La propriété intell...
 
Notifications
Retirer tout

La propriété intellectuelle et le téléchargement

4 Posts
4 Utilisateurs
0 Reactions
1,329 Vu
Hallberg
(@hallberg)
Illustrious Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 10550
Début du sujet  

Vu qu'on en a parlé ailleurs, ça méritait bien un sujet.

Pour ma part, je n'ai vraiment pas suivi le débat. Faut dire, je touche des clopinettes sur une poignée de disques comme membre d'un petit ensemble pas connu ou d'un orchestre de 200 personnes connu mais qui n'enregistre pas beaucoup. Dans un domaine musical peu touché par la question. D'autre-part je ne télécharge rien, sauf des cartoons américains que le droit d'outre-atlantique a fait passer dans le domaine public.

Seulement, dans les buletins de la SPEDIDAM (organe gérant entre autres la perception des droits pour les interprètes), le sujet revenait assez souvent. La SPEDIDAM se place dans une position intermédiaire, elle s'oppose aux solutions de lutte contre le "peer to peer" actuellement en débat. Elle prône au contraire la légalisation de celui-ci en recommandant une solution de redevance versée par les fournisseurs d'accès. Le commerce discographique engendrant déjà le paiement d'une redevance aux interprètes pour le droit de "copie privée" (compensant le fait qu'un usager a le droit de copier pour son usage personnel), la SPEDIDAM voudrait assimiler la copie via internet à ce droit de copie privée. Elle craint que cette notion de copie privée soit supprimée, et qu'on enlève donc la redevance existante... D'autre-part, il semblerait que le téléchargement soit bien vécu par nombre d'artistes qui y voient un moyen de se faire connaître. Au total la SPEDIDAM réclame la mise en place d'une licence forfaitaire payée par les fournisseurs d'accès (qui bien-entendu répercuteront sur l'usager) et l'assimilation du téléchargement à la copie privée - la duplication à destination d'autres personnes et l'usage collectif restant illégaux dans les deux cas.

Statistiques à l'appui (mais tout le monde sait ce qu'on fait dire aux statistiques, surtout aux diagrammes), elle affirme que la répression est inefficace et que le préjudice mis en avant par l'industrie du disque est négligeable.

Il n'en reste pas moins que la SPEDIDAM ne représente que les interprêtes. La justification morale du téléchargement, chez l'usager, est en général que ça fait connaître les artistes pas connus pour lesquels on n'aurait pas payé, et que pour les artistes connus, vu ce que certains gagnent, ça ne leur enlève pas le pain de la bouche. Mais il se dit beaucoup, également, que cette justification est d'une irresponsabilité intolérable parce que ce seraient les intermédiaires (le disque et sa distribution) qui en souffriraient le plus. Or effectivement, en voulant gratter quelques centimes à Johnny, à Celine Dion ou à Pavarotti, qui en réalité continueront à vivre très bien sur leurs gros cachets, ce serait totalement irresponsable de risquer de faire sauter des emplois dans leur maison de disques ou chez les revendeurs.

Moi je n'ai eu que les infos (nécessairement du côté des interprètes) de la SPEDIDAM. Qu'en est-il vraiment? En savez-vous plus? Ces raisons invoquées, notamment le préjudice à la distribution conventionnelle par le disque, sont elles valables?

Et également: qui va payer, au total? Sur les disques, je sais que je paye déjà un droit de copie privée que je n'utilise pas (je ne vais pas copier mes propres disques et je ne copie pas ceux qu'on me prète). Sur Internet, il en serait probablement de même. Le surcoût étant, individuellement parlant, faible, je n'en ferai pas un scandale. Ceci-dit, c'est quand-même encore un truc qui pourrait, techniquement, être contrôlable. Pourquoi pas ne pas réutiliser les dispositifs imaginés ou en voie d'être imaginés dans l'hypothèse répressive pour contrer et contrôler le téléchargement, et les réemployer pour détecter les adeptes du téléchargement et ne répercuter que sur leur facture la redevance pour copie privée? Mais d'un autre côté, si l'on s'engage dans cette voie, d'aucuns pourront aussi exiger de prouver qu'ils ne regardent pas la télévision publique pour être exemptés de redevance... Que pensez-vous de tout ça?


Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler


   
Citation
Oresias
(@oresias)
Noble Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 1761
 

Hallberg a écrit Or effectivement, en voulant gratter quelques centimes à Johnny, à Celine Dion ou à Pavarotti, qui en réalité continueront à vivre très bien sur leurs gros cachets, ce serait totalement irresponsable de risquer de faire sauter des emplois dans leur maison de disques ou chez les revendeurs.

Eh oui, c'est la vie.
On ne va pas continuer à porter des sabots en bois pour continuer à faire vivre les sabotiers...

Internet a permis de créer plein de nouveaux métiers dans les nouvelles technologies. En même temps, l'évolution du temps fait que certains métiers disparaîssent aussi. C'est triste mais c'est comme ça.

Pour ce qui est de la redevance destinée uniquement aux utilisateurs de P2P, il est très facile pour un opérateur internet de savoir qui utilise un logiciel type eMule ou BitTorrent (des ports spécifiques sont ouverts pour ce type de transferts qui ne sont pas vraiment utilisé habituellement).
Par exemple, chez Free, pour utiliser eMule de manière optimale, il faut aller sur ses paramètres de compte sur free.fr pour ouvrir des ports.
D'autre part, tous les opérateurs sont en mesure de savoir combien de Mo télécharge un abonné, et combien il en envoit. Emission/Réception élevés =>> P2P.
Si cette valeur dépasse un certain seuil, on peut envisager une redevance fixe au delà de ce seuil.
Enfin, on peut partir sur une base volontaire. Comme sur la feuille de déclaration d'impôt, désormais, il y a une case à cocher si on n'est pas assujetti à la redevance audiovisuelle (on engage notre responsabilité à déclarer sciemment qu'on en a pas, alors qu'auparavant, on pouvait plutôt penser à un 'oubli').
Si on déclare qu'on ne télécharge pas sur les réseau P2P et qu'un jour, un contrôleur de la RIAA détecte votre adresse IP sur un réseau P2P : Amende.

Ne pas oublier aussi que les supports vierges (CD-R, DVD-R...) sont fortement taxés en comparaison aux autre pays européens, pour soutenir les maisons de production.



   
RépondreCitation
Hallberg
(@hallberg)
Illustrious Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 10550
Début du sujet  

Je ne sais pas si on va vers une généralisation de la dématérialisation des supports et vers une éviction du disque. Sait-on comment ça se présente sur le long terme? Parle-t-on en termes de marginalisation, au final, du disque? L'impression que j'en ai est plutôt du domaine de l'apprentissage de la coexistence raisonnable. Après-tout, ni l'ordinateur lui-même, ni Internet, n'ont tué le livre. Ils ne remettent en cause que certains segments déterminés du marché, et encore, la généralisation d'internet dans les foyers européens étant encore très loin.

Pour ma part, il est vrai que je suis simultanément gros utilisateur d'internet pour m'informer et communiquer, et dans le même temps acheteur de musique exclusivement sur disque. Je ne sais pas si je suis si minoritaire que ça. J'aime le disque comme les livres, j'aime bien le plaisir d'acheter l'objet, ponctuellement, pour me faire plaisir après un choix muri ou un coup de coeur, d'avoir la pochette avec les commentaires à feuilleter, et de choisir ce que j'écoute en parcourant l'étagère du regard. Après, il est aussi clair qu'en tant qu'amateur de musique classique exigeant, mais aussi que musicien ayant parfois besoin d'écouter des enregistrements et de les comparer pour travailler les mêmes oeuvres, j'aurais du mal à faire mon marché exclusivement sur internet.


Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler


   
RépondreCitation
koko
 koko
(@koko)
Honorable Member
Inscription: Il y a 22 ans
Posts: 627
 

Il est impossible techniquement d'empêcher le P2P.

Par exemple, chez Free, pour utiliser eMule de manière optimale, il faut aller sur ses paramètres de compte sur free.fr pour ouvrir des ports.

Certes le P2P tel qu'il est actuellement pratiqué est repérable au niveau des providers (entête des paquets, et ports utilisés) mais il serait possible d'imaginer des protocoles P2P conçus comme des surcouches de HTTP 1.1 et donc indifférenciables du surf sur le web (port 80).

Si tu veux faire un serveur web sur ton PC personnel aussi il faudra configurer la redirection de port de ton routeur NAT. Ce n'est pas lié au p2p mais au fait d'avoir un service réseau quelconque accessible depuis l'extérieur (serveur web, SSH, FTP, samba et autres).

Alors en suite on peut décider de contrôler quelques pourcents de la population aléatoirement et de les punir, mais ce n’est pas possible de le faire dans le cas général.

De plus, même si télécharger de la musique protégée par les droits est illégal, ça ne rends pas illégal pour autant les logiciels permettant de le faire (du moins pour l’instant). Après tout on peut télécharger des films libres de droits en P2P (il existe des sites lisant des milliers de films libres de droits dispos sur le réseau e2k). Ce n'est pas si marginal que ça (même si la plus part des connards qui sont contre le P2P et parlent de « vole » sans comprendre la signification du mot, téléchargent juste Taxi 3 et le dernier disque de Céline Dion – leurs cervaux n’étant pas capables de comprendre des films en noir et blanc où d’écouter du Beethoven interprété par Karajan).

L’idée de la loi qu’on voulait faire passer à l’assemblée était d’interdire tout logiciel n’empêchant pas la copie illicite. Donc d’interdire tout logiciel ne comportant pas une boîte noire incompréhensible gérant les DRM. Le problème c’est que tous les logiciels libres sont « ouverts » et donc ne peuvent inclure que du code public. En clair la loi visait à interdire les logiciels libres ce qui serait inimaginable.
Actuellement quand on achète un ordinateur on peut choisir d’installer un système dont on puisse contrôler chaque opération (bref, un truc parfaitement transparent, même si dans la pratique peu de monde lit le code de son OS). Avec la loi DADVSI tout OS autre que Windows XP ou 2000 deviens illégal. Ca inclus donc Linux mais aussi Solaris, AIX, OS/2 et tous les OS professionnels. Les DRM ne sont gérés que par quelques sous-merdes destinées au grand public et aux PME/PMI trop pauvres pour investire dans de vrais systèmes d’exploitation. C’est pas par ce que les particuliers peuvent se contenter d’OS dont le comportement est mystérieux, fermé, non documenté et secret qu’il faut interdire au reste du monde tout ce qui ne répond pas à ces critères de médiocrité.

Interdire de ne pas gérer les DRM ça serait comme obliger chaque maison à contenir une boîte noire prenant une grosse partie de l’espace disponible et faisant des trucs qu’on ne peut pas chercher à découvrir (notamment listant tous les disque qu’on écoute et se connectant au serveur de Microsoft à chaque écoute, à chaque copie et à chaque opération de transfert) – et devoir faire confiance au concepteur de la boîte pour qu’elle ne fasse que ça (avec la stricte interdiction de regarder à l’intérieur pour voir si elle ne fait pas autre chose). C’est tellement stupide que le mec ayant écrit cette loi devrait être banni définitivement de la scène politique et que tous les députés l’ayant appuyés devraient êtres virés pour « incompétence magistrale, non compréhension du fonctionnement des DRM, stupidité congénitale et vente totale aux majors du disque ».

-Edité le: Samedi 24 décembre 2005 à 23:07 par koko-

-Edité le: Samedi 24 décembre 2005 à 23:10 par koko-


Le cinéphile déviant


   
RépondreCitation
Kaldorion
(@kaldorion)
Illustrious Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 11799
 

Mmmhhh, Un point commun entre moi et Koko doit être que... parfois nous n'avons vraiment pas notre langue dans notre poche.

Sourire.

Je suis d'accord avec Koko sur la détection du P2P... et aussi sur son utilisation... pas forcément assimilable à la copie d'oeuvres protégées...

Bon, maintenant, grâce à un retournement de dernière minute, c'est effectivement la "taxe sur l'usage du P2P" la solution choisie par la majorité des députés votants... et le téléchargement de films sur des sites non payants ou par P2P devient assimilable à la copie privée.

Notons que même si l'on pouvait détecter le P2P à long terme et de manière efficace pour un abonné précis... ça ne suffirait pas, parcequ'à partir du moment où la loi légalisant le téléchargement sera promulguée.... eh bien, on n'aura plus besoin de passerpar le P2P pour télécharger des films ou de la musique non encore dans le domaine public. Ils pourront être hébergés sur n'importe quel ftp sans que des poursuites soient possibles... puisque ce sera légal !

Donc, si la loi passe au sénat et est promulguée, on ne devra plus assimiler téléchargement et P2P.

Pour la taxe forfaitaire que l'on payera pour avoir ce "droit à la copie privée par moyens informatiques"... l'idée est intelligente, à mon sens, mais je crains fort que la distribution de cette taxe aux acteurs se fasse de manière assez injuste.

Parceque les téléchargeurs prennent souvent des oeuvres difficiles à trouver en France, parfois "fansubées" (je ne parle pas des oeuvres non licenciées qui ne sont évidemment pas couvertes...) et, je pense, plus orienté "asiatique" que les DVDs vendus dans le commerce.

Donc, je ne sais pas si la taxe rétribura ceux dont les oeuvres sont bel et bien copiées...

-Edité le: Dimanche 25 décembre 2005 à 17:55 par Kaldorion-


La vérité naît de la contradiction. Donner ses arguments, c'est reconnaître que l'on peut avoir tort.

l'art est un aliment pour la piété du pauvre peuple. Détruisez l'art, déformez le goût d'un peuple, et vous lui oterez sa piété.


   
RépondreCitation
Share: