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On achève bien les librairies.

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minako
(@minako)
Prominent Member
Inscription: Il y a 21 ans
Posts: 817
 

Je me joins à l'énervement général contre la fermeture des librairies de quartier. Encore un bel exemple de "tout pour le fric".

Là où j'habite, il n'y a tout simplement aucune librairie de quartier. Seules solutions, les grande surfaces ou Nantes. Pour les livres un peu spécialisés, faut vraiment être motivé!!! A Nantes, il y en a encore pas mal. Mais pour combien de temps? A cause des travaux quasi permanents, les gens ne vont plus en centre-ville et du coup les commerces de proximité ferment petit à petit. Pour ceux qui connaissent, je vais souvent à la librairie COIFFARD. Elle illustre très bien le cliché de la librairie de quartier. Il y a des livres jusqu'au plafond moyennement ordonnés, dans des étagères en bois qui sentent encore le cirage. Les vendeurs sont très compétents. Il y a vraiment une ambiance très chaleureuse quand on rentre. Heureusement, cette librairie est assez connue donc je ne crois pas qu'elle va fermer tout de suite.

Je n'allais pas souvent à MAXI-LIVRES mais c'est vrai qu'il y avait pas mal de beaux livres à prix réduits.

*"La Septimanie" ? C'est vraiment idiot!*


"L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs." Oscar Wilde


   
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Hallberg
(@hallberg)
Illustrious Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 10550
Début du sujet  

Situation actuelle du cas Maxi-livres du côté du lecteur: on trouve désormais une partie des éditions spécifiques à cette chaîne dans d'autres librairies, et notamment, ici à Paris, dans des solderies. Il s'agit principalement, à ce que j'ai pu voir, des collections de classiques en poche (qui étaient à deux euros, comme les "Librio", et que certains revendent... plus cher, indiquant par là soit que les gens de Maxi-Livres étaient drôlement forts, soit qu'ils faisaient de la "cavalerie", alias gestion kamikazesque), et d'autre part, les livres d'art (probablement ce qui était le plus intéressant, dans l'absolu, chez l'ex Maxi-Livres). Je n'ai pas vu réapparaître les très originaux coffrets d'initiation avec livre et accessoires, une autre originalité de la chaîne. Aucune des boutiques que je connaissais à Paris n'est restée une librairie en changeant de propriétaire. Certaines ont été converties en points de vente de jeux vidéos. Je veux bien que cette catégorie soit associée aux produits culturels, mais la floraison de ce type de produits dans les grandes villes m'incite à penser qu'il n'y a rien d'héroïque à parvenir à faire tourner un tel commerce. Et donc, qu'il peut y avoir une certaine dose d'opportunisme là-dedans. À Bruxelles et à Lyon, à ce que j'ai pu voir le mois dernier, les librairies n'étaient pas encore toutes ré-occupées. Allez savoir ce qu'il en adviendra. Celui qui gardera sa vocation de librairie à au moins une de ces boutiques mérite des éloges.

Le coup des distributeurs automatiques dans le métro parisien (et aussi de toutes petites boutiques dans la partie banlieue de certaines grandes gares) relevait d'une tentative extrême. D'accord, il y a dans les gares des vendeurs de journaux qui, désormais, ont une partie librairie; mais avoir voulu banaliser le livre, à un prix réduit, comme un produit quotidien pouvant s'acheter, comme un journal ou une boîte de Coca, dans un stand ou un distributeur automatique, voilà qui était insolite. ça n'a pas duré assez longtemps pour qu'on puisse en tirer des conclusions: est-ce que ça désacralise le livre? L'effet de diffusion a-t-il eu lieu? S'est-il trouvé des voyageurs du métro pour acheter, en attendant une correspondance, "Faust" dans la traduction de Nerval, des nouvelles de Mérimée, les Evangiles, et un dictionnaire de rimes (entre autres exemples vus dans ces distributeurs)?


Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler


   
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Cherrydean
(@cherrydean)
Membre Moderator
Inscription: Il y a 21 ans
Posts: 4090
 

Quand j'avais environ 8-9 ans, j'ai découvert l'entrepot d'une librairie de livres usagés. J'y aurais dépensé bien plus si celle-ci avait été dans ma ville, mais il n'y avait pas de librairie dans la ville d'où je viens (phénomène d'un gros village perdu dans le bois...) N'empêche qu'on y allais plusieurs fois par année et que je faisais le plein de romans de poche qui dataient du temps de ma mère, mais que j'aimais beaucoup. De la collection Marabout made moiselle, des "Sylvie" entre autre. À 25 sous le livre (0,25$), quand on considère qu'un livre de poche neuf revient se vend rarement moins de 10$...

Je regrette juste de ne pas en avoir acheté davantage. Je les dévorais si vite que je n'en avais pas pour longtemps. Mais bon, je fouinais dans la bibliothèque de mes parents et j'ai lu des trucs qu'on n'imagine pas toujours des enfants lire, genre "comment apprendre à lire à votre bébé".smiley


Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...


   
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PulkoMandy
(@pulkomandy)
Honorable Member
Inscription: Il y a 22 ans
Posts: 533
 

Les jeux vidéos...
Malhereusement il y a peu de boutiques qui prennent ça comme un art... On trouve toujours les dernières nouveautés pour la dernière console, mais rarement des jeux plus anciens. Bon, il y en a quelques-uns qui commencent à réapparaître car les collectionneurs commencent à s'intéresser aux consoles d'ancienne génération. Par contre, je n'ai jamais vu de magasin vendre des jeux pour un ordinateur "dépassé". C'est un problème, parce qu'à l'époque les jeux étaient sur disquettes, dans des formats protégés pour celles que l'on trouvait dans le commerce, et des pirates se dépéchaient de mettre en circulation une version gratuite et dépourvue de protection (souvent moins d'une semaine après la sortie du jeu). Tout un réseau parallèle d'échange de disquette, de proche en proche ou par la poste, s'est mis en place, si bien que les originaux deviennent difficiles à trouver de nos jours. C'est dommage, parce qu'autour de la disquette, il y a quand même une boîte, un manuel d'utilisation (d'ailleurs, sachant que les joueurs ne le liraient jamais, les gens qui écrivent ces manuels ont tendance à raconter n'importe quoi dedans smiley).
Il y a là un autre problème qui se pose: contrairement à un livre, un jeu ne peut pas se rééditer, à moins d'une reprogrammation complète, car les ordinateurs et consoles changent. Et quand on reprogramme un jeu, ce n'est jamais tout à fait pareil...


"Qui a un pied dans la barque et l'autre dans le canoë tobera à l'eau."
proverbe tuscarora


   
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Hallberg
(@hallberg)
Illustrious Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 10550
Début du sujet  

Je me souviens d'avoir eu la conversation avec Kaldo, de savoir si c'était un art ou pas. Peu importe, s'il se trouve des gens pour le penser et pour le cultiver. L'ennui, c'est donc que la plupart des détaillants le considèrent uniquement comme un commerce, et donc, que l'apparition d'une dimension patrimoniale dans ce domaine est plus qu'hypothétique. En l'occurence, c'est pour faire du chiffre, pas par amour de la dimension culturelle, que la plupart des détaillants s'installent, apparemment... De toutes façons, on peut bien dire de l'incompétence des vendeurs des FNAC, mais un ami m'expliquait que les vendeurs des magasins de jeux vidéo étaient souvent à l'origine des techniciens - résultat, si on leur pose des questions sur les qualités esthétiques des jeux, si on se met par exemple à leur parler en termes cinématographiques ou picturaux un peu précis, ça ne va pas très loin. Lui-même a pu se rendre compte des limites, étant tombé sur un vendeur qui s'y entendait un peu plus, apparemment, dans les arts de l'image, avant de se rendre compte qu'à part du blockbuster, son vendeur n'avait pas trop d'autres références. De quoi rendre le jugement sur les qualités visuelles douteux, si l'alpha et l'oméga de la pensée cinématographique du vendeur sont surtout les prouesses techniques des truquistes hollywoodiens.

Pour ce qui concerne le commerce de "produits culturels", il y a clairement des effets de quartiers, dans les grandes villes. Ici, dans le secteur allant de Jussieu à Saint-Michel, on trouve des choses inimaginables ailleurs: des disquaires spécialisés possédant une compétence d'expertise dans des genres précis, des librairies spécialisées, des magasins de loisirs "exigeants" (jeux de rôle, jeux de réflexion), les points de vente d'éditeurs universitaires ou spécialisés, des bouquinistes et une concentration de cinémas d'art et d'essai. S'il devait y avoir un magasin de jeux vidéo "historiquement et artistiquement consciencieux", ce serait probablement dans un tel environnement. Il faut croire que l'expérience Maxi-Livres, qui a quand même marché longtemps, prouve qu'il n'est plus possible, actuellement, de vouloir vendre toute l'année des livres d'art bon marché (naturellement il y avait autre-chose, mais c'était dans ce domaine que la maison avait un certain prestige) dans n'importe-quel quartier ou même dans les gares. Dans mon quartier, les librairies sont revenues, mais à la faveur de la "boboïsation" du secteur - et elles sont d'un genre qui a tout pour attirer cette clientèle, rien que par leur présentation "façon loft"! Je ne m'en plaindrai pas, c'est mieux que rien.
Après, si l'effet d'entrainement lié à des clientèles particulières et des lieux particuliers ("bobos" et nouveaux riches, étudiants/enseignants/chercheurs, touristes "culturels"...) devient vraiment indispensable pour réussir à faire marcher des commerces de qualité sur le plan des "produits culturels", on peut réellement se demander comment certaines villes peuvent ne pas être défavorisées.


Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler


   
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Cherrydean
(@cherrydean)
Membre Moderator
Inscription: Il y a 21 ans
Posts: 4090
 

Il y a fort à parier que les programmeurs qui considèrent les jeux vidéo comme une forme d'art ne se font pas vendeurs... On ne manque pas d'emploi dans le domaine que je sache.


Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...


   
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Gobol
(@gobol-2)
Famed Member
Inscription: Il y a 22 ans
Posts: 4431
 

Je dois être d'une autre planète, ou bien alors le statut particulier de l'Aslace a favorisé certaines choses...
Si je ne m'abuse, il reste un Maxi-Lvres à Mulhouse (je suis passée devant par hasard pas plus tard que jeudi matin, ayant changé d'itinéraire gare-boulot pour cause de travaux, je crois que je vais le garder, celui-là, il est plus intéressant que celui qui passe par les magasins de chaussures !). Bref, je ne savais même pas que la chaîne n'existait plus ! Parce que dans l'autre ville que je fréquente plus ou moins assidûment, il y en a un autre, de Maxi-Livres, à savoir à Quimper (il y était en tout cas, la dernière fois que j'y ai mis les pieds, et que j'ai eu le temps d'y aller, à savoir en avril dernier).
Sur les librairies de quartiers, je connais bien celles de Mulhouse, au moins dans l'hyper-centre : une grande librairie : Bisey et deux magasins qui font un peu tout (papéterie, sacs de classe, livres scolaires, etc.). On compte encore une FNAC, un bouquiniste, un magasin spécialisé bd (neufs, occasions et objets dérivés). C'est tout ce que j'ai pu identifier, et encore, c'est un de plus que quand j'y habitais : le magasin spécialisé bd n'existait pas (si ça avait été le cas, je me demande si j'aurais déménagé !smiley).

A Quimper, maintenant, je crois me rappeler qu'il y a plusieurs grandes librairies, mais je me demande si l'une d'elles n'a pas fermé depuis la fin de ma scolarité (ça fait quelques années quand même). Sinon, je me rends compte que la marge entre les librairies et les papèteries commence à se "flouter" un peu, puisque les librairies ouvrent des rayons papèterie, et les papèteries commencent à vendre des livres... Par contre, il y a à Quimper un "Espace Culturel" assez important (vu qu'y'a pas de Fnac !) qui joue un peu le même rôle que la Fnac. J'ai bien l'impression que là-bas, la Fnac n'a pas du tout d'emprise : pas moyen d'en trouver une ni à Quimper, ni à Brest, pourtant deux grandes villes, et notamment étudiante à Brest. Mais à Brest, il y a "Dialogues", et "Dialogues Musique", ça remplace.

Sinon, chez moi, ben y'a pas de Fnac non plus, par contre, Leclerc vient de doubler sa surface, et ils en ont profité pour créer un "Espace Culturel" également. Fallait bien profiter du fait que ce créneau était libre ! Sinon, une librairie-maison de la presse, un bouquiniste, un disquaire d'occasion qui vend aussi des Vidéos et des DVD, un libraire indépendant, avec un rayon pour enfants plutôt bien développé... Bref, je crois qu'il n'y a pas de quoi se plaindre, étant donné la taille réduite de la ville (17500 habitants).


On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.


   
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