C'est une question qu'on peut se poser. J'aimerais bien connaître l'avis du public nippon gavé de mangas au sujet de cette jeune héroïne? Après tout, ce n'est pas tous les jours qu'un auteur de BD européenne vient leur faire autant de lèche avec un personnage d'extrême-orient! existe-t-il un site ou des articles en langue nipponne au sujet de Yoko? Avez-vous des strips en idéogrammes?
@++
Fred Belmont
Nous venons de votre futur!
Selon mes connaissances, elle est tout a fait inconnu en Asie. Il y a 2 ans, j'avais une amie japonaise venue étudier le francais a Montreal. A ma grande "joie", elle s'appellais Yoko. Je n'ai pu faire autrement que de lui présenter la collection. Elle n'en avait jamais entendu parler avant. J'ai un ami actuellement au Japon, je lui demande de faire la recherche, il peu également couvrir les sites internet en japonais, il regardera. La réponse pour bientot.
Sopid, encore en vie!
elle est totalement inconnue au Japon, surtout que ses aventures n'ont jamais été traduites en Japonnais !
c'est comme Lucky Luke qui est inconnu au USA, Yoko ça reste de la BD francophone ultra-classique, donc ça sort peu de la zone france-bénélux
Et c'est bien dommage je trouve .............
Comme quoi, nul n'est prophète en son pays!
Fred Belmont
Nous venons de votre futur!
Difficile d'avancer une explication sans sembler aussitôt assassin pour nos amis nippons. Il est possible tout simplement que le style graphique de Leloup soit aux antipodes de leur propre conception de la BD et du dessin en général. Mais peut être ne se soucient ils pas non plus beaucoup des "gaijin" (étrangers) et que les hommages qu'on peut leur rendre les indiffèrent. D'ailleurs Yoko a pris le parti de vivre hors du Japon, et est devenue partiellement européenne (ainsi, ses deux plus proches acolytes sont des "blancs"). Il est possible qu'ils ont bien du mal à considérer qu'il s'agit vraiment d'une des leurs. En fait, je parle du japonais en général, pas pris individuellement (on trouvera toujours "son" japonais, curieux, ouvert aux influences étrangères, cosmopolite).
Je le déplore moi aussi, d'autant plus que Yoko constitue un "pont" entre l'Europe et l'Asie, et c'est elle qui m'a rendu plus curieux envers la civilisation japonaise. Mais la notion tant ressassée de "village planétaire" vaut actuellement d'abord pour l'économie, les liens de communications techniques, et des voyages à l'étranger pour peu de temps, ce qui évite de s'impliquer dans la compréhension des autres cultures. Au niveau des mentalités du plus grand nombre, il y a encore du travail.
Ce n'est point la valeur des choses qui a de l'importance, mais celle que le coeur leur attribue.
J'ai lu à ce sujet une interview de Roger Leloup sur amazon.fr
L'interview complète est disponible sur cette page.
L'extrait en question:
amazon.fr: Yoko Tsuno est électronicienne, plutôt tournée vers l'électromécanique que vers l'informatique. Quand vous l'avez créée en 1970, c'était une excellente anticipation sur la place que prendrait l'électronique dans notre vie d'aujourd'hui. Mais n'était-ce pas aussi une vision un peu idéalisée du Japon contredite maintenant par ce que les adolescents connaissent du Japon en lisant les mangas ?
R. Leloup: Vous voulez dire que Yoko est une image naïve de la Japonaise ? D'abord Yoko est une Japonaise qui a quitté le Japon et qui vit en Europe, comme une Européenne. Un jour, une télé japonaise est venue filmer chez moi parce que j'étais un des rares Européens à montrer dans mes BD une image du Japon d'une façon qui n'était pas négative. Ils disaient que Yoko était exactement ce qui faisait peur aux Japonais : une femme intelligente, indépendante, pleine d'autorité. Je suis allé au Japon, mais davantage en Chine et à Hong Kong. Yoko Tsuno est informaticienne, certes, mais si elle ne pianote pas à chaque instant sur des ordinateurs, pour aller sur Internet par exemple, c'est parce que ce n'est pas très spectaculaire au niveau de l'image. Cela deviendrait vite limité à une succession d'écrans. Techniquement d'ailleurs, les Vinéens sont bien au-delà de ces niveaux technologiques. Les qualités d'informaticienne de Yoko lui permettent de comprendre comment fonctionnent les choses. Elle n'est donc pas désarçonnée par les événements. Quant aux mangas japonais, c'est une façon de s'exprimer qui est totalement différente de la nôtre et l'on ne peut pas comparer.
La violence est le dernier refuge de l'incompétence.