Ce n'est pas sur ses conséquences pratiques immédiates qu'il faut interroger la notion de blocage (effectivement ça ne tuera personne et ça donne aux hypocrites des excuses de grasse matinée), mais sur les principes fondamentaux.
Il n'est pas cohérent de se réclamer de la démocratie et dans le même temps d'envisager la possibilité de restreindre la liberté d'autrui, le droit de grève n'étant absolument pas un devoir de grève.
Une personne ne peut pas plus être obligée de faire grève, qu'elle ne peut se voir imposer une opinion. Un démocrate est une personne respectueuse des libertés individuelles, les entraver devrait lui être odieux.
Dans le principe d'occupation, il y a très exactement le phénomène de prise en otage. Des personnes qui ont le droit légitime d'être sans opinion ou pour le CPE se trouvent empêchées dans leur liberté de mouvement, dans leur droit d'accès à un service public pour lesquelles elles ont signé une inscription valable pour toute l'année scolaire et pour lequel elles payent des frais de scolarité.
La liberté individuelle, et surtout la liberté d'opinion, doit être respectée - dans le cadre d'une société démocratique pluraliste, il n'y a pas beaucoup de valeurs absolues, mais je crois que celle-ci est une des rares qui puisse être affirmées.
Je soupçonne certains des meneurs de ces actions d'être dans la position suivante: avoir des convictions démocratiques "flexibles" et considérer que la fin justifie les moyens quand il s'agit de défendre son propre intérêt. Dans ce cadre, le cynisme ne me semble pas moins grand que celui qui a conduit le gouvernement à brandir la menace du passage en force.
Du reste, le blocage n'a pas de légitimité - s'il n'est ni un professionnel chargé de faire respecter le règlement d'un lieu public, ni un agent de la force publique, nul n'a le droit d'empécher l'acccès d'autrui à un lieu public. Et naturellement, il a encore moins le droit de lever la main sur une personne ou même d'utiliser tacitement la menace de l'interposition physique - même si je suis totalement conscient que les débordements de violence verbale ou physique qui ont eu lieu sont le fait de perturbateurs peu représentatifs de la majorité des grévistes.
De ma position de citoyen de plein droit actuellement défavorable au CPE, conscient de mes droits, la tournure des choses discrédite radicalement le mouvement étudiant tel qu'il se développe.

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Oui, certainement que ça doit faire peur, le CPE aux étrangers.
Maintenant, va dire à un Espagnol ou un Italien qu'en France, on peut être payé à rien faire pendant au moins 2 ans (chômage), pour eux, c'est surréaliste. Et pour les Anglais et Américains, j'en parle même pas, ils trouvent ça scandaleux.
Cependant, je trouve cela très bien, ça garanti justement une certaine protection sociale aux sans-emploi.
Car pourquoi on a besoin d'autant de temps de chômage? Parce que c'est difficile de trouver un taff en France.
Kroco a écrit Le CPE, ce fameux contrat faisant partie du projet de loi Pour l'égalité des Chances (LEC) à pour but de REDUIRE la précarité !!! Parce que, oui !, elle est déjà là !! Et c'est pour cela qu'un texte a été écrit de façon à la réduire, voire, dans l'absolue, la supprimer !! Et on nous sort un texte qui la légalise!! Faut pas abuser...
Mais justement. Il ne faut pas voir les choses que dans un sens.
Parce que tu crois qu'un patron va s'amuser à embaucher en CNE/CPE uniquement dans le but de t'exploiter et de te jeter en fin de contrat? Des abus, il y en a déjà, va voir les rubriques "Stages non rémunérés" des sites d'offres d'emploi. Ça c'est pire que tout: Pas de rémunération (ou bien ~340€/mois, maxi imposé par la loi), pas d'indemnités de frais (transports, cantoche, etc.), pas de code du travail (vive les 60h/semaine), parfois plus de responsabilités que les collègues salariés de la boite. Et ça, les grosses entreprises en abusent allègrement (Médias notamment, les réseaux de grande distribution, etc.). C'est ça la sécurité des l'emploi, des stages à répétition, qui font ,en plus, de la concurrence déloyale à ceux qui recherchent vraiment du vrai travail? C'est de l'esclavage légalisé. Et ce n'est qu'un exemple dans système actuel. Vive les acquis sociaux.
Sans parler des CDD à répétition (on change l'intitulé du poste, et tu peux enchaîner ainsi légalement pendant des décennies des CDD de 6 mois dans la même boîte. La fonction publique est très friande de cette méthode).
Et là, je rebondis sur ta remarque:
Kroco a écrit On cherche à résoudre le problème du chômage en France en contraignant l'employé et non l'employeur.
Parce que tu crois que l'employeur n'est pas contraint?
Quand un employeur cherche à embaucher quelqu'un, en France, il doit être sûr de son coup. Car une fois la personne embauchée, il ne peut plus s'en défaire. Quand il s'agit d'une grande multinationale, qu'il y ait un boulet qui se traine dans un service quelconque, c'est pas grave, c'est pas ça qui la fera couler. Cependant, pour des postes à responsabilités, ils ont besoin de gens responsables et autonomes.
Quand il s'agit d'une TPE ou d'une petite PME, c'est une autre histoire. Si il se tape un boulet qu'il ne peut pas licensier, la boite, elle coule!
Et pour l'employeur, forcé de licensier tous ses salariés d'une part, se retrouve dépossédé de son affaire d'autre part, mais en plus, il n'a aucune indemnité, un ex-chef d'entreprise ne touche pas les Assedic.
Alors plus précaire qu'un entrepreneur, je connais pas!
Ensuite, en France, on a tendance à cracher sur les chefs d'entreprise, parce que monter sa boite, c'est mal vu, semble-t-il. C'est pas bien de chercher à se faire de l'argent, dans notre pays. Et le principe d'embaucher est vu comme de l'exploitation. Devenir entrepreneur est un symbole de réussite, et la réussite est mal vue dans notre pays. Les gens qui réussissent sont jalousés, discrédités, parce que forcément, "c'est louche".
Mais créez votre bizness si vous avez peur des patrons! Devenez votre propre patron, au moins il n'y aura personne au dessus de vous! Qu'est-ce qui vous en empêche si apparemment, c'est si facile d'être chef d'entreprise? Plus facile que d'être salarié, à voir les revendications des jeunes!
Alors, c'est vrai que l'image du patronat en France n'est pas reluisante pour ça, d'une part, d'autre part parce qu'il est désservi par un syndicat qui diffuse une image relativement négative du patronat. Entre Jean Gandois, puis le Baron de Medef. On pouvait espérer mieux avec Laurence Parisot. Ces gens là ne donnent pas envie de devenir comme eux.
Certes, quand on voit dans un récent sondage que 76% des 15-30 ans jugent attractifs de devenir fonctionnaires, je me dis: Voilà une génération de jeunes vieux. Quelle ambition! Vous ne voulez pas toucher votre retraite dès maintenant non plus?
Le jour où on atteindra les 100%, on n'aura plus qu'à recréer un Etat collectiviste!
Alors, quand un chef d'entreprise voit de tels chiffres, ne comprends tu pas qu'il s'inquiète des jeunes qu'il va embaucher? Qu'il se dit que moins d'1/4 des jeunes sont intéressés à travailler? Tu crois qu'il va proposer un CDI d'entrée à un jeune tout frais moulu sorti de l'école?
A moins que tu aies fait THE filière que tous les patrons s'arrachent (Ingénieur des mines, ponts-et-chaussées, X, HEC, Bac pro...), tu commenceras certainement (comme moi au début) par un CDD. Tu n'as rien sur ton CV sinon ton beau cursus scolaire, qui ne prouve rien de tes compétences professionnelles, dans la majorité des cas. Des lumières à l'école devenus des incompétents notoires dans le monde du travail, ce n'est pas rare du tout, j'en connais.
Et encore une fois, les gens, une fois qu'ils ont une place, qu'ils s'y plaisent ou pas, ils préfèrent s'y accrocher, quitte à se doper aux anti-dépresseurs (1ers consommateurs au monde, youpi), plutôt que de démissionner car la probabilité de retrouver un emploi dans le système actuel est minime.
Qu'un patron te vire pour des motifs fantaisistes (couleur de peau, idées politiques, religieuses, etc.), c'est qu'il est con, que tu n'as pas de raisons de t'accrocher à ce poste et que tu ferais mieux d'aller voir ailleurs. Si tu es compétent, motivé et travailleur, tu seras valorisé et on n'aura pas de raison de te virer. Et la flexibilité, si elle est avantageuse pour le patron, elle l'est aussi pour le salarié. Faisant valoir que si le patron n'a pas envie de l'augmenter, il peut aller voir ailleurs.
Mon premier job, j'avais travaillé un mois l'été dans une entreprise, où le patron était tyrannique (et bien facho en plus). Après, j'ai fini ma dernière année d'études. Ce type m'avait rappellé ensuite car il souhaitait m'embaucher. J'ai refusé car je ne l'aurais pas supporté. Je me suis payé ce luxe car je suis dans un secteur où j'ai encore le choix de le faire. Et je ne le regrette pas. Mais qui peut encore le faire?
Je te renvoie au bouquin de Sophie Talneau, qui avait démissionné de son premier job car elle était certaine qu'avec son beau diplôme de Commerce Int'l, elle allait retrouver tout de suite après. C'était il y a 5 ans, et maintenant, elle vit chez sa mère, au RMI.
Kroco a écrit On assiste à un réel retour en arrière du point de vue acquis sociaux en France.
Quels acquis sociaux? C'est un acquis social, ça, que de ne rien pouvoir trouver parce que les patrons recherchent le mouton à 5 pattes, tellement ils ont peur de ne pas se tromper de personne?
Kroco a écrit Un porte parole du gouvernement disait diamnche sur France 2: "Ce n'est pas le gouvernement qui décide, mais l'Europe et la Mondialisation"... Je crois que ça se passe de commentaires...
Eh bien oui, c'est bien le cas, malheureusement, et depuis une vingtaine d'années. Et on ne peut pas aller contre le système, isolément, tout seul.
Tu veux protéger l'emploi en France? Très bien. Mais l'emploi, il va se délocaliser en Chine ou en Inde. Je ne dis pas qu'il faut s'aligner sur ces pays, mais faire évoluer notre économie, pour proposer une économie alternative à ce qui est délocalisé dans ces pays. Se baser sur une économie qui ne peut pas être délocalisé (BTP, Services, Aéronautique, Automobile, Artisanat, Tourisme, etc.).
Mais si tu préfères te voiler la face, gueuler dans la rue, bien à toi. C'est bien la seule chose qu'on soit capable de faire dans ce pays.
Car l'industrie, elle n'a pas attendu le CPE/CNE pour aller se délocaliser. Si tu veux continuer à saigner la France, oui, restons sur le système actuel, qui est un épouvantail pour les investisseurs étrangers.
Kroco a écrit Là, je suis très sceptique, j'ai peur que tu te mettes un doigt dans l'oeil jusqu'à l'omoplate... On raconte partout dans les rangs de la majorité que ça va promouvoir l'embauche... Je voudrais juste rapeler qu'une étude d'économistes de Paris I (réputé pour être libéraux!!!) ont estimé la hausse à l'embauche de 7000 postes par an, ce qui revient à dire qu'il faudrait 357 ans pour arriver à combler le chomage en France !! Faut pas rigoler là...
Entre les estimations et la réalité, il y a un gap, et cela s'est souvent avéré.
Mais je vais te dire: Je serais pour un CNE/CPE pour tous, et à durée indéterminée. Pour moi aussi, bien entendu.
Car le problème, c'est, comme le disait si bien Chirac, qu'il y a une France à deux vitesses. Ils augmente encore le fossé entre ces deux Frances en instaurant la précarité pour les uns et la sécurité d'emploi pour les autres.
Le jour où tout le monde sera au même régime, il n'y aura plus de favoritisme des banques et des bailleurs de logements.
Car il ne faut pas oublier le problème de fond: La précarité, c'est pas de ne pas avoir un emploi garanti. La précarité, c'est quand on a des difficultés à se loger, à obtenir un prêt des banques pour un projet. Pour cela, la clé du modèle "social" Français, c'est le CDI. Mais il n'est pas le verrou.
Est-ce normal de voir quelqu'un travailler (avec même un CDI tant convoité) sans domicile fixe? Parce qu'il a 45 ans et qu'on lui demande caution des parents pour un loyer? Non. Et c'est bien le paradoxe de tout notre système.
Car le système libéraliste proposé n'est pas un modèle brillant non plus. Le libéralisme à l'anglo-saxonne a fait beaucoup de laissés pour compte. Mais quand je vois le nombre de personnes à la rue (sans parler des autres qui ne le sont pas mais qui vont se fournir aux Restos du Coeur), je me dis que notre "modèle" ne brille pas non plus. Si tu veux le laisser figé ainsi, pense à ces gens là, demande leur ce qu'il en pensent du modèle social français.
Kroco a écrit Alors il y a le débat sur la manière... Doit-on, ou pas, bloquer les facs en France...
Moi je ne conteste pas la grève, ou ses motifs. On a le droit de faire grève si on n'est pas d'accord. Donc, oui, les étudiants on raison de faire la grève comme ils l'entendent. Moi je ne suis pas d'accord sur la façon dont Villepin s'y est pris pour faire passer la réforme. C'est le meilleur moyen de rendre une réforme impopulaire.
Quant au fait d'empêcher les autres étudiants d'aller en cours, je suis d'accord avec Hallberg.
Après, que les étudiants fassent la grève, c'est un rite d'initiation plus qu'autre chose. Tous les étudiants y sont passés, chaque génération espérant refaire mai '68 (ce qu'on n'y arrivera pas).
Qu'il y en ait parmi les étudiants qui, comme moi, soient scandalisés de voir saper leur manifestations par des casseurs qui sont venus "rien que pour casser du CRS" (dixit une caille de banlieue sur le JT de FR3 dimanche. Il devait aussi cramer des caisses au mois de novembre, celui-là), c'est normal. Mais qu'ils en soient encore surpris me surprends encore. Il y a toujours eu casseurs dans les manifs étudiants, depuis une 15e d'années. Parce que ce doit être plus facile d'y foutre le bordel que dans une manif bien rangée de la CGT, apparemment...
Sur le fond du problème, on est bien d'accord : Il faut réduire la pauvreté et la misère dans notre pays, mais aussi produire des richesses. La forme, la façon dont on s'y prend est sujette à plus de contestations. Mais moi-même salarié, je pense aussi avec mes intérêts et pas ceux des patrons. Mais j'essaie de comprendre ce qui ne va pas dans notre système.
Désolé pour ce Kaldopost(bis)
-Edité le: Lundi 20 mars 2006 à 16:15 par Oresias-

Je n'ai peut être pas tout retenu de ce que j'ai lu. En tout cas pour mon cas les cours ont enfin repris. Je suis opposée au CPE mais je suis moins d'accord avec toutes les mesures de blocus d'établissements. Le problème c'est que jeudi (qui arrive) est prévue une grève générale sauf que je passe un oral pour mon bac ce même jeudi. Ils ont prévu de bloquer à Nantes en tout cas les trains et je pars en Allemagne le samedi. Petite parenthèse personnelle qui pour moi illustre l'idée suivante : il faut manifester pour défendre ses propres idées qu’elles soient pour ou contre le CPE mais il faut que ça reste dans le cadre des libertés individuelles (comme l’a fait remarquer Hallberg). Bonne nuit
"L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs." Oscar Wilde
Je voulais aussi rajouter un truc: Comme je l'ai dit, je comprends parfaitement que la mesure soit impopulaire, telle qu'elle a été présentée et passée en force, et de par ce fait, je comprends les mouvements de grève (les bloquages, c'est autre chose).
Mais on a en France la politique qu'on mérite: une politique de merde (désolé).
On a un gouvernement qui nous demande de faire des sacrifices, d'augmenter les taxes, de passer des mesures impopulaires quand tout le monde galère déjà pour s'en sortir, alors que le gouvernement lui-même montre le mauvais exemple.
En France, seul est disponible au public la répartition du budget de l'Etat. Après, ce qu'ils en font réellement, c'est le flou absolu.
Les ministres ont des salaires scandaleusement élevés. Mais ça ne leur sert à rien puisqu'ils ont tout de fonction: Voiture avec chauffeur de fonction, Logement de fonction (et pas une petite studette à Aulnay...), et je ne parlerais pas des abus à la Gaymard.
Chaque ministère en France dispose aussi de "fonds secrets" (sic). C'est à dire qu'ils ont un budget "fond secret", ils en font ce qu'ils veulent! Ils ont le droit de piquer dedans pour s'attribuer une petite prime, de s'aménager un nouveau bureau avec du mobilier Louis XV authentique, de se payer un chauffeur privé, etc, etc, bref, ce qu'ils veulent!
Ce sont ces gens là qui nous demandent, en France, de faire des sacrifices.
Je réagis là dessus car j'ai vu un reportage intéressant hier sur sur le train de vie des ministres du Canada. Jean Chrétien, a fait du ménage à son arrivé dans un pays qui était à l'époque endetté et mal géré (comme chez nous). Tout est épluché, et même les notes de frais des ministres sont disponibles publiquement (on peut savoir combien a dépensé tel ministre en déplacement en frais d'hôtel, de repas, etc). Tous les budgets sont vus à la loupe et calculés au plus juste, le tout disponible publiquement, ce qui est tout à fait normal, quand on sait que c'est les contribuables qui financent le gouvernement par les taxes, de savoir où va son argent.
Qu'ils commencent déjà par faire du ménage dans leurs propres rangs, et les réformes passeront alors mieux.

Bah, ça chiale ici aussi contre le gouvernement remarque. Heureuse d'entendre que le nôtre a des points forts, on se le demande parfois. Malheureusement, semblerait que plusieurs réussissent à prendre de l'argent pour eux par en dessous quand même. Avez-vous entendu parlé du scandale des commandites par chez vous? C'est une grosse histoire ici.
-Edité le: Jeudi 6 avril 2006 à 05:53 par Cherrydean-
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
Si vous me permettez de mettre mon petit grain de sel. J'ai 33 ans et je suis en contrat précaire et ... cela ne me dérange absolument pas ! Je sais que si je veux travailler, je travaillerai. Quitte à faire des ménages !!! Même si je suis censée être cadre dans le tourisme. Personnellement, j'ai eu 4 emplois dans ma vie.
Le premier en CDI comme gardienne de parking à Marseille (j'avais Bac+3 à l'époque), c'était mon premier emploi après 1 an de chômage post-études. Dans le mois d'essai, ils m'ont virée parce qu'ils avaient la trouille que je me fasse égorger dans le 5ème sous-sol. Question : n'ont-ils pas bien fait ? Au vu du soupir de soulagement de mes parents, je me dis que parfois, être licensié, peut-être bénéfique (passons sur l'inconscience des dirigeants du parking qui pensaient rassurer la clientèle féminine par ma présence : 1m60 pour 50kg)
2ème emploi, CES puis CEV(de ville, l'ancêtre du CEC). statisticienne dans une université marseillaise. cela s'améliore. Gens sympatiques mais question émulation
, on était à 5 pauses café (ou autres breuvages) par jour (d'ailleurs, j'ai arrêté le café peu après) qui duraient 20 min chacunes (je te dis pas les 39h de l'époque !!! vachement productif !!), de plus les cafetières, bouilloires etc étaient dans mon bureau. Je suis partie au bout d'un an. Je ne supportais plus l'administration. Pourtant, ils avaient déjà prévu de me garder en me faisant passer les concours en interne. J'étais l'une des rares à rendre le travail en temps et en heure (l'habitude des études !).
3ème emploi, CDI: je suis partie au bout de 3 ans pour changer de coin et venir dans l'hérault.
4ème emploi, CAE : je suis en plein dedans. Peut-être je serai embauchée ou peut-être pas, c'est une asso sur l'environnement et comme le dit Litsy, c'est précaire l'environnement.
Bref, tout ça pour dire que je ne veux pas forcément rester toute ma vie dans la même boîte, j'ai appris des tas de trucs différents, rencontré des tas de gens différents, et je ne m'angoisse pas car mon boulot est précaire. Si a l'issu de cette année, je ne suis pas titularisée, je me remets en question, je fais un stage secrétariat, comptabilité et je fais du télé travail. 
Les français ne savent pas se remettre en question. Je suis dans le tourisme donc je fais du tourisme.
Non ! S'il n'y a pas de boulot dans le tourisme, et bien je fais en sorte d'être une secrétaire, na! car dans mon coin, on en a besoin.
On a besoin de maçons, mais dès que l'on a le bac, cela nous semble indigne de "redescendre" dans la maçonnerie.
Vous ne pouvez pas savoir combien touche un de mes amis dans le BTP. Cela fait 3 fois en 1 an qu'il change de boîte et à chaque fois les employeurs se l'arrachent et à chaque fois il augmente son salaire (l'offre et la demande !)
.
Je suis désolée pour ce post aussi long. Je me suis un peu emballée.
Le souci pour moi n'est pas le travail précaire, il l'est déjà pour la plupart des gens, le souci c'est qu'ils ne s'en rendent pas compte. Tu crois avoir la sécurité du CDI et pof, ta boîte se barre en chine ou ailleurs. Tu te retrouves sur le carreau. Le problème c'est que tu ne t'y attendais pas. Chômage, dépression, alcool, divorce... (je continue ou vous avez suivi). Tu ne sais pas comment rebondir, car tu te croyais en SECURITE. Mais personne ne l'est. Il serait temps que les gens s'en rendent compte et enlèvent leurs oeillères.
Bon, c'est fini, défoulez-vous (gentiment s'il vous plaît) sur les inepties de mon post.
Il n'est pas inepte, ton post, il est très cohérent et je suis sentièrement d'accord avec toi. Et je suis content de voir enfin une personne -autre que moi- qui soutient que le BTP sur internet 
Ma soeur s'est vu proposer un CNE dans un entretien, une autre boite veut l'embaucher direct en CDI. Elle à répondu à cette dernière qu'elle préférait attendre la réponse de la boîte qui lui propose le CNE, car:
1. Le travail est plus intéressant et mieux payé
2. Si elle ça lui plait pas, elle peut se casser
3. La boite a justifié le recours au CNE (start-up qui démarre et dont l'avenir reste incertain).
Voilà. Alors si le jeunes veulent continuer à pleurer pour le CPE, le gouvernement va le retirer, et ils pourront pleurer plus encore, car ils n'auront pas de CDI, mais des CDD ou de l'intérim... Si ils trouvent du travail.
Quels génération de jeunes vieux!

Grande nouvelle sur ce sujet : Le CPE vient d'être retiré par M. De Villepin. Un discours du président est attendu ce soir.... Toute cette histoire est en train de se terminer. A berlin (j'en suis revenue depuis hier), Mme Merckel travaille sur un projet basé sur le système du CPE applicable à l'Allemagne.
En ALLemagne, dans les journaux, la page politique est consacrée aux grêves qui ont eu lieu en France.Voilà, voilà
"L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs." Oscar Wilde
Villepin s'est mis la gauche contre lui, maintenant, il aura aussi la droite contre lui. 
Mais bon, c'est pas grave. Les jeunes ne voulaient pas du CPE, il sseront embauchés en CNE... au mieux.
Au pire ils seront intérimaires, stagiaires, ou CDD.
-Edité le: Lundi 10 avril 2006 à 16:12 par Oresias-

Depuis l'automne dernier que je ne suis pas allé respirer l'air de Berlin, faut vraiment que je retourne voir ce qui s'y passe. Das ist die berliner Luft Luft Luft, so mit ihrem holden Duft Duft Duft... Comment, pitié, que j'arrête de chanter? 

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Moi aussi je me dis que nous n'avons rien gagné en faisant retirer le CPE.
Comme je l'ai déjà dit, je ne pense pas que le CPE soit la situation la plus précaire.
Le plus gros exemple que j'ai, c'est ma vie... je ne trouve pas que ma situation soit très stable : j'ai un CDD de 6 mois à 300km de chez moi. Je passe mes week end à faire de la route, et même si c'est très agréable de voir le viaduc de Millau, c'est très fatiguant.
C'est mon permier contrat, mais je pense que ce n'est pas le dernier à être instable. Un CDI, c'est l'idéal de chacun... ça signifie stabilité, possibilité de construire un foyer et d'avoir des enfants.
Au fait Criscros, tu travailles où ? Ca m'intéresse tout ça... si je pouvais trouver un moyen de revenir dans l'Hérault et travailler dans le domaine de l'environnement ! Ce serait super 
"La terre est bleue comme une orange"
Paul Eluard![]()
"Le chat est entré dans la cage aux lutins"
Juste un petit mot pour répondre au doux délires utopiques d'Orésias et Thalie qui ont bien appris leurs leçons... (c'est bien, Maître de Villepin va vous donner un bon point) 
je reviendrai plus longuement pour reparler CPE... 
Je fait un bref rappel : Le CPE à été lancé en se basant sur l'expérience du CNE; je cite De Villepin qui disait "qu'à l'image du CNE qui à créé un nombre conséquent d'emploi sans augmentation sensible des abus" (de licenciement), le CPE ouvrira la porte de l'emploi aux jeunes.
Alors bilan du CNE:
1 -- Création d'emploi:
Selon les chiffres du gouvernement cités par Le Canard Enchaîné en avril 2006, "le CNE pèserait 400 000 contrats". Mais ces chiffres ont été mis en cause par l'Insee et l'ANPE, cette dernière ne décomptant pas plus de 600 CNE au 19 août 2005, alors que l'Acoss (Agence centrale des Organismes de Sécurité Sociale), la "banque" de la Sécrité Sociale, recensait 30 000 CNE du 4 août au 1er septembre 2005. L'Acoss a ensuite estimé à 355 000, puis à 400 000, le nombre d'embauches en CNE, ceci en se fondant sur la «déclaration unique d'embauche», obligatoire pour toutes les entreprise et tous les employeurs. Or l'Acoss a extrapolé, à partir des déclaration reçues par internet, le nombre total de contrats passés. 40% des entreprises ont en effet répondu à la déclaration unique d'embauche via internet. De plus, il se pourrait que beaucoup d'employeurs internautes aient coché la case « contrat nouvelle embauche» pour chacune de leurs nouvelles embauches, quel que soit le contrat utilisé. L'Acoss fut alerté et chargée d'éplucher les formulaires. D'après l'Acoss, il en ressort que 82% des déclarations étaient correctes et que les erreurs dans un sens étaient compensées par les erreurs dans l'autre sens. Mais d'après l'Insee, "le CNE permettra, au mieux, de créer entre 10 000 et 20 000 jobs nouveaux par trimestre."
Selon une étude économétrique publiée par Pierre Cahuc et Stéphane Carcillo, membres du Conseil d'analyse économique de l'université de Paris I-Sorbonne, le CNE pourrait entraîner la création 70.000 emplois supplémentaires à l'horizon de 10 ans (soit une baisse de 0.5 points du taux de chômage) tout en augmentant l'instabilité du travail et "une légère détérioration des conditions de vie des demandeurs d'emplois, équivalente à une diminution de 0,47% du revenu."
2-- Licensiement abusif:
Article de Yahoo, sources AFP:
"PARIS (AFP) - Renvoyé pour avoir réclamé le paiement de ses "heures sup", être tombé malade ou s'être promené en jogging : six mois après la création du contrat nouvelle embauche (CNE), les premiers dossiers de salariés contestant leur licenciement arrivent aux Prud'hommes, selon les syndicats.
"Nous suivons déjà une dizaine de dossiers : les premiers jugements interviendront dans trois ou quatre mois", explique le responsable du service juridique de la CFDT, Didier Cochuat.
"Pour le moment ce sont des licenciements pour l'exemple, destinés à bien faire comprendre aux salariés de l'entreprise qu'ils doivent être malléables et corvéables à merci", estime-t-il.
Les autres syndicats commencent, eux aussi à voir affluer les dossiers, à Créteil, Aix-en-Provence, Bordeaux ou Lyon.
Ici, c'est un employé remercié pour dix minutes de retard, là une jeune femme licenciée quelques jours après avoir annoncé sa grossesse. Très souvent, les salariés sont renvoyés après avoir réclamé le paiement d'heures supplémentaires.
La CGT évoque le cas d'un salarié licencié après avoir prévenu son patron qu'il devait se faire opérer. La CFTC a reçu l'appel d'un boucher du nord de la France renvoyé pour avoir fait ses courses "en jogging", un jour de repos, dans le supermarché où il travaille habituellement.
Entré en vigueur en août, le CNE est réservé aux entreprises employant jusqu'à 20 personnes. Signe particulier: au cours des deux premières années, l'employeur peut licencier son salarié sans justifier sa décision. Au delà, il devient un contrat à durée indéterminée (CDI) normal.
"Le gros des ruptures devrait intervenir entre le 15e et le 20e mois", lorsque certains patrons vont vouloir se séparer de leurs employés juste avant que le CNE ne bascule en CDI, prévient M. Cochuat, qui s'attend à une "multiplication du contentieux".
Il est "difficile" de faire émerger les plaintes car le CNE concerne des salariés "peu syndiqués, à qui on a martelé qu'ils n'avaient aucun droit", indique Philippe Masson, responsable juridique de la CGT.
Autre difficulté: contrairement à un CDI ou un CDD, c'est au salarié de prouver que son licenciement est abusif.
Les syndicats doivent donc former leurs représentants aux prud'hommes à cette nouvelle forme de procédure.
"On va utiliser à fond l'argument des motifs de licenciements illégaux (discrimination, femmes enceintes, etc)", explique M. Masson. "A partir du moment où on leur fournit quelques indices troublants, les Prud'hommes ont un pouvoir d'investigation assez large", souligne-t-il.
"Perversion du système: l'ignorance du motif du licenciement va contraindre le salarié désirant le connaître à assigner presque systématiquement en justice son employeur", ont mis en garde des juristes en droit du travail, samedi, dans une tribune au Monde.
"Les nouveaux contrats, CNE et CPE, accroissent l'insécurité sociale sans mettre les entreprises à l'abri des procédures judiciaires", ont-ils prévenu.
"Les employeurs vont déchanter", prédit le secrétaire général de la CFDT François Chérèque.
Le risque de contentieux est d'autant plus important que les tribunaux auront, dans un premier temps à statuer sur la légalité même du CNE et de sa période de "consolidation des droits" de deux ans.
"Il y a des ambiguïtés et ce sont les tribunaux qui vont être amenés à prendre position dessus. Même le Conseil d'Etat l'a reconnu: ces dossiers iront jusqu'à la Cour de cassation", prévient déjà le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly."
Après 6 mois d'existence du CNE donc, les premieres plaintes pour licenciement abusif sont devant les tribunaux. C'est aux salariés de présenter le motif abusif : "être tombé malade", "remercié pour dix minutes de retard", ou très souvent "demande de paiement des heures supplémentaires". Les prud'hommes ont un pouvoir d'investigation assez large pour mener l'enquête et il est à prévoir des recours systématique devant les tribunaux.
Le lundi 20 février 2006, les prud'hommes de Longjumeau (dans l'Essonne) on, pour la première fois, condamnés un dirigeant de PME à 17 500 € de dommages et intérêts pour "rupture abusive de période d'essai" et "rupture de période de consolidation". Un salarié de 51 ans, contrôleur technique automobile, avait été embauché le 21 mai 2005 dans une PME en CDI. Le 6 août, deux jours après l'entrée en vigueur de la loi intsaurant le CNE, il est licencié, et ré-embauché par une autre PME, succursale de la première, pour travailler sur le même poste, cette fois-ci avec un "contrat nouvelle embauche" (CNE). Le 30 août, il est licencié à nouveau, sur la base du nouveau contrat. Selon la CGT, "le juge a mis en évidence le détournement d'utilisation du CNE et le caractère abusif de la rupture": "c'est le principe même du CNE qui est porteur de telles dérives: en supprimant les garanties entourant le licenciement, il favorise tous les comportements patronaux arbitraires".
Alors Oresias, tu penses toujours que le licenciement abusif n'existe pas? alors oui comme tu l'as très justement expliqué, pas un licenciement pour prendre quelqu'un d'autre, mais pour le prendre LE MÊME employé, renouveler le contrat et recommencer les éxonérations de charges et tout le tralala... Les dérives possibles, et qui sont déjà en dossier aux prud'hommes, sont graves! Thalie, tu as un petit copain, je suppose l'envie de fonder une petite famille, le jour où tu seras licencié parce que la veille tu auras posé tes congés maternités, tu me diras si t'es prête à t'engager sur la voie CPE...
C'est les fondements même du régime social qui sont mise à mal par ce système: peur du licenciement, donc plus de revendications, plus de demandes (paiement des heures supplémentaires, augmentation de salaires, congés maternités...), plus d'intégration dans un syndicat, plus de positionnement politique...
C'est grave, voilà ce que j'en pense.
Alors on parle de flexibilité: oui, d'accord pour la flexibilité, sauf que là ça n'en n'est plus.
La précarité du travail est un réel problème, mais contrairement à vous, je ne suis pas prêt à tout pour soit disant l'éliminer; je ne chasserai pas le diable pour le démon.
[hum... pour un petit mot... bon promis, mon intervention sur le CPE sera au maximum aussi long
]
-Edité le: Mardi 11 avril 2006 à 00:48 par kroco poco-
Von Schnappi Krocovitch Yaourtski de Bergerac, KrocoSoup onctueuse a base de Danone et Fils de Maitre Yaourtberg...
C'est bien, t'as bien appris ta leçon de Bruno Julliard et Bernard Thibault

kroco a écrit Mais d'après l'Insee, "le CNE permettra, au mieux, de créer entre 10 000 et 20 000 jobs nouveaux par trimestre."
Ce qui fait 40000 à 80000 nouveaux emplois par an, ce qui n'est pas si mal.
Cela va à l'encontre de l'étude que tu cites juste après.
Les cas que tu évoques de licensiement abusif, ça existe, c'est clair. Mais tu vois que la justice fait son travail puisque ça passe aux prud'hommes.
Les arabes sont tous des voleurs, les noirs sont polygames et les juifs des radins sournois et conspirateurs.
Ça te choque?
Plus que les discours des syndicats de salariés, apparemment, qui ont bon jeu que de prétendre que tous les patrons sont des négriers.
Alors des cas comme tu cites, tu peux en sortir des centaines, ça, il y en a plein, j'en suis convaincu.
Mais les abus existaient bien avant le CPE/CNE. Les patrons véreux n'ont pas besoin de ça pour exploiter du salarié kleenex.
Le jour où il n'y aura plus d'abus, les Prud'Hommes n'auront plus de raison d'exister.
Quant à ceux qui martelent que les salariés en CNE n'ont aucun droit, ce sont les syndicats. Ils ont beau jeu de le dire!
kroco a écrit Autre difficulté: contrairement à un CDI ou un CDD, c'est au salarié de prouver que son licenciement est abusif.
Faux.
L'employeur peut licensier sans donner de motif, effectivement. MAIS le salarié peut contester alors et aller aux Prud'Hommes. Dans ce cas, l'employeur devra expliquer la raison du licensiement et le justifier.
Et au contraire, cette manoeuvre peut aller à l'encontre de l'employeur. Car un salarié pour peu qu'il soit noir, moche, femme enceinte ou quoi peut plaider la discrimination contre son cas.
D'ailleurs, les représentants du patronat ont demandé au gouvernement d'amender la réforme pour obliger les employeurs à expliquer la motivation du licensiement au salarié.
kroco a écrit Alors Oresias, tu penses toujours que le licenciement abusif n'existe pas?
J'ai dit tout le contraire.
Quant aux dérives, elles existaient déjà et je vais développer ça.
Car, bonne nouvelle pour toi, donc, le CPE est enterré.
Mais t'inquiète pas, à la fin de tes études, on ne te proposera pas de CPE. Mais pas de CDI.
On te proposera:
- un CDD renouvelable à volonté (suffit de changer l'intitulé du poste. La fonction publique utilise beaucoup cette forme d'exploitation).
- de l'intérim
- [barre]des stages [/barre]de l'esclavage légal. Non rémunérés (quand c'est pas à toi de payer même la cantoche et le transport), sans code du travail, vive les 70h par semaine, et si tu leur plaît pas, ils te jettent comme un malpropre..
- au mieux, un CNE.
Mais pour le CDI, c'est toi qui vit dans un délire utopique. Encore une fois, à moins que tu aies fait THE filière que tous les patrons s'arrachent (elles sont rares ou impopulaires), tu traverseras une période de chômage avant de décrocher un contrat précaire.
Est-ce donc un progrès que d'avoir abrogé le CPE? Les jeunes gueulent pour virer le CPE, mais ils vont se plier en 4 pour accepter des stages non rémunérés, enchaînés les uns après les autres jusqu'à l'âge de 30 ans.
A 30 ans, ils se rendent compte que les stages sur un CV, ça ne vaut rien, car ça n'apporte aucune valorisation de leur carrière, surtout qu'ils subissent la concurrence déloyale des plus jeunes qu'eux, en esclavage, euh, en stage pour le même poste.
Leurs premier vrai emploi, ils acceptent donc n'importe quoi, et sous payé...
Quand je vois les dinosaures du PS (Lang, Fabius) qui font de la démago en brandissant comme solution le CDI "pour tout le monde", bah en v'là une belle idée! Ils auront résolu le problème de la précarité sociale et du chômage d'un coup avec ça! (et les jobs d'été, oublie).
Alors qu'on me parle de délire utopique, ça me fait rire! C'est les étudiants qui n'ont guère fait autre chose que serveur au McDo ou magasinier à Bricorama qui vont nous donner des leçons sur le monde du travail!
Il est où le délire utopique quand je vois tous ces jeunes qui vont s'engouffrer dans des filières sans avenir (psycho, histoire, philo, etc). Alors eux, c'est sûr qu'ils peuvent s'inquiéter du monde du travail, car avec ou sans contrats dit précaires, ils seront à la rue, ils ont choisi à la base des études précaires!!!
Ah c'est beau la fac. Une belle usine à chômeurs. Il y a bien des filières porteuses d'emplois (industrie, sciences...), mais elles ne sont guères valorisés.
Je lisais ce matin le témoignage d'un jeune d'une cité de la Courneuve qui trouvait ça bien, le CPE, car avec un nom à consonnance arabe, habitant la Courneuve, et malgré un BTS logistique, il trouvait rien. Au moins le CPE lui donnait de l'espoir de faire ses preuves.
"Quand j'entends les revendications des étudiants qui parlent de précarisation, ça me rend fou! Qu'ils viennent passer un week-end ici [La Courneuve], ils verront ce que c'est, la précarité." (Hicham, 26 ans).
Juste pour rappeller une chose:
Aucune loi n'existe dans le Monde pour obliger les entreprises à embaucher.
Aucune loi n'existe dans le Monde pour interdire aux entreprises à délocaliser.
Il y a la contrainte du travail et la contrainte économique. Tu veux garder tes privilèges sociaux? Faire aucune concession au contexte économique mondial? Très bien. Les grandes entreprises ne vont pas faire de cas, elles vont aller là où les contraintes d'embauche sont plus faciles, et moins cher.
Il n'est pas question de sous payer les salariés en France, c'est clair. Aussi si il faut faire une concession aux contexte économique actuel, c'est bien sur cette maudite flexibilité (que tu appelles précarité).
L'ère industrielle et coloniale est finie. On a gagné beaucoup d'acquis sociaux et tant mieux. Merci à nos aïeux.
Mais Germinal, c'était au 19e siècle, et les temps ont changé.
L'emploi à vie dont doivent te parler tes parents, c'était de leur temps. C'est fini, ça. eux ils en ont bien profité, ils étaient à la meilleure période, c'est clair. Depuis, la donne a changé. Si tu restes 30 ans dans la même boite, c'est mal vu si tu veux chercher ailleurs (considéré comme trop figé, inadaptable, etc.). Avant c'était récompensé.
Maintenant, on est à l'ère du Mondialisme. Qu'on peut critiquer, c'est clair, moi en premier.
Mais on ne peut pas aller à contresens de la réalité telle qu'elle est. "Je ne suis pas d'accord avec les lois qui régissent notre Monde, alors moi dans mon ridicule petit pays, je vais faire l'inverse de tous les autres". Ça marcherait dans un régime autarcique. Mais les autarcies n'existent plus. Même la Corée du Nord consent à ouvrir son économie vers l'extérieur, c'est dire!
Si c'est la précarité qui te fait peur face à ces salauds de patrons, je le répète: deviens ton propre patron. Au moins tu n'auras personne pour décider de ton sort au dessus de toi.
Tu dois alors gérer ton emploi, mais également celui de tes éventuels salariés (puisque tu es généreux et engagé à faire baisser le chômage). Tu dois t'assurer de faire suffisamment de chiffre d'affaires pour payer tes salariés, l'URSSAF, les charges sociales, les cotisations multiples, impôts sur les sociétés, TVA, frais de fonctionnement nets, etc.
Sache que l'ANPE a des plans d'incitation à la création d'entreprise. Car pour eux:
- Mieux vaut financer quelqu'un à creer une entreprise une bonne fois pour toutes que de lui payer des ASSEDIC à fonds perdus, surtout si en plus il embauche un autre chômeur (qu'il sort donc du circuit du chômage).
- Un créateur d'entreprise, si il foire son affaire, il ne percevra pas d'allocations chômage, c'est donc tout benef pour eux.
Bah oui, car si la précarité te fait peur, sache qu'il n'y a rien de plus précaire qu'un entrepreneur!
Si il foire son affaire: Pas d'allocations chômage, mais en plus, ses biens propres sont en garanties des éventuels engagements bancaires. Là, il perd tout, et sans parler des salariés qu'il est obligé de licencier.
Alors oui, quand il doit embaucher en CDI, il cherche le mouton à 5 pattes. Car l'enjeu pour lui, surtout dans une TPE ou PME, est capital. C'est pour lui plus facile de pouvoir jauger un salarié si il a 2 ans pour l'évaluer.
Alors oui, un salarié est un investissement. Mais comme tout investissement, il faut s'assurer que c'est un bon investissement.
Tu veux un travail à vie? stable? avec un logement? et où les banques te prêtent de l'argent sans rechigner?
Deviens CRS!

-Edité le: Mardi 11 avril 2006 à 14:47 par Oresias-

Pfiou! Je ne les ai pas lu les deux derniers. Vous pourriez nous pondre un lexique pour les non-Français? CPE passe encore, mais les autres trois lettres, c'est du chinois.
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
CDI: Contrat à Durée Indéterminée. C'est le contrat le plus sûr pour le salarié, car très difficile de licensier quelqu'un en CDI (sauf motif économique ou faute grave du salarié. Un délégué syndical en CDI est invirable).
Un salarié embauché en CDI doit faire une période d'essai pendant laquelle il peut être licensié sans motif. Cette période d'essai est généralement comprise entre 1 et 6 mois, suivant le poste.
Le CDI, c'est ce dont rêvent tous les jeunes qui manifestent dans les rues en France, mais qu'ils n'auront pas aussi vite qu'ils se l'imaginent.
CDD: Contrat à Durée Déterminée: Comme sont nom l'indique, c'est un contrat de travail pour une durée déterminée, entre 1 et 24 mois maxi, renouvelable 1 fois (théoriquement, mais il y a des tours de passe-passe).
CNE: Contrat Nouvelle Embauche. Idem CDI, mais avec une période d'essai pouvant atteindre 24 mois. Le CNE ouvre à quelques (certes modestes) contreparties pour le salarié, notamment le DIF - Droit Individuel à la Formation). Seules les entreprises de moins de 20 salariés peuvent embaucher en CNE.
CPE:Contrat Première Embauche. Idem CNE, mais ouvert à toutes les entreprises, y. compris les plus de 20 salariés. Le CPE était réservé à l'embauche de jeunes salariés de moins de 26 ans. Le CPE a été enterré hier, le CNE subsiste encore.
CRS:Compagnie Républicaine de Sécurité. Brigade policière dont les missions sont très variées. De la protection des zones de baignade en mer à l'intervention de secours en montagne, ils ont aussi pour mission d'assurer la sécurité des manifestants et des quartiers de la manifestation, de gré ou de force. Ils sont habituellement impopulaires parce que ce sont eux qui ont pour triste mission de balancer des lacrymos et de disperser les manifestants en fin de manif, ou de déloger les bloqueurs, etc. Ils ont le devoir de ne pas prendre parti.
Voilà, j'espère que ça t'aura éclairé.
Comment ça se passe, le droit du travail, au Québec?

