On-t-ils fait la reconstruction car Roger l'a dessiné, comme un hommage?
«Les anges existent, mais parfois, ils n'ont pas d'ailes nous les appelons alors les amis.»
Laura G.
Longue vie à Yoko, ses amis et Roger Leloup.
Ah mais alors voilà la solution de l'histoire de la grue. Pour ma part je me souviens avoir vu une reconstitution en centre-ville au début des années 2000, et j'ai cru que celle que nous avions photographiée était la même, déplacée.
L'emplacement de la grue, actuellement, est assez peu valorisant, c'est bien dommage. On voit des machines de ce type dans de nombreuses sources iconographiques et je reste persuadé que les visiteurs apprécieraient, dans le centre-ville, sur les quais, de voir une évocation de cet élément caractéristique d'une ville portuaire et marchande de la fin du moyen-âge... En tous cas nous avons été bien contents de la voir, même si elle est trop petite !

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Merci à vous cinq pour ce reportage dans les pas de Yoko Tsuno... Je l'ai fait en son temps ce voyage à Bruges avec l'album à la main mais sans appareil photo ! La bande dessinée sublime à mon sens toutes les images pittoresques de cette ville sompteuse...
On pourra seulement regretter le côté 'bling-bling" des boutiques en centre ville... Tourisme aidant !
Edité dimanche 05 juillet 2009 : 11:08 par cehel2
"Les enfants sont comme les marins : où que se portent leurs yeux, partout c'est l'immense."
(Christian Bobin)
En effet, que souhaiter pour cette ville au caractère unique et insaisissable ? Après tout, pour le XIXe siècle, c'était "Bruges la morte", ville fossilisée. Lors de ma première visite, c'était un jour brumeux d'hiver et j'avais ressenti les choses différemment. Cette ville sortait d'un rêve, d'un lointain passé. Outre "L'astrologue", et avant le roman un peu introverti de Roddenbach, c'est surtout l'opéra de Korngold que j'ai souvent en tête et qui, pour le coup, s'incarnait : la ville comme un théâtre, la lumière des réverbères était magique dans ce halo. Il me semblait à tout moment qu'une apparition allait avoir lieu - puis nous sommes rentrés dans un bon restaurant, et là, la chaleur de la voûte de pierre avait aussi quelque-chose qui semblait avoir traversé les siècles, comme un souvenir inconscient d'époques que nous n'avons pourtant pas vécues.
Quand nous y sommes retournés avec la petite famille, c'était bien différent. Tout n'était que couleurs. Alors oui, c'est un peu piège à touristes ; mais nous étions là pour nous faire plaisir et nous ne l'avons pas boudé. La dentelle de briques se montrait dans toute sa finesse sous le soleil de juillet, tout ressemblait tellement aux pages de l'album... L'artifice de tout l'attirail commercial nous importait peu, je crois, car le bruit et la cohue animaient les rues et les quais, un peu comme on imagine la foule chamarrée de la grande époque.
Cette ville tout entière est une apparition. Elle semble appartenir mystérieusement à nos souvenirs, à notre enfance, même si nous n'y avons jamais vécu, même si elle nous parle des siècles passés. C'est l'endroit où nos pas nous conduisent peut-être quand, après ces bonheurs et malheurs intenses que la vie peut nous réserver, la nostalgie ressurgit avec ses images mystérieuses. Ai-je vu Bruges, ou l'ai-je rêvée ? N'est-ce pas la même chose ?

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Peut-être suis-je trop habituée au côté "bling bling" que je n'y fais plus trop attention (sauf si c'est vraiment ostensible évidemment), mais je n'ai pas trop ressenti les effets néfastes du tourisme à Bruges. Bien sur il y en a... sauf que je n'ai pas trouvé ça trop choquant.
Ou alors, j'ai été emporté par la magie de la ville au point de faire abstraction de ses défauts, possible aussi.
J'aimerais beaucoup visiter Bruges en hiver, avec de la Brume... ça doit être féérique (en bonne Norvégienne d'adoption, les conditions extrêmes ne me font pas peur)... se promener avec de la brume le long des canaux, en voyant à peine la dentelle de briques... Ca donne envie!
Pour te répondre Hall, je crois que voir Bruges, c'est entrer dans un rêve... On marche sans trop savoir si ce qu'on voit vient d'un songe ou de la réalité, si l'on rêve debout ou si nos yeux ne nous trahissent pas.
J'ai aimé le contraste qu'offrait le Béguinage : à l'extérieur, un brouhaha immense, une foule de personne et de la musique... à l'intérieur, tout devient calme comme si notre esprit supprimait le bruit pour nous permettre d'apprécier le cadre qui s'offrait à nous... Pourtant, une simple porte (ouverte qui plus est) sépare les deux mondes...
Ca me donne envie d'y retourner!
Mama Pearl : la maman fantôme officielle!
Ne pense qu'à tes rêves.. les bétises des autres ne les terniront pas..
(Emilia)
C'est sûr que la ville à un coté magique. Par moment on en oublie presque le monde moderne qui nous entoure. Malheureusement, la réalité fini toujours par nous rattraper, mais en attendant, on en a bien profité.
Je crois que Bruges restera pour Pearl et moi un endroit féérique, quoi qu'il arrive.

Membre de :
"Ceux qui y sont arrivés 2 fois"

Pas que pour vous, d'ailleurs.
(je réclame aussi ma part de chocolat, ayant participé aux photos).
Bruges a pour moi été une vraie découverte. Un lieu magique, effectivement. Les magasins ne m'ont absolument pas gênée. D'abord, j'ai beaucoup apprécié de trouver des chocolatiers à tous les coins de rue, ça aide beaucoup pour faire ses achats.
Blague à part, j'ai trouvé que Bruges avait su profiter de ses atouts sans faire "trop" dans l'attrape-touriste, comme on peut le voir ailleurs. Bien sûr, nous n'avons pas visité toute la ville, mais en trois jours, nous avons pas mal circulé, et j'ai trouvé la ville comme je m'attendais à la trouver (du point de vue touristique, magasins et restaurants), et bien plus encore, du point de vue de la ville elle-même.
Je ne manie pas aussi bien la langue que Hall pour décrire ce que j'y ai vécu, mais les souvenirs sont incroyables.
On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.
Nous ferais-tu quand-même un petit rapport de Rothenburg ?

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Ah oui, un petit rapport sur Rothenburg Ob Der Tauber s'impose... Le sujet est ouvert à tous 
Edité jeudi 09 juillet 2009 : 21:09 par Pearl of Light
Mama Pearl : la maman fantôme officielle!
Ne pense qu'à tes rêves.. les bétises des autres ne les terniront pas..
(Emilia)
Sans vouloir prendre la parole à votre découverte de Rothenburg et juste pour situer historiquement la ville, voici un texte tiré de l'album grand format de la Frontière de la Vie...
Ingrid
ROTHENBURG OB DER TAUBER
La petite ville de Rothenburg se drape dans ses remparts en dominant le cours sinueux de la Tauber... Ses rues pavées bordées d’anciennes demeures aux allures intactes 16ème siècle, ses fontaines publiques, ses auberges à colombages aux enseignes évocatrices, ses maisons gothiques et ses remparts flanqués d’imposantes tours rectangulaires plongent d’emblée le visiteur dans une ambiance historique que l’on aurait reconstituée pour tourner un film d’époque… à la seule différence que tout y est réel et habité…
Le soir, la féérie des projecteurs restitue à la ville un air d’irréalité onirique… Mais dès que tout s’éteint et que la brume estompe ruelles et maisons, on pourrait prétendre y voir glisser fantômes et vampires, sortis des plus noires légendes…
La ville florissante et passée au protestantisme, échappa de justesse à la folie destructrice de la guerre de trente ans qui vit les armées impériales commandées par le Maréchal Tilly se présenter à ses portes … Ce fut l’effroi ! Comment résister à l’homme dont les troupes avaient en 1631 mis à sac et à feu la ville de Magdeburg en y faisant vingt mille morts…
Tilly est bien décidé, malgré les supplications des habitants, à raser la ville… Alors, pour l’amadouer, , on lui offre une coupe du meilleur vin du pays… Et le miracle se produit… Le terrible Maréchal consent à épargner la ville si l’un des ses notables avale d’un trait un hanap (3litres ¼) de ce vin… Le bourgmestre de l’époque releve le défi et réussit l’exploit… La ville est épargnée … Nul doute que d’autres tractations se firent en coulisse mais ne ternissons pas la légende…
Cette prise de la ville par les troupes catholiques impériales fit perdre à Rothenburg son statut de ville franche et la ramena au rang de marché local… Elle végéta les deux siècles qui suivirent et l’appauvrissement de ses habitants ne leur permit pas de mettre façades et maisons au goût du jour ni d’étendre la ville en débordant de ses murailles… Des dispositions de protection officielle prises au 19è amenèrent cet héritage intact jusqu’à nos jours… Mais ce bombardement inutile du 31 mars 1945, a nécessité de difficiles et coûteuses restaurations…
De nos jours, Rothenburg resplendissante témoigne de son époque … Un bel écrin pour une plongée dans le passée ou comme décor d’une histoire…
Edité jeudi 09 juillet 2009 : 23:41 par Lorelei (Ingrid)
Le vent fait onduler la flamme de l'amitié...Mais jamais n'en ternit la clarté...
Ingrid, tu sais, tu es la bienvenue ici... c'est aussi ta présence dans les Aventures Allemandes qui ont influencé nos escales dans les contrées germaniques.
J'ignore si Gobol acceptera de nous faire un petit compte-rendu de son voyage à Rothenburg (je pense que oui, même si ça ne se fera pas tout de suite pour des raisons de temps), mais en te lisant, j'ai revu à la fois la Frontière de la Vie, les photos de Maman Bleue et ses explications. Pourtant, je n'ai pas encore mis les pieds dans cette très jolie ville. Merci pour cette très jolie introduction de Rothenburg (qui a tout à fait sa place ici je t'assure).
De mon côté, je posterai la semaine prochaine le petit travail comparatif de Cologne, du chateau d'Eltz, de Saint Goar (où malheureusement, on ne t'a pas trouvé... tu devais être en concert) et de la Vallée du Rhin, en références à l'Orgue du Diable, le Feu de Wotan et l'Or du Rhin.
Donc tu vois, on va parler d'endroits que tu connais bien... et crois-moi, si on a aimé ces histoires et ces endroits, c'est aussi grâce à ta présence (Je pense que Hall n'ira pas me contredire!!).
Mama Pearl : la maman fantôme officielle!
Ne pense qu'à tes rêves.. les bétises des autres ne les terniront pas..
(Emilia)
Contredire, pas exactement, mais c'est pas la même chose pour tout le monde. Moi je suis (re) tombé dans la potion magique de façon définitive parce que j'ai vu ça en 1993 sur la couverture de l'Or du Rhin. Le hasard veut que s'il m'est arrivé de passer en coup de vent à Cologne où j'ai des connaissances, je n'ai pas refait l'excursion sur le Rhin depuis. Naturellement, il est probable que maintenant, ma vision serait très différente. L'avantage de l'avoir vue enfant, c'est que par la suite ces souvenirs se sont embellis des livres, films, opéras, tableaux, photographies, etc, que j'ai découvert ensuite, et que même sans y retourner, ces lieux n'ont pas quitté mon univers intérieur.
Nous n'avons pas encore réussi, depuis presque un an maintenant, à nous trouver quelques jours en commun pour faire une petite sortie, mais ce n'est que partie remise car les uns et les autres sont allés reconnaître le terrain. Merci à eux.
Ce qui me frappe, c'est le destin qui est souvent celui de ces endroits préservés qui doivent leur authenticité au fait d'avoir sombré dans l'oubli et l'immobilisme pendant un certain temps, avant que l'intérêt pour le patrimoine ne les fasse redécouvrir, ce qui est aussi d'une certaine façon le cas de Bruges. Il est tout de même des cas où les inconvénients du côté touristique sont compensés par la belle histoire, celle d'un petit coin de province mélancolique qui retrouve des couleurs et de la vie.
Quant aux bombardements... Je doute qu'il ait été une seule fois dans l'histoire moralement justifiable de taper sur les civils. Dans l'histoire contemporaine, Dieu merci le goût du politiquement correct est suffisamment passé pour qu'il soit de nouveau permis de reconnaître que cette doctrine absurde consistant à croire qu'en harcelant les innocents on peut les pousser à se dresser contre leur gouvernement (cas du Blitz sur Londres puis des bombardements sur les villes allemandes) est un aveuglement aussi criminel qu'inefficace. À mon sens, des livres comme "La frontière de la vie" (et bien d'autres) restent indispensables, car même quand "tout est bien qui finit bien", le visage de l'Europe d'aujourd'hui ne doit pas faire oublier que des larmes ont été versées - et que nous devons beaucoup à des personnes qui comme le Dr Schultz ont transformé le désespoir des années sombres en énergie vitale. Ceci me semble d'autant plus indispensable que les générations qui ont versé ces larmes ne sont pas éternelles. Si dans cinquante ans, un lecteur est toujours ému par le destin de Magda ou d'autres destins aussi riches de sens dans la fiction ou dans la réalité, je crois que nous aurons beaucoup avancé.
(C'était mon auto thérapie verbale du jour, pardon)

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Soit assurée, Ingrid que tu as ta place partout.
«Les anges existent, mais parfois, ils n'ont pas d'ailes nous les appelons alors les amis.»
Laura G.
Longue vie à Yoko, ses amis et Roger Leloup.

