Les tenues jaune et rouge... Facilité? Je ne pense pas... Au delà de la convention stylistique, le travail de l'auteur est ici de renouveller en permanence l'intérêt pour les personnages, sans aucun artifice - pas même un changement de tenue qui ferait lever un sourcil. Il y a un recentrage pratiquement hergéen sur le coeur de la narration dans le sens d'une lisibilité "ligne claire" (qui n'est pas qu'une norme graphique, mais aussi un principe narratif), si j'ose faire cette comparaison toute théorique.
Dans le code de lecture auquel Yoko nous a désormais habitués (et qui n'était certes pas celui des premiers volumes), les changements de tenue non strictement induits par l'intrigue sont souvent l'appanage des personnages de premier plan. Alors évidemment, porter un regard particulier sur Pol et Vic revient un peu à souhaiter qu'ils reprennent un rôle plus actif, mais avouons que ceci est une préoccupation toute différente.
Point intéressant du reste même si légèrement hors-sujet: les personnages sympathiques s'accumulent au point qu'il y a désormais confrontation entre deux envies: celle de pas mal d'entre-nous, impatients de retrouver tel ou tel ami de papier au plus haut de sa forme, et celle qui doit probablement être celle de l'auteur, à savoir la nécessité de faire de nouveaux récits lisibles. Or ça n'a rien évident sans risquer l'effet "catalogue" ou "figurants".
Pour cette raison, il y a deux niveaux d'approche. Il y a ce que nécessite l'appareil narratif (entre les mains de l'auteur), et qu'il est inutile de rappeler, et cette façon d'appréhender les choses qui est propre aux seuls lecteurs particulièrement attentifs. Cette dernière lecture, faite d'exigence et d'affection, consiste souvent effectivement à prendre les personnages comme de vieux amis et à souhaiter des choses totalement déconnectées de la stricte nécessité de conduire un récit: qu'ils soient habillés autrement, qu'ils se fassent remarquer ou simplement... qu'on les revoie... Attitude probablement marginale mais très logiquement courante dans notre cercle, et qui n'a certes pas à se justifier, pas plus qu'elle n'a à avoir de fonction injonctive vis-à-vis de l'auteur. D'ailleurs c'est une fierté locale... Je pense qu'un observateur extérieur trouverait l'échange futile (quand je vois par exemple le nombre de lignes que ça m'a fait pondre ces derniers jours alors que le sujet ne m'intéresse pas particulièrement, en théorie), mais ici, ça peut avoir lieu...


Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Pour d'autres commentaires sur ce sujet, voir le lien suivant:
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Tiens, dites-nous donc quelles sont les tenues vestimentaires que vous aimez le plus dans les Yoko Tsuno et, évidemment, en nous disant pourquoi.
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
Je pense l'avoir déjà dit ailleurs, mais je vais tenter d'approfondir, si nécessaire en me contredisant parce que c'est la loi nécessaire de l'évolution du goût 
Sous sa futilité apparente, cette question me semble être une vraie question critique.
Avant toute chose, je crois qu'un questionnement à ce sujet s'appuie sur deux appréciations complémentaires et méthodologiquement légérement différentes.
D'une part, le goût vestimentaire proprement-dit, touchant à l'appréciation esthétique personnelle des vêtements.
D'autre-part, les enjeux littéraires du costume (sa place dans la narration, dans la formation du style, principalement).
La réunion s'opère par le traitement graphique du costume, qui fait du costume proprement-dit un élément de narration et de style.
Pour moi, ce seront, comme l'autre fois je crois, les costumes historiques de "L'Astrologue" et de "La Jonque", et en particulier les robes portées par Yoko.
Le premier point sera le plus rapide dans mon cas. Le costume médiéval ou renaissant (dans les exemples en question) est une grammaire décorative, ornementale. Franchement, la sobriété relative du vêtement contemporain, si elle nous propose un moyen d'identification (quand Yoko et les autres le portent et que nous pourrions en faire autant), n'ouvre pas de la même façon la porte de l'imaginaire, ni du plaisir strictement contemplatif.
Alors tout simplement, le costume historique est celui que je pourrais imaginer avoir envie de porter si j'étais dans les mêmes circonstances, si je pouvais voyager dans le temps (j'y prendrais un grand plaisir); ou dans le succédané modeste mais passionnant quand-même que peut être la scène théâtrale. J'ai horreur du déguisement au sens carnavalesque ou bal masqué du terme et je m'intéresse peu à la mode, mais je costume de scène ou historique est quelque-chose qui me parle immédiatement, parce qu'il obéït à un contexte et qu'il suscite l'évasion.
Quant au seul plaisir des yeux, je ne vous fais pas un dessin, j'ai des goûts rétro, et voir les vêtements de styles historiques portés par Yoko par exemple, ou par des comédiens, c'est quelque-chose d'infiniment supérieur à les voir dans une vitrine de musée.
Ce que je qualifie d'enjeu littéraire est très proche. Ces costumes sont ceux de la théâtralité, ici dans le sens suivant: apparition temporaire, mise en scène consistant à susciter une fiction devant raconter et convaincre, représentation condensée de passions et d'émois par le biais d'une expressivité exacerbée.
Les aventures de Yoko, pour moi, sont théâtrales, ne serait-ce que par la forme. Ce style assez traditionnel de bande dessinée impose le cadre rectangulaire comme le cadre de scène et la complémentarité permanente entre le geste, le contexte et la parole.
Encore plus, le voyage temporel est un théâtre dans le théâtre.
La robe portée par Yoko (comme les autres costumes des protagonistes, issus d'ailleurs d'une réserve de costumes d'acteurs) est un costume théâtral, accessoire préallable à son entrée en scène. Cette entrée en scène est le passage du hic et nunc à un autre monde: dans le théâtre, du réel à la fiction; dans le voyage temporel, du "présent" au "passé". L'enjeu est exactement le même: le costume vise à apparaître de façon crédible et cohérente dans un décor et dans un contexte; il transmet une information immédiate (ici, par exemple, le rang social: Rosée sera décrite comme une princesse, Monya comme une dame de compagnie).
L'on pourrait pousser très loin la méthaphore théâtrale. Les protagonistes contemporains entrent en scène dans le tonnerre et les éclairs, avec une fascinante coïncidence entre ces "effets spéciaux de la nature" et la force dramatique de leur arrivée, spectaculaire. Ils arrivent à la façon dont une divinité de l'Olympe ou du Walhalla descendrait sur la terre fictive de la scène.
Dans "La Jonque", l'action de nuit, intégralement à la lumière des lanternes, est éclairée comme une scène où l'éclairage met en valeur les protagonistes. La place occupée par les feux d'artifice pourraient être les trucages de la scène, et globalement l'aspect cérémoniel est une mise en scène. L'embuscade, jeu sur la dissimulation et l'obscurité, puis sur l'entrée brutale des agresseurs me semble un exemple possible; mais bien plus, c'est une mise en scène, un trucage, un acte éminemment théâtral que Yoko organise avec l'astuce du magnétophone.
La couverture même de "la Jonque" est une scène. L'éclairage? Les lanternes. Le cadre de scène, le plancher? Les rochers de la grotte. L'arrière-plan? La jonque elle-même puis les rochers. La perspective est fermée, l'horizon s'arrrête aux rochers de l'arrière, mais aussi, deux rochers au tout premier plan, encadrant la scène à gauche et à droite, délimitent l'espace scénique. Les personnages, personnages principaux en tête, personnages secondaires et figurants aux plans suivants, s'avancent vers le devant de la scène, mais on devine (voir les marches visibles en bas à droite, ou côté cour devrais-je dire) qu'ils vont effectuer une sortie par le côté cour, à l'avant-scène, vers le monde extérieur.
Les costumes historiques sont ici, à mon sens, une des marques de la théâtralité. Dans ma sensibilité personnelle, le plaisir à contempler des tenues vestimentaires est absolument indissociable de leur pouvoir d'évocation et de leur fonction théâtrale, parce que ceux qui me plaisent immédiatement se trouvent également être ceux qui ont une telle fonction.
Pour compléter la liste, j'y incluerais d'autres costumes emprunts d'une forme de théâtralité. Ce sont également toutes des tenues particulièrement travaillées qui me séduisent simultanément par leur beauté visuelle.
La robe de la mère de Cécilia, portée dans un sens théâtral pour susciter, sinon une illusion, du moins une émotion exacerbée. Dans ce sens les vêtements de Cecilia eux-mêmes sont théâtraux en tant qu'ils sont portés à l'identique par Margaret.
Le manteau de Gobol. Son apparition est théâtrale ou cinématographique dans sa grandiloquence et sa mise en scène (voir aussi la gestuelle de Gobol). Le vocabulaire vestimentaire est proche de la tradition en ce qui concerne la caractérisation des personnages "méchants" d'une certaine prestance.
Le costume sacrificiel de Narki, doublement théâtral en tant que vêtement d'une danseuse, et accessoire d'un culte théâtralisé.
La tenue de kendo du robot Koshi revêtue par Minako.
Edité Mardi 28 août 2007 :13:25 par Hallberg

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
C'est "amusant" que ce sujet remonte, car cette année, mes amis ont décidé d'organiser un réveillon costumé, sur le thème de la BD. Mon choix de costume s'est bien sûr porté sur Yoko et je souhaite réaliser la robe qu'elle porte dans l'astrologue de Bruge.
Je ne suis pas experte en couture, mais mon grand père est tailleur de métier... il pourra me donner un coup de main. Maintenant, il faudrait que je trouve un patron qui s'y rapproche, pour que je dessine celui de la robe de Yoko. Il me faudra aussi trouver le tissus. Je pense à un velours rose ou à défaut rouge, un espèce de tulle blanc pour les manches et du gallon... j'espère pouvoir trouver ce que je veux dans les magasins du coin !
"La terre est bleue comme une orange"
Paul Eluard![]()
"Le chat est entré dans la cage aux lutins"
C'est chouette! tu nous montreras le résultat?
Je me suis remise à la couture cette semaine, puisque je suis en vacances et que le temps est pourri (et aller se les geler sous l'orage pour aller observer des animaux qui sont surement bien au chaud dans leurs tanières ne nous disait pas trop donc on est restés à la maison) ; bien sûr je ne suis pas encore au point pour faire une robe mais je ne désespère pas de savoir un jour coudre convenablement...
***
Fantôme chouette ou chouette fantôme ?
Gütiokipänjä !!!
***
Moi j'aimerais bien voir Pol en jeans noir, bottes et perfecto. Maintenant, je suis pas sûr que ça lui irait ^^
Ne pas changer la tenue vestimentaire d'un personnage de BD (quel qu'il soit) lui donne un côté intemporel. Regardez Tintin, pendant pas mal de temps, il a porté ses fameuses culottes de golf, du coup on a un peu de mal à l'imaginer autrement (ceci dit, dans Tintin et les Picaros on le voit enfin en blue jeans ^^).
Edité Dimanche 2 septembre 2007 :17:28 par Bardamu



petrushka a écrit Avant le 7ème code, Yoko n'avait jamais montré son nombril...
Désolée mais je ne suis pas tout à faire d'accord avec vous, dans le feu de Wotan Yoko est carrement en bikini...mais ce n'est pas le même contexte bien sûr!!!
petrushka a écrit La mode est un éternel recommencement...
Là en revanche je suis franchement d'accord!
Prenons par exemple cette tenue que toutes les filles de mon bahut portent:
T-shirt (avec pois, rayures, grosses ou petites étoiles ou uni) + slim + ballerines ou converses.
Tous ces trucs ont déjà été à la mode!!!
La mode c'est comme ça: ça va et ça vient...rien est nouveau.
Ou presque car il me semble que l'horrible "tecktonic" est une nouveauté.
Je suis sûre à 100% que celà ne serait j'amais venu à l'idée des garçons de porter des T-shirt rose fluo ou encore vert fluo avant que la mode "tecktonic" viennne tout chambouler!!!
Edité Dimanche 18 mai 2008 :17:28 par Hiromi
Un coup de foudre dont je garde des brulures,
telles des blessures qui ne se referment pas...
Mais sais-tu au moins à quel point je t'aime?
Les robes historques sont toutes superbes...
Les tenues vinéennes, je suis sure que ça fera un malheur dans quelques années !! On sera toutes et tous habillés ainsi dans les soirée branchées
. Pis par les temps qui courent, le désintégrateur ne sera pas de refus pour compléter la panoplie (on dirait une grand mama qui parle^^).
J'aime aussi beaucoup les robes offertes par Cécilia... d'ailleurs Émilia, si tu pouvais lui dire que je ne refuserais pas un petit cadeau de sa part...
.
Je ne fais pas spécialement attention à la tenue vestimentaire de Yoko dans la "vie de tous les jours". Elle est en pantalon quand il s'agit d'enfourcher sa moto, en jupe quand il faut rendre visite à des gens...
J'aime bien les tenues vinéennes aussi.
Mais je fais surtout attention aux tenues de quand elle veut se faire belle... Kimono, robe pour un dîner...
Ça me plairait bien à moi aussi au cours d'une soirée déguisée, d'enfiler un des costumes de Yoko Tsuno. mais par contre côté couture ça serait pas super. Je sais tout juste recoudre un bouton !
Les formes qui différencient les êtres importent peu, si leurs pensées s'unissent pour bâtir un univers.
Moi j'aime bien les vêtements de la Chine ancienne. Si cette mode pouvait revenir...
Pour ce qui est de "l'horrible tectonik", la chanson phare est une reprise des années '80 (si ce n'est pas des années '70) et le rose et vert fluo étaient très à la mode aux alentours de 1988. Et non, rien ne s'invente!
M. Leloup, qui a travaillé avec son père en salon de coiffure, en sait quelque chose.
Sopid, encore en vie!
en verité je ne suis pas vraiment tres au point dans ce domaine mais je trouve dommage qu il y est de moin en moin de robe ou de jupe , et cela a cause d'une certaine mentalitée et de la masculanisation des femmes dans notre societe
la musique se fait avec 7 notes,la poésie avec 26
lettres,le bonheur avec rien
ou avec yoko...
euh??? pas moi!!! 
«Les anges existent, mais parfois, ils n'ont pas d'ailes nous les appelons alors les amis.»
Laura G.
Longue vie à Yoko, ses amis et Roger Leloup.
une chance!!!
«Les anges existent, mais parfois, ils n'ont pas d'ailes nous les appelons alors les amis.»
Laura G.
Longue vie à Yoko, ses amis et Roger Leloup.
