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Cinéma: vos impressions et critiques

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Hallberg
(@hallberg)
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En attendant le commentaire que Thalie nous a promis, je mets mon grain de sel, car, oui, j'ai fini par le voir (un jour où je n'avais pas envie d'attendre le nouveau film de Michel Gondry, la première européenne d'un film des années 1980 de Miyazaki, où je ne me sentais pas le coeur assez bien accroché pour aller voir Mon nom est Tsotsi et où je n'étais pas motivé pour me payer une cinquième séance de Volver ou de Cars.

Superman returns (Singer)

Beau générique dans les critères habituels du genre, avec lettres ombrées surgissant à l'horizon. Le reste est partiellement à l'avenant, puisqu'on a conservé une bonne dose de conventions de genre (ces choses qui deviennent des poncifs dès qu'on s'en sert sans un minimum de goût). Ainsi Superman porte-t-il toujours une sorte de collant, une cape (il n'est peut-être pas très fan de Brad Bird), il se change toujours en arrachant son costume, dans les ascenseurs, les cabines téléphoniques et les ruelles désertes, et il a une petite bouclette sur le front. Le style, globalement, emboîte le pas et reste intégralement dans les critères du divertissement hollywoodien à grand spectacle, et le film hérite la convention de la bande dessinée: des années 1930 à nos jours, le héros ne vieillit pas.
On n'aura certes pas, ici, un super-héroïsme revisité. Pas de noirceur grandiloquente, lyrique et baroque comme chez Burton, pas plus que la modernisation assumée de Singer lui-même dans ses X-Men. Mais on échappe aussi au pire, à savoir à la tentation du mythe "revisité" à la façon foutage de gueule dans le vent (jeunisme, hip-hop et trucs de ninjas*). Donc au fond, tout va bien.
La bonne surprise du film, comme souvent, c'est le méchant, Lex Luthor, que Singer transforme réellement à sa guise: foin du style fourbe et cruel, mafieux sardonique ou brute épaisse. Le méchant 2006 est un dandy excentrique, la plupart du temps très maître de lui-même, étonnant d'ironie et de cynisme façon grand bourgeois de roman.
Côté "gentils", Singer, en raison de la faible marge de manoeuvre qu'il s'impose, semble ne pas aller jusqu'au bout de certaines de ses (bonnes) idées. Superman fait un usage indiscret de sa vision passe-murailles et de son ouïe fine, il souffre d'être deux personnes à la fois, il doit faire bonne figure devant une Loïs Lane qui vit avec un autre homme et qui écrit des articles anti-Superman lui valant le prix Pulitzer. Plus encore, Superman a une maman, Superman se découvre un fils, Superman se sent seul mais les applaudissements lui font plaisir. C'est donc décidé, on verra un peu ce qu'il y a sous la cuirasse, le héros doutera quelque-peu et on se demandera même s'il sert à quelque-chose. Point de doute à ce propos au final, car au fond, il redeviendra cet espèce de service public du sauvetage en tous genres beaucoup mieux mis en évidence par Raimi et Bird. Comment ne pas avoir réussi à développer au moins quelques unes de ces pistes dans un film aussi long?
C'est que dans le genre du grand spectacle, Singer a vu large. Malencontreusement, cette largesse s'exprime principalement par de la durée et de l'accumulation, par des séquences d'action prolongées à l'extrême par quantité de plans redondants. Comme le King-Kong de Jackson, mais sans l'ironie dans l'excès, et sans la maestria plastique et stylistique. Les nombreux plans truqués se situent entre deux univers: sans la "présence" et l'ambiguïté proche de la prestidigitation caractéristiques du trucage classique, mais sans l'aspect indétectable et la fluidité qui font le prix du trucage numérique. De sorte que, sur grand écran, le truc se voit mais laisse, en raison du numérique, une impression de paresse. Par bonheur, une partition parfaitement hollywoodienne aide à reprendre pied, à éviter un sentiment de décadence d'un certain cinéma de genre.
Avec ces difficultés, l'accumulation de situations cousues de fil blanc ne parvient ainsi pas à décoller vraiment: d'une part, Singer n'ose pas assumer une véritable simplicité de ton et d'intrigue, pas plus qu'une vraie gratuité formelle qui auraient permis de voir son film comme de l'art pour l'art dans la lignée de Dave Fleischer. D'autre-part, on l'a vu, il ne va pas très loin dans la sophistication et dans l'introspection.
Au final, un film d'une certaine maladresse, dont le plus regrettable est probablement qu'il échoue à être une honnête série-B sans prétentions et un film de divertissement sans arrière-pensées. Singer a voulu se prendre au sérieux de temps à autres sans s'en donner les moyens, anéantissant la fraicheur naïve qui aurait pu sauver l'affaire - et comme pour le reste ça ne vole pas très haut...

_______
*On ne remerciera jamais assez au jeunisme de n'avoir jamais compris ce qu'étaient exactement les ninjas et de croire que ce sont des combattants vach'ment fun, voire des justiciers, voire des tortues...


Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler


   
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koko
 koko
(@koko)
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Merci beaucoup pour cet avis. Je vais donc attendre la sortie en vidéo de l'oeuvre, puisqu'elle n'est apparemment pas exceptionnelle (et qu'il me faut beaucoup pour me convaincre d'aller au cinéma).

J'aime bien le grand spectacle, surtout quand il est délibérément exagéré (certains passages du King Kong de Jackson sont à ranger dans cette catégorie, comme tout le cinéma de Ryuhei Kitamura, depuis l'ouverture de son premier moyen métrage jusqu'à la dernière minute de Godzilla Final Wars). Cependant j'avoue que quand ça se prend trop au sérieux je suis extrêmement exigeant.

-Edité le: Dimanche 20 août 2006 à 11:12 par koko-


Le cinéphile déviant


   
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Hallberg
(@hallberg)
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J'en ai discuté aujourd'hui avec un ami cinéphile et beaucoup plus porté que moi sur le super-héroïsme cinématographique, qui regrettait aussi l'indécision de Singer, ici incapable de trancher entre l'approche naïve du sujet (le film à grand spectacle où un surhomme merveilleux accomplit des exploits qui font rêver) et l'approche psychologisante (la réflexion sur les implications du pouvoir, de la célébrité et de la différence) - et finissant par rater les deux à force de vouloir les concilier. Singer assumait bien plus la seconde option dans ses X-Men, mais d'après la conversation que nous avons eu, il nous semble qu'il s'est littéralement perdu devant le poids, dans la conscience collective, des précédents (merveilles de style naïf) de Superman au cinéma.


Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler


   
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koko
 koko
(@koko)
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J'ai vu Bubba Ho-tep de Don Coscarelli. C'est assez surprenant de voir un héro vraiment vieux (je veux dire qu'il doit se déplacer avec un déambulateur et qu'il a du mal à tenir debout).

On est habitué aux héros censé être vieux mais encore parfaitement en forme (Clint Eastwood dans Impitoyable est un splendide exemple). Là pas de miracle hollywoodien.

Le scénario est convenu, si on admet le postulat de départ : Elvis Presley est encore vivant et habite désormais dans une maison de retraite où il s'est lié d'amitié avec un noir persuadé d'être JFK. Mais une momie débarque et viens sucer quelques âmes.


Le cinéphile déviant


   
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Xian
 Xian
(@xian)
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Bubba Ho-tep? Oh mon Dieu! Je l'avais vu celui-là, c'est malade comme film! L'ambiance de la maison de retraite paumée en plein milieu des USA est vraiment bien faite, mais l'histoire est franchement pétée, comme on dirait par ici. Des retraités/bras cassés, pis une momie qui sort de nulle part, c'est un peu comme si c'était un remake de Belphégor avec Sophie Marceau et Michel Serrault, mais dans le sens inverse au niveau du cadre: au lieu du « glorieux » Louvres au milieu de la « glorieuse » ville de Paris, dans la « glorieuse » France, on a une maison de retraite miteuse, dans un état paumé des USA... ça vaut néanmoins le coup de le voir, histoire de délirer un peu.smiley



   
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koko
 koko
(@koko)
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Dans le genre film maboule détournant les clichés du cinéma de genre j'aime bien aussi Wild Zero, l'unique film de Tetsuro Takeuchi. Une sorte de comédie musicale où un groupe de rocker japonais (incarné par un véritable groupe, Guitar Wolf) se retrouve confronté à une invasion de zombis. Ils se battent à coup de guitare-katana et bastonnent de manière incroyable pendant la moitié du film. Il y a aussi une romance entre le héros, un jeune idolâtrant le guitariste du groupe, et un personnage androgyne incarné par un véritable hermaphrodite (Kwancharu Shitichai dont c'est le seul film également), des méchants trafiquant d'armes et un vaisseau extra-terrestre de 3 kilomètres de long qui se fait couper en 2 par un homme seul.


Le cinéphile déviant


   
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Xian
 Xian
(@xian)
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Wow! Ça a l'air encore plus délirant que l'attaque de la Moussaka géante ou que la Moumoute sanguinaire, faudra que je trouve ça!smiley



   
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koko
 koko
(@koko)
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Xian a écrit Wow! Ça a l'air encore plus délirant que l'attaque de la Moussaka géante ou que la Moumoute sanguinaire, faudra que je trouve ça!smiley

En fait ça partage pas mals de points communs avec le célèbre Versus de Ryuhei Kitamura, mais en plus givré et en moins esthétique.


Le cinéphile déviant


   
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koko
 koko
(@koko)
Honorable Member
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Posts: 627
 

Etonnant, le Oliver Twist de Roman Polanski n'est pas aussi loupé que ce qu'on m'avait raconté. Je me suis visuellement régalé et j'ai trouvé que le coté caricatural du livre était bien rendu (des pauvres très pauvres, des méchants très méchants, un orphelinat très dur, etc.).

-Edité le: Vendredi 6 octobre 2006 à 23:12 par koko-


Le cinéphile déviant


   
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malko10
(@malko10)
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je suis tombé sur "studio" ds la salle d attente du medecin tout à l'heure, c 'est vrai quer le cinéma est un sujet de discussion infini


Les intégrismes et les extremismes sont des refuges pour les plus faibles;
avec Yoko, faisons progresser la connaissance et l'amitié


   
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Docteur Mad
(@docteur-mad)
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Surtout que les méchants, vous l'aurez remarqué, sont souvent plus intéressants que les gentils dans le cinéma actuel - et c'est justice, hein. Dans le cinéma, le gentil est souvent lisse alors que le méchant est fascinant.


MOUHOUHOUHEÛHÂHÂÂÂÂÂÂÂÂÂÂ !!!


   
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koko
 koko
(@koko)
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Docteur Mad a écrit Surtout que les méchants, vous l'aurez remarqué, sont souvent plus intéressants que les gentils dans le cinéma actuel - et c'est justice, hein. Dans le cinéma, le gentil est souvent lisse alors que le méchant est fascinant.

Ca dépend. Il y a des films sans gentils ni méchants. Ou avec que des méchants (ah, Ichi the Killer, ça décoiffe).

-Edité le: Dimanche 15 octobre 2006 à 17:06 par koko-


Le cinéphile déviant


   
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Thalie
(@thalie)
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Hier soir, je suis allée voir Le Parfum.
C'est une adaptation du roman de Patrick Suskin (mince, je ne connais pas l'orth !).
J'avais essayé de lire ce bouquin il y a quelques années, mais j'avais abandonné car il me stressait trop.
Alors je me suis dit, qu'avec le film, je pourrais enfin connaître la fin.


"La terre est bleue comme une orange"
Paul Eluard

"Le chat est entré dans la cage aux lutins"


   
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Val
 Val
(@val)
Noble Member
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Dit, toi qui a lus (au moins le début) du bouquin, je voudrais savoir si il est bien adapté? parce que j'ai lu le bouquin et bon, je me méfie souvent des adaptations. Il est bien ce film???


Chouette Fantome

Appelez-moi Sensei ^^

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Indéplaçable
Pancarte


   
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Thalie
(@thalie)
Famed Member
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Posts: 4287
 

Je ne sais pas si vous connaissez l'histoire, mais c'est un homme : Jean Baptiste Grenouille, qui n'aurait jamais du vivre. Pourtant, il s'accroche à la vie et a un don particulier. Il a un odorat surdéveloppé.
Son obcession est alors de trouver comment préserver les odeurs, pour qu'il puisse se fabriquer un parfum parfait.
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Pour l'adaptation, j'avais une impression beaucoup plus noire du livre que du film. Le film m'a fait beaucoup moins "peur"... et je dois dire que j'ai trouvé une des scène finale très légère !
Une amie ayant lu le livre jusqu'au bout m'a révélé que ce n'était pas décrit comme ça.

Panneau haut
Avis à la population, ceux qui n'ont ni lu, ni vu le film, ne doivent pas lire la suite :
Pancarte

Quand Grenouille doit se faire sanctionner pour ses actes. Il monte sur l'estrade du boureau. Et là il ouvre son parfum et le "vaporise" au dessus de la foule. Tout le monde se met alors a aimer son prochain, on les voient se déshabiller... et ça se termine presque en pa**ou** (vous m'avez compris) générale. Je dois dire que ça m'a assez surpris

Une autre chose, est que le personnage du film est moins répugnant que ce que m'avait inspiré le personnage du bouquin.
Dans le film, il a un certain charme, un regard très naif. Il faut dire que l'acteur est vraiment bon !


"La terre est bleue comme une orange"
Paul Eluard

"Le chat est entré dans la cage aux lutins"


   
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