Certes je me suis lancé dans une diatribe contre l'inclusion de la culture dans le principe actuel de consommation de masse, dans un autre sujet; mais il faudrait, à la base, sauver le domaine culturel, sa présence dans le corps social et dans les habitudes des gens. Et son vecteur principal qu'est le commerce de produits culturels (livres, disques...).
Petit exemple qui m'a bien agacé récemment: la chaine de librairies bon marché "Maxi-Livres", qui assumait un réel effort d'incitation à la lecture (alors qu'elle aurait pu se contenter d'écouler des fins de stocks) a coulé, et les biens de l'entreprise ont été vendus par lots. Les deux principaux repreneurs des locaux commerciaux sont des entreprises qui vont y implanter des points de vente de téléphonie portable. Soit les deux tiers des boutiques Maxi-Livres, en somme. Les autres sont revendues également pour devenir des commerces divers et variés. Sur le total, je me demande combien de ces petites librairies sympas resteront effectivement des librairies, ou des commerces équivalents vendant par exemple des reproductions de tableaux, des films, des disques, des accessoires de création artistique, bref des petits magasins apportant un peu de douceur dans ce monde de brutes. À mon avis, très peu...
naturellement, ceci s'inscrit dans une logique où par exemple, l'ancien cinéma Grand-Ecran à Paris, fermé l'an dernier, a 99 chances sur 100 d'être démoli pour laisser place à des magasins de fringues, de téléphones, ou à des bureaux. Bon, ça fait du bruit parce que c'est une des dernières salles géantes de Paris (avec le Rex et le Max-Linder) et parce que cette salle était un lieu important de l'histoire du cinéma contemporain - sur le plan architectural, elle est en revanche insignifiante. Mais c'est dans la logique du nombre de salles plus modestes qui ferment régulièrement depuis des années. Je connais plein de supermarchés qui sont d'anciens cinémas, rien que dans mon quartier il y en a trois comme ça.
On a ouvert une nouvelle librairie près de chez moi, très sympa d'ailleurs, elle a aussi quelques disques et un beau rayon de livres d'art. Bon, c'est bête, dans le même temps on a fermé un réseau de 150 petites librairies dont plusieurs dizaines dans Paris (Maxi-Livres avait même des distributeurs automatiques de livres de poches dans le métro) et un grand cinéma célèbre. J'vous en ferais bouffer, moi, du "Faut êt'de son temps". 
Bon, je conclus sur un truc dont vous me direz que vous n'en avez rien à faire et que ça ne regarde que moi, et vous aurez raison, mais je me permets un petit épanchement sentimental.
Quand j'étais enfant ou adolescent, Maxi-Livres ou autres me permettait de me faire un petit plaisir de temps en temps sans trop écorner le budget. On y trouvait des bouquins de vulgarisation artistique ou scientifique qui n'étaient pas du foutage de gueule à des prix très modérés. Ces dernières années, la chaîne s'était faite la spécialiste de livres d'initiation à un domaine de la connaissance et de la culture qui étaient vendus avec un coffret d'accessoires (l'automobile: une maquette à monter; le thé: une petite théïère décorée et une sélection de sachets; la caligraphie: un jeu de plûmes...) que maintenant, moi, je pourrais offrir à mes enfants si j'en avais (des enfants, pas des livres). Bon, ben les jeunes n'auront plus ça, à part à Paris où des libraires discount indépendants existent encore, ils devront aller baver devant le plein tarif en mettant des sous de côté. Enfin naturellement je parle d'une catégorie ultra minoritaire de jeunes qui sont susceptibles d'acheter des livres de leur plein gré, ce qui ne doit pas être énorme, comme population.

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Sieur Hallberg a écrit je pourrais offrir à mes enfants si j'en avais (des enfants, pas des livres)
Mais je suis là mon cher monsieur
Jsuis toujours une enfant (pas la tienne, mais c'est juste un détail) et j'accepte tout don ^^
Bon trêve de plaisanterie..
Je n'étais pas spécialement "fan" de Maxi-Livres, mais j'aimais bien aller fouiner dedans quand j'étais encore qu'une petite fille (le premier qui dit que je le suis toujours, se prend la bibliothèque dans la figure) : si les livres n'étaient pas les meilleurs, ils étaient peu couteux (en tout cas moins que dans d'autres endroits) et étaient corrects.. Et puis quand on y connaissait pas grand chose comme moi à 10ans, c'était sympa!
J'aimais bien aussi passer mon temps dans les petites librairies de quartier : ça sentait bon l'odeur de l'encre des livres neufs, le libraire était toujours prêt à rendre service et à conseiller.. J'avais toujours peur d'abimer les livres que je touchais.. et encore, ma mère trouvait déjà que c'était peu par rapport à ce qu'elle avait connu!
Maintenant, il n'y en a plus qu'une d'ouverte mais ne vend plus que des magazines.. Entre temps, dans les hypermarchés, le rayon "librairie" s'est élargi.. mais bon voilà, en général, je fuis ce rayon-là parce qu'il est en partie responsable de la fermeture de "ma petite maison dans la cité" comme on l'appelait et qu'en plus, j'aime pas les livres dedans ^^ Surtout actuellement avec les espèces de biographie de gens connus dont on en a strictement rien à faire (ben vi Loana, je m'en tape moi)..
Du coup... il me reste la FN*C.. lieu où je suis quasiment sure de trouver ce que je cherche (enfin... pas mes livres de droit) mais lieu impersonnel où je croise des chefs de rayon parfois incompétents (vous savez la fameuse question "dites, vous avez bien ce livre-là?" avec la réponse qui tue "oué oué, mais jsais plus où je l'ai mis...")..
Même à Millau, à Rodez et à Sévérac-le-Chateau (Aveyron), les librairies où j'allais... pouf! Disparues pour la plupart
Ca fait bizarre, parce que c'est comme si on m'avait enlevé une partie de mon enfance.. Enfin jsuis ringarde ou "old-fashioned"..
Mama Pearl : la maman fantôme officielle!
Ne pense qu'à tes rêves.. les bétises des autres ne les terniront pas..
(Emilia)
J'ai l'impression d'avoir de la chance d'être à Pau... ici il y a une grande librairie "de quartier" (sur 3 étages) et quelques petites... et même un magasin d'électronique comme je n'en ai vu nulle part ailleurs, avec des gens toujours prêts à trouver toutes les puces bizarres dont je peux avoir besoin et dont la production à cessé il y a 20 ans...
Pourtant, il y a aussi une Fnac et diverses autres choses du même genre... et ça a l'air de cohabiter plutôt pas trop mal.
Ah oui... le Maxi-Livres à quand même été remplacé par un vendeur de téléphones... mais bon, il reste d'autres librairies ...
"Qui a un pied dans la barque et l'autre dans le canoë tobera à l'eau."
proverbe tuscarora
A Montpellier aussi, nous avons une superbe librairie : Sauramps.
Elle est tellement bien fournie et réputée qu'elle s'est dotée d'une papèterie, d'un magasin spécial enfants et va ouvrir un rayon dans le musée Fabre !
J'y ai toujours trouvé mes livres de géographie.
Il y a vraiment de tout.
Au lycée, j'y passais souvent mon "entre midi et 2", à bouquiner, regarder des images, faire des recherches...
"La terre est bleue comme une orange"
Paul Eluard![]()
"Le chat est entré dans la cage aux lutins"
J'aimais bien Maxi-Livres. J'ai acheté des livres d'art fantastiques à prix réduits grâce à cela. Mais ici, à Dieppe, il n'y en a pas. Il n'y a qu'une petite librairie et les types sont nuls. Ce ne sont rien d'autres que des marchands de papier, même pas fichus de me trouver un bouquin si je le commande chez eux. Donc, ne vous plaignez pas les Parisiens. Je suis allé dans une librairie américaine très bien fournie rue de Rivoli et il y a celle du Louvre. Bon, c'est vrai que les P.U.F. ont fermé, mais c'est à cause des étudiants d'aujourd'hui qui ne lisent plus font des recherches sur Kikipédia ou du photocopillage en masse !
Pareil pour l'histoire locale. Ici à Luneray on avait les éditions Bertout, mais si vous entendez le glas, vous pouvez être sûr que l'un de ces petits vieux est un manque à gagner pour eux. Cela faisait un abonnement en moins à Connaissance de Dieppe. Donc, oui, la fameuse maison machin a fermé. Evidemment, les jeunes ne lisent plus aussi, ne s'intéressent pas à la culture, alors tout va mal !
D'accord, Maxi-Livres faisait probablement ses marges sur des stocks acquis à prix réduit auprès des éditeurs ou des distributeurs, lui donnant l'occasion d'avoir tout et n'importe-quoi, et aussi en vendant des grands classiques assurés de se vendre dans ses collections poche à petit prix.
Ceci-dit, la maison avait aussi des collections conçues en exclusivité avec des éditeurs d'art spécialisés dans les beaux livres de vulgarisation, comme Taschen ou Könnemann. Encore récemment, j'avais acheté un petit livre sur la mythologie romaine dont le texte est tout simplement un des classiques du genre, comme réédition d'un ouvrage déjà ancien (mais agrémenté d'une iconographie dans les normes actuelles). C'est à mon sens, beaucoup plus que ce qui se fait le plus souvent, la vraie vulgarisation: apporter l'excellence au plus grand nombre. L'inverse de ce qui se fait finalement le plus, actuellement: vendre des livres au style raccoleur sur le mode de la facilité ("même vous, vous pouvez comprendre ce livre") et qui coûtent aussi cher que les livres "sérieux". Maxi-Livres faisaient l'inverse, ils baissaient le prix. ça les a peut-être perdus...
Dans le genre initiative sympathique pour apporter un peu de culture dans les endroits les plus improbables: celle de la collection "mémoire en images" proposée par un éditeur d'origine anglaise. Cette collection propose, à partir d'une illustration riche comme l'indique son nom, et très souvent issue de cartes postales anciennes, des petits livres qui se vendent notamment dans les kiosques de gare "Relay", et souvent sur l'histoire régionale ou locale. Je me doute que des kiosques de gare les proposent, c'est que ça se vend un peu, mais sur le principe l'initiative est courageuse et intelligente: proposer à un public fort différent de celui des librairies et dans un lieu totalement différent un peu de curiosité. Des petits bouquins pour découvrir qu'on arrive comme ça dans une ville, on peut découvrir qu'elle a des traditions, un patrimoine... Moi j'aime bien m'en acheter un en souvenir des lieux où je vais (c'est mieux qu'une boule à neige). Mais bon, on est probablement encore ici dans une sorte de marginalité, entre gens qui s'intéressent aux livres, aux livres intelligents et accessibles qui plus est, et qui sont capables de se désoler à cause de la disparition d'un réseau de 150 librairies, remplacées par des magasins de téléphones portables... Je suis certain qu'il y a une bonne part de la population qui vous dira, j'ai plus besoin dans mon quartier d'une boutique de téléphones, parce que je téléphone tous les jours, que de livres sur Rembrandt ou Picasso que j'achète une fois par an même quand ils sont bon marché...

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Personellement... j'achète quand même encore plus de livres que de téléphones... 
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proverbe tuscarora
Ce qui est à peu près certain, c'est que sauf exception rarissime, il y a autant de livres chez les vendeurs de filapattophone que d'exemplaires vendus de mon avant-dernier roman, ceci expliquant plus ou moins cela. Bon, c'était ma vacherie spéciale 14 février neuneu !
Au moins, je fais des économies de roses, de parfums, de lingerie fine et surtout d'abonnement Adsl pour regarder télé-neuneu !
Tiens, une utilisation instinctive et donc non spécialement "hallbergienne" du terme "fan" 
Je crois que tous les types de librairies se complètent, chacun a un rôle spécifique et selon ce que je veux, je les fréquente tous avec plaisir. Mon seul agacement provient, dans les FNAC et autres, de la surpopulation et de l'incompétence éventuelle des vendeurs (voir le sujet: "de l'incompétence des vendeurs de grands magasins").
Les librairies traditionnelles ("de quartier" en ville) offrent la proximité et l'accueil. En revanche, naturellement, le choix est plus réduit et, dans ce cas, pour les livres présents en magasin, le rôle du libraire est clairement de se servir de son propre goût, de sa connaissance de sa clientèle et de son envie de faire découvrir des livres qui lui plaisent, pour sélectionner ce qu'il va proposer. On va donc s'y rendre souvent par curiosité et en plus, ça arrive parfois, on peut y faire des rencontres sympa. Pour ma part, j'avoue que c'est beaucoup plus pour la proximité et pour le côté rituel que je vais m'y rendre, consistant à faire un petit tour chez le libraire du coin quand je rentre chez moi. Notez que la librairie de mon quartier, par rapport à beaucoup, est déjà d'une taille assez conséquente.
Les grandes surfaces culturelles, je ne crache pas dessus et je les fréquente. En dehors du désagrément représenté par la foule qui y piétine et y abîme occasionnellement les livre qu'elle sort et repose, elles sont le lieu où l'on trouve ce qu'on cherche, fondamentalement, à partir du moment où la recherche relève soit du livre "très courant", soit de l'actualité (le livre qui vient de sortir et que l'on veut tout de suite), soit du domaine de recherche "moyennement spécialisé" (les ouvrages principaux d'un domaine donné). Par le même phénomène de statut intermédiaire entre une librairie très généraliste et un lieu ultra spécialisé, la grande surface permet une bonne initiation pour le curieux, elle va tout de suite lui proposer un petit choix des principaux livres sur un sujet.
Les très grandes librairies de certaines villes, genre Gibert ou Flammarion, jouent le même rôle avec encore plus de livres et les produits techniques en moins...)
Les librairies spécialisées que l'on ne trouve que dans les villes d'une certaine importance finissent par devenir indispensables au passionné ou au professionnel d'un domaine précis. C'est soit ça, soit la vente par correspondance. Moi je vais volontiers flanner dans des librairies spécialisées sur le cinéma, par exemple.
Feu les Maxi-Livres et assimilés, c'est encore un usage différent, du moins pour moi c'est par excellence le lieu où l'on fait son tour parce qu'on a trois minutes à tuer et que ça se trouvait juste en face de l'arrêt de bus, ou que l'on a quelques euros en poche et que l'on veut se faire un petit plaisir - un livre plutôt qu'une bière ou un gâteau au chocolat, quoi.
Evidemment, j'ignore comment l'équilibre peut se faire entre tous, et si les uns ne contribuent pas à prendre de la clientèle aux autres (mais c'est assez évident que les grandes surfaces peuvent faire des misères aux petits). Feu-Maxi Livres n'était probablement pas spécialement menacé par les FNAC à cause de son créneau spécifique, les FNAC menaçant probablement beaucoup plus les indépendantss "généralistes".

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
J'aime bien flaner dans la FNAC quand même (quand y'a pas trop de monde) et à Gibert ou Boulinier pour dénicher un livre... A défaut du gateau au chocolat (ou de pizza, hein Hall ^^)! Mais j'aurais préféré une plus grande diversité puisque chaque librairie a son "rôle"!
La librairie dont tu parles Luctérios, j'y vais parfois, surtout quand je cherchais mes bouquins pour la prépa (vu qu'à la fac, c'est pas les langues qui me couteront le plus cher...) : on y allait avec une amie et on se baladait un peu dans le coin après en parlant anglais
J'y vais moins souvent maintenant.. quant à la librairie Allemande, j'y vais plus sinon je vais désespérer ^^
La seule chose que j'ai dû acheter dans les grandes surfaces c'était des livres en nouveauté ou au contraire les classiques (genre Molière) quand je faisais les courses et que ça m'arrangeait (c'était remboursé par ma mère... ^^).. J'ai rien contre, mais c'est juste que depuis qu'il s'est agrandi, plein de petits commerces où j'allais souvent ont fermé et qu'autant j'arrive à m'approprier des lieux immenses comme Gibert ou la FNAC, autant l'hypermarché, j'y arrive pas... Doit être mon inconscient mwahaha ^^
Pour le rayon droit... évidemment, jvais d'abord à Gibert vu que jsuis sure de trouver ce que je cherche là-bas (beaucoup plus probable qu'à la FNAC où le rayon est réduit).. mais si j'y vais, je passe souvent par la boutique des langues et là c'est le drame.. jvoudrais acheter trop de livres.. un jour j'ouvrirai une librairie na!
Thalie : la librairie dont tu parles se situe où dans Montpellier? Le nom me rappelle vaguement quelque chose..
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(Emilia)
Si tu connais le centre ville, c'est ce qui s'appelle le Triangle.
Juste à la sortie du Polygone !
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Paul Eluard![]()
"Le chat est entré dans la cage aux lutins"
Donc c'est bien ça =) J'avais acheté un livre là-bas : j'étais pas loin de la place de la Comédie et on allait souvent du côté d'Antigone et du Polygone..
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Ne pense qu'à tes rêves.. les bétises des autres ne les terniront pas..
(Emilia)
C'est bien ça !
D'ailleurs, la ville de Montpellier rendrait Lucterios fou !
Notre cher Président de Région, ex Mère de la ville à des chevilles énormes et se verrait bien empereur romain... Sauf qu'il mélange un peu tout et que Montpellier n'a pas d'histoire romaine ni grecque. A ce moment là, Nîmes et Narbonne étaient les 2 "puissances".
Alors du coup, Mr F. (pour ne pas le nommer) invente une nouvelle histoire à "sa" ville. Et mieux, propose un nouveau nom de région : La Septimanie (peut être en avez vous entendu parler).
Bon allez, je m'arrête là, je fais du hors sujet... mais cette fois-ci, c'est moi qui avait de pousser une gueulante !
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"Le chat est entré dans la cage aux lutins"
Pourtant, il interprétait ça comme une région désignée par un général romain, dans un courrier qu'il a envoyé à son beau frère, alors qu'il était en campagne française. Bref, du n'importe quoi !
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