Je crois que cela a déjà été souligné, mais il y a des références à l'oeuvre de Richard Wagner dans celle de Leloup. Tout d'abord il est question de "crépuscule des dieux" dans la Lumière d'Ixo, puis il y a le Feu de Wotan, enfin on a droit carrément à l'Or du Rhin, qui comme on le sait, n'est pas un opéra mais un train... A quand Yoko à Bayreuth ou à Venise, sur les traces des dernières heures du maître ? On pourrait par exemple inventer une histoire à propos d'une arme utilisant le son... Bon, je sais cela a déjà été fait dans l'Orgue du diable, mais le thème n'est, à mon avis, pas pour autant épuisé.
Mais c'est une arme! Connais-tu la caricature de Wagner tortionnaire, martyrisant une oreille gigantesque à grands coups de marteau, ou celle de Berlioz mettant en fuite un public terrorisé avec une symphonie à vapeur? 
Reste que ce serait dommage de coller une fois de plus à Wagner l'image de compositeur cinglé...
C'est dans la Tétralogie que Leloup va chercher des références, c'est-à-dire dans des pièces qui sont basées sur la mythologie germanique. Il n'y a rien, je crois, sur celles qui ont une source judéo-chrétienne (Parsifal, Lohengrin...). Reste que le dragon qui fait des dégats sur le rivage, ce n'est plus Wagner, c'est Rameau (Dardanus, mais ça ne se passe pas à Hong-Kong) 
J'aimerais bien que Leloup soit metteur en scène lyrique. Quand j'ai vu pour la première fois la couverture de "La Proie et l'Ombre" j'ai cru un instant que c'était La Dame Blanche... 

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Oui, je connaissais cette caricature, mais ce n'est pas l'image qui me vient en premier quand je pense à Wagner...
Je vois bien Leloup monter des opéras. C'est à propos de Jacobs, je crois, que l'on a parlé d'opéras de la B.D., mais je crois que l'épithète collerait bien à notre auteur.
"La Vie Parisienne"! Il aurait l'occasion de dessiner un train! Pour Le Vaisseau Fantôme, Kazuki prêterait une fusée à tornades...
J'ai vu un ballet, Roméo et Juliette de Prokofiev, dans un décor de Bilal, et quand on sait que François Schuitten décore des stations de métro, on peut rêver...
Je crois que c'est un biographe de Jacobs qui avait écrit: "un opéra de papier" car Jacobs avait été chanteur. Si on arrive pas à en faire un film (voir le sujet concerné), on ferait peut-être effectivement un opéra. Je vois bien Le trio de l'étrange: Karpan dialoguerait avec une voix sépulcrale venant des coulisses...

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
jacobs adorait l'opéra,Hergé le détestait. Quid de Leloup? Pour ma part l'orgue du diable ou la proie et l'ombre me font penser plutot à un film de la Hammer qu'à un opéra:
Ce monde est froid et cruel. Nous n'y trouverons que l'amour que nous y mettrons.
Il y a quelques décennies, on faisait des mises en scène d'opéra qui faisaient penser à des films de la Hammer...
Orfeo de Monteverdi par J.P.Ponnelle, avec Pluton au tein verdâtre et au costume façon méchant des Power-Rangers, qui rencontrait Orphée, toge impeccable et sandales dorées, tout droit sorti de "Maciste aux enfers"...
Pour l'Orgue du Diable, Leloup n'a pas pu s'empêcher de faire le coup de la chauve-souris... 

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Wagner n'est pas le seul inspirateur de Leloup semblerait il. "La frontière de la vie" a été créé dans l'esprit du quatuor de Schubert "La jeune fille et la Mort" (c'est lui qui le dit). Schubert ne m'accroche pas (je préfère Wagner), je peux seulement entrevoir qu'il y a bien concordance des thèmes.
Ceci dit, la musique de Wagner, très spectaculaire, peut répondre en écho à certains thèmes eux même très spectaculaires de l'oeuvre de Leloup (menaces planétaires, cataclysmes, typhons, éruptions volcaniques et savants géniaux mais malveillants). Mais alors j'espère qu'en cas d'une adaptation cinématographique (avec des personnages réels, qui sait ?) des musiciens paresseux ne se contenteront pas de s'arrêter à "La chevauchée des Walkyries" (archi-connue depuis "Apocalypse Now") 
D'ailleurs, s'agissant de l'intérêt de Leloup pour la musique classique (et pas seulement l'opéra), vous aurez remarqué qu'Ingrid est organiste. Elle ne doit pas souvent jouer "Siegfried" ! 
Ce n'est point la valeur des choses qui a de l'importance, mais celle que le coeur leur attribue.
Ingrid pourrait très bien jouer Wagner car il existe de nombreuses transcriptions pour orgue (de Liszt à Karg-Elert) dont certaines sont excellentes, y compris des transcriptions du Ring. Outre la Chevauchée des Walkyries, je me souviens d'avoir entendu à l'orgue de Roquevaire une Marche funèbre de Siegfried d'un effet foudroyant !
Oui, mais ce ne sont que des transcriptions...
Et les grands organistes préfèrent généralement les oeuvres originales, de même que les fans de BD n'aiment pas beaucoup les dessins animés tirés de leurs oeuvres favorites !
Dans une transcription, on perd forcément quelque chose...
La violence est le dernier refuge de l'incompétence.
Il est vrai que la transcription ne remplace pas l'original, mais elle peut apporter un angle intéressant. Lorsque vous entendrez "Träume" ou le prélude de Parsifal dans la version Karg-Elert, je suis sûr que vous serez de mon avis. A propos des dessins animés, vous avez certainement raison, car on perd généralement en poésie ce que l'on gagne en réalisme. Ainsi un dessin animé sur notre chère Yoko aurait toutes les chances de nous décevoir, mais s'il est bien fait... pourquoi pas ?
Personnellement, j'aime beaucoup l'orgue (je suis organiste moi-même), et j'ai effectivement du Wagner à l'orgue dans ma CD-thèque (la chevauchée des Walkyries).
Bien que magistralement interprêtée, je préfère néanmoins la version originale avec tout l'orchestre.
Mais tu as raison: ça apporte une autre dimension. Une nouvelle approche de l'oeuvre.
La violence est le dernier refuge de l'incompétence.
Quand j'ai eu l'occasion d'entendre des transcriptions pour piano, je suis resté sur ma faim. J'ai un peu l'impression qu'il n'y a que l'interprète qui s'amuse, et qu'en qualité d'auditeur, on se sent privé du travail de Wagner sur les timbres et sur la voix, et surtout de l'élément théatral. Mais mon lourd passé de baroqueux fait que ma culture pianistique est faiblarde! 
Les transcriptions pour orgue, je demande à entendre. Si quelqu'un pouvait en profiter pour nous conseiller un bon enregistrement ici-même...
P.S. C'est sympa d'accueillir un organiste sur ce forum. En ce moment je travaille régulièrement avec un organiste et ça me donne presque envie de m'y mettre... 

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
'ttention, chuis pas non plus un virtuose...
j'ai fait plusieurs années de piano, mais l'orgue me démangeait de partout, d'autant plus qu'un cousin à moi est également organiste, et je trouve qu'on peut s'éclater plus avec un orgue : on peut faire un boucan de tous les "diables" (même sans émettre d'infra-sons
)
Alors depuis 2 ans, j'ai franchi le pas, et je prends des cours d'orgue. Contrairement à ce que je pensais, le fait d'avoir fait du piano avant n'aide pas beaucoup. Certes, ça reste du clavier, mais le toucher est TOTALEMENT différent, donc la façon de jouer s'en ressent...
Au piano, on fait des grands gestes, on a les mains qui volent comme si on voulait faire du vent. A l'orgue, les doigts doivent restés scotchés sur le clavier. Mon prof a dû commencer par m'apprendre à jouer sans bouger. Ca ne sert à rien de faire des grands gestes. On peut effleurer la touche ou la fracasser au marteau-pilon, à l'orgue on obtiendra rigoureusement le même son, alors qu'au piano, le volume est proportionnel à l'intensité du geste...
Par contre, l'aspect "registration" était quelque chose de parfaitement inconnu pour moi... Avec le piano, j'ai ma partoche, je m'assois, je joue.
Avec l'orgue, il faut déjà passer une demi-heure à analyser le morceau, l'époque du compositeur, son pays d'origine, le style et la facture de l'orgue sur lequel on joue, etc. avant de choisir quelle sera la registration la plus adaptée au morceau en question en fonction de l'orgue...
J'ai la chance d'avoir un prof qui a un trousseau de clefs d'églises bien fourni, donc j'ai pu jouer sur différents types d'instruments (sachant que "le mien" est de type "baroque français"), et effectivement, quand on change d'orgue, on ne sait plus rien jouer...
Bon, allez, j'arrête de vous gaver avec ça...
Mais quand j'y vais un soir où l'église est vide et que je me fais un petit délire à fond plein jeux, je vous assure que je m'éclate d'enfer, si on peut dire ça dans une église
)
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