Te plains pas, à ton âge, on en trouve toujours du travail...
Je préfère me souvenir moi-aussi des quelques fois où j'ai assisté à des spectacles. Une représentation de Phèdre au Grand Trianon, en été, avec le Soleil qui déclinait progressivement. C'était tout simplement sensationnel ! Les quelques spectacles lyriques auxquels il m'a été donné d'assister m'ont beaucoup moins emballé. Distribution nulle au Ring de Mesguisch au Théâtre des Champs. Mise en scène douteuse... Reprise des Troyens à l'ouverture de l'opéra de la Bastille. Oui, agréable, sans plus. Pas transporté... Cosi enfin à Garnier. Va pour l'ambiance de fête et les décors. Bon, boire le champagne tout seul à l'entracte, c'est moins drôle, mais il faut s'y faire. Une jolie rousse en robe de soie verte accompagnée de son grand-père. Mystère !... C'est loin tout cela ! Paris et ma jeunesse sont passés de mémoire, hélàs. Ici, l'opéra ils ne savent même pas ce que c'est. Il y a un joli petit théâtre du Second Empire que l'on a réussi à sauver, mais l'époque des bains est révolue. La jet set préfère la Côte ou mieux, les Caraïbes. De toutes façons, l'art lyrique, elle s'en moque comme la parution de sa première photo compromettante dans Voilà ! Dans le petit théâtre de style Louis XV, il y a des souvenirs du débarquement anglo-canadien de 1942. La guerre, toujours... Après on s'étonne que je balance des trucs sur la fête des cerisiers et le sacrifice prôné par la voie du guerrier !
-Edité le: Jeudi 2 février 2006 à 15:42 par Lucterios-
Pour ce qui est de prendre part à des représentations, Cherrydean, mon meilleur souvenir c'est celui d'avoir été totalement débordé sur une production étudiante de Dido & Aeneas de Purcell.
Le genre de truc où la bonne poire de service fait tout.
Une photo prise en coulisse témoigne du fait, faudrait que je vous la retrouve. Sur le moment, c'était le soir de la générale et je venais de chanter une partie du rôle de Didon depuis la fosse d'orchestre (ben oui, j'allais pas le faire en scène parce que je rentrais pas dans la robe 

), et sur cette production je m'occupais des programmes (depuis leur rédaction jusqu'à leur vente), de tout ce qui concernait la salle (billetterie, ouvreuses, fermeture et ouverture des portes), je donnais un coup de main aux éclairagistes, aux décorateurs, et je faisais office de régisseur général dans une partie du spectacle. Le reste du temps j'étais choriste. Ce qui me faisait apparaître comme une préoccupation totalement secondaire le petit bout de récitatif qui m'était accordé dans la pièce. De plus comme vraiment je n'avais pas le temps, j'avais un peu pressé la maquilleuse et le résultat n'était pas terrible, je suis entré en scène avec un trou dans le maquillage qui faisait que, sous les éclairages, on aurait dit que j'avais un rectangle rouge sous le nez en forme de moustache à Adolf. Pis faire tout ça en toge, parce que la costumière, elle avait pas que ça à faire. Mes parents et amis sont venus à la première et j'ai à peine eu le temps de les saluer parce que je courrais partout. ça a été ça à toutes les représentations, et à la dernière en plus, dans le "gag de dernière" qui était prévu, fallait que j'apparaisse "en civil" en plein milieu de la pièce en tant que régisseur qui s'arrache les cheveux à cause dudit gag, d'où quelques sources d'agacement au moment de remettre les toges et autres fantaisies. Ben franchement, qu'est-ce que ça m'amusait, tout ça, et qu'est-ce que j'aimerais le refaire...
-Edité le: Jeudi 2 février 2006 à 16:37 par Hallberg-

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
C'est mon rêve de faire du théâtre... le peu de spectacles auxquels j'ai eu l'occasion de participer sont des pièces de théâtre que j'ai pu écrire (deux de 20 min, pour le lycée (les TPE)), et je me rappelle le stress à la représentation finale, et une fois que tout est fini: "tant de travail pour ces quelques minutes... C'est si vite passé..." J'étais auteur, metteur en scène, costumière et maquilleuse, et j'ai également fait les décors et la dispocition des choses. Bien entendu, j'étais aidée. C'étaient des moments fabuleux, les répètes: courrir après les cours en salle, prendre les textes, voir l'évolution... les curieux aux fenêtres, les applaudissements.... Les prises de bec aussi, entre nous, c'était stressant et difficile, parfois... Demandez à des gens qui n'ont jamais fait de théatre d'incarner La Paix, de pleure sur la mort de leur éternel amour, ou bien d'être une maman dont l'enfant vient de mourrir... je me suis délectée quand j'ai pu enfin voir à quel point tout avait bien marché à la fin... Tout le monde y avait mis du sien.
Sinon, tous les matins j'ai la (mal)chance de me lever avant le soleil... Ce qui fait que durant le trajet pour aller au boulot, j'ai droit à de somptueux levers de soleil, et il n'y a rien de plus beaux, des fois... On, est loin d'imaginer toutes les formes que peuvent prendre les nuages, toutes les teintes que peut avoir le ciel, ou enore toute la luminescence de notre merveilleux soleil...
Pour la poétique, Cherrydean, le dormeur du val est un de mes préférés de Rimbzud, c'est le premier que j'ai connu de lui; il m'a beaucoup touchée, moi aussi. Sinon il y a celui-i de Verlaine (comme de par hasard), dont je ne me suis jamais rappellé le titre, que je connais depuis ma toute petite enfance et que je n'ai jamais oublié...
Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Bercent mon coeur
D'une langeur monotonne
Tout suffocant et blême
Quand sonne l'heure
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure
Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
De çà de là
Pareil à la feuille morte.
Il y a peut être des fautes, je n'avais pas dix ans quand je l'ai appis... Et pour rester dans les classiques, 'Demain dès l'aube'... De ce grand Victor Hugo... IL avait ses travrs en tant qu'omme, mais quel poète et quel écrivain il fut!
Je repense à ce que tu as dit sur tes chats, Cherrydean, et pour le mien, c'est pareil... J'ai l'ipression de découvrir chaque jour quelque chose de nouveau dans ses attitudes, ses minois, son caractère... Et le regarder jouer et dormir, c'est parfois trop beau...
J'aurai encore plein de choses à dire sur la puie et la neige, mais je sens que je vais lasser tout le monde...
Cyann, papillon doré aux ailes nacrées.
Un enfant qui grandit est une source de joie impossible à décrire losqu'on est une maman (à plus forte raison lorsque l'on a deux enfants). Ma fille a 6 ans et apprends à lire. Je pense que son envie est grande avec tous les livres de sa bibliothèque qui n'attendent qu'elle.
Par contre, j'essaie de la sensibiliser à la poésie ou aux fables (de la Fontaine). Je les titille elle et son frêre (4 ans) avec des petits mots. "tu es lent comme le lièvre de la Fontaine". "Rien ne sert de courrir, il faut partir à point, mon bb". Et quand ils le sont (à point), ils me demandent eux-mêmes de leur expliquer et de leur lire les fables.
L'autre soir, j'ai lu mon poême préféré ("les djinns"
de Victor Hugo) à ma fille. Quel plaisir d'être toutes les deux emmitouflées dans les couvertures avec les petits frissons d'effroi qu'occasionnait cette lecture sur ma toute petite. J'ai adoré quand elle m'a demandé des explications sur les mots qu'elle ne comprenait pas encore et sa petite voix quand elle m'a dit "bon, je sais qu'ils n'existent pas mais ils ne vont pas venir quand même, hein maman ?"
Je vous avoue tout de même que je me suis demandée si elle n'allait pas être trop impressionnée (cauchemards, insomnie ...), et m'en suis un peu voulu.
Mais quel plaisir de pouvoir partager quelque chose avec ses enfants.
Les enfants sont une source de joie au quotidien.
Je n'en ai pas encore, mais je me régalais avec ceux de mon voisin que je gardais.
Ils ont toujours des réparties géniales.
Je me rappelle Robin regardans les chevaux dans un près qui me dit :"t'as vu les chevals ?" Je lui répond "oui, mais on dit : les chevaux". Alors là Robin ne se démonte pas : "ben non, ils sont plusieurs, mais chacun de leur côté" !
Je suis heureuse, une très bonne amie à moi vient de me demander si je voulais bien être la marraine de sa petite fille qui naitra le mois prochain !!!
"La terre est bleue comme une orange"
Paul Eluard![]()
"Le chat est entré dans la cage aux lutins"
Un tout petit plaisir qui fait crouïc...
Il y avait un vieux magasin que j'aimais bien. Un magasin à la façade noircie, qui n'avait pas de vraie vitrine, juste une fenêtre. À l'intérieur, il y avait un papier peint démodé, les produits étaient sur des étagères en tôle et une sorte de bureau d'instituteur servait de comptoir.
Maintenant, la porte vitrée a reçu un coup de peinture banche et il y a des planches derrière la fenêtre. Comme toute la rue, l'immeuble va être refait de fond en comble (c'est à Berlin).
L'automne dernier, je suis retourné à Berlin pour la première fois depuis cinq ans. Mes parents trouvaient que c'était assez peu de temps, mais eux ont plus de soixante ans. Moi, j'en ai 28, donc cinq ans, c'est une part plus importante de ma vie. Je me suis offert un tout petit plaisir. Je suis retourné devant ce vieux magasin. J'ai saisi et tourné la poignée de la porte. Elle ne s'est pas ouverte, elle est verrouillée depuis longtemps. Mais la poignée a tourné, elle a fait un bruit de vieille serrure dont je me souvenais encore.
Bientôt, l'immeuble sera comme neuf, pimpant. Il aura des huisseries industrielles toutes neuves en alu ou en PVC. Il n'aura plus de vieux magasin démodé. Ce sera le même immeuble dans la même rue, mais les souvenirs de jeunesse, eux, ils s'attachent surtout aux plus petits détails. Les villes restent, mais les tout petits détails disparaissent.
Mais le bruit de la vieille serrure, il est bien à l'abri dans ma mémoire. 

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Bon, j'en ai ras le bol... Ce que j'écris est littéralement effacé par cette saloperie d'informatique. Je voulais vous parler du Dorsoduro, à Venise, eh bien ce sera pour plus tard ! Il y a un magasin qui résiste à l'avancée du tourisme, pour combien de temps ? Je ne sais pas combien de temps cette ville, chère à mon coeur pourra vivre encore ... J'espère, mais je ne sais plus. Tout va trop vite ! L'exception, n'est plus de mise dans le monde actuel. Les intellectuels sont méprisés, les grands artistes comme Visconti ou Paosolini relégués au musée, alors qui croire ?
-Edité le: Vendredi 10 février 2006 à 02:16 par Lucterios-
Cyann, tu ne me lasseras pas en tout cas. Parle de la neige et de quoi d'autre tant qu'il te plaira, ce sujet est là pour ça.
Sur le chemin où je marche pour aller travailler, il y avait un énorme glaçon après un petit toit qui descendait sur un mètre jusqu'à s'enfoncer dans la neige. On aurait dit une colonne tout de glace. Joli!
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
J'adore la neige, surtout que chez moi, dans le sud de la France, c'est très rare.
Les jours où il neige ont quelque chose de merveilleux.
Déjà, on ne va pas travailler... un pays où il ne neige jamais ne sait vraiment pas gérer ces intempéries.
Et comme on ne travaille pas, on va se promener... et là, c'est génial.
Tout est différent, les couleurs, les bruits, même l'odeur du feu de cheminée ressort.
On marche pendant des heures, on se mouille les bas de pentalon et on rentre à la maison, les joues toutes rouges boire une bonne tasse de thé chaud.
"La terre est bleue comme une orange"
Paul Eluard![]()
"Le chat est entré dans la cage aux lutins"
Fiou, s'il fallait ne pas aller travailler lorsqu'il y a de la neige, personne ne travaillerait plus de la moitié de l'année. À Québec, les buttes de neige grossissent devant les maisons parce qu'on met sur les terrains la neige qu'on ramasse dans la rue. Il y a plusieurs endroits où la butte de neige cache presqu'entièrement la maison et je n'exagère pas.
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
La vie est belle,la vie est belle ! Pas aujourd'hui, me suis ecrase le p'tit doigt dans une portiere....mes mouvements sont en retard! humm y va etre temps que je commence a m'inquieter. Faut vraiment que je pense a arreter de fumer 
Il faut se le répéter que la vie est belle, car décidément, il y a des jours où c'est difficile. Ayez une bonne pensée pour moi les amis, j'en ai bien besoin, si vous saviez...
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...

