Vous avez peut être visionné ou eu echo de l'émission "Vu du ciel" diffusée la semaine dernière sur FR2.
J'ai personnellement été choqué par un reportage sur les pratiques des exploitants forestiers de Tasmanie:
- Destruction des forêts primaires par des procédés pour le moins radicaux et monstrueux (bombes au napalm) ;
- Reboisement (à seul but d'exploitation forestière) par une seule essence, et à croissance rapide ;
- Empoisonnement de la faune locale par des poisons dignes d'une sombre époque.
En tant qu'individu, j'ai été choqué que de telles pratiques perdurent, et même existent, dans un pays développé, donc sensé être sensibilisé aux problématiques environnementales, ce qu'on ne saurait reprocher à des pays en voie de développement.
En tant que consommateur, j'ai d'autant plus été choqué d'apprendre que ces mêmes exploitants forestiers de Tasmanie ont obtenu la certification PEFC, certification qui est sensée garantir le consommateur d'une gestion forestière durable et d'une éthique des exploitants forestiers, engagés à préserver la biodiversité du milieu qu'ils exploitent.
L'attribution de la certification PEFC à de tels exploitants remettent en cause la crédibilité et l'éthique de ce label.
PEFC a écrit PEFC est-elle une certification écologique ?
Oui mais pas seulement. La protection de la biodiversité est l’un des objectifs fondamentaux de la gestion forestière durable. C’est pourquoi PEFC regroupe, à côté des propriétaires forestiers et des industriels, les représentants des principales associations environnementales françaises.
Ainsi, France Nature Environnement est vice-président de PEFC France. Au niveau régional, PEFC associe de nombreuses autres associations environnementales membres ou non du réseau FNE.
Celles-ci, telles que la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO), Espaces Naturels de France ou la Fédération Nationale des Parcs Naturels Régionaux ont une précieuse connaissance du terrain. La diversité des membres de PEFC permet, à chaque niveau des instances nationales et régionales, de trouver un équilibre entre les différentes fonctions de la forêt.
En tant que consommateur, et sensible à la protection de l'environnement, la certification PEFC ne m'apporte aucune confiance quant aux conditions d'exploitation des forêts qui servent à fabriquer les biens que j'achète issus du bois (ameublement, papier...). Cela me convainc que l'image "écolo" du bois (particulièrement les bois tropicaux) est bien fausse et mensongère. Et j'en conclus que le bois est bien moins écolo que l'acier ou le béton.
Par conséquent, j'ai demandé, comme bien d'autres consommateurs, je pense, de revoir les critères d'attibution du label PEFC de sorte à ce que les exploitants forestiers de Tasmanie en soient radiés.

Alors là Oresias, tu m'éclaires sur quelque chose de nouveau.
Ne regardant pas la TV, je n'ai pas vu cette emission dont tu parles et je ne connaissais pas cette certification PEFC.
Quand tu dis que tu as demandé de revoir les critères d'attibution du label PEFC... comment cela se passe-t-il ?
"La terre est bleue comme une orange"
Paul Eluard![]()
"Le chat est entré dans la cage aux lutins"
J'ai envoyé un mail de protestation au Délégué Général du PEFC (quasi-copie de ce que j'ai posté ci-dessus).
Il ira certainement à la poubelle, mais c'est pas grave. Je m'indigne et je le montre. Une organisation qui certifie que de telles méthodes sont conformes au respect de l'environnement n'a aucune déontologie!

Cela va chercher loin, notamment dans la différence entre ce que le consommateur/usager/électeur va percevoir sous le concept d'écologie, qu'il définit souvent assez mal lui-même, et le concept de conscience environnementale proprement-dit.
Effectivement, il y a une catégorie de la population qui s'imagine écolo mais qui confond largement avec une sorte de vision "proche de la nature", complexe mélange de style et de confort de vie, de remise en cause culturelle, de crédulité et de simplifications. Acheter un objet en bois n'est plus écologique qu'un objet en matière de synthèse que lorsqu'on envisage son élimination, et avec des tas de préjugés liés à l'ignorance du fait que des tas de matières (plastiques, verres, métaux) se recyclent quand on les remet à une bonne déchetterie plutôt que de les abandonner dans la nature. En somme, pour certains, consommer du bois, vivre dans du bois, serait écolo. Ben voyons. On trouve à entendre des aberrations, du genre, se faire construire une maison ultra moderne en bois et en pleine campagne serait écolo, et permettrait de faire la morale au neuneu qui habite dans un immeuble haussmannien à Paris, lequel n'a plus consommé d'espace et de matériaux de construction depuis cent cinquante ans...
Ce qui est écolo et ne l'est pas demanderait une vaste réflexion collective. Quand je suis allé pour la première fois à Amsterdam dans un cadre scolaire, voyage d'étude pour élèves géographes, on nous a confrontés entre un cliché (Amsterdam serait une ville de conscience écologique avancée) et une réalité. Certes, on y fait beaucoup de vélo et on y navigue sur les canaux. Mais encore? Dans cette même période des années 80 à nos jours, on a fait tomber certains secteurs historiques pour reconstruire moins durable (or le patrimoine, donc la qualité urbaine, appartiennent à l'environnement), on a envisagé de combler des canaux, et on a réalisé la fermeture de l'Ijmeer pour éviter les crues, acceptant de bousiller radicalement l'ensemble de l'écosystème local, et avec une digue monumentale constituant une pollution visuelle et hydrodynamique majeure. Où il ressort qu'au fond, cette prétendue conscience écologique avancée n'est que très partiellement écologique: elle s'appuie bien trop largement sur une envie de vie calme et propre, un aménagement pour le bien-être de l'homme prioritairement, et on a vraiment l'impression que ce n'est que fortuitement que cette ville investit massivement dans le vélo et les transports en commun: après-tout, on peut faire du vélo pour mieux respirer, faire moins de bruit et causer moins d'embouteillage, sans s'être jamais demandé si on en faisait pour une cause plus globale, comme réduire la consommation d'énergies fossiles et la production de gaz carboniques...
D'où l'intérêt de surveiller attentivement tout ce qui joue la carte de la sensibilité (parfois mal comprise) écolo, et ce qui l'est dans les faits au terme d'une réelle réflexion sur les rapports de l'homme au milieu. J'ai bien eu un voisin qui croyait faire un beau geste en libérant dans la nature ses tortues de Floride, espèce proliférante qui risque de conduire à l'extinction la cistude d'Europe...
Or, il y a des gens qui se sentent proches de la nature (c'est un fait) et qui se croient écologiquement conscients (c'est une imposture). J'ai déjà tenté d'expliquer à des gens qui arpentent la montagne en long et en large dès qu'ils ont du temps libre que ce qui serait réellement mieux pour la faune et la flore, ce serait que les promeneurs même les moins polluants s'y rendent beaucoup moins souvent. On arrive alors presque à s'entendre répondre que si on ne peut plus s'en servir pour les loisirs des citadins, ça vaut moins le coup de protéger la nature. Euh...

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Je suis tout à fait d'accord avec toi Hallberg.
L'ecologie, la protection de l'environnement, c'est une éducation. On devrait dispenser des cours sur ces sujets à l'école.
Moi-même conscient, j'essaie de faire attention mais je ne fais peut-être pas toujours les meilleurs gestes pour l'environnement.
