Les dessinateurs de BDs ont au fil des épisodes des choix fondamentaux à faire, d'un côté des personnages qui vieillissent ou se marient, de l'autre des jeunes ou moins jeunes étenel. Yoko est dans la 2e catégorie.
D'un côté des rencontres durables sur plusieurs aventures, de l'autre des personnages à l'entourage à peu près fixé. Yoko appartient cette fois à la 1e catégorie.
Pour certains l'époque est à peu près fixée, pour d'autres elle évolue.
Le but du héros peut-être précis (Thorgal veut simplement vivre avec sa femme et ses enfants) ou peut être davantage de courrir l'aventure dès que l'occasion s'es présente.
Tous ces choix ont leurs avantages et leurs inconvénients. Les héros qui vieillissent sont plus humains, plus faibles, pour prendre un exemple hors de la BD fourni judicieusement par Luctérios, Ulysse est resté absent 20 ans de chez lui. Il a vécu une aventure digne d'être racontée 3 milles ans plus tard, mais maintenant il va faire sauter ses petits enfants sur ses genoux, avec sa femme à ses côtés, pas question de repartir. A l'inverse un Demi-Dieu comme hercule peut connaître des aventures à l'infini, seule l'assassinat l'empèchera de poursuivre. Les personnages de BDs sont des Ulysses ou des Hercules. Buddy Longway est un Ulysse et Yoko Tsuno est un Hercule (plus cérébrale, mais, bon...)
La jeunesse permet de prolonger à l'infini les aventures, mais ferme la voie à quelque chose de profond chez l'homme, tout en nous faisant rêver. Quelles sont vos réactions, vos idées ? 
La vérité naît de la contradiction. Donner ses arguments, c'est reconnaître que l'on peut avoir tort.
l'art est un aliment pour la piété du pauvre peuple. Détruisez l'art, déformez le goût d'un peuple, et vous lui oterez sa piété.
Excellente question
Moi je dirais que ce n'est pas la vie, c'est de l'art... La liberté que l'art prend sur la vie...Simplement les genres ont des conventions, et celle des héros qui ne vieillissent pas, tout en faisant des rencontres qui s'inscrivent dans une chronologie, est presque systématique dans l'école hergéenne... Le non-vieillissement est très ancien en bande dessinée, c'était le cas par exemple dans Bécassine, la Famille Fenouillard, Les Pieds-Nickelés première époque de Louis Forton, Zig et Puce, et il doit y avoir des exemples américains du côté de Flash Gordon et autres... Il me semble que l'introduction d'une chronologie (par exemple celle des rencontres et de la construction des relations humaines) fait partie des éléments que les générations Hergé, Franquin... ont généralisé. Mais sans-doute y a-t-il de meilleurs historiens de la BD que moi.
Mais il est vra que j'ai l'habitude surtout de la BD classique (avec des "Hercule") et il est vrai que ça ne m'avait pas effleuré l'esprit. Je le prenais comme une convention de genre sur laquelle on ne se pose pas de question, comme de savoir que le cinéma muet ne parle pas, que la tragédie classique est en vers et que les héros de Zola sont conditionnés par leur hérédité...
Merci donc d'avoir posé la question, pour ma part je vais y réfléchir un peu et sans-doute lire des BD "modernes" comportant des "Ulysse", ça me fera voir les choses autrement... 

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Tout à fait d'accord, c'est de l'art, c'est pour cela que ce choix se pose. Tu fais judicieusement remarquer que ce choix s'apparente à celui d'un genre littéraire. Il me paraît que toutes les voies, ici sont bonnes, comme la tragédie la comédie ou le roman historique sont des voies différentes mais toutes exploitables. De même que ces différents genres permettent de rendre ou pas certaines choses (la tragédie par exemple n'est pas faite pour l'écoulement du temps) en BD ces genres ne permettent pas exactement les mêmes choses. La question n'est donc pas quel est le meilleur genre, ils sont tous bons, mais que permettent-ils? pourquoi un auteur en choisit-t-il un plutot qu'un autre ?
Enfin on peut noter que le genre "hercule" permets plus d'évasion, plus d'aventures, et notamment est adapté à la succession (de quoi relancer le forum correspondant), et pourrait à priori être prolongé indéfiniment par de nombreux auteurs. alors que les héros qui vieillissent ont un horizon, une fin, une évolution ultime, et ne peuvent donner lieu qu'à un nombre fini de BDs.
La vérité naît de la contradiction. Donner ses arguments, c'est reconnaître que l'on peut avoir tort.
l'art est un aliment pour la piété du pauvre peuple. Détruisez l'art, déformez le goût d'un peuple, et vous lui oterez sa piété.
Je suis d'accord avec toi, sauf que dans le cas Thorgal, à terme c'est son fils Jolan qui deviendra le héros principal ! Du moins si la série dure jusque là...
J'ai moi-aussi une faiblesse pour les Ulysse, plus humains que les Hercule. Mais il ne faut pas oublier qu'Hercule aussi était marié... Bon d'accord, on lui a piqué sa femme, ce qui lui a permis de reprendre ses aventures au lieu de pouponner. Dans Thorgal, Van Hamme doit user de toutes sortes d'expédients pour empêcher son héros de rester tranquillement au coin du feu, ainsi ce destin qui irrite les dieux.
Oui, tu as raison, que le fils prenne la relève c'est une solution interessante, c'est le moyen de prolonger l'aventure (c'est d'ailleurs le moyen qu'a choisi la vie.)
La vérité naît de la contradiction. Donner ses arguments, c'est reconnaître que l'on peut avoir tort.
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La voie où les personnage ne vieillissent pas, ne donne-t-il pas la chance de pouvoir prendre un album en toute indépendance des autres (à l'exeption de suite bien défini, comme "Le secrêt de la Licorne" et " Le trésor de Rakam le Rouge")?
Certains personnages reviennent, mais l'album précèdant n'aura aucune influence sur le déroulement de l'album présent.
Alors que dans un cas où les personnages veillissent, il y a une suite donnée qui doit être prise dans l'ordre pour une meilleur compréhension du total de l'hisoire.
En bande dessinée, contrairement à la grande majorité de la littérature (je sais qu'il y a des trilogies et autres format de suite, tel H. Potter), il n'y a pas que un livre pour un groupe donné de personnages. L'ordre de lecture y a rarement une importance. Le série de Yoko peut-être lue dans n'importe quel ordre, elle sera toujours compréhensible. Je crois que c'est une liberté qu'apporte le "non-vieillissement" des personnages.
Sopid, encore en vie!
Oui, il est cependant bon de lire le Trio de l'Etrange en premier, qui fonde le dit Trio.
Quant aux albums des vinéens, Le Trio de l'Etrange (encore), introduit La Forge de Vulcain (Khâny leur donne une boule lumineuse et aimanté pour les prévenir de venir), puis la Forge de Vulcain introduit Les 3 Soleils de Vinéa (Pareil, Khâny leur donne un poste de TV pour pouvoir communiquer, à la fin de la Forge de Vulcain).
Pareil aussi pour La Spirale du Temps..., qui introduit les autres, qui, il est vrai, à partir de là, peuvent être lus dans n'imlporte que ordre.
Disons qu'il y a des albums clés qui se doivent d'être lus avant les autres....

En effet, il y a tout de même un certain nombre d'albumes clés, mais, à part ça on peut lire les BDs dans le désordre.
Un autre choix à faire pour les auteurs de BDs est le niveau de science fiction. Autoriser oui ou non le voyage dans le temps, le dépassement de la vitesse de la lumière, l'hibernation, etc.
On voit clairement que Leloup avait tout d'abord décidé de respecter toutes le lois physiques. Mais il a été amener à les remettre en cause par la suite.
Dans le trio de l'étrange les vinéens ne peuvent pas dépasser la vitesse de la lumière.
Dans "les Trois Soleils de Vinéa" ils le peuvent, mais dans un tube d'onde privé de lumière.
Maintenant le Ryu le peut à "espace libre"
La machine à remonter le temps apparaît.
Il est interessant de voir comment Leloup a changé ses règles pour le besoin de ses BDs.
De toute façon comme le disait Jean Racine : "La principale règle est de plaire et de toucher. Toutes les autres ne sont faites que pour parvenir à cette première". De ce point de vue c'est un succès pour Leloup.
La vérité naît de la contradiction. Donner ses arguments, c'est reconnaître que l'on peut avoir tort.
l'art est un aliment pour la piété du pauvre peuple. Détruisez l'art, déformez le goût d'un peuple, et vous lui oterez sa piété.
Moi, c'est justement ce choix de respecter les règles physiques qui m'intéressait : comment Leloup s'en sortait-il ? Le fait de les remettre en question m'apparaît un peu comme une "trahison" des premiers, un peu comme si il avait choisi des solutions de facilité. C'est peut-être aussi pour ça que j'aime beaucoup moins les derniers albums. Dans les premiers, on était dans une série "réaliste", avec les derniers, on part totalement dans l'imaginaire, alors que ce n'était pas vraiment les postulats de départ...et qu'il y a d'autres bds franchement "imaginaires" pour cela !
Maintenant, comme d'hab, ceci n'engage que moi !
On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.
En effet, ça peut être vu comme une trahison, d'un autre coté, "Le Trois Soleils de Vinéea" est un Album excellent, et il n'aurait pas pu avoir lieu sans que Leloup remette en cause ses règles, de même que "La spirale du temps", un des meilleurs aussi. Par contre dans les derniers Tomes l'auteur se laisse aller à utiliser le voyage dans le temps "seulement pour le plaisir" et là c'est déplorable.
-Edité le: Vendredi 26 mars 2004 à 09:08 par Kaldorion-
La vérité naît de la contradiction. Donner ses arguments, c'est reconnaître que l'on peut avoir tort.
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Je pense aussi que c'est interressant d'avoir une évolution, plutot que de figer les aventures dans le meme aspect scientifique... ceci dit, je trouve ausi parfois qu'il y a trahison à certains points de vue... 
Von Schnappi Krocovitch Yaourtski de Bergerac, KrocoSoup onctueuse a base de Danone et Fils de Maitre Yaourtberg...
Roger Leloup s'est arranger pour ne pas avoir les contraintes rigides de l'espace et du temps, ce qui est une bonne chose puisqu'il peut placer son héroïne dans toute les situations possibles et imaginables.
Les 3 soleils est effectivement l'album charnière, (excellent) qui affranchit yoko des contraintes terrestres. Ensuite il y a eu Yoko sur terre, et Yoko et les Vinéens.
Puis est arrivée Monya et son translateur et c'est la que ça se complique car s'ajoute un troisième cycle : "temporel"
Monya est indissociable du translateur et c'est à mon avis une contrainte scénaristique du fait de la multiplication des personnages récurents.
Si Leloup avait placé son translateur chez les Vinéens, - chez eux tout est imaginable - On aurait très bien imaginé une Yoko se débrouiller seule avec sa machine à voyager dans le temps.
De plus cela aurait permis une passerelle plus souple entre l'univers Vinéens l'univers terrestre.
J'aimerai bien savoir pourquoi Roger Leloup a créer ce troisième cycle temporel et pourquoi il ne l'a pas associé à l'univers Vinéen.
Moi j'imagine bien Yoko avec un super Colibri spatio-temporel de technologie vinéenne, planqué sur terre.
Ca, c'est une idée ! 
Je ne verrais pas le translateur sur Vinéa. Pour moi, il s'agit d'une technologie terrienne, et les vinéens ont déjà des machines à voyager dans le temps (le Ryu, par exemple !). Je pense que Leloup cantonne le Translateur à la terre, parce que peut-être qu'il ne peut pas aller plus loin que l'espace proche ?
-Edité le: Lundi 29 mars 2004 à 13:32 par Gobol-
On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.
Je viens de relir ce tres vieux topic, et avec le recule je me dis que les idees sur le forum ont bien change. Ici par exemple il semble inconsevable de voir le translateur revele aux vineens, alors que dans un des topics des scenarii justement, c'est une des idees de bases.

Membre de :
"Ceux qui y sont arrivés 2 fois"

Je ne sais pas si ce sont tellement les idées qui ont changé. à l'apoque déja il y avait des partisans de la rencontre Vinéens-Monya. Je crois que c'est une question d'intervenant.
La vérité naît de la contradiction. Donner ses arguments, c'est reconnaître que l'on peut avoir tort.
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