Bonjour
je me suis procuré un livre tres interessant sur Yoko et son auteur "A propos de Yoko Tsuno".
Pas cher : 8 euros
Et tres interessant, on y apprend un tas de choses
( bien que les habitués d'ici en savent déjà pas mal...)
C'est bien pour ceux qui aiment creuser encore plus.
Moi, j'y ai appris qd meme 2,3 choses que j'ignorais et qui ne s'etaient pas dites ici
1ere constatation, ce livre est tt de meme un peu mince (64 pages): on se regale mais c'est court...La presentaion est minimaliste, ne vous attendez pas à un ouvrage de collection
Ce "à propos" date d'avril 2001, les auteurs sont Stephan Caluwaerts et André Taymans
C'est une sorte d'interview tres interessante de l'auteur, qui se confie assez directement et sans macher ses mots, je l'ai trouvé assez savoureux
Ce qui est génial c'est que nous avons une photos ( noir et blanc) de Roger Leloup à son poste de travail(!): table à dessin et bureau encombrés de divers papiers, crayons, cassettes, maquette...on imagine des tresors de documentations... trois lampes ( comment ça s'appelle deja c'est lampes à ressort qui se plient et s'orientent comme on veut : tt le monde en a eu une un jour...) et un pc à sa gauche ( je l'imagine lire nos posts avec délectation, etonnement, ou consternation
(parfois
))
Ce qui m'a vraiment étonné, ce sont les maquettes : colibri, navettes , vaisseaux je ne doute pas une seule seconde que la plupart sont de sa main, impressionnant...
Ce qui m'a un peu enervé c'est que j'ai eu l'impression que la moitié de l'ouvrage est consacré à sa vie aux studio Hergé
je me suis demandé à un moment si les auteurs ecrivaient un livre sur Hergé où sur Roger Leloup, mais bon , ça doit etre moi...
Alors, c'est evidemment tres interessant et intructif : on y apprend l'etat des relations entre Hergé et Roger Leloup, ce que notre auteur y a appris, ses joies, ses problemes, des anecdotes
Cela campe le decor propice à la naissance de Yoko, mais j'ai trouvé cela un peu impoli de focaliser tout le debut sur Hergé, bon.
J'aime le ton de Roger Leloup, parfois c 'est cru : c'est rigolo
J'ai aimé aussi particulieremnt le passage sur la collaboration avec Peyo : cet homme que je ne connais absolument pas me parait adorable.
D'ailleurs, comment pourrait on créer les stroumphs, qui sont si mignons et attachant, sans etre sois meme quelqu un de bien?
Je pense que RL l'aime bcp.
Ce qui m'a fait vraiment plaisir egalement , c est que j'ai glané qq elements qui me permettrons d 'etayer mes points de vue ds pas mal de sujets ds le forum philo ou Yoko, par exemple : la place de la femme en BD, La part de l'auteur ds Yoko, l'album préféré de RL, la croyance, etc etc etc...



Les intégrismes et les extremismes sont des refuges pour les plus faibles;
avec Yoko, faisons progresser la connaissance et l'amitié
J'ai lu également le "à propos". Je ne crois pas que l'on soit les seuls d'ailleurs. Il a déjà été cité ailleurs sur le forum. C'est vrai que, pour ce qui est du livre, ce n'est vraiment pas une qualité géniale (je ne parle pas du contenu): après à peine la première lecture, plusieurs pages s'étaient détachées. Tiens, d'ailleurs, je viens d'aller le chercher dans ma bibliothèque pour voir et je constate qu'il y a plus de feuilles détachées que de feuilles qui tiennent encore.
Pour ce qui est de Hergé, à mon avis c'est tout simplement parce que l'ouvrage ne vise pas à parler seulement de la BD, mais également du cheminement de son auteur et les studios Hergé on quand même pris beaucoup de place dans la vie de M. Leloup (du moins, c'est ce que je comprends).
Dans l'ensemble, j'ai bien aimé ce livre, qui semble viser les petits curieux. J'aime moins le fait que le style soit un peu magasine populaire cependant. Je n'ai pas du tout compris ce que venait faire ce "questionnaire de Proust" là-dedans.
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
Cherrydean a écrit J'aime moins le fait que le style soit un peu magasine populaire cependant.
que veux tu dire?
Les intégrismes et les extremismes sont des refuges pour les plus faibles;
avec Yoko, faisons progresser la connaissance et l'amitié
Bien, parfois le genre de question me fait penser aux entrevues avec des stars qu'on lit dans les magasines que je ramasse à la clinique médicale lorsque je m'ennuie trop à attendre
. Disons que ce commentaire concerne surtout le fameux questionnaire de "Prout". Le reste (je viens de refeuilleter le fameux livre) est bien correct. C'est tout de même intéressant de lire les réponses de M. Leloup à ce fameux questionnaire, mais personnellement, c'est souvent le genre de question pour lequel mes réponses changent selon mon humeur du moment.
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
quelque chose est dit ds l avant propos
"tout est féminin ds la vie affirme l'auteur ( et plus loin) la conscience et la mort aussi"
c'est vrai qu elle tranche avec l'univers de l'epoque qui etait essentiellement masculin
Les intégrismes et les extremismes sont des refuges pour les plus faibles;
avec Yoko, faisons progresser la connaissance et l'amitié
J ai compris qq chose d'essentiel sur Roger Leloup en lisant ce livre.
une phrase ds la preface d' Arnaud de la croix m'a procuré un déclic :
"Pour autant, son créateur n'en a jamais fait un de ces objets sexuels qui peuplent la BD : la sensilité et l'intelligence, l'affectivité et l'imagination l'emportent toujours chez elle, et c'est pourquoi elle est terriblement ATTACHANTE"
je fais donc mon MEA CULPA car j'ai longtemps cru que Yoko etait une BD "cucul la praline" et cachait systematiquement tout elan de sensualité ou d'erotisme et que l'auteur censurait tout ce qui pouvait s'apparenter à la sexualité
mais il n'en est rien
on s'aperçoit en lisant le livre, que l'auteur aime les femmes, qu il est sensible à leur charme, qu'il veut Yoko "la plus seduisante possible"(p37)
Il dit d'ailleurs que l'epoque ou il a ecrit "le trio de l etrange" est l'epoque ou "l'on decouvrait des jeunes filles au guidon des mobylettes, la liberation de la femme et le livre de Simone de Beauvoir"(p29 )
Donc si l'auteur n'erotise pas son personnage, c'est sciemment , par coherence narrative et respect pour la femme qu'il esquisse et non pas par puribonderie,comme je le croyais
donc encore "PARDON" de m'etre trompé
car c'est vrai que
Yoko etant immensement belle, l'auteur a tjrs été interrogé sur le coté "objet sexuel" de son heroine:
-etes vous l'amant de Yoko?
-Vic est il l'amant de Yoko?
-Le lecteur se projette il comme amant de Yoko?
Cela doit prodigieusement l'enerver...
-Edité le: Lundi 6 février 2006 à 23:05 par malko10-
-Edité le: Mardi 7 février 2006 à 08:59 par malko10-
Les intégrismes et les extremismes sont des refuges pour les plus faibles;
avec Yoko, faisons progresser la connaissance et l'amitié
S.V.P. Malko, on ne prononce pas le mot amant dans ce livre... pourquoi dès lors l'introduire ?...
Yoko est la fille de papier de Roger et moi sa petite fille de papier...
Tant pis pour les lecteurs qui ont mal vieilli...
Emilia
-Edité le: Lundi 6 février 2006 à 23:45 par petrushka-
Il n'y a pas que lui que ça a le pouvoir d'énerver, je pense. Je sais sciemment qu'en disant ça je me place à l'exact opposé d'un lecteur comme Fred, mais je pense pour ma part que ce type de question n'a pas de raison d'être dans une approche saine de lecteur.
En tous cas, il me semble pour ma part que Yoko est une série qui, tout en s'appuyant sur une prestigieuse tradition (formelle, graphique notamment), est passée à l'âge adulte immédiatement, dès ses origines, sans avoir besoin d'en passer par cette espèce de crise d'adolescence consistant à croire qu'il faut "sexualiser" et faire exprès de casser des conventions, de façon démonstrative et véhémente, pour passer à la maturité. Il y a plus de trente ans, c'est déjà une représentation moderne des femmes que Roger Leloup montrait avec spontanéïté et sensibilité. C'est une pensée qui, même aujourd'hui, a encore du mal à s'imposer, mais en laquelle se reconnaîtront probablement tous les esprits un peu "progressistes" en la matière: un personnage féminin qui n'est pas un prétexte et qui n'a pas besoin d'une justification spécifique pour s'insérer dans la "normalité masculine" de nombre de conventions artistiques... et sociales. Une femme vue comme un individu et une citoyenne, une personne qui vit ses goûts, son métier, ses idées, et montre la mixité comme l'évidence que nous avons (eu) tant de mal à mettre en valeur dans la société civile. Et ceci, Roger Leloup l'a opéré avec tout le naturel que confère la sincérité du propos. Sans qu'il faille en passer par une énergie émancipatrice brutale, sans ce caprice habituel à tant d'autres artistes, consistant à tout envoyer promener et à se mettre à interpeller avec véhémence en usant si nécessaire de crudité provocatrice. À une époque où reconstruire la société sur elle-même se résumait pour beaucoup à la libération sexuelle, avec ses conséquences nouvelles et pas toutes très réjouissantes sur la place des femmes, Roger Leloup proposait avec une ferme douceur (pardonnez-moi le goût maladif de l'oxymore) une vision, une conception qui n'a pratiquement aucune chance de se démoder. Ou, disons, si elle devait un jour se démoder, cela signifierait que la société européenne aurait connu de graves dégradations de la condition des femmes, et que cette société, pour beaucoup d'entre-nous je l'espère, deviendrait insupportable. Qu'on considère la justesse du propos que nous propose Yoko, et qu'on compare à beaucoup d'autres oeuvres. Une série que d'aucuns jugeront convenue... Roger Leloup reste capable d'emporter l'adhésion sur des propositions d'une évidence vitale sans élever la voix, avec l'assurance tranquille que donnent la compétence et le talent. Rien que pour ça, je puis me permettre de répéter à l'envi une affirmation qui doit déjà apparaître à plusieurs endroits sur ce cite, mais je crois que c'est un des plus grands maîtres de notre temps.
-Edité le: Lundi 6 février 2006 à 23:49 par Hallberg-

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Merci Hallberg...
Roger Emilia et Yoko
Attention, je ne réagissais que sur la déclaration de Malko, je n'ai jamais lu ce livre... raison d'ailleurs de l'absence d'intervention de ma part jusque-là... La "découverte" de Malko montre que les expériences de lecteurs sont toutes différentes. J'ai découvert Yoko à seize ans. Probablement, un moment clef où les opinions personnelles sur l'art et la société sont dans une phase de bouillonnement créatif. Pour cette raison, outre la séduction immédiate du dessin, de la finesse affective et d'autres choses (*), la série m'est aussitôt apparue comme un propos, un fond, qui entrait en raisonnance avec mon propre point de vue. Vous savez, quand on est ado, on est un peu plus prompt à considérer certaines choses comme des "manifestes". Qu'une bande dessinée dotée d'une certaine popularité et ayant un lectorat varié affirme une vision égalitaire, pour moi, ça en faisait un "manifeste"... Quand on est dans cette réflexion-là, on théorise facilement. On a une tendance à l'analyse.
Je ne suis donc jamais passé par un parcours que je peux supposer chez certains lecteurs: être séduit enfant par l'aventure, la beauté plastique de la série et la sensibilité du propos, puis passer par une période de distance critique percevant l'oeuvre comme "pudibonde" - avant d'en faire une nouvelle lecture pour enfin reconnaître qu'il n'y avait pas besoin de cette phase intermédiaire, au besoin avec l'aide de l'exégèse d'un autre ou des propos de l'auteur (comme c'est le cas avec le livre dont il est question).
Pour cette raison je ne parviens pas à bien comprendre l'aventure de Malko, et ceci devrait nous confirmer, si besoin était, qu'il y a autant de lectures que de lecteurs...
_____
(*) En 1993: une héroïne qui fréquentait une organiste et une loco à vapeur, je n'allais pas rater ça.

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
petrushka a écrit S.V.P. Malko, on ne prononce pas le mot amant dans ce livre... pourquoi dès lors l'introduire ?...
Et bien , si... normalement...(???)
D'ailleurs, je ne savais pas quel mot employer,
alors j'ai gardé le mot "amant" utilisé par l'intervieweur page 37 car je le trouvais plutot "doux"
extrait:
-mais vous n'etes jamais son amant?
-certainement pas, je suis plutot son confident (...)
(mais je peux ne plus l'employer si ça choque) 

-Edité le: Mardi 7 février 2006 à 09:10 par malko10-
Les intégrismes et les extremismes sont des refuges pour les plus faibles;
avec Yoko, faisons progresser la connaissance et l'amitié
Hallberg a écrit
Je ne suis donc jamais passé par un parcours que je peux supposer chez certains lecteurs: être séduit enfant par l'aventure, la beauté plastique de la série et la sensibilité du propos, puis passer par une période de distance critique percevant l'oeuvre comme "pudibonde" - avant d'en faire une nouvelle lecture pour enfin reconnaître qu'il n'y avait pas besoin de cette phase intermédiaire, au besoin avec l'aide de l'exégèse d'un autre ou des propos de l'auteur (comme c'est le cas avec le livre dont il est question).
pour moi, ce fut exactement ça...
Les intégrismes et les extremismes sont des refuges pour les plus faibles;
avec Yoko, faisons progresser la connaissance et l'amitié
Si Roger n’avait pas commis l’erreur de ne pas se faire présenter les textes de ce livre avant publication, certains mots n’y auraient pas été évoqués…
Vois-tu, Malko, Roger dessine les aventures de Yoko avec son âme d’enfant préservée et non avec ses fantasmes d’adultes… C’est pourquoi, la sexualité n’y est jamais évoquée… Ce sont les journalistes qui souvent refusent de rester des enfants émerveillés et qui veulent donner à leurs articles un ton plus sérieux …
Mais soyons sérieux… Comment peut-on imaginer qu’un auteur quel qu’il soit puisse imaginer qu’il est l’amant d’un personnage de papier … Celui qui pose cette question en rêve peut-être !… Mais ce n’est pas ce rêve là que Yoko veut transmettre.
Moi, ce que je ne veux pas et Roger encore moins c’est ouvrir des débats et obliger à se justifier… Excuse-nous, Malko on ne veut pas te faire la moindre remarque…
Amitiés
Emilia
petrushka a écrit Si Roger n’avait pas commis l’erreur de ne pas se faire présenter les textes de ce livre avant publication, certains mots n’y auraient pas été évoqués…
je trouve , personnellement, les reponses de Roger tres justes et avec le ton qui convient, aussi direct que la question posée
petrushka a écrit
Vois-tu, Malko, Roger dessine les aventures de Yoko avec son âme d’enfant préservée et non avec ses fantasmes d’adultes… C’est pourquoi, la sexualité n’y est jamais évoquée…
je l'ai bien compris, et c'est ce que j'admire aujourd hui,
cependant, je ne m'interdit pas de poser la question...ni d'apprecier la réponse...
petrushka a écrit
Ce sont les journalistes qui souvent refusent de rester des enfants émerveillés et qui veulent donner à leurs articles un ton plus sérieux …
je ne vois pas les choses comme cela, pour moi il font leur boulot de journalistes.
Pourquoi l'oeuvre de Roger Leloup ne s'etudierait pas avec autant de serieux que celle d'Hergé?
petrushka a écrit
Mais soyons sérieux… Comment peut-on imaginer qu’un auteur quel qu’il soit puisse imaginer qu’il est l’amant d’un personnage de papier … Celui qui pose cette question en rêve peut-être !… Mais ce n’est pas ce rêve là que Yoko veut transmettre.
disons que moi aussi,
j'ai trouvé la question gonflée sur le coup,
puis je me suis dit :
au moins elle a le merite d etre posée
( c est meme ma façon de faire parfois, j'ai honte)
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Ceci, ci-dessous, est une curiosité (un fossile impossible pour se casser la tête sur le darwinisme?
): c'est une citation de citation:
Malko10 a écrit [quote=Petrushka]Ce sont les journalistes qui souvent refusent de rester des enfants émerveillés et qui veulent donner à leurs articles un ton plus sérieux …
je ne vois pas les choses comme cela, pour moi il font leur boulot de journalistes.
Pourquoi l'oeuvre de Roger Leloup ne s'etudierait pas avec autant de serieux que celle d'Hergé?
Joli, non?
Bon, maintenant sur le fond: je vous donne raison à tous deux, en somme...
En effet, le boulot d'un journaliste à partir du moment où il s'inscrit dans quelque-chose qui ressemble de près ou de loin à de la critique d'art, c'est à la fois d'analyser et de donner un jugement. D'ailleurs il est heureux qu'il y ait encore des gens pour le faire, parce que ce que le grand public va appeler un journaliste, de nos jours, si c'est un présentateur de télé... Aïe aïe aïe! Certains sont censés être journalistes et en fait, ils ne font que participer au rôle promotionnel des interviews d'artistes. Merci mille fois à Roger Leloup de ne pas se livrer à cette mascarade.
Emilia nous dit que les journalistes "refusent de rester des enfants" et Malko nous dit que c'est leur boulot, d'accord. Mais je vous rappelle qu'il s'agit quand-même de la place de la sexualité et tout le bazar. Je peux me tromper mais j'ai l'impression que vous associez, comme une réalité, la maturité intellectuelle et l'évocation de la sexualité. Je sais bien que vous le faites avec un certain fatalisme, mais c'est dommage. À mon humble avis, être amateur d'art (condition préallable à toute ambition critique), c'est la juste combinaison entre l'âme contemplative, le regard toujours neuf et jamais blasé d'un enfant, et les connaissances, le goût formé et la puissance d'analyse d'un adulte. Si donc des journalistes sont restés bloqués dans cet état intermédiaire que je décrivais dans mon modèle "théorique" de parcours du lecteur, ce stade où l'on pense être plus subtil et plus "adulte" parce que tout à coup on introduit la sexualité partout, ce stade qui ne sert qu'à être dépassé, cet équivalent, dans la formation du goût, de l'âge pipi-caca dans la croissance d'une future tête bien faite, c'est qu'il y a vraiment un problème.
Alors, oui le journaliste fait son métier en grattant tout ce qu'il peut au delà de la lecture littérale et en posant des questions. Mais en ramenant maladroitement la sexualité dans un ouvrage qui manifestement n'en a rien à faire, il prouve qu'en fait de compréhension de l'oeuvre, il applique une grille d'évaluation inconsciemment systématique dans laquelle il y a écrit, parmi les conditions réputées constitutives d'une lecture "adulte": "Ne pas oublier de poser la question de la sexualité". C'est évidemment là un raisonnement par l'absurde, puisque je ne me fonde que sur ce que l'on pourrait tirer de votre débat. Mais si un tel journalisme se pratiquait, il faudrait reconnaitre que ce serait là un bien piètre journalisme.
Au demeurant, si je vous en crois tous les deux, il me semble que des maladresses se sont glissées dans cet ouvrage. Mais comme de toutes façons ce qui est fait n'est plus à faire, il me semble que la bonne formule n'aurait pas été que Roger Leloup surveillât ce qui allait être publié, mais qu'il eût manifesté, dans le corps même de l'entretien, son désintérêt de certaines questions et son désaccord sur l'emploi de certains termes. Et du reste, je l'en excuse bien volontiers, sachant qu'on ne pense pas toujours à tout au bon moment. Mes quelques expériences face à des journalistes m'ont montré une mauvaise image, des gens qui ont tendance à presser les réponses, à poser des questions stéréotypées, à proposer des alternatives binaires, à exiger des réponses schématiques et, une fois votre tour passé, à vous résumer d'une façon outrancière. Sans compter le pouvoir que le journaliste a de couper votre propos pour lui faire dire volontairement ou non quelque-chose de moins nuancé voire de différent de ce que vous vouliez dire. L'exercice de l'interview n'est pas le truc le plus intéressant, donc, à mon avis, et ce n'est pas celui qui nous en apprend le plus.
Moi, j'adresse tous mes encouragements à M. Leloup s'il doit de nouveau se plier à cet exercice qui, finalement, a plus tendance à créer des simplifications outrancières qu'à nous en apprendre. Je pense qu'on en apprendrait bien plus si les journalistes interrogeaient les gens par écrit.
-Edité le: Mardi 7 février 2006 à 23:51 par Hallberg-

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
