réserve pour un film qui, naturellement, s'efface lui-même devant la personnage historique qu'il présente. Il paraîtra probablement trop manichéen et trop univoque aux plus difficiles, mais il réchauffera le coeur de ceux qui aiment l'art et les artistes.

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
[Excusez cette irruption: I love Beatrix Potter!! ça devient du flood!]
Pendant les vacs, si je vais au cinéma, j'irai voir le dernier Pirates des Caraîbes ("3" "Jusqu'au bout du monde"...)x3 Je vous écrirais ce que j'en ai penser!
Je n'avait pas dit à Raspou, qu'il était mon ami...
Sherpa
C'est un univers graphique qui m'a accompagné longtemps, parce que dans ma chambre, j'avais une frise représentant tous ses petits animaux ironiques et tendres. Curieusement je n'ai que deux des petits livres.
L'autre jour j'en cherchais en librairie (ils se font rares ici) et j'ai constaté avec dépit que l'édition française, chez Galimard, comportait une reliure collée... Contre-sens, Potter prenait soin de la présentation formelle des livres qui étaient faits pour vous accompagner toute une vie... Je n'ai jamais eu un exemplaire anglais entre les mains, mais Potter était très exigeante sur la qualité d'impression des aquarelles, et donc j'ignore si l'édition française respecte encore sa volonté. Il se peut fort bien que ce ne soit plus le cas, ce sont des choses qui arrivent. Du coup j'ai bien envie, à mon prochain passage à Londres, si j'ai le temps, de chercher chez les bouquinistes de vieilles éditions anglaises, pour voir...

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
C'est que j'aime comment c'est dessiner! Tellement beau!!!
Moi j'ai connus "Les Contes de Pierre Lapin" en dessin animé. C'était de vielles cassettes que me préter ma voisine. A mon âge pas beaucoup d'enfants connaissent ce genre de chose...(Ma copine SI!)Je ne l'ai jamais trouver en livre, faudrait que je me renseigne...
Petite Question: Connais-tu "Moomine le Troll" de Tove Jansson (je crois), il a eu aussi un animé! A ma connaissance, il y a 4 tomes chez Gallimard aussi en reliure collée! Mais au CDI demon collège j'ai emprunter un vieux tome d'une autre édition relié
.(chercher moomins)
Bises, Lele.:p
Edité Jeudi 28 juin 2007 :10:55 par lele
Je n'avait pas dit à Raspou, qu'il était mon ami...
Sherpa
Tiens, je ne connais pas Beatrix Potter (juste Bellatrix dans Harry Potter
, pardon...). J'ai vu le film annoncé au club vidéo je crois bien cependant. Qu'est-ce que c'est ces livres dont vous parlé? Des livres pour enfants? Ça m'a l'air intéressant de la manière dont vous en parlez. Je ne sais pas si je pourrais trouver ça ici. C'est encore édité?
Edité Jeudi 28 juin 2007 :10:40 par Cherrydean
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
Oui chez Gallimard. Mais c'est difficile de les trouver. Sinon il y a d'anciennes éditions très rares!
Je n'avait pas dit à Raspou, qu'il était mon ami...
Sherpa
Ce sont des livres de petit format. Beatrix Potter, comme je l'avais expliqué pour le film, était une aquarelliste qui vivait en Angleterre au début du XXe siècle. Elle imaginait de brèves histoires pour aller avec ses aquarelles (généralement avec des sujets animaliers) et eut l'idée de les faire éditer. Du reste, à l'époque, il était assez insolite et potentiellement mal vu qu'une femme, célibataire et issue de la grande bourgeoisie, écrive des livres et en vive.
La lecture des petits contes réserve parfois une surprise curieuse. Par rapport à ce que l'on imagine d'un livre accessible à de très jeunes enfants, il ressort dans quelques-unes des histoires un peu de la dureté de l'époque - en effet si la morale est toujours préservée, les animaux peuvent très bien finir croqués ou tués par un chasseur...
En langue anglaise, ils ont été publiés pratiquement sans discontinuer et, si je ne m'abuse, ils ont gardé la présentation d'origine.
L'édition française par Gallimard est vendue sous jaquette "modernisée" mais je crois qu'encore actuellement, la couverture "réelle" n'a pas changé - pour l'édition française s'entend. En revanche comme je l'ai remarqué, ils ne font pas d'efforts pour la qualité de la reliure. Mes exemplaires ont une bonne reliure, mais ils ont 25 ans...

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
25 ans, tu dois y tenir! Surtout si c'est Beatrix Potter
.C'est vrai que souvent on préfère l'ancienne édition...Et puis c'est rare, ready for challenge (go)!
Petite Question: Connais-tu "Moomin le Troll" de Tove Jansson? Les dessins sont migons aussi! Il y a une serie animée aussi. 4 tomes en livres (à ma connaissance). Je devrais un jour plus de détaillé...
(recule d'une page)
Merci de répondre, Lele:p.
Je n'avait pas dit à Raspou, qu'il était mon ami...
Sherpa
Connais pas. Je ne suis pas sûr que les livres de Beatrix Potter soient si rares, après tout ils sont vendus depuis un siècle en Angleterre. Ce sont les livres pour enfants les plus vendus au monde, et pas tellement parce que les tirages sont importants (apparemment par exemple ceux de Gallimard sont assez faibles), mais surtout parce qu'ils s'en vend sans discontinuer depuis tout ce temps.
Livres pour enfants, il faut aussi s'entendre: c'est écrit effectivement à destination des enfants, mais toi et moi ne devons pas être les seules personnes ayant dépassé l'âge des premières lectures à nous y intéresser encore, parce que c'est une artiste qui touche avec une grande économie de moyens. Ses dessins sont extrèmement expressifs, délicats, on sent la recherche de l'expression parfaite... Je n'irai pas jusqu'à faire une collection, mais j'aime bien...

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Merci pour l'information. Je jetterai un oeil la prochaine fois que je passe dans une librairie.
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
Juste pour dire que j'ai toujours un mugg, qui allait avec une vaisselle pour enfants, avec Pierre Lapin... petite fille, je l'adorais vraiment !
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Persepolis

Parce que je ne suis pas forte pour les résumés des films...
Synopsis d'après Allciné
Téhéran 1978 : Marjane, huit ans, songe à l'avenir et se rêve en prophète sauvant le monde. Choyée par des parents modernes et cultivés, particulièrement liée à sa grand-mère, elle suit avec exaltation les évènements qui vont mener à la révolution et provoquer la chute du régime du Chah.
Avec l'instauration de la République islamique débute le temps des "commissaires de la révolution" qui contrôlent tenues et comportements. Marjane qui doit porter le voile, se rêve désormais en révolutionnaire.
Bientôt, la guerre contre l'Irak entraîne bombardements, privations, et disparitions de proches. La répression intérieure devient chaque jour plus sévère.
Dans un contexte de plus en plus pénible, sa langue bien pendue et ses positions rebelles deviennent problématiques. Ses parents décident alors de l'envoyer en Autriche pour la protéger.
A Vienne, Marjane vit à quatorze ans sa deuxième révolution : l'adolescence, la liberté, les vertiges de l'amour mais aussi l'exil, la solitude et la différence.
Mes impressions à froid
Ce film change beaucoup des animations que l'on peut voir ses derniers temps... et je dois dire que ça fait du bien. Les dessins sont légers et soignés, dans des niveaux de gris, doux et harmonieux. Malgré la situation de crise, le dessin retrace bien la beauté de l'Iran.
L'histoire est une histoire vraie et le personnage de Marjane est haut en couleurs (ce qui peut contraster avec le dessin). C'est une enfant pleine de rêve, une jeune fille perdue, qui doit s'assagir, même si elle a du mal à tenir sa langue.
La situation vécue fait froid dans le dos. La dictature est arrivée rapidement, puis la guerre à suivie. On a l'impression que tout se passe naturellement et que tout cela pourrait nous arriver.
Ce qui m'a fait drôle est que pour moi l'Iran, Irack et cie ont toujours été des pays islamiques totalitaires. Mais ce film montre qu'avant ça, les gens vivaient de la même façon que nos parents en Europe. Ca m'a fait penser aux américains dont on se moquent, car ils ne savent pas qu'en France on a l'électricité !
Quoi qu'il en soit, je vous conseille ce film. Ce n'est pas un divertissement, même si il est bourré d'humour. Il est tout simplement touchant.
"La terre est bleue comme une orange"
Paul Eluard![]()
"Le chat est entré dans la cage aux lutins"
Persepolis (Satrapi)
Sur le plan formel, ce film est un véritable événement historique, celui d'un mode d'expression pratiquement oublié. À ma connaissance, la dernière fois qu'un film d'animation long métrage en technique conventionnelle (et non avec numérisation d'acteurs réels, comme dans un film récent) et en noir et blanc a été présenté au grand public, il s'agissait du "Roman de Renart" de Starevitch, réalisé en 1930 et présenté seulement en 1937. Pour des raisons historiques, tous les longs métrages animés à partir de "Blanche Neige" sont en couleurs. Dans le dessin animé en général, et dans le court métrage en particulier, le noir et blanc est devenu marginal au début des années 1940 et il l'est toujours resté depuis. Le grand public ne connaît, à ce qu'il me semble, que trois longs métrages animés en noir et blanc: "Le Roman de Renart", "les aventures du prince Achmet" de Lotte Reiniger (qui est teinté), et désormais, ce magnifique "Persepolis".
Il s'agissait ici d'adapter un livre illustré en noir et blanc, certes. Mais il s'agit aussi, donc, de la renaissance d'un mode d'expression pratiquement oublié de ceux qui ne s'intéressent pas à l'audacieuse mais confidentielle production de dessins animés expérimentaux. On avait oublié les vertus expressives de l'animation en noir et blanc, cette obligation d'en venir à l'essentiel, cette épure où tout doit tenir dans un tracé simple et lisible. Satrapi a ouvertement choisi une technique ancestrale, vieille d'un siècle: il n'y a pratiquement que le décor qui comprenne des perspectives et des effets de niveau de gris et d'ombres. Les personnages et les éléments en mouvements sont composés de tracés noirs, leur stylisation est très poussée. C'est le dessin animé ramené à sa substance la plus brute, celle des débuts: le dessin animé à l'état brut.
Car ce film est avant tout un film, d'un sens cinématographique confondant, où rien ne sent l'adaptation. De la théâtralité des évocations historiques à la façon de Reiniger ou de Karel Zeman, à l'expressionnisme de l'évocation de la guerre, c'est ici l'image animée qui parle. Aucune raideur "littéraire" dans cette adaptation où l'on peut penser avec raison avoir découvert en une dessinatrice de BD au talent mûr et reconnu, un nouvel espoir du cinéma. Le travail sur les voix, la place de la musique (jusqu'à l'hillarant passage chanté par l'héroïne elle-même), la subtilité paradoxale de la lumière dans cet univers monochrome, sont fascinants. Vertu essentielle d'un bon film, toute cette sophistication technique (ou plutôt, dans le cas présent, un certain refus de la sophistication) se met au service du récit sans aucune pesanteur. Passé les premières minutes, on entre dans l'univers de Satrapi, peut-être encore plus facilement que dans ses livres.
Le propos, quant à lui, est poignant et universel. Et ça, Thalie l'a bien dit, je ne reviens pas longuement dessus. Simplement, l'évidence stylistique avec laquelle tout ceci nous est dit, renforce clairement le sentiment que les guerres et les dictatures peuvent nous tomber dessus n'importe-quand et que le tragique pourrait venir ébranler nos vies avec la facilité d'un buldozer. Un texte dit entièrement en français et un style épuré, loin du pittoresque, sont là pour nous rendre cette histoire d'ailleurs subtilement proche. Nous sommes tous des iraniens (potentiels).
Le début du film est savoureux. L'héroïne n'est qu'une enfant, ce qui lui donne une infinie supériorité par rapport aux adultes: elle pose instinctivement les questions qu'il faut poser. Elle traverse l'Histoire avec culot et franchise, avec des sentiments simples et essentiels. Ce point de vue est tout aussi précieux pour nous faire ressentir le choc d'une enfance en partie volée par deux dictatures successives, une révolution et une guerre.
Quand vient l'adolescence, le film se fait peut-être plus introspectif, mais c'est aussi avec une verdeur nouvelle qu'il repose les questions fondamentales, celles du droit de nos vies à être préservées d'une histoire en marche qui tend à les broyer, à les digérer ou à les contrôler.
Marjane enfant voulait devenir prophète... Qui sont les prophètes de l'universel, à l'écran? Chaplin? Comme ce dernier, Satrapi réussit avec une adresse funambulesque à déjouer les pièges du mélange des genres. Elle alterne le rire et les larmes avec un naturel confondant. Satire parfois ébouriffante des absurdités de la vie et de la réalité ubuesque d'un pays qui n'en demandait pas autant, la fable tourne l'instant d'après à la tragédie. Mais c'est quand il touche au plus profond de l'humain, quand il faut se séparer des siens, que l'ouvrage prend toute sa dimension. Ces larmes-là, simples comme un adieu, comme un deuil, comme des retrouvailles, sont indispensables, fondamentales et si difficiles à faire jaillir réellement... Satrapi se joue des difficultés, tout lui parait naturel. C'est l'intelligence du coeur.

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Waou, j'adore ton message Hall, il est magnifique !
J'espère que ça va donner à ce qui ne l'ont pas vu, l'envie de regarder ce film.
Je suis actuellement "blasée" par le cinéma d'animation... et bien pour le coup, ce film est un bijoux, rien que pour les images.
C'est dingue, les quelques derniers films que j'ai vu m'ont presque tous fait pleurer... je ne sais pas si c'est que je deviens trop sensible !
Mais il est clair que Persepolis fait pleurer.
J'ai aussi pleuré devant La Mome, rien à voir... mais quand la petite Edith se met à chanter la Marseillaise, ça prend vraiment aux tripes.
Autre film qui m'a beaucoup émue, c'est Dialogue avec mon Jardinier... je vous en parlerais surement demain !
Sur ce : bonne nuit.
"La terre est bleue comme une orange"
Paul Eluard![]()
"Le chat est entré dans la cage aux lutins"
J'attends "Ratatouille" qui est d'un réalisateur que j'aime beaucoup. Ceci-dit, je ne sais pas ce qu'il reste encore à sortir, mais pour l'instant, sur les six premiers mois de 2007, les deux que j'ai cités récemment, "Miss Potter" et "Persepolis" sont ceux qui m'ont fait la meilleure impression. J'ai aussi beaucoup aimé "Spiderman" avec lequel je suis d'ailleurs plus indulgent avec le temps (sur les lourdeurs de la fin).
Je crois qu'il faut encore espérer en l'art de l'animation, qui est un genre cinématographique plein de promesses. Il faut espérer découvrir encore et encore des Satrapi qui viendront succéder aux Nick Park, John Lasseter, Michel Ocelot et autres Brad Bird. Il faut avoir envie de découvrir les Tex Avery, Max Fleischer, Winsor McCay, Paul Grimault, ou Hayao Miyazaki de demain, en espérant qu'il y aura aussi des directeurs artistiques de la trempe d'un Disney pour leur donner les moyens de s'exprimer. Que l'on osera, notamment en Europe, enfin investir dedans. Et que la mécanique stérile, répétitive et mercantile de l'animation télévisuelle ou du pseudo-Disney annuel finira par cesser de ridiculiser le plus ancien de tous les genres cinématographiques.
Edité Jeudi 12 juillet 2007 :02:08 par Hallberg

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
