Je sais qu'il va y avoir des grincements de dents en lisant ce sujet. Mais j'ai besion de connaître l'avis d'autres personnes sur le CPE, je rappelle Contrat de Première Embauche. Mon lycée même privé est bloqué depuis mercredi et j'avoue qu'avec toutes les critiques que j'entends je ne sais plus trop où j'en suis. Etant à Nantes (ou tout près), des manifestations sont organisées un peu partout.
Surement certaines personnes en ont marre d'en entendre parler mais bon tanpis. Si ce sujet gène il pourra être supprimé.
Merci pour votre compréhension
"L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs." Oscar Wilde
Le sujet n'a pas de raison de déplaire, si l'on s'en tient à la tradition du forum: pas d'obstruction, pas de prosélytisme, politesse et débat d'idées loyal. J'espère en donner moi-même un exemple à peu près valable.
Sur le CPE, lui-même.
Dans ce que j'en comprends, la logique de ce projet serait simple s'il n'y avait une grosse ambiguïté.
À l'évidence, il s'agit de donner aux employeurs une motivation pour créer des emplois, en leur faisant des conditions favorables. En soi ça n'a rien d'extraordinaire, c'est un mécanisme conventionnel de la politique sociale, avec la traditionnelle alternative aide à l'employeur/aide à l'employé dans le débat droite-gauche. Rien de nouveau.
Ce qui, de mon point de vue, relève de la grosse ambiguïté, c'est la fameuse clause de résiliation des contrats sans justification.
Si l'on se plaçait dans le meilleur des mondes, dans des rapports parfaitement francs et rationnels entre employeur et employé, ceci ne poserait aucun problème. Un employeur ne renverrait un employé que parce que celui-ci n'a pas les compétences nécessaires ou qu'il a fait preuve d'une mauvaise volonté manifeste. Un employé reconnaîtrait une faute s'il en avait fait une et accepterait la sanction. De plus, un employeur ne licencierait pas un employé pour un problème que l'un et l'autre ne sauraient pas régler.
Si l'on se place dans un contexte de rapports humains (malheureusement) réalistes, il est évident que l'absence de justification à donner en cas de licenciement ouvre un énorme risque de renvoi sans faute pour des raisons de tête du client, de compatibilité d'humeur personnelle, de favoritisme ou autres; de plus, il y aurait peu de remparts contre l'exercice d'une pression de l'employeur sur l'employé sur le mode du chantage au licenciement; enfin, et c'est là une conséquence peu évoquée ces jours-ci, mais qui me vient à l'esprit: on peut penser que les employeurs eux-mêmes seront victimes de l'affaire. En effet, en leur donnant l'impression qu'embaucher et licencier sans cesse est facile, ce système ne risque-t-il pas d'habituer certains à une pensée à court terme?
Or c'est dans la deuxième solution (la vie telle qu'elle est) qu'il est légitime de craindre une malhonnêté intellectuelle de la part du législateur. Il serait absurde d'imaginer que nos ministres s'imaginent la situation "idéale" où tout le monde est franc et rationnel. Ils sont censés être capable de se rendre compte qu'une procédure de licenciement sans justification, même si elle constituera une décongestion utile chez les quelques personnes loyales de l'affaire, donnera aux personnes déloyales l'occasion d'exercer des prérogatives arbitraires - licenciements rationnellement injustifiés, pressions, mauvaise foi en général - qui, comme le craignent de nombreux mouvements d'opinion actuels, pourrait s'avérer réellement créateur de précarité.
Je pense donc, sur ce sujet, que l'actuel dérapage visant, dans chaque camp, à faire passer ses vues en force, est une impasse. Il est nécessaire, à mon sens, que le débat démocratique se poursuive pour mettre en lumière toutes les lectures possibles du sujet - et pour ceci, mais je sais que c'est idéaliste, il faudrait à mon avis que d'une part le gouvernement renonce à toute vélléïté de passer le texte en force, et que d'autre-part les mouvements syndicaux et autres renoncent à exercer la pression de la rue. Que, donc, l'affaire cesse d'être un combat de grandes gueules pour redevenir un débat normal. Ce qui, dans le contexte français, est parfois assez difficile.
Du reste, personnellement, mon impression personnelle est pour l'instant qu'il faudrait renoncer à ce texte, en raison des craintes que je viens de résumer. Je m'inscris plutôt, donc, dans le camp des "anti-CPE" sur le plan des idées, mais je veux que cette question se règle dans le débat parlementaire et citoyen normal, pas par un échange de pressions en tous genres comme actuellement. Fidèle au principe de la démocratie représentative, je crois à l'idéal démocratique qui s'oppose à la prééminence tant de l'oligarchie que de la rue. Co Dans ce sens, j'ai écrit au député de mon arrondissement et je tente de rencontrer et d'interroger sur ce point des personnes représentant les principaux partis politiques, afin de forger mon opinion en ayant une variété d'ouvertures sur le sujet.
Sur l'actualité, les grêves et les blocages.
Droit de grêve et de manifestations sont des droits imprescriptibles du citoyen. L'exercice de ces droits n'a pas à être empéché même s'il est soumis à des règles en encadrant les modalités (comme n'importe quel droit). En revanche, naturellement les débordements ne sont naturellement pas admissibles - l'on sait que les violences sont majoritairement le fait d'une part de casseurs pathologiques, d'autre-part d'extrémistes, tout ceci ayant des effets foncièrement défavorables aux manifestants sincères. Enfin bon, je ne pense pas qu'il se trouve de gens raisonnables pour cautionner violence et casse.
Mais également, et ceci n'a pas l'air d'être une évidence, l'occupation d'universités ou de lycées n'est pas un droit.
Certains ont l'air de le considérer comme un moyen d'action normal, mais il semble pourtant que cette façon de faire est contraire au principe fondamental de liberté d'opinion. Un vrai démocrate ne peut pas vouloir empécher les autres d'user ou de ne pas user à sa guise de son droit de grêve; il ne peut pas vouloir imposer son opinion à un autre, il préférera débattre avec lui pour défendre son point de vue. Il en résulte que ceux qui limitent la liberté de mouvement et le droit d'accès à leurs études ou à leur profession d'autres personnes, ne me semblent pas avoir intégré les principes fondamentaux de la liberté individuelle. Je pense qu'il y a une hypocrisie à se réclamer de la démocratie quand on force la liberté d'autrui. Et pour cette raison, je trouve illégitimes les occupations et toutes les autres méthodes pour forcer à la grêve ceux qui ont le droit imprescriptible de ne pas faire grêve, d'être contre la grêve ou même de ne pas manifester d'opinion.

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
CEP? Je crois que ça veut dire "Centre de la Petite Enfance" ici...
Le droit de grèver? Ici, et j'ai honte de le dire, notre gouvernement, devant la multitude qui grèvait contre lui, a fini par imposer une loi spéciale. Les enseignants et plusieurs autres "employés du gouvernement" n'ont pas le droit d'exercer de moyens de pression, dont a grève, pendant 5 ans. Belle démocratie! Belle façon de répondre aux citoyens qui tentaient de rappeler à leur gouvernement qu'il est là pour nous représenter...
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
Je pense soulever des objections, mais pour moi le droit de grève, s'il n'est pas question d'en remettre en cause le principe fondamental, n'est pas une condition nécessaire et suffisante au caractère démocratique d'un Etat. En l'occurence, dans son principe, il ne consiste pas à s'adresser à l'Etat, mais à son employeur en général (et donc, l'Etat pour ceux qui l'ont comme employeur). Il consiste à cesser le travail afin de manifester son désaccord avec celui-ci.
On assimile souvent les restrictions apportées au droit de grève à de l'autoritarisme et à une diminution de la protection des citoyens, mais on oublie que dans les démocraties, certaines de ces restrictions ont pour but principal de protéger les citoyens les uns des autres dans le phénomène de "prise en otage". Ce phénomène se produit quand l'entité à laquelle on adresse sa protestation est différente de celle qui "subit" les effets de la grève, et fonctionne sur le mode suivant: si la partie adverse ne cède pas, le gréviste va embêter quelqu'un d'autre (son client qui devra se priver du service rendu, son employeur qui devra subir un manque à gagner...). Dans le cas des services publics, certains états européens ont des restrictions importantes allant de l'interdiction de la grève dans la fonction publique à la notion de service minimum. Considérer ces mesures dont l'objectif principal est d'assurer la continuité et l'égalité de traitement des usagers du service public (notions absolument essentielle au concept de service public souvent mises à mal) comme des accès d'autoritarisme visant uniquement à museler les protestations, revient à considérer les choses de façon univoque (même si le fondement n'est pas forcément injustifié, certains gouvernements pouvant être tentés de se réfugier derrière des arguments pour éviter une contestation). Dans le principe, considérer que l'usager d'un service peut bien prendre son mal en patience pourvu que moi j'obtienne satisfaction, considérer que je peux l'envoyer promener alors que c'est l'état que je cherche à interpeller, est à mon sens un déni de la notion même de profession de service (public ou non), et devrait n'intervenir que pour des cas très graves dans lesquels aucun autre mode d'expression ne fonctionne plus. Du moins, c'est avec cette conviction que je m'apprête à intégrer la fonction publique. Or il y a des moyens d'expression multiples que sont le droit d'expression et de publication, le droit de réponse par voie de presse, le droit d'association, le droit de se constituer personne morale pour ester en justice, le droit d'interpeller ses représentants, le droit de pétition, le droit de manifestation, etc. Souvent, quand les gens s'en prennent principalement aux restrictions possibles du droit de grève, je suis navré de le dire, il me semble que c'est parfois parce que la grève apparait comme le mode d'action le plus immédiat, le plus courant, et parfois aussi celui qui demande le moins de se creuser la tête pour se faire entendre.
Pour le cas qui nous intéresse, il me semble que l'usage du droit de grève (grève normale et raisonnable, pas en forçant les autres à le faire comme dans le cas des occupations d'établissements) et de manifestation (idem, de façon normale, pas en se tapant dessus), sont parfaitement légitimées par le mode d'action du gouvernement - lequel a usé d'un dispositif permettant de passer une loi "en force" contre l'avis du parlement, dispositif que l'on aimerait réservé aux situations d'urgence et non à une cuisine politique ordinaire. Dans cette situation, l'usage du droit de grève me semble légitime et l'existence de ce droit souhaitable, que l'on soit pour ou contre dans le débat du CPE (là n'est pas vraiment la question si l'on s'en tient à ces principes fondamentaux).

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
P.S.
Nous rencontrons apparemment, ici, une intéressante différence lexicale entre les Européens et les Canadiens.
Le verbe "grever" n'est pas employé chez nous au sens de cesser le travail pour manifester un désaccord. On parle de "faire la grève", "se mettre en grève", etc.
Les interprétations étymologiques de la grève sont diverses et souvent peu concordantes. Celle qui pour l'instant a la faveur de l'institution, chez nous, est celle qui vient du latin grava (sable, gravier), par association à la Place de Grève à Paris (actuelle place de l'Hôtel de ville), lieu de réunion ouvrière depuis le moyen-âge - elle-même par référence à la grève au sens du rivage ou de la plage. Dans cette interprétation, la grève (cessation de travail) ne peut pas être asociée au verbe "grèver" (surcharger, alourdir, ou au figuré, grever d'impots...) censé provenir de gravis (lourd, pesant). Dans ce sens, le verbe "grever" employé par Cherrydean serait un dérivé de la grève et non un emploi de l'autre verbe grever venant de gravis...
Evidemment, cette interprétation étymologique est sujette à caution, puisqu'il existe une multitude d'autres versions...

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
C'est ce qui fait tout le charme de la langue francaise canadienne.
Nous on dit bien faire des achats, ou pire faire du shopping, As t'on vraiment un verbe pour cette action?
eux ils ont tout simplement traduit le mot shopping.
TaberXXXXX......j'min va magasiner.
Ca n'a l'air de rien comme ca, mais je suis vulgaire pour les quebecquois. D'ailleurs Cherrydean m'a sensure 
Le CPE...
Pour info pour Cherry: C'est "Contrat Première Embauche", une proposition de notre gouvernement pour que les jeunes trouvent plus facilement du travail. Et comment? En facilitant durant une période maxi de 2 ans le licensiement de la personne embauchée. Un licensiement plus facile impliquerait une embauche plus facile.
Mais d'autoriser le licensiement sans motif est sans précédent en France. Cela peut te paraître naturel chez toi (je ne connais pas le droit du travail Canadien), mais chez nous, c'est considéré comme un affront au "modèle social français", et voilà pourquoi les jeunes sont dans les rues.
Qu'en est-il exactement? Un énième contrat de travail qui permet à un employeur d'embaucher un jeune avec une sorte de période d'essai pouvant aller jusqu'à 2 ans.
Honnêtement, hormis que l'un est à la destination exclusive des djeunz de moins de 26 ans, je ne vois pas trop la différence entre CPE et CNE.
Sur le fond, permettre de pouvoir licencier facilement sur une période maxi de 2 ans (stages et CDD préalablement effectués dans la société inclus dedans) est avantageux pour l'employeur. Qu'il puisse y avoir des abus, on ne peut le nier. Il y a déjà des abus avec le CNE, mais les patrons exploiteurs ne restent pas impunis.
Il y a le cas d'un boucher qui travaille dans un hypermarché (au rayon boucherie...), et qui a été licensié car il est venu faire ses courses habillé en jogging le jour de son repos.
Ou encore de cette femme qui déclare à son patron qu'elle est enceinte et qui reçoit une lettre de licensiement le lendemain...
Ces cas passent en ce moment aux Prud'Hommes.
Moi, je ne suis pas contre le principe du CPE/CNE, car je suis certain que ça va promouvoir l'embauche. Le licensiement sera plus facile, alors l'embauche sera une décision moins lourde, surtout pour une TPE. Mais la création du CPE, c'est prendre le taureau par les cornes.
Imaginez une TPE avec 2 ou 3 salariés: Si le patron embauche quelqu'un sur la foi d'un entretien, et se rend compte au bout de 3 mois que la personne embauchée est un boulet, il ne peut plus s'en défaire, tant que la personne ne fait pas une faute grave.
Mon père avait un cas d'école dans la société où il travaillait (il est à la retraite depuis 3 semaines, Youpi pour lui). Une femme s'était fait embaucher. 3 mois après, elle se fait porter malade. Arrêt maladie à durée indéterminée. Alors qu'il s'est avéré qu'elle était en pleine forme. Or, son mari était médecin, et avait un ami avocat... Ensuite, elle était en arrêt maladie à mi-temps (!). Et croyez que dans une entreprise d'une 15e de personne, ça a été particulièrement dur, car la situation économique de la société n'était pas au beau fixe, à la base.
Croyez moi aussi que les abus, ils ne viennent pas que des employeurs. Là où je travaille, je suis particulièrement bien placé pour voir bien des cas où c'est le salarié qui abuse. Mais l'employeur ne peut rien faire, même en cas de faute. Les Prud'Hommes donnant raison au salarié dans 9 cas sur 10.
Voilà, c'est l'état actuel des choses. Il n'est pas facile de trouver du travail car il n'est pas facile pour l'employeur d'embaucher.
Maintenant, le CPE/CNE fait peur. Il fait peur aux jeunes notamment car il induit la précarité. Car il est clair, et on ne peut pas le nier:
Un bailleur refusera logiquement de louer son appartement à quelqu'un en contrat précaire. Car il n'a pas les garanties suffisantes, et qu'en France, la protection sociale est telle qu'il est presque impossible d'expulser un locataire en défaut de paiement.
Villepin a obtenu un accord de la Fédération des Banques qui engage ses adhérents à accepter les dossiers de demande de crédits. C'est un voeu pieu. Dans le concret, pour un établissement bancaire, un CPE/CNE est précaire et un client "à risques" pour un crédit. Il refusera logiquement la demande de crédit.
(en même temps, les banques proposent des crédits à l'immobilier sur 30 ans ou plus. Est-ce qu'on est garantii de conserver son travail ou de n'être jamais en fin de droits un moment ou un autre d'ici 30 ans? je vous le demande...)
Maintenant, voyons comment cela se passe au Royaume-Uni:
Au Royaume-Uni, les actifs ne craignent pas le chômage. Si on te licensie, pas d'inquiétudes, on retrouvera un nouveau job dans la semaine. Pourquoi? Hé bien parce que c'est facile de licensier justement! Au Royaume-Uni, on est en CNE/CPE à vie.
Alors ça me fait rire les débats et positions des syndicats qui disent que le CPE est sans précédent en Europe. Bah oui, en UK, ça n'existe pas, c'est tout juste si on t'en fait signer un, de contrat! (Ils sont très peu formalistes. Nous on aime bien la paperasse).
Donc, si t'as un job, en UK, tu peux obtenir facilement bail, car le propriétaire peut aussi t'expulser avec un minimum de préavis! Mais pas d'inquiétude, si t'as un job, tu peux trouver rapidement un autre logement.
Quant aux Banques, pareil, elles offrent facilement des crédits, sans demandes de dossier béton. Pourquoi? Parce que les banques sont assurées par la Banque Centrale du Royaume-Uni. En France, les banques travaillent plutôt en concurrence avec la Banque de France.
Alors certes, ce n'est pas un système miraculeux. Il y a aussi beaucoup de laissés pour compte. Qui particulièrement? Les gens qui sont issus de l'ancien système, de la défunte ère industrielle où on avait un boulot à vie. Avec tout son tact et sa délicatesse, Tatcher a décidé de sacrifier toute cette génération (et leurs enfants) sur l'autel du Libéralisme. A ce propos, ça me fait revenir à un sujet traité il y a quelques mois: la délinquance. Les "racailles" en Angleterre, ce ne sont pas les enfants d'immigrés mais les enfants des classes sacrifiées. Comme quoi ce n'est pas la dans la culture d'un peuple qu'on devient délinquant, mais l'exclusion sociale.
Alors pourquoi j'évoque le Royaume-Uni?
Parce que beaucoup de jeunes (et moins jeunes) Français partent travailler au Royaume-Uni, parce que c'est plus facile de trouver un job. Alors maintenant on crie au scandale en voulant [barre]proposer[/barre] imposer (j'y reviens ensuite) un système qui puisse favoriser l'emploi?
Alors quand j'ai dit que Villepin prend le taureau par les cornes, c'est ce que je voulais dire: Si on veut libéraliser le travail, il faut libéraliser tout le système. Mais bien sûr, là, on nous refait mais '68 dans les rues.
Et pourtant...
On s'attache à un système qui a fait son temps, qui était très bien jusqu'en 1990, où on avait un emploi à vie, où on vivait encore à l'ère industrielle.
Mais c'est fini tout ça. On rentre dans la mondialisation. Certes, beaucoup la combattent aussi. Mais c'est un combat d'arrière-garde. Car en France, on aime les grandes idées philosophiques généreuses. Moi aussi j'aime bien. Mais c'est pas adaptable au système actuel, point. Alors ou bien on s'adapte, ou on propose autre chose. Pour les propositions, je vous écoute, mais je parle d'une proposition concrète et adaptable. Pas du genre: zigouiller les patrons, supprimer l'argent, rendre tout le monde égaux, ni Dieu ni maître, etc. Une proposition concrète, merci.
Par ailleurs, Villepin a très mal agi en ayant recours au 49-3 pour faire passer le CPE et en ignorant les syndicats. Même le Medef (premier intéressé) n'a pas été consulté! Et pour ça, je serais contre le CPE car il il a ignoré complètement la démocratie.
Qu'est-ce que la démocratie pour quelqu'un qui a toujours grandi dans les hautes sphères de l'administration, et qui n'a jamais été élu?
Alors les syndicats et le PS s'en sont donné à coeur joie. Sans pour autant faire des propositions concrètes. Surtout le PS, qui est un parti politique, et qui a donc le devoir de proposer des solutions. Mais actuellement à l'opposition, ils sont bien heureux d'avoir enfin un sujet de contestation qui peut leur redorer le blason!
N'y a-t-il pas de précarité actuellement? Les jeunes veulent un CDI?
Le CDI est un miroir aux alouettes: Il faut attendre l'âge de 33 ans pour voir 90% d'une classe d'âge bénéficier d'un CDI.
25% des moins de 25 ans sont en recherche d'emploi. En retirant en plus les étudiants, ça ne fait pas beaucoup de jeunes en CDI...
Il est rare qu'on sorte directement de ses études pour obtenir d'entrée un CDI. Sauf en ayant fait LA filière que tous les patrons s'arrachent (quelques spécialités d'ingénieurs, et pas toutes).
Et tant bien même on décroche un CDI, il faut voir aussi les salaires de misère proposés. Un SMIC pour un bac+5, c'est la réalité, pas de la fiction! Ah il est beau, notre système qu'on aime tant!
Donc, je pense qu'à défaut d'être une bonne solution, le CPE n'est pas une mauvaise solution. Mais plus que le travail, c'est la culture et la mentalité Française qu'il faudrait réformer. On s'attache à un système qui est obsolète.
Mais bon. Les jeunes semblent préférer les stages non rémunérés et les CDD...?
C'est ça le modèle social Français?
Enfin je vous conseille On vous rappellera de Sophie Talneau. Ce n'est pas un cas isolé, malheureusement.
Voilà. Si après ça on me dit encore coco (comme certains l'ont pensé ici, mêlant croyances religieuses et idéologie politique), je ne sais plus quoi faire. Je ne veux aucune étiquette. Les uns comme les autres se sont montrés catastrophiques une fois au pouvoir. Je suis en colère contre les partis politiques que l'on a en France, qui sont trop attachés à leurs idéologies respectives au détriment du bon sens. Car il y a des bonnes idées malgré tout chez les uns et les autres, mais ils ne peuvent s'empêcher de les accompagner d'autres idées complètement débiles.
Bref, on a une politique qui ne respecte pas la logique et le bon sens.
Quant au droit de grève, oui, je suis d'accord et ces jeunes ont raison de manifester. D'autant que je m'inquiéterais pour certains au vu des études qu'ils font (psy, histoire, philo... qui de toutes façons étaient déjà en galère pour trouver du travail). Ils ont raison car le peuple n'a pas été consulté sur un sujet qui est important et qui les concernent.
Mais on ne refera plus jamais Mai 68. en Mai 1968, les grèves ont tourné à l'émeute, à l'insurrection.
Maintenant, il n'y a plus d'insurrection, car les casseurs sont des gens qui ne sont pas concernés par les motifs de grève. Ils sont venus pour casser. De ce fait, ils discréditent le mouvement et tuent dans l'oeuf la véritable insurrection possible.
-Edité le: Samedi 18 mars 2006 à 12:47 par Oresias-

zeck a écrit C'est ce qui fait tout le charme de la langue francaise canadienne.
Nous on dit bien faire des achats, ou pire faire du shopping, As t'on vraiment un verbe pour cette action?
eux ils ont tout simplement traduit le mot shopping.
TaberXXXXX......j'min va magasiner.
Ca n'a l'air de rien comme ca, mais je suis vulgaire pour les quebecquois. D'ailleurs Cherrydean m'a sensure
Je n'ai jamais compris pourquoi un ouvrage de menuiserie, d'orfèvrerie, de marbre, etc. où l'on renferme le saint ciboire est considéré comme extrêmement vulgaire pour des Québécois.
C'est comme cette petite galette (de farine de sel et d'eau?) que le curé donne aux fidèles après la messe.
Ou cette coupe en métal précieux utilisée encore à la messe.
L'Eglise doit être sacrément vulgaire au Québec didonc.
Enfin il y a aussi des mots qui n'ont pas du tout le même sens au Québec. Comme ce mot familier en Français de France pour désigner des enfants, et qui est particulièrement obscène en Québécois...
Une amie québécoise m'avait offert un lexique d'argot québécois, faudrait que je remette la main dessus...

Ou là là, je n'arrive pas à trouver le courage de lire ces Kaldoposts ...
Sachez qu'en ce qui concerne l'association qui m'embauche, cela l'intéresse bigrement : nous n'arrivons pas à trouver des personnes capables de nous aider pour le ménage, l'entretien, les bricolages, ...
Nous aimerions aussi avoir un deuxième animateur.
Malheureusement les candidats dans les postes aidés ne conviennent pas forcément : si les gens bénéficient des contrats aidés c'est qu'ils en ont besoin. C'est bête à dire hein ?
Mais du coup nous avons du mal à trouver quelqu'un d'autonome et compétent, même pour de petites taches. Heureusement notre CES du moment rentre dans ce cadre à cause de son âge. Il a plus de 50 ans. Et bien nous en sommes très heureux et nous espérons bien ne pas le perdre !
Car n'oubliez pas : dans ce type de contrat la précarité est aussi pour l'employeur : dès que l'employé peut trouver un poste plus stable, il s'en va.
Pour les CPE, le fait de pouvoir être licencié très vite apporte du sérieux au patron. Et puis ne vous y trompez pas : pour n'importe quel autre contrat il est très facile de trouver une faute professionnelle grave et de virer les gens.
Profitons de la Vie car elle peut être courte ...
Et encore : "L'océan se noie dans une goutte de tendresse"
Oui sauf qu'on peut porter plainte aux Prud'Hommes. Comme je le disais, 9 fois sur 10, l'employé a gain de cause.
Et une précarité qui facilite l'embauche, c'est aussi un avantage pour les salariés:
Si on ne se plaît pas dans notre job actuel, ou si on subit la hargne d'un petit chefaillon, si on est victime de harcèlement, on ne se sent pas obligés de rester. On peut aller voir ailleurs, et on aura moins peur de démissionner.

Et puis quoi qu'il en soit, ce n'est pas facile de trouver du travail.
Moi j'ai un boulot bien intéressant, mais c'est un CDD de 6 mois... mais d'un autre côté je suis contente que ce soit à durée déterminée puisque je vie à plus de 300 km de mon chéri.
Je pense que ce contrat m'apporte une très bonne entrée en matière dans le monde du travail, et j'espère qu'il me permettre de rebondir. Mais j'espère qu'ils ne me proposeront surtout pas de prolonger mon contrat... comment vivre avec son amoureux par téléphone interpose ?
C'est sur que le CPE peur apporter de la précarité, mais la précarité est déjà là ! Ce n'est pas avec un CDD qu'on peut louer un appartement. Et pour avoir un CDI, il faut faire ses preuves.
Le CPE peut permettre à des petites structures d'embaucher quelqu'un (ex de Litsy)au lieu de tourner à une personne de moins.
Après, biensur, il faut que tout le monde "joue le jeu" !
"La terre est bleue comme une orange"
Paul Eluard![]()
"Le chat est entré dans la cage aux lutins"
Oui, ces contrats permettent aussi d'acquérir de l'expérience. Et quelqu'un de compétent n'a pas à s'en faire, il pérennisera son poste, sauf accident économique.
Et regardez : moi je suis en CDI, avec la grippe aviaire mon poste n'a jamais été aussi précaire même si mon patron et moi n'avons aucune envie de nous séparer !
Profitons de la Vie car elle peut être courte ...
Et encore : "L'océan se noie dans une goutte de tendresse"
Les Québécois ont fait des jurons avec des objets saints de l'église et ce n'est pas tant le mot employé que sa fonction qui font siller mes oreilles. De plus, les noms de ces objets saints sont légérement altérés. Cependant, il serait faux de s'imaginer que tous les Québécois "sacre" tout le temps. Il est vrai que j'en connais qui insère des "sacres" dans leurs phrases comme on utilise des virgules, mais j'en connais beaucoup qui n'utilisent pas ces mots-la ou presque jamais. Pour ma part, je ne sacre pas. C'est complètement inutile et ça dérange pour rien à mon avis.
Quant au Québec et de la loi spéciale qui empêche de grèver, c'est beaucoup plus complexe que ça. Que je sache, les gens touchés ont les mains complètement liées et ne pourraient même pas écrire un article dénonçant la situation dans un journal par exemple. La personne qui le ferait risquerait gros. Une perte de salaire, voire peut-être même un licensement. Là, évidemment, je ne m'aventure pas plus parce que je ne veux pas parler à travers mon chapeau et j'ai l'impression que j'exagère parce que tout cela ne me semble même pas possible ici. Pourtant, je ne crois pas dire des bêtises. J'ai entendu parler de tout ça parce que je connais des gens dans le milieu et même qu'en écrivant, je me dis des fois "est-ce que ça peut leur nuire que j'écrive ça ici?". Et ça, je trouve ça très grave parce que c'est vraiment museler les gens.
Je comprends le principe de prendre les gens en otage, mais je vous assure que les gens faisaient attention tout de même de ne pas trop malmener les autres. Les gens disaient qu'on ne leur donnait pas le choix et ont attendu longtemps avant de passer aux actes, parce qu'ils ne souhaitaient pas pénaliser leurs "clients". D'ailleurs, je vous diraient que les dits clients étaient plutôt compréhensifs.
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
Merci pour ces explications. J'avoue comprendre les personnes "anti-CPE" et je partage leur avis sur des points bien précis. A mon lycée, des votes sont effectués chaque jour pour savoir si le lendemain le blocus doit être maintenu. Ce qui m'inquiète c'est que le mouvement anti-CPE est discrédité par les violents affrontements entre les CRS et certaines personnes appelés "casseurs". J'ai entendu à la radio que le premier ministre n'était pas prêt à retirer le projet. On verra bien dans les jours à venir......
"L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs." Oscar Wilde
Allez je viens participer joyeusement à ce débat festoyant 
Le CPE pour ma part c'est la cerise sur le gateau concernant la libéralisation de la politique française.
Juste un petit rappel, notamment pour répondre à Thalie:
Citation de Thalie:
C'est sur que le CPE peur apporter de la précarité, mais la précarité est déjà là !
Le CPE, ce fameux contrat faisant partie du projet de loi Pour l'égalité des Chances (LEC) à pour but de REDUIRE la précarité !!! Parce que, oui !, elle est déjà là !! Et c'est pour cela qu'un texte a été écrit de façon à la réduire, voire, dans l'absolue, la supprimer !! Et on nous sort un texte qui la légalise!! Faut pas abuser...
Je voudrais juste faire un rappel sur le droit du licensciement en vigueur:
"Le code du travail oblige l’employeur, d’une part, à convoquer le salarié à un entretien préalable individuel, au cours duquel celui-ci peut se faire assister, afin de l’informer du motif et de recueillir ses observations. En cas de licenciement économique d’au moins 10 salariés au cours d’une même période de 30 jours, l’entretien individuel est remplacé par la consultation du comité d’entreprise, ou, en l’absence de CE, des délégués du personnel, et un plan de sauvegarde de l’emploi doit être mis en place pour tenter de reclasser les salariés. D’autre part, l’employeur doit justifier d’une « cause réelle et sérieuse », faute de quoi il s’expose à devoir payer des dommages-intérêts au salarié si celui-ci saisit le conseil de prud’hommes. Le licenciement discriminatoire, quant à lui, est réputé nul : l’employeur s’expose, outre dommages-intérêts, à devoir réintégrer le salarié (le code du travail fournit une liste de motifs discriminatoires). En supprimant l’obligation de motiver le licenciement, le projet de CPE interdit au salarié de contester le motif, ce qui l'empêche donc d’invoquer une discrimination."
Et on appelle ce texte "Egalité des chances" !
Citation d'Oresias:
Moi, je ne suis pas contre le principe du CPE/CNE, car je suis certain que ça va promouvoir l'embauche.
Là, je suis très sceptique, j'ai peur que tu te mettes un doigt dans l'oeil jusqu'à l'omoplate... On raconte partout dans les rangs de la majorité que ça va promouvoir l'embauche... Je voudrais juste rapeler qu'une étude d'économistes de Paris I (réputé pour être libéraux!!!) ont estimé la hausse à l'embauche de 7000 postes par an, ce qui revient à dire qu'il faudrait 357 ans pour arriver à combler le chomage en France !! Faut pas rigoler là...
Il y a dans dans ce projet de loi quelque chose de falacieux:
On cherche à résoudre le problème du chômage en France en contraignant l'employé et non l'employeur. On assiste à un réel retour en arrière du point de vue acquis sociaux en France. Ce qui me fait peur dans cette histoire c'est que les enjeux sont beaucoup plus important qu'une loi nationale. J'en discutais encore hier avec des amis étrangers, du Portugal, d'Allemagne et d'Italie; partout on suit l'affaire avec une extrême attention. Car la grande peur de ces pays est que, si le texte passe en France, dans les mois qui suivent, des textes similaires vont sortir à travers toute l'Europe. Un porte parole du gouvernement disait diamnche sur France 2: "Ce n'est pas le gouvernement qui décide, mais l'Europe et la Mondialisation"... Je crois que ça se passe de commentaires...
Alors il y a le débat sur la manière... Doit-on, ou pas, bloquer les facs en France...
effectivement on peut contester le mouvement actuel. Néanmoins, le contexte actuel ne nous pousse pas à la confiance: après 1,5 millions de manifestants le gouvernement continue à faire la sourde oreille et à parler de minorité engrainant la jeunesse française.
On fait quoi?? on laisse passer? pour ma part, j'ai pas finit mes études et je compte aller assez loin. Je tiens pas à me voir offrir un CPE à la sorti de la FAC et qu'on me dise la bouche en coeur trois mois plus tard "dégage". Je sais qu'aujourd'hui je n'aurais pas mieux. Mais n'oubliais pas que ce texte est censé résoudre ce problème !!!
Alors le mouvement actuel il faut lui donner de l'ampleur et un réel impact. Aujourd'hui, un salarié qui se met en grève à un réel impact sur sa société dans la mesure où il paralyse l'activité et donc la rentabilité. Un étudiant il a quoi? il ne peut pas faire pression en touchant à l'économie de son pays. Il y a donc un réel besoin aujourd'hui de médiatiser le mouvement.
Et ne soyons pas hypocrite: combien d'étudiant décident de temps en temps de rester au plumard parce que ce matin il n'ont pas envie de se lever?
Là subitement il y a moins de réticenses...
Alors oui effectivement pendant quelques semaines les cours vont être bloqués, mais l'impact pour notre avenir pourrait être majeur.
Je n'ai pas le temps de finir, mais je reviendrai, j'ai une motion de blocage à Bordeaux I à aller voter ... 
-Edité le: Lundi 20 mars 2006 à 10:31 par kroco poco-
Von Schnappi Krocovitch Yaourtski de Bergerac, KrocoSoup onctueuse a base de Danone et Fils de Maitre Yaourtberg...
