Articles
Dans cette catégorie nous rassemblons tous les articles parus dans la presse quotidienne, les magazines, les fanzines ou bien même des interviews et articles exclusivement écrits par les membres de notre site.
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Peut-on remonter le temps?
Voici un article paru dans le magazine Spirou N°2189 datant de 1980. C’était à l’occasion de la publication de la Spirale du Temps. Merci à Stephan.
La nouvelle aventure de YOKO TSUNO, que vous allez découvrir à la page suivante, s’intitule LA SPIRALE DU TEMPS. Je peux vous le dire, car j’ai vu les prochaines planches de cette histoire (hé, hé) : Roger LELOUP va vous étonner par sa manière d’interpréter la machine à remonter le temps.Reste la question fondamentale : la machine à remonter le temps est-elle possible ou ne sert-elle qu’à peupler les rêves de savants farfelus ?Les « pour »et les « contre »Le gros argument contre s’est basé longtemps sur la physique. Le principe du voyage dans le temps se base sur la vitesse de la lumière. On sait que la lumière se déplace dans l’espace à une vitesse de 300.000 km à la seconde. Ce qui signifie qu’une lumière allumée en un point A sera perçue, une seconde après, en unpoint B situé à 300.000 km du point A. Par conséquent, si un engin parvient à se déplacer à plus de 300.000 km à la seconde, il arrivera au point B avant d’avoir quitté le point A ! Bon. j’arrête de me prendre pour un prof de physique… Le gros argument « contre », c’est que l’engin devrait se déplacer à une vitesse telle qu’aucun métal ou matériau connu à ce jour ne résisterait à la chaleur (le prof de physique : le frottement de l’air sur un métal se transforme en chaleur).Mais celle objection est balayée par un argument « pour » : rien n’empêche de croire qu’on ne trouvera pas un jour l’alliage miracle permettant de résister à des températures inouïes. On croit dans les bienfaits de la science ou pas…L’objection majeureBen. oui… Il y a une objection majeure. Si, dans l’avenir, nos arrière-arrière-arriére-petits-en-fants seront parvenus à construire la machine à remonter le temps, comment se fait-il qu’ils n’aient pas eu la bonne idée de s’arrêter à notre époque ?De deux choses l’une : ou bien il est impossible de construire une machine à remonter le temps, ou bien nos descendants n’ont pas eu le temps de la mettre en chantier, ce qui implique que le genre humain aurait disparu dans un avenir relativement proche ou serait retombé à un état demi-sauvage ? Brrrr…Et si pourtant ?…Il reste que nous ne sommes qu’à l’aube de découvertes capitales sur les relations qui existent entre le temps et l’espace. N’at-on pas parlé des fameux trous noirs, dont on ne sait presque rien, ce qui permet de dire que tout y est possible…Quoi qu’il en soit, rendez-vous dans l’avenir ! Ou dans le passé. Et de toute manière, avec YOKO !

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Quelques ouvertures symboliques dans La frontière de la vie
Cet article nous a été envoyé par Richard Gendron que nous remercions et citons :
“Toujours provenant de la revue Solaris, un article écrit par Richard Langlois sur La frontière de la Vie. L’article s’inscrivait dans un spécial BD Science-Fiction et Fantastique (Solaris #60, vol.10, no.6, mars-avril 1985, p.38-39).”
Quelques ouvertures symboliques dans « La frontière de la vie »de Roger LeloupparRichard LANGLOIS
“passer sous la tour” comme première épreuve initiatique, la deuxième épreuve est une ruelle du nom “d’alter keller” (vieille cave), pour en arriver à la “schmiedgasse” (ruelle de la décision). Cinq minutes après, Yoko incante des chiffres magiques: “22…24 !… “Tout cela dans un décor où s’élèvent de nombreuses tours silencieuses et non habitées, signes de vigilance, de protection, de lieux cachés. Le souci topologique rejoint le souci narratif; un détour de sens s’effectue constamment à l’ombre des tours. On déplace inconsciemment notre regard neutre pour mettre en branle toute la mémoire d’un monde secret; celle qu’on perdit lors de la construction de la tour de Babel. Nous sommes à la recherche d’un langage perdu. Ces élévations construites à l’époque où les alchimistes cherchaient une transmutation matérielle et spirituelle traduisent bien le trait d’union entre la terre et le ciel. Les poursuites nocturnes sur les remparts, aux pieds des tours rondes et carrées, n’aboutissent jamais. Lorsque l’on veut aller trop loin avec l’En-Haut, on perd le contact avec l’En-Bas. I1 faut donc fuir ces tours aériennes où l’on sublime et pénétrer dans la partie souterraine qui évoque la part matérielle et humaine. Méthodiquement, les personnages passeront par la crypte extérieure du cimetière (mort sociale), pour pénétrer dans un caveau (mort familiale) et descendre finalement dans une cave (mort individuelle). Là, dans l’écho visuel
-Car tout est en haut, rien n’est en bas, Mais il le semble seulement à ceux qui n’ont pas la Connaissance”.Odes de Salomon, 34.Toute l’oeuvre de Roger Leloup est une invitation à l’arrêt iconique, à la réflexion thématique et à l’interprétation symbolique. Malgré l’exemplaire souci d’un graphisme soigné, il ne faut pas entrer dans les aventures de Yoko Tsuno avec des oeillères de simple géomètre où d’esthète précieux. Nous découvrons rapidement que l’approche scientifique n’est qu’un prétexte au glissement symbolique. C’est dans la vie quotidienne, ce merveilleux insolite si cher à Edgar Pierre Jacobs, que nous devons chercher le signe remémoratif et prognostique du cheminement narratif. Dans La frontière de la vie 1, une cohérence profonde dans le thème universel de notre condition humaine, syncopée par la vie et la mort, nous fait apprécier l’importance d’un passé trop vite oublié, d’un présent conflictuel à surmonter et le projet sans frontière d’un avenir meilleur à réaliser. Par la structure atemporelle du scénario, tout se passera sous terre où le jour ne se mesure plus, où le passé n’appartient plus au passé et le futur est si présent, que l’instant privilégié de la vie d’un personnage deviendra le fil conducteur de l’intrigue; tout cela dans la tradition d’une oeuvre déjà classique.Arrêtons-nous d’abord au début du récit où, dès le premier récitatif, écrit sur un
parchemin sur le quel figure une mystérieuse tour emblématique rouge, nous pénétrons dans un temps et un espace symbolique. Le rapprochement de cet album avec le 16e siècle, le premier siècle moderne, éclate encore plus lorsque nous prenons la peine de fouiller et d’apprendre que cette époque brisa toute frontière et décloisonna la pensée, grâce aux liens fidèles avec l’Antiquité. On remit tout en question avec un sens humaniste insurpassé. Ce siècle de la Renaissance fut marqué par la Réforme religieuse, les plus grandes découvertes géographiques, le couronnement du gothique, le début du baroque et surtout l’aurore de la vraie pensée scientifique sans frontière avec d’illustres noms cosmopolites, tels le Polonais Copernic, l’Italien Galilée, l’Hollandais Jansen, le Suisse Paracelse, l’Anglais Bacon et les Français Nostradamus et Ambroise Paré. Dans l’album, nous retrouvons aussi cette absence de frontière géographique et politique, avec la collaboration de techniciens d’Allemagne de l’Est, Dimitri et Ivan, et d’Allemagne de l’Ouest, Kurt et Hans.À la première page, le personnage principal arrive seul, vêtu de rouge, durant une fin d’après-midi de mai (Renaissance). Yoko tente de déchiffrer une lettre énigmatique, après avoir passé sous le signe solaire d’un lion d’or 2. Dans la lettre on demande de

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La presse
Voici deux articles tirés de La Presse (“le plus grand quotidien francophone d’Amérique du Nord“) de Gilles Racette, parus lors du passage de Roger Leloup au Québec en 1982. Ces deux articles se font suite, La belle électronicienne et Entre la sensualité et la fraicheur.
Merci à Richard Gendron pour nous avoir retrouvé ces articles.
La belle électronicienne
GILLES RACETTEcollaboration spéciale
Après Bornéo et un voyage dans le temps qui nous avait menés à la Seconde Guerre mondiale avec La spirale du temps, c’est en Écosse que nous convie La proie et l’ombre, ce douzième album des aventures de Yoko Tsuno. Le prétexte à l’aventure? Secondée par Pol et Vie, ses faire-valoir, Yoko doit faire un reportage pour la télévision sur le monstre du Loch Ness et quelques autres «légendes» locales. Sans trop d’efforts d’imagination et la couverture aidant, le lecteur ajoutera ses propres fantasmes et c’est un peu sans sur prise qu’il verra apparaître un magnifique fantôme dans un château digne des meilleures histoires fantastiques. Château, apparitions, individus louches, illuminés, actions nocturnes, intérieurs d’un autre âge, proximité d’un cimetière, passages secrets, ruines et un soupçon de science: voilà créée l’ambiance propice d’une aventure dont seul Roger Leloup a le secret.La proie et l’ombre se passe sur la terre, simplement. Ceux qui ne connaissent pas Yoko Tsuno ne se douteront certes pas que sesaventures la mènent parfois aux confins du Cosmos et qu’elle est alors supportée par un arsenal technologique des plus sophistiqués. Ici, la science n’a que très peu à faire: la science-fiction fait place à un fantastique d’atmosphère.Les mordus connaissent bien le style Leloup; avec cet album, ils seront comblés. Ils retrouveront les prises de vue grandioses, le souci du détail qui relève de la documentation photographique, les postures malhabiles mais typiques des personnages, les épisodes nocturnes nombreux, les coloris caractéristiques. un découpage serré et un suspense enlevant.Naturellement, avec les années (12 exactement), Yoko Tsuno s’est transformée. Ce qui apparaît clairement depuis quelques albums, et cela est encore plus évident avec celui-ci, c’est que Roger Leloup est en train d’investir son héroïne d’un halo érotique certain. Le lecteur est amené à «voir» quelques scènes intimes auxquelles il n’avait jamais eu droit et cela n’est malheureusement pas étranger au fait que Yoko Tsuno soit une femme. Elle se promène une bonne partie de l’album en robe de nuit, on assiste au moment où elle se met au lit, où elle en sort. La coquetterie l’a finalement atteinte. Elle est dotée de plus en plus de tout un ensemble de caractéristiques de la féminité traditionnelle: sa tenue vestimentaire est de plus en plus étudiée, elle a beaucoup perdu de son agressivité, elle est poseuse et un peu «Barbie». Mais ce qui est plus grave encore, c’est qu’en la faisant devenir de plus en plus victime des événements, Roger Leloup est en train de la «sortir» de l’action. Le lecteur, ébahi devant tant de beauté plastique, n’aura plus prise sur les personnages ni sur les paysages. Il aura devant lui des êtres idéalises et du pittoresque. À Roger Leloup d’y voir.D’électronicienne compétente, Yoko Tsuno est en train de devenir LA JOLIE électronicienne. J’aime. trop Yoko Tsuno pour la voir s’échapper comme ça.Roger Leloup sera de passage à Montréal la semaine prochaine après s’être arrêté au 11e Salon international du livre de Québec. Il sera en mesure de répondre à cela ici même dans cette page.YOKO TSUNO: LA PROIE ET L’OMBRE, par Roger Leloup. 46 pages. Éditions Dupuis.(LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 24 AVRIL 1982) -
Schtroumpf-fanzine
Voici un article paru dans le fanzine Schtroumpf-fanzine (éditions jacques glénat) N°25d’octobrede décembre 1978. Cet article nous a été envoyé par Richard Gendron.
Attention il nous manque le haut de la deuxième page (remplacé par des XX. Cet article est tiré d’une photocopie, donc la photo n’est pas de très bonne qualité. Si vous avez cet article en meilleure qualité n’hésitez pas à nous l’envoyer.Mise à jour le 30/03/2021, on a finalement pu se procurer le Schtroumpf-fanzine en question et donc pu compléter cet article.Vous pouvez aussi consulter les images originales de l’article dans notre galerie. -
Solaris
Voici une interview parue dans la revue québécoise Solaris (http://www.revue-solaris.com) dans les numéros 46 (août 1982) et 48 (février 1983). Cette interview est réalisée par Luc Pomerleau, qui tenait aussi la chronique BD (“Le Bédéraste”) de la revue.Tout nos remerciements à Richard Gendron qui nous à envoyé l’article.Issu des studios de Jacques Martin et de Hergé, Roger Leloup a réussi avec sa première série à captiver l’intérêt d’un grand nombre de lecteurs. YOKO TSUNO est l’une des bandes les plus populaires de SPIROU et trouve ses adeptes parmi les lecteurs de tous âges.Bande dont le dessin classique fascine les uns et irrite les autres, Yoko Tsuno est chère au coeur de l’auteur. Ses déclarations dans l’entrevue qui suit permettent de mieux le connaître et, par là, de mieux comprendre Yoko, qu’on devine très près de lui; il insiste pour dire qu’elle est la grande soeur qu’il n’a jamais eue.Nous l’avons rencontré à Québec. Nous avons commencé par aborder ses débuts dans la bande dessinée, qui sont encore peu documentés pour la plupart des lecteurs.entrevue:RogerLeloup
Roger Leloup, vous avez commencé dans la bande dessinée comme assistant de Jacques Martin. Pourriez-vous nous donner quelques détails à propos de cet apprentissage?J’étais dans une école qui s’appelle Saint-Luc; j’habite un petit patelin qui s’appelle Verviers, à l’est de la Belgique près de l’Allemagne, et j’allais à l’école dans une grande ville. Je me destinais à la publicité, au fond. Et pendant mes vacances, après 3 ans d’études à Saint-Luc, Jacques Martin habitait plus bas que chez moi. On a discuté assez longtemps, surtout qu’il est très loquace, et il a mentionné qu’il cherchait un assistant pendant les vacances. Et bon, j’ai cherché un assistant pour Jacques Martin, je n’en ai pas trouvé, et un jour je me suis dit “je vais lui offrir de faire ses coloriages pour voir ce que ça donne”. Quand il a vu les coloriages, il m’a proposé d’aller chez lui, ce que j’ai fait.J’ai commencé d’abord à colorier les histoires d’Alix; c’était dans LE SPHINX D’OR, c’est déjà loin! Puis j’ai poursuivi dans la série des chromos VOIR ET SAVOIR que l’on distribuait avec des Points Tintin; ces chromos ont ensuite été imprimés en albums je crois dernièrement (Aux éditions Septimus, sous les titres de L’HISTOIRE DE L’AEROSTATION, L’HISTOIRE DE L’AUTOMOBILE, etc., sous la signature de Hergé. NDLR.) Je dessinais donc les voitures et les avions, Martin les repassait à l’encre. Plus tard, je les ai repassés à l’encre aussi, mais à ce moment-là il le faisait lui-même et les envoyait à Hergé qui mettait à côté un petit Tintin en costume d’époque. Un jour, Hergé a trouvé ça complètement ridicule qu’il y ait un studio qui se trouve à des kilomètres de chez lui; les dessins risquaient de se perdre, de s’abimer. Alors il a réuni tout le monde dans son studio de la rue Louise à Bruxelles. C’est comme ça que je me suis retrouvé chez Hergé, un rêve magnifique à l’époque.Qu’y faisiez-vous ? Les machines ? Les décors ?Pas tellement les décors; surtout ce qui était de la technique, tout en continuant les décors de Jacques Martin et ses coloriages. J’ai commencé les décors dans LA GRIFFE NOIRE, jusqu’à la première case de IORIX LE GRAND que j’ai faite au crayon, après quoi je suis parti.Chez Hergé, à partir de quel album avez-vous travaillé ?Hergé m’a testé pour mon premier décor, c’était la gare de Nyon dans L’AFFAIRE TOURNESOL. C’était assez amusant parce que je me suis tapé un hall vitré et la gare de Nyon n’a pas de toit vitré au-dessus. On aurait pu aller faire des photos…J’ai commencé là-dedans et puis, c’est difficile à expliquer ce que j’ai fait …ça passe par les petites chaises roulantes du Capitaine Haddock dans LES BIJOUX DE LA CASTAFIORE…II y a une chose que je raconte souvent parce que c’est très typique. Quand j’était petit j’avais des problèmes avec mon foie; c’était la guerre et ma mère pour me consoler m’offrait de la littérature. Elle m’a offert mes premiers livres de BD, Quick et Flupke, et L’ILE NOIRE.La première version ?Oui. Et j’ai joué aux avions de l’Ile Noire dans mes couvertures. Devenu adulte, Hergé m’a confié le soin de redessiner les avions de la nouvelle version de L’ILE NOIRE (1965). Donc, sans le savoir, il réalisait mes rêves d’enfant. Les deux versions de L’ILE NOIRE sont fidèles l’une à l’autre; je me suis attaché à ne pas trahir mes rêves d’enfant.Peu après, Hergé a offert à mon fils L’ILE NOIRE et j’ai trouvé plus tard mon fils qui jouait aux avions de L’ILE NOIRE. Donc, une génération avait passé… l’art de ne pas vieillir…Grâce à Hergé.Grâce à lui, qui est resté étonnamment jeune.A quel moment avez-vous décidé de partir en solo ?Il y a un problème qui s’est créé vers la fin de mon séjour chez Hergé. C’est que j’ai travaillé pour Jacques Martin, j’ai travaillé pour Hergé, mais jamais sous mon nom. Alors il y avait des problèmes, il ne faut pas le cacher; il y avait Hergé avec sa grande gentillesse et une certaine lâcheté quand même. Je travaillais pour Martin, et Hergé m’apportait un dessin pour lui et il me disait “Vous le faites tout de suite, c’est urgent”. Alors je mettais de côté la page de Martin, qui était urgente aussi. Ils n’ont jamais eu -
Interview de Vittorio Léonardo
Il s’agit d’une interview faite par un de nos membres, à savoir Raphys2002 à Hornu en Belgique, le 18 mars 2006. Raphys, s’est improvisé reporter (ou peut-être que c’est sa vocation). C’est une petite interview, mais très précieuse car c’est la première exclusivement pour le site! Pour votre information Vittorio Léonardo et son équipe, ont mis en couleur nos Yoko Tsuno depuis 1970.La colorisation était faite à la gouache, par Béatrice jusqu’à l’Astrologue de Bruges. A partir de la « La porte des âmes », les planches sont colorisées à l’ordinateur.
Pour connaître un peu mieux Vittorio voici une page de nos amis de la Bédéthèque
Interview de Vittorio Léonardo
Raphael Duleu – Pouvez vous, vous présenter et dire votre parcours professionnel ?
Vittorio Léonardo – Je suis Vittorio Leonardo, ami de Roger, coloriste historique des grands dessinateurs des éd. Dupuis des années 60. Je suis le suis devenu par libre choix et par amour de la couleur et des techniques d’imprimerie. J’ai commencé par le scénario et le dessin d’une série restée sans suite: Barbotine. J’ai fait mon apprentissage de la BD d’abord en autodidacte, puis j’ai rencontré Morris, Remacle, Franquin, qui m’ont conseillé. Mon métier de retoucheur chromiste en imprimerie et ma longue pratique de la peinture m’ont amené par après à mettre en couleurs les bandes dessinées de mes collègues! A mes débuts, mes couleurs ont été tellement appréciées par les dessinateurs et la rédaction de Spirou que M. Paul Dupuis à décidé de me confier les mises ne couleurs de toutes les séries de son édition! J’ai ainsi mis en couleurs les premières pages de Yoko Tsuno!
R.D. – Quel est le processus de la colorisation d’une bd et plus précisément, sur un album de Yoko Tsuno?
V.L. – Roger fait son dessin en noir et blanc, puis fait une maquette couleurs sur une photocopie. Ensuite, par ordinateur, je fais une mise au net des couleurs.R.D. – De nos jours la colorisation se fait donc par ordinateur, est ce que la gouache ne vous manque pas de trop ??
V.L. – Non non non du tout !!! la gouache ne me manque pas du tout, par ordinateur tout est devenu plus simple et plus précis, et les possibilités de nuances sont infinies! Ceci dit, je fais de temps en temps des peintures à l’huile.
R.D. – avez-vous un souhait pour votre avenir ?
V.L. – J’aimerai consacrer un plus grand nombre d’heures à l’écriture de scénario.
R.D. – un petit mot pour nos amis Yokotsuniens ?
V.L. – Ils ne savent pas la chance qu’ils ont de pouvoir lire les BD de Yoko tsuno , avec des personnages si vrais, si authentiques, venus du fond du coeur de Roger: il les fait vivre, les fait vibrer. Il s’implique énormément dans son travail afin qu’ils prennent vie… si Roger fait souffrir un de ses personnages, il souffre également… Sa bande dessinée n’a pas le but commercial de bien d’autres: Roger la fait par amour.
R.D. – Merci beaucoup pour votre gentillesse, et à bientôt !!
Interview réalisée par Raphael Duleu alias Raphys2002
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De Lôghar à Gobol
De Lôghar à Gobol, cette nouvelle histoire, vous est comptée par Gobol (membre de notre site) c’est un “complément” de “l’histoire de Gobol”. Vous allez donc tout savoir sur la genèse de Gobol, le personnage Des exilés de Kifa de Roger Leloup.
DE LOGHAR A GOBOL

Mon vrai nom, c’est Lôghar. Je suis né sur Vinéa il y a une éternité.
Je suis apparemment le seul Vinéen à avoir pris du recul par rapport à cette société. A y avoir réfléchi, à avoir cherché un sens à tout ça. Finalement, ce sont les Vinéens eux-mêmes qui m’ont obligé à m’éloigner : ils m’ont banni de ma planète. Et pourtant, j’ai fait mon possible. J’y avais toute ma place. Mais quelque chose a dû leur déplaire en moi : malgré tout ce que j’ai fait pour cette planète, pour ses habitants, pour ses enfants? je n’ai pas eu d’autre alternative que de les quitter. J’ai même changé de nom, pour pouvoir continuer de vivre? J’ai pu ainsi disparaître du monde qui m’avait fait naître, et renaître au monde que je me suis créé. Aucun des Vinéens vivant aujourd’hui ne m’a connu quand je m’appelais encore Lôghar. Au début, j’ai regretté le monde d’où je venais. J’ai souffert de la solitude, malgré le réconfort apporté par la présence de mes robots. Il y avait mes androïdes, les « archanges » comme ils les ont baptisés, et surtout ma chère Hégora. Mais j’ai dû les laisser sur Vinéa : sans eux, mon ?uvre n’aurait pu survivre?
J’écris mes mémoires parce que je veux que quelque chose me survive, et que les Vinéens des générations futures puissent réfléchir à ce à quoi conduit leur société pour les êtres qui ne peuvent s’y sentir bien, pour une raison ou pour une autre.
Certains disent que je suis fou, d’autres que je suis un génie? Je ne me sens ni l’un ni l’autre. Simplement pas à ma place.
Si j’écris aujourd’hui, c’est parce que je ne sais pas si je survivrai à mon prochain projet. Il me semble être le plus dangereux de tous ceux que j’ai menés à bien jusque-là. Et puis, si je ne reviens pas, je ne manquerai à personne. Personne ne se soucie de moi. Je me demande même si quelqu’un, en dehors de mes créations, se souvient de mon existence?
Mais si je dois disparaître, je veux le faire en connaissant la vérité. Toute la vérité sur moi, sur mon existence. Je suis un paradoxe vivant : je connais à peu près tout sur tout, j’ai appris tout ce qu’il y avait à apprendre dans tous les domaines de la connaissance, et pourtant, je suis incapable de répondre à une question simple : Qui suis-je ? Il y a un vide dans mon existence, et il me faut le combler, d’une manière ou d’une autre. Ce sera mon dernier projet, avant de mettre à exécution mon plan de vengeance. Mais avant, je dois savoir. Toute ma vie aura pu se résumer à cela : la quête du savoir. Mais ce savoir-ci est le plus important de tous.
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Les maquettes de Roger Leloup
Les maquettes de Roger Leloup
Vous n’êtes pas sans savoir que Roger Leloup, est un fan de modélisme. Dans beaucoup de cas, dans les aventures de Yoko, il s’est servi de modèles réduits pour dessiner les engins et même certains décors. Emilia nous à envoyer les photos de deux d’entre elles le Colibri et le Tsar.
Concernant le Colibri du canon de Kra on connaissait son existence, mais c’est les premières photos que l’on peut voir en grand, idem pour le Tsar les lecteurs de Spirou avaient déjà pu voir une photo dans le numéro 3505, en voici donc d’’autres.Le Colibri.
Pour information (tirée du reportage Trait portait), le Colibri est en balsa, vitrifié à la résine, peint à la peinture de carrosserie automobile, poli au « Sidol » et au polish de carrosserie.Cliquez sur les photos pour les voir en grand format. Le Tsar.
Voici donc la maquette en bois qui a permis de dessiner le Tsar dans Le septième code.Cliquez sur les photos pour les voir en grand format. -
La Naissance de Yoko Tsuno
Voici un article tiré du journal Spirou N°2132. Il date du 22 février 1979 et est signé de Fantasio, c’était à l’époque la sortie de la Lumière d’Ixo. Signalons au passage, un doute sur Monsieur Bouffu de Francis Bertrand, cité dans cet article, il s’agit plutôt de Monsieur Bouchu. Merci à Renaud, pour cet article.Quelques chiffres : 1933, naissance de Roger Leloup à Verviers (Belgique). Etudes d’arts décoratifs et de dessin publicitaire. 1955 : il entre au studio Hergé. 14 années : pendant lesquelles il collabore aux séries « Tintin » et « Alix ». 1968 : pendant la nuit de Noël, il crayonne un personnage. C’est la
première esquisse de Yoko Tsuno. 1969 : départ du studio Hergé. Collaborations avec Francis Bertrand (« M. Bouffu », « Les Penseurs de Rodin » pour le journal J2), et Peyo, dont il anime les personnages de Jacky et Célestin, ceux-là mêmes dont vous avez pu lire les aventures dessinées par Walthéry.1970 première aventure de Yoko sur scénario de
Maurice Tillieux.•J’ai presque honte à vous présenter Roger Leloup. Devrais-je encore insister sur son sens du détail vrai, de la vraisemblance des scénarios, de la méticulosité des décors ? Il ne s’agit pas de se perdre dans des exercices d’autosatisfaction spiroutienne. Quelques documents valent mieux que toutes les phrases, les rétrospectives ennuyeuses.Roger Leloup: «Alors que je dessinais “Jacky et Célestin”, j’avais créé le personnage d’un Japonais bète et adipeux. Il avait inventé une araignée volante (thème dont je me suis servi plus tard pour les aventures de Yoko) ; il ne savait qu’en faire et Jacky se proposait de l’aider. Mais il manquait un élément de liaison entre le Japonais et mes héros : je lui adjoignis une s?ur. C’était l’ancêtre de Yoko, dont le nom m’a été inspiré par l’actrice de cinéma Yoko Tani. »
«A la Noël 1968, mes enfants souffraient d’une intoxication alimentaire. Un réveillon raté. J’ai crayonné un personnage : Yoko. Un an plus tard, à la veille de Noël, Monsieur Dupuis a accepté qu’elle devienne une héroïne du journal de Spirou. Le 24 septembre 1970, elle débutait sa carrière ! » -
La critique de Richard Langlois
Richard Langlois, cet historien québécois, professeur à l’université de Sherbrooke à Montréal et éminent spécialiste de la bande dessinée nous a fait parvenir en exclusivité, sa critique sur Le septième code.
Vous trouverez aussi sur la page suivante, la précédente critique de Richard, qu’il avait écrite pour la parution de La pagode des brumes .
Chaque album de Roger Leloup se présente comme une oeuvre accomplie, longuement mûrie et qui va toujours plus loin que la précédente. Son travail demeure classique parce qu’il appartient à l’héritage fidèle d’une époque où la BD s’écrivait, en textes et en images, comme une création littéraire qui devait affronter l’épreuve du temps. Jamais Leloup ne se servira des procédés faciles et souvent gratuits de la science-fiction moderne, vite faite et vite consommée. Une des grandes qualités de l’auteur, c’est son sens d’observation d’une justesse incroyable. On plonge dans un bain d’authenticité pour en ressortir trempé d’émotion et d’émerveillement.
Ce 24ième album a pris plus de quatre ans de travail intensif, jusqu’à 70 heures par semaine. Dire qu’un scénario ou un dessin de Leloup est soigné et envoûtant serait un euphémisme. Scénariste chevronné et dessinateur sensible par son trait méticuleux et délicat, mais avec une ligne puissante, il fait partie de ces maîtres sans lesquels la BD réaliste ne serait pas tout à fait ce qu’elle est dans son meilleur. Dans une narration au rythme haletant et condensé, chaque séquence développe progressivement une intrigue de plus en plus étoffée par la rencontre de personnages troublants et la découverte de décors insolites qui se résument en un seul mot: fascination.
Dès les premières pages du présent album, le suspense surgit sous la forme d’un mystérieux hydravion qui coupe la route du Catalina que pilote Yoko au-dessus de l’Amazone. C’est de cette façon surprenante et rapide que l’auteur introduit une nouvelle héroïne qui deviendra attachante et très importante comme nouvelle compagne de Yoko. Il s’agit d’une jeune fille de quatorze ans, dont le père écossais et sa deuxième mère d’origine russe ont tous deux un penchant pour l’alcool, l’un pour le whisky et l’autre pour la vodka. Cette adolescente en pleine crise d’identité se nomme Émilia; un surnom qui nous fait penser à la célèbre Amelia Earthart, la première femme à traverser l’Atlantique en 1928. C’est sans licence nécessaire qu’Émilia pilote un biplan pour pulvériser de l’insecticide. Elle se présente comme une aventurière sans peur et sans complexe, doté d’un sens de l’humour à toute épreuve, mais aussi de sautes d’humeur propres à son âge que Yoko lui aidera à maîtriser.
Émilia est plus qu’une bouffée de fraîcheur et de rajeunissement dans ce nouvel album, elle traduit la grande sensibilité de son créateur pour rendre ses héroïnes de papier vivantes et touchantes. La mère biologique d’Émilia lorsqu’elle est partie pour son dernier récital, lui a dit: « Je te laisse mon coeur dans le tien… prends-en soin! » Plus tard, Émilia retrouvera dans un endroit imprévisible le violon réparé de sa mère, qu’elle avait brisé parce qu’elle ne pouvait pas parvenir à jouer comme elle. Yoko lui dira, avec toute sa sagesse orientale: « La passion se transmet, mais la virtuosité se gagne… » À la fin de cet épisode, Leloup nous annonce indirectement une suite très attendue à cette nouvelle amitié, en proposant une rencontre en Allemagne avec Ingrid Hallberg qui conseillera Émilia dans ses études musicales. Pour mieux enraciner cette amitié entre ses protagonistes vedettes, en plus d’être toutes les deux pilotes, Émilia et Yoko partagent une expérience similaire pour l’origine de leur surnom d’enfance: celui d’Émilia vient d’une marionnette et celui de Yoko vient d’une poupée.
La présente mère d’Émilia est nulle autre que la comtesse Olga qu’on a rencontré dans l’album L’OR DU RHIN. Avec la complicité d’un riche Allemand du nom de Krüger, elle tente de percer le secret du « Temple de fer », un complexe sidérurgique abandonné en pleine jungle amazonienne. Lors d’une plongée sous-marine, Émilia dévoilera à Yoko un mystérieux lingot de métal inconnu qu’elle a caché à bord d’un sous-marin englouti. Un météorite tombé en pleine forêt équatoriale est à l’origine de ce rare métal aux propriétés remarquables. En 1936, une firme allemande exploita une des particularités de ce précieux métal pour fabriquer des obus antichars afin de détruire les blindés russe au début de la Deuxième Guerre. Après la guerre, les Russe prirent la relève en achetant aux Allemands une scierie secrète camouflée en plein coeur du Brésil. Leur mine fut abandonnée en 1962, au moment où les soviétiques retirèrent de Cuba leurs missiles pointés sur l’Amérique. Malheureusement ils oublièrent un missile encore opérationnel malgré la rouille, entreposé au Brésil et pointé sur la Floride.
Sur ce fond d’histoire, Leloup élabore une fiction originale aux rebondissements inattendus. Dans ce lieu maudit du « Temple de fer », Olga retrouve sept corps en hibernation. Chaque corps possède une micro-puce dans l’épaule, contenant un code. Le septième code, le dernier, a disparu du corps du père d’Olga. Il se cache dans l’oreille d’un chien du nom de Raspoutine, sous la forme de sept lettres en caractères cyrilliques. Avec humour, Yoko avouera que c’est Émilia qui « lui a mis la puce à l’oreille » pour mettre la main sur ce code ultime qui permet de contrôler une ogive nucléaire. La menace apocalyptique est renouvelée et renchérie par le soin apportée à chaque mot du scénario où le « Temple de fer » se transforme en « Portes de l’enfer » et les codes deviennent « les doigts de la mort », car à la moindre manipulation erronée, peut renaître un Tchernobyl au superlatif. En parfaite harmonie avec le texte, le dessin fouillé nous donne aussi des frissons. De la matière active du météorite enfoui dans le sol phosphorescent, s’échappent des feux follets qui se déplacent par antigravitation. Des images impressionnantes et troublantes surgissent de l’énergie qui se dégage lorsqu’elle rejoint la brume nocturne chargée d’électricité. Parmi les autres images inoubliables, nous voyons un injecteur de fluides électriques puissants qui dépassent les machines infernales du film expressionniste MÉTROPOLIS de Fritz Lang. Toujours dans cette belle tradition du cinéma classique, comme dans LE SEPTIÈME SCEAU d’Ingmar Bergman, pour ouvrir la porte de l’au-delà et éviter la mort, on joue une partie d’échecs.
Au moment où l’on croit avoir atteint les limites de la peur, Leloup nous entraîne dans un dénouement cataclysmique de très haute tension physique et psychologique. Il faut extraire le météorite bourré d’énergie redoutable; le coeur de ce dernier filera vers le ciel comme une comète emportant sur son passage le missile nucléaire qui s’armera en altitude et explosera au milieu de la matière antigravitionnelle pour produire un ouragan de fin du monde. Il faut absolument voir et revoir la séquence du dénouement, impossible à décrire juste avec des mots… Jamais la thématique de la fin des temps, si présente dans les médias actuels, n’a été traitée avec autant de brio et d’imaginaire. Avec beaucoup de maturité psychologique, chez Leloup, tout danger, même apocalyptique, s’accompagne de valeurs éthiques qui permettent d’espérer et de croire à un futur meilleur, grâce au courage et au sacrifice qui ne peuvent naître que dans une amitié profonde et sans frontière.
Ce dernier album paru ne fait que renchérir le succès grandissant d’une série qui ne vieillit pas à cause de sa thématique universelle ancrée en chacun de nous, fragile passager sur une planète de plus en plus menacée. Chaque récit s’attarde sur le bouleversement des forces extérieures enfouies dans la matière et l’énergie que Leloup traduit à merveille par des symboles comme ceux du vent, de l’eau et du feu. Grâce aux forces intérieures de ses héroïnes, parfois avec l’aide de certains personnages masculins, on apprivoise les forces déchaînées de la Terre-Mère. Ils sont très rares dans le 9e art ces personnages aussi complets et fascinants qui nous étonnent d’abord et nous charment ensuite, comme Yoko dans le passé et Émilia dans le présent. Ainsi, chaque aventure de Yoko cultive un humanisme où la faute et la rédemption donnent une âme au récit. Cet album émouvant dégage un charme sublime qui transforme le lecteur en prisonnier consentant et extasié. Vous ne quitterez pas la lecture avant d’être arrivé, à regret, à la dernière page.
Richar Langlois


























