Bah oui, évidemment. Je suis d'accord avec tout. C'est pour cette raison que je ne vois pas d'objection à sa conservation vide, ou à la limite pour de très courts séjours d'animaux gérés par le réseau des zoos à but scientifique et écologique, à condition que le réseau s'organise de façon cohérente. Et en vérité, le seul moment où un animal peut avoir un quelconque intérêt à être dans une toute petite cage, c'est dans un nombre limité de situations (surveillance à but sanitaire: quarantaine, convalescence; petits en situation d'abandon et en attente de pouvoir retrouver un groupe; etc). Dans ce cas, c'est uniquement dans son travail avec les autres établissements de recherche et de conservation que ce zoo peut avoir le droit de fonctionner avec des animaux. Mais bon, ça reste hypothétique et irrationnel, on se demande pourquoi on s'amuserait à trimbaler des animaux vers Vincennes pour certains usages qui par définition devraient justifier qu'on leur évite un transfert, les zoos bien équipés de beaux enclos possédant aussi des petits enclos à part où les animaux ne sont pas emmerdés par les touristes.
À ce propos, c'est là tout un usage qu'il y a lieu de changer. C'est aberrant que l'on fasse à peu près admettre qu'un musée et une bibliothèque sont le lieu d'un certain silence (sauf les grands musées parisiens qui sont bruyants comme la rue avec tous les groupes et les touristes bêtas), et qu'un zoo reste, dans la façon dont les gens s'y comportent, une sorte de lieu où l'on peut gueuler, courir, et manquer de respect aux "collections" si j'ose dire (et pour continuer la comparaison). Ce qu'on fait dans les parcs de conservation proprement dits (Marquenterre par exemple), c'est que la visite est toujours assortie d'une initiation à l'observation correcte des animaux - c'est-à-dire qu'on ne leur gueule pas dessus, qu'on ne leur jette pas des cacahuettes et qu'on se fait tout petit. L'usage du zoo classique est une aberration et bon, même si ça a fortement diminuer, le fait qu'il reste des zoos pratiquant la vente de cacahouettes et qui collent des aires de pique-nique et de jeux pour enfants à proximité immédiate des enclos est une aberration. Je ne suis pas toujours pour la perte des traditions, mais celle-ci... Bref, en somme, même Vincennes deviendrait parfaitement irréprochable si on y changeait beaucoup de façons de faire. Dans un lieu de mémoire, dans un lieu du patrimoine artistique ou technique, dans un lieu naturel préservé, on fait admettre aux gens l'idée d'un silence respectant le lieu et les autres visiteurs. Que l'on remarque enfin Vincennes pour ce qu'il est: un témoignage d'une façon de faire révolue (c'est le zoo de deuxième génération, après le "tout barreaux" (quelques cages encore en service au zoo du Parc de la Tête d'Or à Lyon font franchement frémir) et avant les zoos "paysagés" de troisième génération, ceux de l'après guerre (la quatrième génération, ce serait les parcs à vastes espaces dits de "semi liberté"). Qu'on y enlève les animaux là où il est intolérable de les laisser, qu'on les y respecte où on peut les laisser, et qu'on adopte une conduite plus respectueuse du lieu - conduite que l'établissement lui-même se doit de respecter. Ce n'est pas Disneyland.

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Quelques chiffres pour tenter de cerner le [barre]gâchis[/barre] problème :
Budget de construction : 168 millions d'€ prévus en 1998, 232,5 dépensés au final.
Budget de fonctionnement annuel : 44 millions d'€.
Moi je me demande combien de temps on va devoir supporter le coût des fantaisies des bobos parisiens ? Quand je pense que la Révolution française est censée avoir été provoquée par le gaspillage de l'argent public par la monarchie... Je me marre !
En tout cas, le premier politicard qui me parle du déficit des finances publiques, je l'explose...
Bah oui, mais bon. C'est les bourgeois parisiens qui avaient plus ou moins fomenté la Révolution. C'est logique qu'ils en profitent.
Attention, j'ai dit logique, pas normal.

Pour les oeuvres d'art dans le genre un urinoir à l'envers (si, si, ça existe), ça fait partie normalement du Dadaïsme et le but de cet art n'était pas de faire du beau. Le mouvement Dada a été créé en réaction à d'autres mouvements, comme le Cubisme.
-Edité le: Vendredi 23 juin 2006 à 05:54 par Cherrydean-
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
Oui mais de là à s'exstasier devant une chiotte inversée...
Moi, je peux en inventer, des oeuvres d'art. Je vais peindre ma toilette en rouge sur une moitié verticale, du sol au plafond jusqu'au rond de chiotte, et je peinds l'autre en... euh... en marron foncé.
Je l'appelle euh... "Crise d'indigestion" et je suis sûr qu'on démontera ma toilette pour l'exposer à Beauboug.
Cela dit, ça peut être ennuyeux si j'ai plus de toilette chez moi...

Ben non on ne les exposera pas justement parce que tu ne disposes pas du statut d'artiste. Les surréalistes s'amusaient à se moquer du bourgeois ainsi et ces andouilles ont tout pris au pied de la lettre en donnant une valeur marchande aux "oeuvres". Si vous avez envie de rigoler (jaune parce que toutes ces conneries sont payées par vos impôts), allez faire un tour au musée d'art moderne de la Ville et visitez l'A.R.C. au dernier étage.
Et qu'ont-ils fait pour mériter leur statut d'artiste?

Quand j'étais lycéen, l'option arts plastiques... Je pensais naïvement qu'on nous emmènerait dans les musées et qu'on commencerait par nous apprendre à copier les oeuvres et tout et tout, l'apprentissage des proportions, des drapés, l'analyse des styles... Pensez-vous.
Des sujets au texte déjà incompréhensible et surchargé de termes prétentieux, du genre Dali quand il faisait le fou (mais lui le faisait exprès pour rigoler). À traîter au hasard de préférence sans aucun bagage technique parce qu'il paraît que s'y connaître, c'est déjà entammer sa liberté créatrice. Les meilleures notes obtenues étaient souvent des trucs faits complètement au hasard et de la façon la plus débile possible. Une boîte enduite de peinture et plaquée contre un grand papier y imprimant un rectangle, puis on plie la feuille, on appuie dessus, on ouvre, on laisse dégouliner, on marche un peu dessus, et voilà. Le lauréat de la "semaine des arts" du lycée avait accroché une boîte de camembert au sommet d'un mât. Moralité: l'art moderne, c'est un truc qu'il faut faire en ayant le moins de compétence professionnelle possible, et en assortissant son incompétence d'un discours le plus abstrait possible afin de légitimer l'incompréhension des autres et de dissimuler la fumisterie (du moins telle était la conclusion que l'on pouvait raisonnablement tirer de ce cours).

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Je crois qu'Hallberg a bien répondu... Avoir le statut d'artiste, c'est faire le clown aux Beaux-Arts pendant quelques années de sa vie à conceptualiser des trucs impossibles pour le commun des mortels et puis voilà.
En tout cas, j'ai vu des photos du musée du quai Branly. Je n'ai pas aperçu d'oeuvres bien intéressantes pour l'instant...
Donc, je crains que, globalement, tout cela relève du même genre de fumisterie qui a fait qu'un type faisait peindre des toiles par un singe ou par la queue de son âne. Mais bon, ce n'est pas pire que Tinguely, évidemment grand copain de la clique chiraquienne !
-Edité le: Vendredi 23 juin 2006 à 13:40 par Lucterios-
Bien il n'y a sûrement pas que du mauvais!
Quand j'étais au cégep, ceux qui suivaient le programme d'arts visuelles touchaient un peu à tout, que ce soit le portraitisme, l'autoportrait, le nu, la nature morte, le cubisme, l'abstraitisme, la précision du détail ou la démesure. J'ai vu de tout dans leurs expositions et c'était très intéressant.
De la même manière, en musique à l'université, on a vu des formes de composition musicales et des oeuvres de tous les genres et de toutes les époques, en passant par la Renaissance et le Classicisme, le dodécaphonisme et la forme sonate (je ne nommerai pas tout quand même). J'ai eu autant à m'exercer à l'écriture contrapuntique qu'à l'harmonisation et j'ai eu aussi à faire un pastiche d'une oeuvre du vingtième siècle. Et encore, je n'étais qu'en musique générale, pas en composition. Donc, faire toucher à tout à mon avis est encore la meilleure option en pédagogie des arts.
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
Ouais mais ça aussi je connais, j'y ai eu droit un peu, mais moins, parce que je faisais de la musique parallèlement à des études générales, donc beaucoup plus orienté vers la pratique. Nos exercices consistaient plutôt à déchiffrer sur des éditions d'époque, ou à orner conformément aux styles et aux périodes.
Je ne sais pas pourquoi, l'enseignement musical est à peu près indemne de certaines fumisteries. Ceux qui produisent le plus de fumisterie, en musique (par exemple la pop pour ados, les tubes de l'été...) sont souvent des gens qui ne sont pas passés par les conservatoires. De toutes façons on croise toujours des élèves des beaux-arts dans les musées, qui font des copies.
Je décrivais le cas extrème (mais pas rare pour autant) des "filières à fumisterie". J'ai une amie qui a fait quelques années d'arts plastiques en université en complément de sa formation de base, et qui me décrivait à peu près ce que j'ai connu au lycée, en plus prétentieux sur les développements pseudo intellectuels.
Après, je n'ai jamais pris une seule leçon normale ressemblant à de la composition, mon domaine exclusif en dehors de la pratique étant l'aspect historique, mais je suis très autodidacte là-dessus comme sur le reste. Je gribouille un tout petit peu de musique et je pense que c'est de la fumisterie, mais je ne cherche pas nécessairement à convaincre les autres que c'est profond... Je le conçois comme un travail d'amateur, car si la musique devient mon activité principale prochainement, ce ne sera toujours pas avec ça...
Mais bon, remarquez que la fumisterie se vend, je devrais être plus opportuniste et moins scrupuleux. Rendez-vous dans dix ans, donc, quand j'aurai réussi à mettre d'applomb un air entier de Prométhée (opéra féérie en trois actes), et que je le vendrai comme chef-d'oeuvre... Ou de la Missa Scelestatensis à l'attention de Gobol (dans trente ans, plutôt, parce que de la musique sacrée, faut pas lésiner sur la réflexion)... 

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Moi j'aime composer des trucs simples, des chansons à paroles par exemple. Remarquez que j'ai fait autre chose également, mais les chansons pour moi sont un peu une extension aux poèmes que j'écris. Je ne suis pas prête de m'embarquer dans une grande oeuvre. J'aime mieux commencer petit et le maîtriser d'abord. J'irai plus grand si ça me chante plus tard.
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
Je ressors ça, aussi. D'une parce que le succès public du quai Branly le remet d'actualité, d'autre-part pour une boutade, enfin pour reprendre sérieusement (si j'y arrive) un point de la conversation.
La boutade, c'est que l'an dernier, le musée français des chemins de fer a été rebaptisé "La cité du train". Ben voyons, continuons à dénaturer la richesse du mot cité - civitas, là où est censé vivre le civis, citoyen, et rappelons aux débiles du marquétainge que le lieu au sens de la concentration de beaucoup de choses dans le même endroit, c'est urbs et pas civitas qui est censé avoir un sens un peu plus profond. Mais voilà, en disant "cité", ça fait très communication moderne. Allez savoir, c'est peut-être parce que les zones HLM des banlieues sont appelées les "cités" à cause du vocabulaire autrefois presque judicieusement employé par les architectes du mouvement moderne, qui ignoraient encore que le mot se trouverait furieusement déplacé vu la façon dont on s'y comporterait plus tard, et vu le regard que l'on porterait dessus. Faut dire, ils n'avaient qu'à pas pondre de pareilles absurdités. Bref, "cité", terme normalement très exigeant, est devenu paradoxalement synonyme de plus d'accessibilité... on croit rêver, surtout si ça se met à se réclamer d'une logique identique à l'excellente Cité des Sciences qui, elle, s'est toujours donné pour but de servir d'interface entre le savoir et le citoyen...
Cité "du train", maintenant; on apprendra aux neuneus du marquétainge, aussi, qu'abuser de la synecdoque, même la plus courante, ne fait pas pour l'exactitude. Quand on est un musée national, on est censé présenter une certaine idée du savoir, du patrimoine et de la culture. Aussi l'on rappellera que la matière étudiée, s'appelle le chemin de fer, et que le train ne désigne que le convoi... C'est aussi crétin que si ça s'appellait "la cité de la voie ferrée" ou "la cité de la gare" si ces expressions étaient plus courantes dans la synecdoque usuelle.
D'où les suggestions que je fais au ministère de la culture, pour rendre les démoninations de ses musées plus parlantes pour les neuneus, puisqu'apparemment le nivellement par le bas arrive ici aussi.
Musée Guimet (arts d'Asie): Cité des Chinetoques;
Maison de la Culture du Japon: Cité des Samouraïs et des Mangas;
Muséum d'Histoire Naturelle: Cité des bestioles;
Louvre: Cité de la Joconde (ben ouais, y'en a qui viennent que pour ça, mais pour dire "Cité du Da-Vinci-Code faudrait payer des droits);
Musée de la Poste: Cité du Facteur;
Musée des Arts et Métiers: Cité des machines;
Musée des Arts Premiers: Cité du Bon Sauvage;
Cinémathèque: Cité des vieux films;
Musée d'Histoire de la ville de Paris: Cité de "comment c'était dans l'temps";
Bibliothèques: Cités des bouquins;
Institut du monde arabe: Cité d'où qu'y vient ton épicier;
Et enfin, je propose de rebaptiser le domaine de Versailles en Cité du Roi Soleil parce que la comédie musicale éponyme a du succès, et qu'on ne va pas tarder à nous dire que son compositeur est une sorte de Lully moderne.
C'était pour les sottises. 
Edité Jeudi 16 novembre 2006 :02:18 par Hallberg
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Sur le reste:
J'ai un ami qui était en train de lire un petit bouquin éclairant, et bon, au fond il faut remettre deux ou trois choses, à la base, qu'on oublie de considérer.
Pourquoi le beau sort-il du champ de l'art contemporain?
Réponse de l'ouvrage, fort simple au demeurant, tellement qu'on s'en veut de ne pas se faire cette réflexion quand on est dérouté: l'art contemporain se veut signifiant au service d'un signifié (désolé de pervertir du vocabulaire de linguistique mais ça me semble extrèmement parlant comme formule). L'art contemporain se donne comme objectif primordial de faire sens, et du reste ce sens est souvent plus descriptif, interprétatif, du vécu et de l'état du monde, que fictif et strictement abstrait. Même l'abstraction pure (picturale, plastique), recherche formelle encore sous-tendue d'une esthétique, semble avoir vécue. Dans l'art contemporain, l'artiste se conçoit comme passeur de sens et regard porté. Dans ce cadre, la relégation au second plan voire l'abandon de la recherche du plaisir esthétique formel (sensuel), de la technè (donc finalement de l'idée de bravoure et d'adresse artistique, la virtuosité), et de la référence à un canon esthétique commun aux individus d'un corps social, semblait une sorte d'évidence, puisque tout ceci devait être secondaire, voire futile et inutile, et pour certains même faisant clairement obstacle, par rapport à la toute puissance du concept ou du sens. En somme, l'art se voudrait partiellement comme remplissant un rôle proche de celui du langage, gagnant la capacité à être un discours pûr.
Il est de bon ton de se fustiger les uns les autres, mais actuellement, par un singulier renversement, le politiquement correct se trouve dans le camp de l'art contemporain dont la non acceptation est vécue comme un obscurantisme. D'où, conséquence débile mais amusante, la proportion des gens qui se forcent un peu ou beaucoup, soit qu'il faille ne pas être (ou paraître) à côté de la plaque, soit qu'il faille, avec une sorte de générosité ou de conformisme charitable, accorder un peu de son temps et de son intelligence à quelque-chose qui soit ne suscite pas de compréhension, soit justement sollicite la compréhension et rien qu'elle.
Aussi, pour faire un raccourci volontairement frappant dont j'ai honte (paf, paf, je me flagèle avec un journal
): nous sommes dans une sorte d'ère où le post-freudisme, posant le triomphe du compris sur le ressenti comme une nécessité médicale (comme si les siècles pré-psychanalytiques n'avaient été qu'une expression d'animalité qui ne s'interrogeait pas assez elle-même), semble vouloir imposer, comme nouveau consensus obligatoire, la supériorité du discours sur la forme, de ce qu'on saisit par l'intellect sur ce que l'on saisit par le sens, et de la compréhension sur le plaisir (toutes les fois où on vous dit: "c'est pas beau mais c'est riche de sens", et que ce faisant on vous fait la morale, à vous pauvre ignare...).
Sinon, comment expliquer que toute personne se voulant à la page (et donc même quand il s'agit d'un volontarisme conformiste sur le mode "il faut être de son temps), et se réclamant d'une certaine ouverture occasionnellement "forcée" (idem, puisqu'on dit que le bien est l'ouverture, s'obliger même inconsciemment à aimer ce qu'on aurait pas aimé du premier coup est un bien), prenne occasionnellement un ton moralisateur ou condescendant pour s'adresser à la "réaction" des gens qui ne considèrent pas l'abandon de la beauté comme une nécessité, et qui le regrettent?
Y aurait-il désormais une obligation d'abandonner des références vécues par la majorité (ou ici, par une minorité ayant du crédit, aux côtés d'une majorité neutre, silencieuse, suiviste ou indifférente) comme dépassées? N'est-on pas dans un nouveau conformisme, caricaturalement fermé et sûr de lui tandis qu'il voit le conformisme dans ce qu'il se targue de rendre obsolète?
Pourquoi une époque qui s'est acharnée à dire qu'il n'y avait plus de règles en art, s'obstine-t-elle à tenter de se justifier en introduisant une nouvelle pensée collective?

Opération Sisyphe
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Tout ceci revient au problème de l'enseignement des Beaux-Arts aujourd'hui. On étudie, depuis la Renaissance d'après modèle, et notamment le modèle vivant.
Maintenant, le Beau n'est qu'affaire d'harmonie et de proportions. Je ne sais pas si l'on enseigne Vasari dans leurs académies... Moi, je sais pourquoi j'aime un Botticelli, un Michel-Ange ou un Ghirlandaio. Les trucs qui traînent au centre Bobard ou ailleurs me laissent bien souvent froid. Les formes géomètriques simples, cela va cinq minutes. Chez Kandinsky, c'est intéressant, mais quand des gugusses actuels continuent de peindre des "carrés blancs sur fond blanc" (sic), c'est du foutage de gueule.
Alors, la chiraquie adore toutes ces m..., Pompidou avait fait virer le mobilier Louis XV de l'Elysée pour du moderne, avant que Giscard, le [barre]contempteur[/barre] réformateur de la société contemporaine ne le fasse remettre, etc...
Jack L. nous a placé des horreurs de sculptures un peu partout dans Paris, et c'est le même problème en province.
Bien souvent, les artistes véritable, pas les tâcherons, ne sont pas reconnus, parce qu'ils ne suivent pas les modes. Je connais une artiste peintre qui a énormément de talent, voire du génie, mais qui n'a jamais trouvé un marchand de tableaux (ces mecs là pourraient tout aussi bien vendre des patates, ce serait la même chose) pour la lancer... Enfin, si une fois, un Italien qui aimait réellement les arts, mais le malheureux a fait faillite...
Donc, cette dame m'a offert un dessin que j'aime beaucoup, qui représente Goa. Pour moi, il n'a pas de valeur marchande.
Dimanche, j'aperçois à l'hôtel Verrazane, un tableau représentant Venise dans une exposition-vente. Comme j'ai l'obsession de voir Venise à Dieppe, je rentre. Ce jour-là, j'étais très bien habillé. Je regarde un autre tableau représentant la place saint Marc dans un style néo-impressionniste assez peu original, mais bien tout de même.
Un type en costume de croque-mort s'approche. Il pense que suis docteur parce que j'ai ma sacoche où je trimbale mes bouquins. Malheureusement, je ne puis lui répondre que je suis docteur ès lettres !
Enfin, en clair, il croit que je suis une petite huile locale qui ne sait pas quoi faire de son fric... Alors, au lieu de m'en dire plus sur le peintre et sur l'oeuvre, il commence aussitôt à me faire l'article en me parlant de placement (le bon mot qui rassure le père de famille). Je lui réponds du tac au tac que le marché de l'art est tout de même fluctuant et que de toutes façons, je ne m'intéresse aux tableaux que pour leur valeur artistique, pas pour leur valeur marchande.
Enfin, la toile (grande quand même) côtée 15 000 € m'était laissée à 9000. Le dessin à la plume que j'ai chez moi vaut 1000 fois cela en matière artistique, parce que c'est du jamais vu, et que surtout c'est beau. C'est comparable à un Matisse.
Donc, je me suis bien amusé...
Edité Jeudi 16 novembre 2006 :11:51 par Lucterios
J'ai toujours été gêné par justement la trop grande hiérarchisation des arts. Il y a d'un coté le "vrai" cinéma et de l'autre le cinéma de "genre". Tout en haut la littérature académique (de préférence les essais), plus bas les romans, et loin en dessous le fantastique et la science-fiction. Quand on penses que le cinéma est encore considéré comme un art "inférieur" aux lettres ou à la peinture on peut s'affoler justement de cette capacité qu'a l'élite intellectuelle à trop classifier.
L'admiration d'un carré blanc sur fond blanc n'est au contraire qu'un effet secondaire de cette hiérarchisation qui veut que l'art est d'autant plus absolu qu'il ne s'abaisse pas à plaire, à émouvoir et à toucher.
D'ailleurs ce sont les même qui tomberons en pâmoison devant une toile uniformément verte et qui soutiendrons mordicus que non, bien entendu, le cinéma n'est pas à proprement parler un art, sauf bien entendu certaines oeuvres marginales comme le Sleep d'Andy Warhol.
Edité Vendredi 17 novembre 2006 :09:45 par koko


