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OURS

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Oresias
(@oresias)
Noble Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 1761
Début du sujet  

Dans les Pyrénées Françaises devaient être relâchés deux ours originaires de Slovénie, pour repeupler l'espèce Pyrénéenne en voie d'extinction.

Cela a soulevé de vives réactions des éleveurs de bétail locaux qui ont à leurs actifs plusieurs actions pour empêcher cette réintroduction et décourager les associations en faveur de la réintroduction des ours.

L'argument premier des éleveurs, c'est bien sûr qu'ils craignent pour leurs bêtes de se faire massacrer par les ours.

Alors Pro-Ours contre Anti-Ours? Faut il ou pas réintroduire des ours dans les Pyrénées?

Le D-Ba est tout vert.



   
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Hallberg
(@hallberg)
Illustrious Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 10550
 

Dès que le débat en arrive à "moi chuis éleveur alors j'ai la pétoche", il devient crétin. On ne règle pas les enjeux écologiques à coup de confrontation d'intérêts immédiats, surtout si cette confrontation d'intérêts immédiats est en fait un truc ou chacun se contente de défendre son intérêt immédiat.

Et puis de toutes façons, maintenant que des ours y sont, on va pas les fusiller... s'il y a des problèmes, c'est nécessairement que ça a été fait alors qu'on avait pas pesé clairement tout le pour et le contre, ou qu'on avait oublié des arguments. Donc la question actuelle étant continuer ou arrêter, j'espère que ça se fera un peu mieux que jusqu'à présent.

À mon sens, effectivement, la réïntroduction de l'ours peut avoir deux raisons, qui sont peut-être en fait toutes les deux valables:

- L'intérêt strictement écologique: réïntroduction d'une espèce nécessaire au rééquilibrage d'un écosystème, d'une chaîne alimentaire, ce qui revient donc à une action dont l'objectif est la préservation à long terme d'un milieu.
- L'intérêt culturel et patrimonial, venant du fait que l'homme manifeste un attachement affectif à la bio-diversité qu'il trouve belle même en dehors de toute considération environnementale (du coup, il y attache une notion de bien), et en l'occcurence, c'est le fait que l'on se représente les Pyrénées avec des ours. En l'occurence, quand bien-même une espèce serait sacrifiable parce que l'équilibre du milieu se fait quand-même sans elle, on préfèrerait l'avoir.

L'intérêt scientifique proprement-dit, en fait, me semble se greffer partiellement aux deux approches, puisque dans un cas c'est la connaissance scientifique d'un milieu qui va inviter à le gérer mieux en réïntroduisant (ou en en supprimant, ce qui existe aussi) une espèce animale; dans l'autre, c'est la curiosité scientifique et le besoin d'acquérir de nouvelles connaissances qui rend souhaitable le fait d'avoir des ours à étudier dans ce milieu.

Il n'empèche que même si prendre des décisions sur la seule fureur des éleveurs est aussi stupide que les ignorer totalement. Il me semble évident que l'on ne peut pas rationnellement causer une nuisance sans contrepartie aux gens, parce que scientifiques, spécialistes de l'environnement, instances politiques et culturelles et promeneurs citadins ont décidé qu'ils voulaient des ours. En somme, pour le problème de l'élevage, si ours il y a, il faut une réponse adaptée de toutes part: meilleure protection des cheptels, meilleure gestion et meilleure prospective sur les lieux de lâcher et sur l'estimation des besoins alimentaires et territoriaux des ours, amélioration technique du suivi des animaux, indemnisation vraiment juste en cas de pertes pour l'éleveur (juste, de façon à ce qu'il n'y perde rien, mais qu'il ne soit pas tenté non-plus de tuer ses propres bêtes comme on incendie sa voiture pour toucher l'assurance...), etc.

En somme, la question de l'ours, à mon sens, ne se règle pas en empoignades, comme c'est le cas maintenant, à celui qui a la plus grande gueule. Elle se règle dans une pensée à long terme. Il faut voir si l'ensemble des conditions sont réunies et si la situation se prête ou non à cette opération. Si les conditions ne sont pas réunies, alors, il ne faut pas se lancer dans quelque-chose qui fera payer à autrui les pots cassés. Si au contraire tout y est, il n'y a pas de raison d'hésiter.

En gros, la question est plus sur le "quand" et le "comment" que sur le oui et le non. Pour le coup, je ne connais pas trop le dossier, mais s'il s'avère effectivement que les éleveurs en souffrent de façon flagrante, c'est bien qu'il était trop tôt, puisque ce n'est pas à eux d'assumer les ours pour nous. Simultanément, si l'intérêt supérieur de la planète exige que l'on maintienne des espèces sauvages, alors il faudra tôt ou tard réïntroduire celle-ci ou une autre. Par conséquent, il ne faut pas raisonner de façon binaire: pour moi, s'il faut réïntroduire l'ours, alors il faut le faire bien. La dimension qualitative est indispensable. Pour ce qui est de ma sensibilité, sur le plan affectif, et aussi de mes convictions d'ordre scientifique, je suis "pour l'ours"; mais dans ce cadre, j'estime que l'on doit assumer les ours collectivement de façon efficace, et pour cette raison, il est hors de question que les décideurs se fassent plaisir tant que les conditions optimales ne sont pas réunies, tant du point de vue technique, que dans l'arsenal juridique et réglementaire permettant de bien compenser les éventuels inconvénients.


Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler


   
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Oresias
(@oresias)
Noble Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 1761
Début du sujet  

Bon apparemment, à part nous deux, ça ne passionne guère, les ours.

Moi je comprends un peu que les éleveurs s'inquiètent pour leur bétail. Cela dit, il me semble qu'il existe déjà de bonnes mesures d'indemnisation en cas de perte d'une bête.

Moi je me demande pourquoi cela suscite autant de polémique en France, alors qu'il existe des ours en Slovénie, en Espagne, et même en Italie, il me semble. Sans parler non plus des loups et des lynx. Ces animaux étaient très courants autrefois.

Autrefois, au Moyen-Âge (que certains semblent regretter ce bon vieux temps), les gens ne craignaient pas seulement pour leurs bêtes, mais pour leur vie. Les loups étaient très courants en France commen en Europe en général.

Bien sûr, on n'est plus au Moyen-Âge, et il n'est pas question de revenir à de telles conditions.

Mais bon. Comment cela se passe-t-il dans ces pays où la cohabitation ne semble pas faire autant d'émules? Même les paysans en Espagne sont favorables aux ours.

Si je comprends leurs inquiétudes, je suis révolté contre les méthodes qu'ils ont utilisé (coups de pétards pour faire peur aux ours, miel piégé avec des éclats de verre...). Si ils ont des revendications à faire valoir qu'ils les présentent aux concernés, pas aux ours, qui eux, n'ont pas demandé à être retirés de leur Slovénie natale! Et ces actions ne visent qu'à rendre leurs mouvement impopulaire à l'heure où beaucoup sont favorables à la réintroduction des ours dans les Pyrénées.

Sinon, un site qu'il est très bien fait :



   
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Le Grand migrateur
(@le-grand-migrateur)
Illustrious Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 13904
 

C'est pas que ca ne m'interresse pas, mais etant a pres de 1500 km, je n'ai pas eu le loisir de suivre le debat a proprement parler.
Cela dit, je rejoint Hall sur le principe. Pas de decisions hatives pour le seul benefice de faire plaisir a l'un ou l'autre groupement, mais une action durement reflechie.
Quand au risque pour les eleveurs, effectivement, il n'est pas nul, mais l'ours etant un homnivore, et a condition de lui laisser un espace vital suffisament grand pour qu'il trouve de quoi se nourrir, les "chances" qu'il aille boulotter une chevre ou un mouton me semblent quand meme minces.
Bien sur, certains vont dire que l'espace vital de l'ours va empieter sur les zones de paturage, mais n'oublions pas que c'est l'homme qui a d'abord chassé, puis éliminé l'ours de son habitat, il n'est que justice qu'on lui en rende un morceau.


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"Ceux qui y sont arrivés 2 fois"
Pancarte


   
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Thalie
(@thalie)
Famed Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 4287
 

Ce sujet m'intéresse beaucoup, mais je n'ai pas eu le courage de lire le long message d'Hall smiley

Ce sujet amène à nous intéresser aux rapports entre l'homme et la nature.
Les hommes veulent tout contrôler, faire tout ce qu'ils veulent et où ils venlent.

Chez moi ce problème se pose tous les ans en automne avec les inondations : chacun veut un joli pavillon de plein pied, sur un terrain bien mignon, plat et en cuvette... mais il ne veut surtout pas que sa maison se remplisse d'eau, lors de ce que nous appelons les Episodes Cévenols.

Nous pensons être tellement forts, que nous dominons la nature... il en est donc de même pour les animaux sauvages.

Je pense qu'un autre problème qui se pose, est le fait que les bergers ne gardent plus leurs troupeaux en estive.

Au fait. C'était drôle vendredi, je rentrais de Clermont Ferrand en voiture et j'ai capté une émission de radio sur le loup juste au moment où je traversais le Gévaudan.


"La terre est bleue comme une orange"
Paul Eluard

"Le chat est entré dans la cage aux lutins"


   
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Hallberg
(@hallberg)
Illustrious Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 10550
 

Tu n'as pas eu le courage de lire, mais ça revient un peu au même (même si c'est pas bien), mais l'anecdote est intéressante. En général, personne ne veut être celui qui porte la responsabilité. ça va au dela de l'homme et la nature, c'est aussi et surtout le rapport de l'homme à l'environnement au sens large du terme (donc naturel et aussi non naturel), et la tendance à renvoyer la responsabilité d'une nuisance sur autrui. C'est un peu comme mon histoire de gens qui construisent au bord d'une voie ferrée pour se plaindre du bruit des trains. Puis c'est intéressant de pointer le fait que toutes les modernisations agricoles ne sont pas bonnes à prendre, loin de là...


Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler


   
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Ancien membre
(@ancien-membre)
Prominent Member
Inscription: Il y a 18 ans
Posts: 730
 

Les seuls ours que je vois ici sont en peluche et parfois ils reclament des piles (electriques)...nan plus serieusement je suis un peu comme LGM je n'ai pas trop suivi l'actualite mais mon vieux chromosome ecologique me dit de donner un avis favorable a cette demarche de reinsertion. Maintenant c'est clair que si celle ci aboutit, il y aura bien entendu des mecontents. Il est facilement comprehensible que certains esprits ruraux non pas la notion de protection de la faune. Mais bon il est difficile de les blamer vu que je n'ai jamais joue a cache a cache avec un ours brun (ni un blanc d'ailleurs).



   
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Cherrydean
(@cherrydean)
Membre Moderator
Inscription: Il y a 21 ans
Posts: 4090
 

Je rejoins un peu LGM. De prime abord, les ours ne m'auraient pas trop inquiété pour du bétail, moins que des loups par exemple. Je ne suis pas au courant de l'événement, mais bon. Mais à ma connaissance, les ours préfèrent vivre dans le bois que dans les champs...

Je suis d'accord Oresias, que des éleveurs ne soient pas d'accord, c'est une chose, mais qu'ils s'en prennent aux ours et avec les manières que tu décris...smiley


Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...


   
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Thalie
(@thalie)
Famed Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 4287
 

C'est dingue, ils en sont même allé à piéger des pots de miel !


"La terre est bleue comme une orange"
Paul Eluard

"Le chat est entré dans la cage aux lutins"


   
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Cherrydean
(@cherrydean)
Membre Moderator
Inscription: Il y a 21 ans
Posts: 4090
 

Ils pourraient bien se mordre les doigts un moment donné. Blesser un ours au lieu de le tuer. Un ours blessé, je ne conseillerais pas de le rencontrer.


Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...


   
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Hallberg
(@hallberg)
Illustrious Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 10550
 

De toutes façons, cette espèce est protégée, donc tuer un ours autrement qu'en légitime défense (et pour se trouver dans cette situation-là, faut l'avoir cherché, faut se faire attaquer par l'ours sans rien lui avoir fait, donc peu de chances) est un délit. Or on ne se fait pas justice soi-même... On a parfaitement le droit d'être contre la présence des ours, mais on n'a pas le droit de transgresser la loi...


Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler


   
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criscros
(@criscros)
Estimable Member
Inscription: Il y a 21 ans
Posts: 170
 

Thalie a raison. Les éleveurs se plaignent car, vu que les brebis n'avaient plus de prédateur, elles restaient seules en estive. Il n'y avait plus de berger.
Maintenent, ils vont être obligés de rester sur place tout l'été en alpage, après la transhumance, alors qu'ils avaient l'habitude de redescendre et de ne faire que quelques brèves apparitions en montagne.



   
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Fung
 Fung
(@fung)
Estimable Member
Inscription: Il y a 20 ans
Posts: 124
 

Ok, merci pour cette précision criscros, je comprends mieux.
Ben oui, en tant que breton les pieds dans l'eau, je ne suis pas trop au fait des habitudes des bergers des montagnes (mais leur vie m'intéresse quand même !)


A bientôt ... smiley

Fung


   
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