Quand je lis Yoko, j'ai inconsciemment en tête l'enfant prodige... C'est une héroïne, certes, mais elle a quelque chose en plus que d'autres héros, un brin de je ne sais quoi qui lui donne cette humanité, cette sagesse, cette raison.
Avant-hier, je suis tombé totalement par hasard sur un reportage télé d'Aliane Kramarik, une enfant prodige aux dons artistiques extraordinaires. Je n'y ai pas cru au début en supposant comme bien souvent qu'il s'agissait d'une supercherie. Mais manifestement je me trompais, elle a commencé ses premiers portraits (réussis) à l'âge de 4 ans, et depuis ne cesse pas de peindre et de dessiner des oeuvres tenant du merveilleux et du mysticisme (pourtant sa mère est athée). C'est époustouflant :
A 4 ans, ça donnait déjà ceci :
En grandissant, ça devient magique !

à 11 ans :
et à 15 ans
Non, ce n'est pas une photo !
Comme cela ne lui suffirait pas, elle a appris le piano en 2 mois, et fait ses premières compositions peu après 
Je reste totalement admiratif, sans comprendre comment cela est possible... Selon ses propres dires, l'inspiration lui est venue d'en haut... Son site web présente une galerie de ses oeuvres de ses débuts à maintenant (elle a 16 ans).
Ce qu'il faut tout en admirant, c'est écouter Chelsea Dock en s'émerveillant sur l'âge de la pianiste.
Je vous quitte avec Tedi Papavrami enfant, merveilleux voloniste que l'on voit ici à 9 ans en train de jouer du Paganini, et qui excelle tout autant trois décennies plus tard : Tedi Papavrami, Joyeuses fêtes.
Plein les yeux, plein les oreilles ? Superbe, non ? Un bel encouragement pour l'année prochaine et la preuve que les enfants peuvent faire de si belles choses !
Mozart, Beethoven, Litz, Pascal, Sartre, Mickaël Jackson et j'en passe, ont été des enfants appelés "prodiqes"... Soit ! Pourquoi privilégier alors la notion de performance ? Pourquoi toujours montrer le sensationnel ?
Tous les enfants sont prodiges, même mon voisin qui est trisomique !
L'essentiel c'est de les aimer et de leur donner une place à part entière pour qu'ils grandissent et qu'ils soient heureux...
... pas de les faire devenir des bêtes de foire !
"Les enfants sont comme les marins : où que se portent leurs yeux, partout c'est l'immense."
(Christian Bobin)
Le détournement mercantile de talents par des adultes ou parents est en effet délétère, tout comme il est immoral de forcer un enfant à devenir un athlète ou un phénomène, car cela brise leur enfance et leur avenir n'est souvent pas bien rose.
Cela étant, force est de reconnaître que le talent de ces enfants sublime l'usage que certains voudraient en faire. Et je ne parle pas de performance, mais bien de talent, du moment que celui-ci reste spontané. Je me trompe peut-être, et si ce sujet de discussion ou ma manière de l'aborder te dérange en quoi que ce soit, Cehel2, je tiens à m'en excuser car l'intention n'était pas présente. Je suis juste admiratif et exprime cela naturellement, naïvement !
Et moi je l'ai dit franchement, un peu trop, il est vrai... Mais ce n'était pas adressé à toi spécialement. En France, vois-tu le QI a des critères réducteurs. IL n'est pas considéré comme une mesure fiable...
Tous les enfants peuvent faire de belles choses, ainsi que tu l'écris, sans être obligés de passer par ces mesures qui les emprisonnent quelque peu.
"Les enfants sont comme les marins : où que se portent leurs yeux, partout c'est l'immense."
(Christian Bobin)
Lorsque ce qu'on admire chez l'enfant tient d'une de ses passions et qu'il en mange, que les adultes ne le poussent pas à outrance, je crois qu'il est permis d'être surpris et de s'arrêter pour apprécier. Le phénomène des enfants prodiges en est pourtant un toujours délicat. Beethoven, enfant, n'avait rien d'un prodige. Son père le forçait à travailler, le réveillant même en pleine nuit pour ce faire. Alcoolique, celui-ci ne voyait qu'un moyen de faire de l'argent, rêvant que son fils devienne un autre Mozart.
Clara Schumann, née Clara Wieck, est un autre exemple qui me vient spontanément en tête. Habituée dès son plus jeune âge à tenir un journal intime, on a des traces écrites du traitement dur de son père. Lors de sa séparation d'avec sa femme, Wieck lui a pris leur fille décidant d'en faire une prodige. Clara n'était alors qu'un bébé. Cela en dit long...
Et Mozart? J'ai des élèves en piano avec qui je dois parfois prendre le temps de discuter. Mozart, à leur âge, réussissait telle ou telle chose, et ils se posent des questions sur leurs propres capacités. Je n'ai jamais entendu parlé de mauvais traitements du petit Mozart, mais j'explique aux enfants qu'il n'allait pas à l'école (son père se chargeait de son éducation) et qu'il a appris à lire et écrire, à compter et à faire de la musique, rien d'autre. Qu'il travaillait sa musique dès son plus jeune âge pendant des heures et des heures. Mais on parle d'une époque où on devait rapidement apprendre un métier, devenir apprenti quelque part pour gagner sa croûte. Il faut comprendre la différence avec les jeunes de nos jours.
Et ensuite, les surdoués ont d'autres problèmes. Il y a régulièrement chez eux une dyssynchronie qui peut être affective, sociale, etc. Il existe aussi ce qu'on appelle, il me semble, le syndrome de l'enfant prodige (mais je ne retrouve pas cette appellation sur le net, du moins pas avec des explications) qui se retrouve notamment chez un faible pourcentage d'autistes. Peu importe, le but de mon intervention n'est pas de médire du talent de cette jeune fille. On a le droit d'être impressionné. Mais je souhaite susciter la réflexion. Je dirais même qu'on peut s'inquiéter un peu pour elle, espérons, à tort. En effet, dans notre société, il est assez mal perçu d'être un bourreau de travail à l'égard de nos enfants. Ensuite, les enfants prodiges suscitent des réactions compréhensives de la part des autres : admiration, jalousie, etc. Mais ces enfants grandissent et d'autres, en travaillant et en grandissant, finissent par les rejoindre. Ce qui était exceptionnel lors de leur jeune âge peut alors devenir seulement "très bien" pour un adulte. Le succès devenu habituel pendant leur jeune âge devient chose du passée. On peut imaginer que quelqu'un ait l'impression de perdre des acquis en vivant cette situation.
Enfin bref, je vous simplement part d'une partie d'une réflexion personnelle chez le sujet. Ensuite, ces toiles sont effectivement très bien réussies et dessiner comme cela à quatre ans... On songe évidemment à l'encourager de poursuivre dans cette voie...
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
Cherrydean a écrit Il existe aussi ce qu'on appelle, il me semble, le syndrome de l'enfant prodige (mais je ne retrouve pas cette appellation sur le net, du moins pas avec des explications) qui se retrouve notamment chez un faible pourcentage d'autistes.
S'agit-il du "complexe de l'Albatros" ?
"Les enfants sont comme les marins : où que se portent leurs yeux, partout c'est l'immense."
(Christian Bobin)
Je ne crois pas...
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
Je n'ai pas spécialement envie de parler d'enfants prodiges,mais j'avais envie de placer ce petit morceau sans faire redescendre les autres posts.
C'est ce que j'ai trouvé de mieux.
En pensant au nouveau joujou de Yoko
http://www.youtube.com/watch?v=bDWfMAvxjio&feature=fvwrel
Lettre à Elise par une petite asiatique.
Que la force soit avec vous.....à jamais.
"Quand au bout de la nuit,j'entrevois la flamme d'une amitié,je vole m'y brûler les ailes"
(Yoko)