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La télé française aujourd'hui...

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Lucterios
(@lucterios)
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Il paraît que personne ne regarde, notamment les jeunes. Ben on comprend pourquoi. C'est vraiment de la m... J'explique : depuis que j'ai déménagé, je n'ai plus d'antenne. Je ne regarde que des DVD. Là, je mets un vieux film d'Hitchcock en VHS et en arrêtant la cassette, je m'aperçois que le tuner capte sans antenne les chaînes commerciales (faut pas rêver, les autres aussi c'est trouble... C'est comme la radio, on ne reçoit qu'NRJ ou Skyrock, faut pas croire au Père Noël, non plus !). Alors, tout d'abord, sur TF1, il y a un match de foot. Ouais, super !... L'opium du peuple ! Et là c'est une émission de téléréalité complètement débile sur une jeunette à qui l'on apprend à vivre et à devenir esclave dans la coiffure. Ouais, génial ! Comment en est-on arrivé là ? Je me le demande légèrement...smiley

Edité Mercredi 4 avril 2007 :01:28 par Lucterios


Fortuna audaces juvat !


   
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koko
 koko
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Et oui, les jeunes regardent de moins en moins la TV. Et c'est tant mieux (parceque j'ai toujours trouvé stupide de laisser le choix entre un petit nombre de films à un instant donné).

En interrogeant mes étudiants à l'IUT l'année dernière j'avais constaté qu'ils connaissaient tous Naruto (qui ne passais pas encore à la TV) et Bleach (qui ne passe toujours pas) par le biais du téléchargement...

En plus la qualité de la TV (hors TNT) est quand même toute pourrie (un bon divx surpasse de très loin les meilleures retransmissions, et ne parlons même pas des DVD ou des H.264 encodés depuis des sources HD).

Alors là ou la TV garde un intérêt c'est justement quand elle diffuse des trucs ne touchant qu'un tout petit public, et donc difficiles à trouver en DVD ou sur les réseaux p2p. Bref, quand elle ne fait pas d'audience en passant des documentaires ou des films inconnus...


Le cinéphile déviant


   
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Lucterios
(@lucterios)
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Autrefois, sur Arte, il y avait des films muets carrément introuvables, comme les Nibelungen, mais maintenant, il n'y a plus que des conneries pour distraire ma grand-mère quand elle tricote de la layette pour le dernier arrière-petit-fils...smiley

Edité Mercredi 4 avril 2007 :14:30 par Lucterios


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koko
 koko
(@koko)
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On peut trouver les Nibelungen de Fritz Lang sur emule (du moins Die Kriemhilds Rache et Die Siegfrieds Tod)... Donc ça ne rentre pas dans la catégorie "totalement introuvable, diffusé une seule fois à minuit et tant pis si vous l'avez manqué".
La qualité du rip m'a l'aire correcte (voir extrait ci-dessous), mais j'en reparlerais quand j'aurais le fichier en entier (en plus c'est dans le domaine public, sortie en 1924 oblige, donc pas de cas de conscience).

Le choix en p2p et en DVD est en train de devenir très large... Heureusement d'ailleurs.


Le cinéphile déviant


   
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Hallberg
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Ben ce sont là les deux parties du film, donc théoriquement il est au complet... reste à voir à partir de quelle copie ça a été tiré, parce que les copies anglo-saxonnes incomplètes en noir et blanc charbonneux, pas de teintes, pas restaurées...

À ma connaissance, il n'y a pas de question de domaine public qui tienne pour le cinéma européen, le droit de copie reste réservé. Ne me demandez pas de détails juridiques, je le sais par expérience (les bandes Méliès et celles des frères Lumière ne sont toujours pas libres de droits) et, contrairement à une idée reçue, les films américains réputés libres de droits... là-bas, ne le sont pas réellement en Europe parce qu'il y a encore les droits à percevoir par les distributeurs. Enfin, même s'il y a un élément contestable à ça, pour l'instant, les travaux de restauration ouvre un droit d'auteur. Les Nibelungen, par conséquent, occasionnent pour toute diffusion publique (la diffusion internet est réputée passer dans ce cadre même si le diffuseur a loué les bobines au distributeur) des droits à payer à Transit-Film, à la fondation Murnau et à je ne sais plus trop qui.

Comparativement, la télé française serait à la fois la meilleure et la pire d'Europe. La meilleure car la seule à oser encore, même de façon ponctuelle, le cinéma d'auteur, le documentaire ou le magazine culturel ou de reportages au "prime-time". En raison aussi de sa forte implication dans la production de téléfilms au pire inoffensifs et familiaux, au mieux abordant des questions pas inintéressantes, dont certains réussissent carrément à faire carrière en salle. Et enfin parce que même ses chaines privées n'osent qu'une coupure publicitaire au milieu d'un film ou d'un documentaire - certaines chaines allemandes réussissent à en caser cinq dans un épisode de série de trois quarts d'heure. La pire, parce qu'elle est paraît-il la plus grande importatrice de séries américaines, parce qu'elle fait sienne avec une frénésie atterrante les concepts les plus débiles de la télé anglo-saxonne, et aussi parce qu'elle connait depuis quelques années une descente aux enfers. De facto quand j'étais gamin, et il y a encore peu, une soirée complète de documentaires ou de l'opéra à 20h30, c'était parfaitement possible. La fameuse production de téléfilms est en chute libre sur le plan qualitatif. Après quelques merveilles dans les années 90, elle s'est clairement orientée, actuellement, vers les trucs les plus raccoleurs. Même nos chaines strictement culturelles sont désormais d'énormes consommatrices de documentaires anglo-saxons des plus débiles (voir les innombrables collections américaines sur les catastrophes naturelles, les grands accidents d'avion de l'histoire et autres...).

Bon, la diffusion télé est d'une qualité médiocre, ce n'est pas nouveau. Le cinéma, c'est intrinsèquement conçu pour être vu en salle. À moins d'être équipé au minimum d'un projecteur et éventuellement du système sonore performant que réclame le cinéma des 20 dernières années, je renvoie dos à dos télé et autres modes "domestiques" d'appropriation du cinéma, internet, cassettes, DVD, qui n'opèrent en aucun cas une substitution.

Le téléchargement comme substitution à la télévision? Il faudra pour s'en convaincre réussir à discipliner les gens, ou à discipliner le téléchargement lui-même. Il n'y a pas de raisons que le public concerné par le téléchargement soit subitement devenu plus consciencieux que les autres qui, globalement, ignorent ou piétinent toute législation qu'on leur donne le moyen matériel de contourner facilement. La diffusion d'oeuvres dans des conditions douteuses est un fait quotidien sur internet. Donc si le gros talon d'Achille de la télévision est son manque de flexibilité et sa faible qualité de diffusion, celui de la télévision, c'est son caractère difficilement contrôlable et son public qui semble disposé à ignorer voire à approuver une part non négligeable de fraude.

À mon avis, le débat télévision face à nouveaux médias ne se pose pas, pas plus que le débat télévision contre radio et presse écrite ne s'est avéré réel. Le mythe du "progrès" qui amène une substition d'un concept à un autre fait encore des ravages. La cohabitation des deux procédés me semble durable à moyen terme par le simple fait que la "desserte" de la population par la télévision reste infiniment plus fine que celle par internet, et que l'investissement de base reste absolument moins important.

Dans le domaine de la musique, le téléchargement légal est massivement un terrain occupé par des sociétés commerciales. En dépit de la publicité qu'elles veulent bien se faire, elles échouent à proposer réellement cet "introuvable" qui est la marque de l'ouverture d'esprit sur autre-chose que ce qui répond à la demande "du bon peuple".


Opération Sisyphe
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koko
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Pour la qualité du fichier dispo en p2p l'image ci-dessus en était un extrait.

Bien entendu internet ne vas pas "tuer" la télévision. Simplement je soulignais que les énormes limitations techniques de la télévision (une seule langue disponible, une qualité visuelle catastrophique, un système de diffusion offrant un choix très restreint) la condamnaient à un public soit se foutant de ce qu'il regarde, soit au contraire cherchant LA perle rare, diffusée à des horaires pas possibles (et programmer son magnétoscope c'est juste un procédé non-intutif et analogique de téléchargement). Voir un blockbuster sur la télévision c'est dégoûtant (vo de merde, une coupure pub au millieu, dune bande son généralement monophonique et un recadrage hideux). Je comprends cependant qu'en cas de paresse extrême on puise se laisser aller à le faire - pas la peine de réfléchir à ce qu'on veux voir, on presse juste un bouton et voilà.

Le simple fait de devoir consulter un programme, une grille avec des horaires de diffusion, et d'une complexité aberrante. Pourquoi ne pas indiquer simplement à son poste ce qu'on veux voir ? Pourquoi devoir attendre l'heure de la diffusion ?

Le p2p est certes illégal dans sa forme actuelle, mais il suffirait que la législation évolue pour résoudre ces problèmes. Après tout pourquoi la propriété intellectuelle n'est-elle pas comme la propriété industrielle soumise à une obligation d'exploitation ? Si un brevet industriel n'est pas exploité commercialement il ne tient plus. Il devrait en être de même avec le cinéma (après tout, même pas deux pourcents du cinéma existant est disponible, sous quelque forme que ce soit).

Pour le domaine public qui n'existe pas en France il faut juste savoir que les ayants droits ne vont jamais poursuivre un français pour avoir téléchargé un film de Charles Chaplin, par exemple. Ils ne touchent plus d'argent chez eux, pourquoi iraient ils profiter de la législation aberrante française ?

Ensuite il y a les DVD qui offrent une solution légale pour les nouveautés et les films à succès. C'est cher, mais si on dispose d'un cercles d'amis assez large pour exploiter la copie LÉGALE, alors ça deviens abordable.

Et enfin, pour l'investissement c'est une question de point de vue. A 300 euros on trouves un PC suffisant pour regarder des films en haute définition avec un écran 17 pouces d'une qualité indécemment meilleur qu'une TV (fuir les LCD, vive les cathodiques).

Il faut savoir que pour beaucoup de jeunes un PC est plus indispensable qu'un téléphone fixe ou qu'une TV. Ne serait-ce que pour le web, MSN, et pour utiliser leur baladeur mp3.

Bref va en citée étudiante et regarde. Il y en a plus avec un PC et le net qu'avec un téléphoque ou avec une TV. Parceque même si c'est assez cher ça sert de substitue à la fois au téléphone, à la télévision, au lecteur CD et à la radio.


Le cinéphile déviant


   
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Hallberg
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L'exemple du blockbuster est particulièrement peu judicieux. Si on se base sur le public du blockbuster passant à la télé, on englobe 80% de consommateurs imbéciles, 15% de gens qui ne se sont pas posés la questions et 5% de gens qui s'intéressent vraiment au cinéma. D'autant plus que jusqu'à preuve du contraire, les chaines d'état, qui diffusent une plus faible proportion de films amerloques débiles (puisqu'elles ont des obligations légales de diffusion) ne sont pas affectées par les coupures publicitaires. Arte sur la TNT et les réseaux cablés ou satellitaires propose désormais le choix entre l'allemand et le français et/ou la VO dans une autre langue.

La télévision, bonne ou mauvaise, correspond à un usage, à un comportement, de façon totalement indépendante de ses qualités techniques. Dans son usage le plus traditionnelle, elle est pour beaucoup une sorte d'accompagnement, de bruit de fond (d'où les émissions neuneu du milieu de journée qui permettent de faire la popote et le repassage en même temps, et le principe du film en soirée est encore un élément de rassemblement familial avec une sorte de rituel, plus souple mais encore comparable à l'ensemble des rituels qui accompagnent la contemplation esthétique (le rituel du concert, du musée, de la salle de cinéma). L'heure fixe et la diffusion arbitraire sont encore partiellement le motif d'une attention plus soutenue. Je le vois moi-même quand je visionne un DVD ou une cassette, que je n'hésite pas à arrêter pour répondre au téléphone, pour aller me verser un verre, puis à reprendre. L'émission télévisée est soit l'occasion d'une attention particulièrement peu soutenue quand on ne s'y intéresse qu'à moitié, soit au contraire d'une attention admirablement soutenue quand on ne veut pas manquer ce qui de toutes façons ne repassera pas.

La diffusion du patrimoine cinématographique, de l'information, du documentaire, regarde tout le monde. Ton approche me semble être absolument fondée sur une vision partielle du corps sociale, comme celle des gens qui ne comprennent pas ce qu'il y a de mal à avoir des services accessibles surtout par SMS parce que, voyant des portables partout dans leur univers familial, amical ou professionnel, ne se doutent pas du tout que le téléphone portable concerne seulement autour de 60% de la population. Quelle est la représentativité du milieu étudiant en cité? Quelle part de la population fait-elle, et quelle part des futurs actifs représente-t-elle? Et encore, de quelle part des étudiants parle-t-on? Surtout quand l'on pense que l'usage fréquent d'internet restait, il y a encore peu, plus masculin que féminin? Doit-on ignorer que des couches complètes de la population vivent avec très peu de rapports avec l'informatique en général. Les adeptes du téléchargement sont nécessairement les possesseurs d'ordinateurs abonnés à une connection à haut débit, et qui s'en servent fréquemment. Combien sont-il dans la population européenne, ces individus qui comme tu le dis estiment que l'ordinateur leur est plus indispensable que le téléphone ou la télévision?

Si je dis ça, c'est parce que le discours consistant à dire que s'inquiéter de la qualité de la télé est un combat d'arrière-garde parce que l'heure est au téléchargement me semble relever d'une vision totalement sectorielle du corps social. Ou alors, elle s'appuie sur une sorte de projection par anticipation, comme si on avait déjà été capables de prédire les comportements dans trente ans...

Après, il y a deux trucs contre lesquels je m'insurge, je trouve que ça peut aboutir à un propos vraiment limite:

D'une part, cette histoire de soumission du droit d'auteur en art à une obligation d'exploitation. C'est une absurdité dans la mesure où aucune oeuvre d'art n'a à se justifier économiquement. Ou alors, c'est ma définition de l'art qui est débile.

D'autre-part, sur la perception ou non des droits d'auteur et cette histoire de domaine public. Ce n'est pas parce que personne ne vous attaquera en justice que faire quelque-chose qui est considéré comme interdit dans les textes devient légale! Quand je lis tes propos, j'ai l'impression d'une légitimation du "pas vu, pas pris"! Ou alors c'est une remise en cause, carrément, du principe selon lequel l'obéïssance à la loi est l'expression civique de la morale, ou de celui qui veut qu'on ne se fait pas justice soi-même!
On peut avoir envie que la législation évolue, je suis bien d'accord. On est en démocratie, on a des représentants. Ce n'est pas parce qu'on trouve une législation inutile qu'on gagne le droit moral de la contourner. Et puis on a clairement l'impression que c'est un dialogue à sens unique, les usagers du téléchargement revendiquent tout le temps un aménagement de la loi en leur faveur mais ne montrent pas particulièrement de capacité d'initiative pour changer leur propre comportement et le mettre en rapport avec la loi. Sauf que des fois, avec certains intervenants, on a droit au terrorisme intellectuel: certains usages d'internet étant considérés comme symbolisant l'avenir, le libre arbitre et une vie meilleure grâce à la technique, c'est devenu vilain de faire peser des contraintes dessus.


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Lucterios
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Bah, à la télé publique, il y avait un blockbuster français hier. Ou alors ce sont les téléfilms pantouflards de la fin de semaine, sans compter les séries policières débiles. En fait, on ne regarde la télévision qu'à cause du rite familial et comme il est rare d'avoir les mêmes goûts, on finit par se taper le truc formaté du dimanche soir. Il y a une époque, pas si lointaine, où je rentrais chez mes parents de temps à autres, quand j'étais étudiant ou que je travaillais à Paris. Quand on a eu un ordinateur, je préférais être dessus (ou sinon, je faisais autre chose), mais cela créait toujours des tensions plus ou moins rentrées parce que je ne venais pas voir le machin à la télé...smiley


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Paul
 Paul
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Techniquement, je pense que dans 5 ans il y aura deux type de propositions:
celle grand publique "tout intégré", télé, téléphone, internet, photo, stockage,... plus la domotique.
celle des passionnés à "la carte" avec tous les avantages et le plaisir de plonger les mains dans le cambouis.

Pour la diffussion du contenu ce sera pareille, la technique sera de plus en plus transparente et ce que l'on paiera ce sera des services d'aide au choix selon la personnalité du client et la complexité de sa demande. Restera-t-il encore de la place pour la publicité? Oui sans doute et l'on paiera très chers le droit de ne pas en voir!!

De la place pour des émissions de plus en plus idiotes et vulgaires? Certainement! L'homme descend du singe depuis des millier d'années, il n'y a pas de raison qu'il se mette à s'élever tout d'un coup!!

Mais on peut espérer dans ces conditions que l'accès à un contenu intelligent sera à égalité avec celui qui l'est moins. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui le grand nombre dictant sa loi.


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koko
 koko
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La TV ne fait que répondre au besoins du public. Ce n'est donc pas la peine de débattre sur sa qualité catastrophique. Le public n'a que ce qu'il mérite.

Quand je parles de soumission du droit d'auteur à l'exploitation c'est parceque je trouve aberrant que certains films ne soient disponible QUE de manière illégale.
Soit un film est disponible (en DVD, en VHS, au cinéma, sur Arté a minuit) soit il devrait être librement copiable. Parceque interdire la copie "illicite" d'un film non exploité est un non sens (cela reviens à interdire sa vision).

Et ce n'est pas du "pas vu, pas pris" mais plutôt "l'auteur s'en fout, il n'en est pas à quelques sous prés étant donné qu'il est mort depuis plus de 20 ans et que son film a déjà été rentabilisé il y a 70 ans, et en plus dans son pays d'origine tout ses compatriotes peuvent télécharger le film légalement, parfois même la société productrice encourage la diffusion de l'oeuvre libre, donc pourquoi pas moi ?".

La propriété intellectuelle est là pour brider la diffusion de films déjà rentabilisés depuis des lustres.

Bon, et puis on est encore loin d'avoir du vrai "haut débit". Dans une quinzaine d'années on aura au minium du 100 Mb, et là les choses changerons vraiment car un film deviendras un fichier si petit que son échange sera parfaitement banal.

Edité Jeudi 5 avril 2007 :01:53 par koko


Le cinéphile déviant


   
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Hallberg
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koko a écrit Et ce n'est pas du "pas vu, pas pris" mais plutôt "l'auteur s'en fout, il n'en est pas à quelques sous prés étant donné qu'il est mort depuis plus de 20 ans et que son film a déjà été rentabilisé il y a 70 ans, et en plus dans son pays d'origine tout ses compatriotes peuvent télécharger le film légalement, parfois même la société productrice encourage la diffusion de l'oeuvre libre, donc pourquoi pas moi ?".

Ouais mais alors apparemment c'est moi qui suis un débile profond et il y a un concept juridique fondamental qui m'échappe depuis des années... Les ayants-droits s'en foutent, j'ai bien pris, mais j'ignorais que cette attitude rendait le téléchargement légal. Soit c'est moi qui n'ai rien compris à certains principes fondamentaux du droit, soit c'est une absurdité grandiose: depuis quand, dans l'état de droit, l'appréciation de ce qui est légal ou ne l'est pas peut-elle être le fait de celui qui commet l'acte? Ou alors, y'a un gag, là...


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Lucterios
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Cela doit être un concept juridique spartiate qui remonte à la surface... Je crois que nous vivons définitivement des temps barbares...smiley


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koko
 koko
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Je n'ai pas dit que les ayants droits s'en foutaient dans le cas général. Je ne suis pas fou. Je parlais des films du domaine public américain. Il est clair qu'il n'y a pas d'effort de leur part de chercher à grappiller les quelques sous qu'ils pourraient encore amasser à cause de l'absurdité de la loi française. Souvent ces films ne sont pas du tout exploité en France, preuve qu'il n'y a pas la possibilité de se faire même un centime.

Quand on viole les droits d'auteurs le problème de conscience n'est pas vis à vis du droit, mais vis à vis de l'auteur qu'on prive de son juste revenu. Le concept de mauvaise conscience ne marche pas vis à vis de la loi en sois. Si je télécharge un film je prive l'auteur d'une partie de l'argent qui lui est du, donc c'est mal, normal que ce soit illégal. Mais si je télécharge un film et que l'auteur ne conte plus du tout gagner de l'argent avec, par exemple parcequ'il est mort depuis longtemps et que les ayants droits ne diffusent même plus son oeuvre, alors même si c'est illégal sur le papier je ne vois pas le problème de conscience.

Ca rejoins ce que je disais sur l'exploitation. Si un film n'est pas exploité, c'est-à-dire si l'auteur ne tente pas de gagner de l'argent avec, pourquoi reste-il interdit de le copier librement ? Les drois d'auteurs sont là pour garantir aux auteurs un revenu, bref pour protéger l'exploitation qu'ils font de leurs oeuvres.
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Enfin, le débat tourne en rond. C'est illégal de télécharger des films, même du domaine public aux États-Unis, même s'il y a effort de diffusion de la part des ayants-droits. Après tout si la loi française dit qu'ils peuvent toucher de l'argent dessus, même s'ils ne le font pas, cela suffit à condamer à la damnation éternelle ceux qui essayent de voir les oeuvres en question.

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Sérieusement ça ne te pose pas de problème qu'il y ait une loi interdisant la copie de films pas même exploités ? C'est pour protéger l'auteur du désagrément provoqué par la vison de son oeuvre ?

Et si je défend le p2p ce n'est pas pour télécharger des blockbuster (l'adepte de la qualité que je suis préfère des DVD) mais pour l'accès qu'il donne à des trucs introuvables autrement.


Le cinéphile déviant


   
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Hallberg
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Je trouve ça un peu fort de faire passer la chose sous une notion de différence d'opinion. Pour moi il y a toujours et encore un truc qui ne tourne pas rond, et ça n'a rien à avoir avec une opinion.

Moi aussi ça m'agace qu'il y ait un système qui bloque la diffusion et donc la connaissance de certaines oeuvres d'art. Il y a d'autres choses qui me gènent profondément. Je tiens les lois "mémorielles" votées depuis les années 90, qui imposent une "vérité historique officielle" pour des absurdités et pour des dérives extrèmement graves. Je suis le premier à pester contre une réglementation qui m'oblige à verser à la SACEM une somme forfaitaire pour certains concerts pour des oeuvres d'autant moins protégées que l'auteur est mort et qu'il n'y a pas d'éditeur puisque la partition est sous forme de manuscrit à la BNF, tout ça parce que la SACEM ne veut pas s'embêter à faire ses propres recherches pour des concerts à petit budget parce que ce serait pas rentable pour elle. Et la liste n'est pas close. Or dans le dernier cas, si je passais outre, effectivement je ne léserais ni auteur, ni éditeur.

Seulement le truc chez toi, apparemment, c'est que quand une loi te dérange, tu regardes à droite et à gauche pour voir si ça va ne déranger personne et hop, tu l'enfreins. Ben non, c'est pas comme ça que ça marche, ou alors on oublie l'état de droit et on fait un bond en arrière. On a le droit d'écrire aux députés, aux ministères, au président, d'envoyer des pamphlets aux journaux, de manifester, de se mettre en grève, de s'engager en politique. Après, certains vont sortir l'argument d'une légitimité de la désobéïssance civique qui, dans des circonstances différentes, a sauvé des gens et a fait considérer comme des héros ceux qui s'y sont livrés. Mais faut pas pousser, on n'est pas dans des questions de respect fondamental de la vie et dans des enjeux fondamentaux de l'humanité. Il y a des neuneus qui sont fichus de vous sortir la légitimité de la désobéïssance contre les limitations de vitesse sur les routes ou la date d'ouverture de la chasse. Alors là, l'art a beau être quelque-chose d'indispensable ne serait-ce qu'à ma propre existence, je suis navré mais je crois que transposer à ce genre de choses ce concept de désobéïssance légitime, c'est de la fumisterie totale. Je suis révolté par le fait qu'on puisse être condamné pour des infractions involontaires alors même que l'état ne met pas forcément à la portée de tous les moyens de se renseigner, mais quand ce sont des gens parfaitement informés qui savent très bien ce qu'ils font, ça donne presque envie de devenir délateur...
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Alors assez rapidement, je vais probablement finir par passer, avec l'évolution actuelle, pour le con légaliste qui croit encore à des idéaux ridicules et qui s'oblige à attendre dix ans que le film qu'il attend passe à la Cinémathèque Française, ou qui va voir un film à ladite Cinémathèque même quand il est crevé et qu'il se lève à cinq heures du matin le lendemain parce qu'il a peur de ne pas pouvoir revoir ce film avant dix ans. Et aussi, qui s'en remet encore aux politiques, qui s'amuse encore à écrire à son député et se condamne à attendre pendant vingt ans que la législation veuille bien évoluer... Alors que c'est si facile... et que ça fait de mal à personne... et que de toutes façon plein de gens le font, alors un de plus ou de moins... et que c'est pratiquement sans risque... Ouais, c'est super rassurant, on va finir par en arriver dans les couches instruites à ce qu'on dénonce depuis des lustres, de façon un peu condescendante, dans les banlieues: le phénomène d'une génération qui n'a plus la même notion de la légalité que nous, et pour tout dire, une notion de la légalité façon pays du tiers-monde. Y'a de quoi se taper la tête contre les murs.


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Paul
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koko a écrit ...alors même si c'est illégal sur le papier je ne vois pas le problème de conscience.

...

Ben justemant c'est illégale...
Nous vivons dans un état de droit. En tant que citoyen français, j'accepte que ce qui me lie aux autres, c'est la loi. A partir du moment où je fais quelque chose d'illégale (par principe c'est par rapport à une loi, donc sur papier) il doit y avoir un problème de conscience... Il existe d'autres types de société. Dans certaine la poignée de main devant témoin, l'allégeance au chef suffisent. Il n'y a pas d'écrit.


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