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La fête romaine chez Lucterios

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Lucterios
(@lucterios)
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Mais non, mais non, on est déjà de retour !


Fortuna audaces juvat !


   
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al'Lan Mandragoran
(@al-amp-039-lan-mandragoran)
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Ben oui justement, j'ai pas pu venir smileysmiley


Lord of the Seven Towers, Lord of the Lakes, crownless King of the Malkieri.

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Lucterios
(@lucterios)
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Bon si t'es sage on y retournera à moins que le ménage soit fait dans les derniers posts... Mais apparemment, ça tient.smiley


Fortuna audaces juvat !


   
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al'Lan Mandragoran
(@al-amp-039-lan-mandragoran)
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Ouuaaiiiiss !!!!! smileysmileysmileysmileysmileysmileysmiley


Lord of the Seven Towers, Lord of the Lakes, crownless King of the Malkieri.

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Lucterios
(@lucterios)
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Bene ! Bene ! Retournons d'abord au cirque :

Demain on verra si l'on peut se rendre au marché... smiley Mais en cas d'orage, on peut toujours faire une sortie culturelle au forum ou au grand théâtre de Pompée. On peut aller à Pompéi aussi, c'est très joli vous verrez.
Bon, j'ai aussi des images d'orgies romaines, mais faut pas pousser le bouchon trop loin : là c'est l'exil sur le Pont-Euxin direct sans espoir de retour à Rome. Tout au plus pourrais-je citer des passages d'Ovide... en latin (et encore, je crois que Moniia le comprendrait) smileysmiley

-Edité le: Mercredi 22 décembre 2004 à 23:14 par Lucterios-


Fortuna audaces juvat !


   
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al'Lan Mandragoran
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Simplement l'exil ? Ce sont de petites orgies ? smileysmiley


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Lucterios
(@lucterios)
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Ca dépend, celles dessinées par Jacques Martin c'est plutôt soft, mais si l'on se tourne vers Manara, la nef pour le bout de l'Empire est déjà avancée à Ostie...8)


Fortuna audaces juvat !


   
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al'Lan Mandragoran
(@al-amp-039-lan-mandragoran)
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Y'a toujours internet à l'autre bout de l'empire ?


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Lucterios
(@lucterios)
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Tu parles ? Bien sûr que non ! Pas de théâtre, pas de cirque, rien que des Barbares incultes... On s'y ennuie à mourir. On ne peut qu'écrire des poésies tristes...

Ovide, Tristes I

ÉLÉGIE III.

Cum subit illius tristissima noctis imago,
quae mihi supremum tempus in urbe fuit,
cum repeto noctem, qua tot mihi cara reliqui,
labitur ex oculis nunc quoque gutta meis.
iam prope lux aderat, qua me discedere Caesar
finibus extremae iusserat Ausoniae.
nec spatium nec mens fuerat satis apta parandi:
torpuerant longa pectora nostra mora.
non mihi seruorum, comitis non cura legendi,
non aptae profugo uestis opisue fuit.
non aliter stupui, quam qui Iouis ignibus ictus
uiuit et est uitae nescius ipse suae.
ut tamen hanc animi nubem dolor ipse remouit,
et tandem sensus conualuere mei,
alloquor extremum maestos abiturus amicos,
qui modo de multis unus et alter erat.
uxor amans flentem flens acrius ipsa tenebat,
imbre per indignas usque cadente genas.
nata procul Libycis aberat diuersa sub oris,
nec poterat fati certior esse mei.
quocumque aspiceres, luctus gemitusque sonabant,
formaque non taciti funeris intus erat.
femina uirque meo, pueri quoque funere maerent,
inque domo lacrimas angulus omnis habet.
si licet exemplis in paruis grandibus uti,
haec facies Troiae, cum caperetur, erat.

Quand m'apparaît le lugubre tableau de cette nuit qui fut l'agonie de ma vie à Rome (1), quand je songe à cette nuit où je quittai tant d'objets si chers, maintenant encore des larmes s'échappent de mes yeux.
Déjà approchait le jour où je devais, d'après l'ordre de César, franchir les frontières de l'Ausonie : je n'avais ni le temps ni la liberté d'esprit suffisante pour faire mes préparatifs ; mon âme était restée engourdie dans une longue inaction ; je ne m'étais occupé ni du choix des esclaves qui devaient m'accompagner ni des vêtements et des autres nécessités de l'exil. Je n'étais pas moins étourdi de ce coup qu'un homme foudroyé par Jupiter, qui existe encore, mais sans avoir encore recouvré le sentiment de l'existence.
Lorsque l'excès même de la douleur eut dissipé le nuage qui enveloppait mon esprit, et que mes sens se furent un peu calmés, prêt à partir, j'adresse une dernière fois la parole à mes amis consternés, naguère si nombreux, et dont je ne voyais plus que deux près de moi. Ma tendre épouse, me serrant dans ses bras, mêlait à mes pleurs ses pleurs plus abondants, ses pleurs qui coulaient à flots le long de son visage, indigné de cette souillure. Ma fille, alors absente et loin de moi, retenue en Libye, ne pouvait être informée de mon désastre.
De quelque côté qu'on tournât les yeux, on ne voyait que des gens éplorés et sanglotants ; on eût dit des funérailles, de celles où la douleur n'est pas muette ; hommes, femmes, enfants même pleuraient comme si j'étais mort, et, dans toute la maison, il n'était pas une place qui ne fût arrosée de larmes : tel, si l'on peut comparer de grandes scènes à des scènes moins imposantes, tel dut être l'aspect de Troie au moment de sa chute.

(I) Ovide fut exilé l'an de Rome 763, après la défaite de Varus. Il partit de Rome sur la fin de novembre.

Pour vous faire une idée, j'ai trouvé une description du bled par Lucien d'Azay, Ovide et l'amour puni, les Belles Lettres. Encore un livre qu'il va falloir que je me fasse offrir pour Noël, tiens !smiley

J’aurais beau jeu, je crois, de comparer cette retraite vénitienne à l’exil d’Ovide. Auguste l’avait expatrié dans un bled de l’ancienne Getée du Pont-Euxin, à Tomes justement, l’actuelle Costanza, en Roumanie. Les hivers, dit-on, y sont fort rudes, et la mer, toujours sombre et trouble, ne rend pas les étés plus amènes. Au surplus, à l’époque, le port était menacé de toutes parts. Les Thraces, les Scythes, les Daces et les pillards sarmates convoitaient l’embouchure du Danube, et il fallut même envoyer, en 12, un légat, Vitellius, pour récupérer la ville d’Ægisos et défendre le royaume thrace de Cotys. Dans les Pontiques, ses épîtres du Pont-Euxin, mais aussi bien dans les Tristes, Ovide dépeint ce pitoyable contexte. Les Gètes et les Tométains sont des rustres. La grossièreté de leurs mœurs l’afflige, encore qu’il se soit entiché d’une petite Thrace au point de s’empresser de la suivre. En 14, après la mort d’Auguste, Tibère a confirmé la relégation. Faute de pouvoir rentrer à Rome, Ovide aimerait bien qu’on le transfère ailleurs. Il fait des pieds et des mains, comme on dit, pour qu’on l’entende, mais, de toute évidence, on ne l’entend guère. Les rives de Tomes sont fort loin et il n’y a pas encore de portables ni d’hymèles ; il se passe parfois un an avant qu’une réponse ne lui parvienne.

Remarquez la Roumanie, cela n'a pas dû beaucoup changer...smiley

-Edité le: Jeudi 23 décembre 2004 à 01:53 par Lucterios-


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Lucterios
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Bon on ne va pas aller acheter des esclaves tous les jours smiley Après il faut l'entretenir tout ce monde-là !

Si vous le voulez bien, tout-à-l'heure, je vous convie au cirque Maxime. On ira admirer la course de char. Moi je suis pour les verts et vous ?


Fortuna audaces juvat !


   
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rosee du matin
(@rosee-du-matin)
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moi je suis pour les rouges ! smiley


"Qu'un ami véritable est une chose douce !
Il cherche vos besoins au fond de votre coeur ;
Il vous épargne la pudeur
De les lui découvrir vous-même."

Jean de La Fontaine


   
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Diablowagner
(@diablowagner)
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Et moi les bleus ! (mais je serais quand meme content si les rouges gagnent !! smileysmiley)


 In Hall I trust !

A Elbereth Gilthoniel
silivren penna miriel
O menel aglar elenath !
Na-chaered palan-diriel
O galadhremmin ennorath,
Fanuilos, le linnathon
nef aear, si nef aearon

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Lucterios
(@lucterios)
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D'accord, on attend que tout le monde soit là et on lance l'attraction.


Fortuna audaces juvat !


   
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al'Lan Mandragoran
(@al-amp-039-lan-mandragoran)
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Je parie sur les verts aussi !

-Edité le: Jeudi 23 décembre 2004 à 22:02 par al'Lan Mandragoran-


Lord of the Seven Towers, Lord of the Lakes, crownless King of the Malkieri.

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Lucterios
(@lucterios)
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Bien puisque tout le monde est là et a ouvert les paris, allons-y !

Nous arrivons au cirque Maxime. Les conversations vont bon train sur les paris et les auriges. Rosée est toute excitée. Al et Diablo sont aussi très nerveux. Je repère quatre places en haut des gradins, à côté d'une jolie blondinette. Comme il y a beaucoup de monde, je suis obligé de me serrer contre elle. Je repère de la poussière sur son péplos. Je la chasse du bout des doigts, ce qui me permet d'engager la conversation sur la course. Je lui demande quel est son équipage préféré. "Les blancs !" , répond-elle sans hésiter.

Ovide, l'art d'aimer

Nec te nobilium fugiat certamen equorum;
Multa capax populi commoda Circus habet.
Nil opus est digitis, per quos arcana loquaris,
Nec tibi per nutus accipienda nota est:
Proximus a domina, nullo prohibente, sedeto,
Iunge tuum lateri qua potes usque latus;
Et bene, quod cogit, si nolis, linea iungi,
Quod tibi tangenda est lege puella loci.
Hic tibi quaeratur socii sermonis origo,
Et moveant primos publica verba sonos.
Cuius equi veniant, facito, studiose, requiras:
Nec mora, quisquis erit, cui favet illa, fave.
At cum pompa frequens caelestibus ibit eburnis,
Tu Veneri dominae plaude favente manu;
Utque fit, in gremium pulvis si forte puellae
Deciderit, digitis excutiendus erit:
Etsi nullus erit pulvis, tamen excute nullum:
Quaelibet officio causa sit apta tuo.
Pallia si terra nimium demissa iacebunt,
Collige, et inmunda sedulus effer humo;
Protinus, officii pretium, patiente puella
Contingent oculis crura videnda tuis.
Respice praeterea, post vos quicumque sedebit,
Ne premat opposito mollia terga genu.
Parva leves capiunt animos: fuit utile multis
Pulvinum facili composuisse manu.
Profuit et tenui ventos movisse tabella,
Et cava sub tenerum scamna dedisse pedem.
Hos aditus Circusque novo praebebit amori,
Sparsaque sollicito tristis harena foro.
Illa saepe puer Veneris pugnavit harena,
Et qui spectavit vulnera, vulnus habet

Au cirque [1,135-170]

N'oublie pas l'arène où de généreux coursiers disputent le prix de la course; ce cirque, où se rassemble un peuple immense, est très favorable aux amours. Là, pour exprimer tes secrets sentiments, tu n'as pas besoin de recourir au langage des doigts, ou d'épier les signes, interprètes des pensées de ta belle. Assieds-toi près d'elle, côte à côte, [1,140] le plus près que tu pourras : rien ne s'y oppose; le peu d'espace te force à la presser, et lui fait, heureusement pour toi, une loi de le souffrir. Cherche alors un motif pour lier conversation avec elle, et ne lui tiens d'abord que les propos usités en pareil cas. Des chevaux entrent dans le cirque : demande-lui le nom de leur maître; et, quel que soit celui qu'elle favorise, range-toi aussitôt de son parti. Mais, lorsqu'en pompe solennelle s'avanceront les statues d'ivoire des dieux de la patrie, applaudis avec enthousiasme à Vénus, ta protectrice.

Si, par un hasard assez commun, un grain de poussière volait sur le sein de ta belle, [1,150] enlève-le d'un doigt léger; s'il n'y a rien, ôte-le toujours : tout doit servir de prétexte à tes soins officieux. Le pan de sa robe traîne-t-il à terre ? relève-le, et fais en sorte que rien ne le puisse salir. Déjà, pour prix de ta complaisance, peut-être t'accordera-t-elle la faveur d'apercevoir sa jambe.

Tu dois en outre faire attention aux spectateurs assis derrière elle, de peur qu'un genou trop avancé ne touche à ses tendres épaules. [1,160] Un rien suffit pour gagner ces esprits légers : que d'amants ont réussi près d'une belle, en arrangeant un coussin d'une main prévenante, en agitant l'air autour d'elle avec un éventail, ou en plaçant un tabouret sous ses pieds délicats !

Toutes ces occasions de captiver une belle, tu les trouveras aux jeux du cirque, aussi bien qu'au forum, cette arène qu'attristent les soucis de la chicane. Souvent l'amour se plaît à y combattre : là tel qui regardait les blessures d'autrui s'est senti blessé lui-même; et tandis qu'il parle, qu'il parie pour tel ou tel athlète, qu'il touche la main de son adversaire, et que, déposant le gage du pari, il s'informe du parti vainqueur, un trait rapide le transperce; il pousse un gémissement; [1,170] et, d'abord simple spectateur du combat, il en devient une des victimes.


Fortuna audaces juvat !


   
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