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Passé païen et présent chrétien.

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Lucterios
(@lucterios)
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Ce sujet m'a été inspiré par certaines réflexions développées dans un autre topic à propos de Noël. Le titre en est emprunté à un ouvrage du savant irlandais Kim Mc Cone qui n'a malheureusement pas été traduit en français.

Voilà de quoi il est question :

A partir du III e siècle, mes ancêtres bretons, qui vivaient alors sur la grande île, se sont progressivement convertis au christianisme. Ce faisant, ils ont trahi leurs dieux, la déesse et les aspects féminins de leur civilisation. Mais bon, à l'époque, le druidisme était en perte de vitesse et le christianisme séduisait les âmes en quête de réponse au sens de la vie.
En 383, sous la conduite du chef Conan Meriadec, une armée bretonne a été positionnée en Armorique pour défendre ces rivages contre les pirates scots et saxons. Ils ont amené avec eux leur langue et leurs saints. La légende prétend qu'il auraient coupé les langues des femmes et que ce serait ainsi que la langue gauloise se serait perdue. Ils ont converti les indigènes plus ou moins de force et étouffé le féminin sacré au profit d'une vision chrétienne de la femme suppôt de Satan. Cela est symbolisé par la légende de la ville d'Ys où st Guénolé, abbé de Landévennec, implore le roi Gradlon, fuyant la ville dévastée par les flots, d'abandonner sa fille Dahut, qu'il qualifie de démon. Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire, Dahut, séduite par le Diable, lui a remis les clés des écluses qui défendaient la ville contre la mer !
Voilà, les Bretons sont devenus chrétiens, et maintenant le christianisme fait partie de la civilisation occidentale, mais je vous le dis tout net, la prochaine religion orientale et dogmatique que l'on veut nous imposer, je sors la kalachnikov ! smiley


Fortuna audaces juvat !


   
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moniia
(@moniia)
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ça peut être très intéressant de débatre sur nos origines Chétienne, gréco-latine mais aussi plus lointaines païnes...elles sont touts irréfutables!!!!



   
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Kaldorion
(@kaldorion)
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La légende prétend qu'il auraient coupé les langues des femmes et que ce serait ainsi que la langue gauloise se serait perdue. Ils ont converti les indigènes plus ou moins de force et étouffé le féminin sacré au profit d'une vision chrétienne de la femme suppôt de Satan.

ça il faudrait le montrer. Parceque forcément, ça va faire dévier le sujet, mais quand on fait des propositions comme ça, ça appelle des réponses smiley smiley smiley

Voilà, les Bretons sont devenus chrétiens, et maintenant le christianisme fait partie de la civilisation occidentale, mais je vous le dis tout net, la prochaine religion orientale et dogmatique que l'on veut nous imposer, je sors la kalachnikov !

Rassures toi, on n'auras même pas à te l'imposer, parceque la disparition de la précédente religion orientale implantée en France s'accopagne tout simplement de la disparition de la population d'origine, et la nature à horreur du vide...

Mais je doute fort que le druidisme ait eu une absence de dogmatique que le catholicisme, simplement ses dogmes étaient différents. Mais s'il a été inchangé comme certains le prétendent pendant des millénaires, c'est au contraire parcequ'il était tellement dogmatique que, désolé si ça te dérange, mais la théologie y était pratiquement supplantée par le seul rabachage des anciens, récités par coeur... à coté de ça la scholastique était d'une inventivité et d'une évolution rapide smiley smiley smiley

Et pour le coté oriental de la chose, il me semble très discutable que les valeurs de l'église catholique aient étés "orientales". Je dirais même que au contraire, la culture greque est un orientalisme pour nous. Quand tu parle de réincarnation, que tu te place dans des hypothèses néoplatonistes, etc, avec les cycles des âmes au fil du temps, c'est toi qui est "orientalisé", idem quand tu te réfère à des apocryphes qui ont en général une vision hyper orientale et d'un esprit Kabbalo-Mystico-sens cachés qui est à l'antipode de l'esprit rationnel occidental. alors que le monde où l'on nait une fois pour mourrir une seule fois, sans cycles nombreux de recommencements, ce monde là est un monde typiquement occidental smiley smiley smiley

-Edité le: Dimanche 21 novembre 2004 à 00:47 par Kaldorion-


La vérité naît de la contradiction. Donner ses arguments, c'est reconnaître que l'on peut avoir tort.

l'art est un aliment pour la piété du pauvre peuple. Détruisez l'art, déformez le goût d'un peuple, et vous lui oterez sa piété.


   
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Lucterios
(@lucterios)
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Désolé de te décevoir, mais la théologie druidique n'était pas un "rabachage des anciens" Au contraire, si les druides refusaient l'écriture, c'était uniquement pour éviter que la pensée se fige, comme c'était le cas justement jusqu'à la Renaissance avec la scholastique. Il est difficile, bien évidemment de se représenter la chose, mais il y a certainement eu des évolutions, comme la substitution de Bélénos à Gargan au mont-st-Michel, ainsi qu'en témoignent les légendes. Il n'y avait pas de "dogmes" à proprement parler tout comme en Grèce, simplement une tradition ou une certaine représentation qui perdurait. Admettons que je me sois fourvoyé quand j'ai parlé d'"oriental". Ma vision cyclique des choses était en tout cas bien présente dans le druidisme. Quand au monde où l'on ne naît et meurt qu'une seule fois, il n'est pas forcément "occidental". A mon sens, l'Islam aussi réfute l'hypothèse de la réincarnation et la plupart des écoles talmudiques aussi.
De fait le christianisme, à la base n'est pas vraiment rationnel. Les idées de conception virginale et de résurrection ne le sont pas du tout, d'ailleurs elles ont bien fait rigoler les Grecs de l'aréopage lorsque st Paul est venu les leur présenter...smiley La raison est issue des Grecs, pas du christianisme, même si la pensée aristotélicienne a contaminé l'Occident notamment grâce à st Thomas d'Aquin, je ne te l'apprendrai pas... D'ailleurs, à la réflexion, je ne vois pas ce qu'il peut y avoir "d'oriental" au sens où tu sembles l'entendre dans la pensée grecque, mais bon... Si tu prends le terme "d'oriental" dans le sens de mystérieux et de confus, peut-être que les légendes celtiques pourront passer pour "orientales", je ne sais. En tout cas elles ne s'accordent pas avec la raison d'Aristote. Non, en fait, je parlais d'oriental dans le sens de l'origine géographique du christianisme et de certains traits de caractères issus du judaïsme comme le mépris de la femme et du féminin, chose que l'on ne retrouve absolument pas dans les cultures nordiques.


Fortuna audaces juvat !


   
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Kaldorion
(@kaldorion)
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très interessant : Non, en fait, je parlais d'oriental dans le sens de l'origine géographique du christianisme et de certains traits de caractères issus du judaïsme comme le mépris de la femme et du féminin, chose que l'on ne retrouve absolument pas dans les cultures nordiques.

Oui, mais géographiquement, la grêce, c'est l'Orient smiley (au moins dans l'antiquité, période à laquelle tu fais référence)

Pour le reste, ça reste à montrer smileysmileysmiley

Il n'y avait pas de "dogmes" à proprement parler tout comme en Grèce, simplement une tradition ou une certaine représentation qui perdurait

Il me semblait que la forme de l'enseignement oral propagé de bouche à oreilles de druides admettait assez peu d'évolutions, mais, bon...Il ne me semblait pas qu'il y ait eu des querelles théologiques semblables à celles qu'on a connu dans la chrétienté, mais tu as peut-être des exemples...

Lucterios a écrit : Il n'y avait pas de "dogmes" à proprement parler tout comme en Grèce.

Mais ça vient d'où, ça ? les cités avaient leurs dogmes (même si le nom n'était pas le même) ! et les hérésies correspondantes. A Athènes je pense aux trois hérésies : "Les Dieux n'existent pas" "Les Dieux existent mais ne se préoccupent pas de nous" et "Les Dieux sont possibles à corrompre par des sacrifices" professer quelque chose de contraire aux "dogmes" est considéré comme une faute très grave.

Les Athéniens ont fait bruler les livres de Protagoras et ont offert une récompense pour qui le tuerait...donc il y a bien des dogmes, c'est à dire des choses que l'on a pas le droit de nier...

Mais en plus, comme il n'y a pas d'autorité bien compétente, on a tendance à exécuter des gens qui n'ont même pas nié ces dogmes...mais qu'on juge préremptoirement comme l'ayant fait.

Comme exemple de condannation (valide celle là) on a aussi l'impiété de Diagoras de Mélos.

Diagoras de Mélos, autre sophiste, ayant commis un parjure qui resta impuni, tourna en dérision le culte des dieux. Sa tête fut mise à prix, et il dut chercher refuge à Corinthe, où il finit ses jours. Comme on lui montrait, en faveur de la Providence, les nombreuses offrandes faites aux dieux par des navigateurs réchappés de naufrages, il rétorqua: "Que serait-ce si tous ceux qui ont péri avaient apporté les leurs!"

Dans la Grèce antiquele Ve siècle avant jésus christ fut marqué par une série de procès en hérésie considérable. Le refus de croire au surnaturel ayant été considéré comme un délit, la plupart des maîtres de la pensée grecque d'alors, dont la réflexion portait sur la Nature, furent bannis ou obligés de fuir.

Donc je ne vois vraiment pas d'où ça vient l'idée selon laquelle les grecs n'auraient pas eu de dogmes.

-Edité le: Dimanche 21 novembre 2004 à 22:28 par Kaldorion-


La vérité naît de la contradiction. Donner ses arguments, c'est reconnaître que l'on peut avoir tort.

l'art est un aliment pour la piété du pauvre peuple. Détruisez l'art, déformez le goût d'un peuple, et vous lui oterez sa piété.


   
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Lucterios
(@lucterios)
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Bah tu as sûrement raison, je ferais mieux de relire mes sources avant de dire n'importe quoi, mais bon pour moi tout cela est un peu loin... En fait, j'ignore si les druides avaient des dogmes, en fait nos sources sont déficientes. L'idée que j'ai de l'enseignement druidique, je la tiens du livre de F.Leroux et C.J. Guyonvarc'h. J'en ai conclu, peut-être imprudemment que si l'enseignement n'était pas figé, grâce à la prohibition de l'écrit, les "dogmes" ne devaient pas être aussi rigoureux. La preuve, c'est que les druides irlandais se sont très facilement convertis au christianisme. S'ils avaient cru à fond dans leurs croyances, et si elles avaient été si rigoureuses, ils auraient peut-être un peu plus résisté. Mais bon, je m'illusionne peut-être un peu là-dessus.


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Thalie
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Ouf, je n'ai pas lu, mais je vois que tu m'as devancé et que tu as crée un nouveau sujet avant mon coup de geule... alors scusez moi pour toute à l'heure et merci Lucterios.


"La terre est bleue comme une orange"
Paul Eluard

"Le chat est entré dans la cage aux lutins"


   
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Kaldorion
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Lucterios a écrit : En fait, j'ignore si les druides avaient des dogmes, en fait nos sources sont déficientes. L'idée que j'ai de l'enseignement druidique, je la tiens du livre de F.Leroux et C.J. Guyonvarc'h. J'en ai conclu, peut-être imprudemment que si l'enseignement n'était pas figé, grâce à la prohibition de l'écrit, les "dogmes" ne devaient pas être aussi rigoureux. La preuve, c'est que les druides irlandais se sont très facilement convertis au christianisme. S'ils avaient cru à fond dans leurs croyances, et si elles avaient été si rigoureuses, ils auraient peut-être un peu plus résisté. Mais bon, je m'illusionne peut-être un peu là-dessus.

On est en grande partie d'accords smiley

Pour les druides, je ne peux pas affirmer qu'ils avaient des dogmes au sens où nous l'entendons, c'est pour les grecs que j'ai été afformatif smiley

Pour les celtes, je voulais simplement dire qu'il me semblait que les querelles philosophiques ou théologiques n'y étaient pas très nombreuses. Maintenant, comme ils n'utilisaient pas l'écrit, c'est dur de savoir. peut être qu'ils débattaient oralement des heures et passaient leur temp à réinterpréter les vers qu'ils avaient appris par coeur smiley mais comme ils n'ont pas écrit le fruit de leurs débats...

Ton dernier argument me semble aussi avoir une certaine portée. On peut se dire que s'ils avaient eu une dogmatique forte ils auraient mieux résisté...mais comme c'est aussi la masse du peuple qui détermine la religion dominante, c'est difficile à savoir...mais je te répondrai que les catholiques qui ont une dogmatique écrite très présente ont étés balayés par l'athéo-laicisme à une vitesse beaucoup plus grande que celle à laquelle les druides ont disparus. Donc on peut bien disparaître à toute vitesse en ayant une dogmatique smiley

Maintenant, un point sur lequel tu va pouvoir m'apprendre beaucoup de choses, c'est probablement sur le rapport entre les druides et les celtes de bases. à quel point connaissent ils les "secrets" des druides ? quel enseignement recoivent ils ? Je dois confesser une grande ignorance en la matière. Est-ce que tu aurais éventuellement un site qui résumerait les choses sur ce point fondamental ? Parceque avant de continuer plus avant cette discussion sur les rapport entre le présent et le passé païen celte, il me faut d'avantage connaître le fonctionnement celte lui même, et non la seule histoire évènementielle.

Merci d'avance smiley


La vérité naît de la contradiction. Donner ses arguments, c'est reconnaître que l'on peut avoir tort.

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Lucterios
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Selon César, les druides instruisaient la jeunesse (il faut entendre par là les nobles) en philosophie, mathématique, etc... Ils étaient très compétents dans ces matières et Cicéron, qui s'y connaissait un peu smiley appréciait beaucoup l'Eduen Diviciacus.
Pour ce qui est de l'enseignement réel des druides on n'en sait rien. Il y a bien les fameuses séries recueillies en Bretagne au XIXe siècle par Hersart de la Villemarqué qui peuvent donner une idée de ce à quoi ressemblaient les connaissances que les druides diffusaient dans le peuple. Mais bon, notre marquis a peut-être légèrement arrangé le sujet.

Voici un exemple :

Douze mois et douze signes. L'avant-dernier, le sagittaire décoche sa flèche. La belle vache, celle qui porte au front l'étoile blanche sort de la forêt des dépouilles. Elle crie, elle va enfanter, voyez la merveille ! La trompe sonne.

En fait, les contes populaires et les légendes peuvent aussi témoigner des concepts que les druides répandaient dans le peuple. Mais il est très difficile de reconstituer leur enseignement à partir de telles sources. Bon j'ai déjà explicité ailleurs la légende de Lohengrin qui peut être un bon exemple.

La théologie des druides, celle qu'ils réservaient aux initiés, est pratiquement inconnue, juste par ce qu'en dit César. On sait qu'il semblaient croire en la métempsycose, mais les Guyonvarc'h semblent réfuter cette hypothèse. Les textes irlandais (tardifs évidemment) qu'ils ont utilisé pour évoquer cette croyance semblent plutôt se référer à un certain panthéisme. Mais il existe aussi un récit appelé la courtise d'Etain qui évoque clairement l'idée de métempsycose.
Cependant, si on considère que les idées des druides étaient très proches de celles des pythagoriciens, ce qui est une hypothèse invérifiable, alors l'idée de métempsycose peut être évoquée. On sait aussi qu'ils croyaient en quatre dieux et une déesse qui était à la fois l'épouse, la soeur et la mère des dieux. Mais bon, comme en Egypte c'était une vision commode de voir les choses. En fait, la divinité était unique et il était interdit de représenter les dieux, d'où la surprise du chef Brennos à Delphes...
Aussi, j'avais jadis commencé une traduction commentée de la courtise d'Etain avec des concepts pythagoriciens et platoniciens, mais j'ai eu la flemme de la continuer, et après tout, j'ignore si la démarche est sérieuse.


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Kaldorion
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La théologie des druides, celle qu'ils réservaient aux initiés, est pratiquement inconnue.

Voila, c'est l'impression que j'avais, qu'il y avait une part de "secret" dans les enseignements religieux.

Pour le reste, je veux bien croire que les druides enseignaient toutes ces choses aux enfants, parceque je dirais que l'état naturel de la société Païenne puis chrétienne en Europe a été tout de même une bonne partie du temps que l'enseignement des matières profanes incombait aux religieux, qui étaient les garants du savoir. Je dirai que c'est un point commun entre une bonne partie de notre passé chrétien et de notre passé Païen (mais pas vraiment notre présent) là on est en plein dans le sujet smiley

De plus, étant donné que les Celtes avaient atteint tout de même un niveau assez élevé pour l'époque dans de nombreuses matières, il me semble plausible qu'il y ait eu pas mal d'enseignants...

Enfin, je noterai au passage que nos contemporains ont trop souvent tendance à confondre la non existence de textes avec la non existence de savoirs, ce qui est une grave erreur car ils sont trop habitués au support écrit pour comprendre qu'on pouvait tout de même être développé sans y recourrir (mais, bon, je crois que ni toi ni moi ne commettons cette erreur retrospective)

Pour ce que tu dis après, c'est aussi très interessant smiley

Le fait que la divinité était unique est un point que j'avais déja entendu et qui m'intrigue particulièrement. Tout comme le fait qu'on n'ait pas le droit de la représenter (tu comprends à quel point ces similitudes me frappent, surtout qu'elles sont le sujet du débat !!!)

Sinon, un dieux en cinq, si j'ai bien compris smiley

Je peux en savoir plus sur ce récit d'Etain ? même si il y a beaucoup d'éléments qui ne sont que des hypothèses, ça m'interesse smiley


La vérité naît de la contradiction. Donner ses arguments, c'est reconnaître que l'on peut avoir tort.

l'art est un aliment pour la piété du pauvre peuple. Détruisez l'art, déformez le goût d'un peuple, et vous lui oterez sa piété.


   
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Lucterios
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Ok, la voici :

La courtise d’Étain

I

Ici commence la courtise d’Étain

I. Il y avait un illustre roi d’Irlande de la race des Tuatha Dé 1, Eochaid Ollathair 2 était son nom. On lui donnait aussi le nom de Dagda 3, car il faisait des miracles pour les hommes et il contrôlait le temps et les récoltes. C’est pourquoi les hommes disaient qu’il s’appelait le Dagda. Elcmar du Brug avait une femme dont le nom était Eithne. Elle avait un autre nom : Boand 4. Le Dagda la désira comme compagne charnelle. La femme se serait rendue au Dagda, si ce n’était par crainte d’Elcmar, car grand était son pouvoir. C’est pourquoi le Dagda envoya Elcmar en voyage chez Bres fils d’Elatha à MagnInis 5, et le Dagda 6 prononça des formules majeures sur Elcmar alors qu’il sortait, pour qu’il ne se retournât pas à temps 7, et il dispersa les ténèbres de la nuit pour lui, et il éloigna de lui la faim et la soif 8. Il lui imposa de longues errances de sorte que neuf mois passèrent comme un seul jour, car il avait dit qu’il retournerait chez lui entre le jour et la nuit 9. Pendant ce temps, le Dagda s’unit à la femme d’Elcmar et lui donna un fils, Oengus 10, et la femme était remise de sa gêne au retour d’Elcmar, et il ne s’aperçut pas de l’affront, c’est-à-dire qu’elle avait couché avec le Dagda.11
2. Le Dagda envoya alors son fils dans la maison de Midir 12 de Brí Léith, à Tethba, pour être éduqué 13 Oengus fut nourri ici l’espace de neuf ans. Midir possédait une grande plaine d’exercice à Brí Léith. Il y avait là trois fois cinquante jeunes nobles d’Irlande et trois fois cinquante demoiselles de la terre d’Irlande.14 Oengus était leur chef à tous à cause de la grand estime dans laquelle le tenait Midir, de la beauté de son apparence, et de la noblesse de son lignage. Il était également appelé In mac óc, parce-que sa mère disait : « il est jeune le garçon qui fut conçu au début du jour et né entre ce temps et le soir.»15
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Notes

1 Les Tuatha Dé sont les gens de la déesse Dana, les dieux d’Irlande.
2Eochaid le père de tous, voir le gaulois Teutatès (père de la tribu).
3 Le dieu bon.
4littéralement, la vache blanche (Bovinda). Voir Hersart de la Villemarqué, le Barzaz Breiz : « La belle vache sort de la forêt des dépouilles, elle crie, elle va enfanter, voyez la merveille. Elle représente la déesse primordiale. La vallée de la Boyne lui est consacrée. On y trouve les plus importants monuments préhistoriques d’Irlande (Newgrange).
5MagnInis : la plaine de l’île.
6 Le Dagda, le dieu-druide est aussi un grand magicien, tout comme le sera Merlin dans la geste arthurienne.
7c.à.d. tôt.
8Merlin aide le roi Uther à séduire Igrene, en suscitant un nuage magique. De cette union naît Arthur.
9 Dans le monde des dieux (le sid), le temps s’écoule différemment. Tout ceci est bien évidemment symbolique. Le neuf (3x3 symbolise l’éternité et le un l’unité, laquelle est le propre de l’Incréé. Voir les commentaires de Platon sur les nombres pythagoriciens et l’analyse qu’en donne J-F. Mattéi, Platon et le miroir du mythe, de l’âge d’or à l’Atlantide, Paris, Puf, 1996. Voir aussi M. Mangolini, Dante et la quête de l’âme, Paris, Lanore, 1999, sur le nombre de l’âme et le carré de Salomon.
10Choix unique. Il est dit aussi In mac óc, le jeune garçon. Les séries rapportées par la Villemarqué commentent : « Pas de série pour le nombre un, la nécessité unique, le trépas, père de la douleur. »
11 thème, en apparence scabreux, indique en fait que les dieux se partagent entre eux la souveraineté symbolisée par la déesse Boand.
12Ce dieu, assez mystérieux, est sans doute une autre incarnation du Dagda, le Jupiter irlandais;
13a coutume, dans l’Irlande ancienne était d’échanger des jeunes gens et des jeunes filles entre les clans pour renforcer les liens. Elle était encore pratiqué au XVIIe siècle (fosterage).
14n note encore la symbolique des nombres partagée par les druides et par Pythagore (voir les commentaires de César sur les druides philosophes = chercheurs de sagesse dans le sens pythagoricien repris par Socrate). 300 se décompose en 2x3x5x10, soit la triade multipliée par le nombre nuptial, multiplié par la décade (laquelle se décompose en 1+2+3+4), qui symbolise la perfection de toutes choses.
15 Is óc an mac doronad i tosach lai 7 ro geinir etir 7 fescur. La symbolique solaire est évidente. In mac óc, tout comme le dieu gaulois Maponos est assimilé à l’Apollon des Grecs et des Romains.

3 A présent, Oengus se querellait avec Triath, fils de Febal (ou Gobor) de la race des Fir Bolg 16, qui était un des deux capitaines de jeu, et un valet de Midir. Ce n’était guère honorable pour Oengus de parler avec Triath, et il dit : « Il m’est pénible de parler avec le fils d’un serf », parce-qu’Oengus avait pensé jusqu’à maintenant que Midir était son père, et que l’héritage du royaume de Brí Léith lui reviendrait, et il ne savait rien de sa parenté avec le Dagda.
4 Triath lui fit cette réponse : “Je ne m’inquiète pas de parler avec un valet dont ni le père, ni la mère sont connus.” Alors, Oengus vint trouver Midir en pleurant, et rempli de tristesse, parce-que Triath l’avait insulté. “- Qu’est-ce que cela ?”, dit Midir. “- Triath m’a diffamé et m’a jeté à la face que je n’avais ni père ni mère. - C’est faux,” dit Midir.” - Qui est ma mère et d’où vient mon père ? Ce n’est pas compliqué !”, dit Midir.”Ton père est Eochaid Ollathair, et Eithne, femme d’Elcmar du Brug est ta mère. C’est cela que j’ai caché à Elcmar, car cela lui aurait causé de la peine de savoir que tu étais venu à son insu. - Viens avec moi ”, dit Oengus “afin que mon père puisse me reconnaître et que je ne sois pas plus longtemps tenu à distance par les injures du Fir Bolg !”

16 Les Fir Bolg (littéralement les hommes-sacs) arrivèrent en Irlande après les Tuatha Dé. On pense qu’ils doivent leur nom à une particularité vestimentaire : ils portaient des pantalons (sacs) contrairement aux autres peuples d’Irlande qui utilisaient le kilt. On a aussi rapproché le nom des Fir Bolg à celui des Belges, peuple celtique installé dans le nord de la Gaule depuis la Bohême au IIIe siècle avant J.-C. et qui colonisèrent aussi une partie de la (Grande) Bretagne et l’Irlande orientale.

5 Alors Midir sortit avec son pupille pour s’entretenir avec Eochaid et ils se rendirent à Uisnech de Meath 17, au centre de l’Irlande, puisque c’était là qu’on trouvait la maison d’Eochaid, à égale distance de chaque côté de l’Irlande, du sud au nord, d’est en ouest18. Ils trouvèrent Eochaid dans l’assemblée devant eux. Midir appela le roi de son côté pour qu’il puisse parler avec le garçon. -”Que désire cette jeunesse qui n’est pas venue avant aujourd’hui ? - Son vœu est d’être reconnu par son père et qu’on lui donne une terre,” dit Midir, “car il n’est pas raisonnable que que ce garçon soit sans terre, alors que tu es roi d’Irlande. - Il est le bienvenu,” dit Eochaid”, il est mon fils. Mais la terre que je veux lui offrir n’est pas encore vacante. - Quelle est donc cette terre ?”, dit Midir.
“- Le Brug 19, au nord de la Boyne,” dit Eochaid. “- Qui le détient ?”, demanda Midir.”- Elcmar”, dit Eochaid,” est l’homme que l’on trouve là-bas. Je ne veux plus le reconnaître plus longtemps.”

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17Meath (Midhe), est effectivement la province centrale d’Irlande. Elle est reliée au cinquième élément subtil (l’éther) et au nombre nuptial. Les quatre autres provinces (Ulster, Leinster, Connacht et Munster) sont reliées aux quatre points cardinaux et aux quatre éléments. Il existait probablement une semblable géographie sacrée en Gaule, avant la conquête romaine. César cite trois parties en Gaule : la Belgique, l’Aquitaine et la Celtique. Il fait aussi allusion à l’Armorique (ancienne province située au bord de la mer du Pas-de-Calais à l’estuaire de la Loire). A mon avis, elle était dominée par les Vénètes, lesquels ont reculé devant l’avance belge au IIIe siècle av. J.-C., comme en témoigne l’archéologie (voir les travaux de Wheeler et Richardson, The Hill-forts of Northern France, Oxford, 1957. Il faut ajouter une cinquième partie : la Province romaine, conquise en 121 av. J.-C. Au carrefour de la Celtique, de la Belgique et de l’ancienne Armorique, était située la cité des Parisii, au confluent de quatre peuples : les Bellovaques, les Tricassi, les Carnutes et les Véliocasses. Les Bellovaques (Beauvais) sont des Belges, les Carnutes (Chartres) sont le peuple des tertres, les Tricassi (Troyes) sont ceux qui ont trois tresses, les Véliocasses (Vexin) sont ceux qui ont des tresses bouclées. Ces derniers traits font allusion à des marques de reconnaissance claniques propres aux anciennes armées celtiques. Voir les travaux d’Anne Lombard-Jourdan sur les origines de la Gaule et de ses différents objets sacrés, récupérés par la monarchie franque (regalia);
18 Cette égalité n’est pas seulement géomètrique dans un sens cartographique, elle est aussi dans un sens moral : le roi est l’équilibrateur, le médiateur de toutes choses. Voir les différents développements de Platon à ce sujet. Elle a aussi un sens alchimique : les quatre éléments doivent être placés en équilibre, sinon c ‘est le chaos. Voir Dante...# Le roi celtique (qui est une réalité ontologique, malgré ce qu’en disent la plupa rt des universitaires) est avant tout un dispensateur de richesses. Voir l’œuvre de l’écrivain et celtisant Jean Markale.
19Un Brug est un « manoir », une résidence seigneuriale des nobles de l’ancienne Irlande. On désignait aussi par ce terme les demeures des dieux, figurés par les tertres mégalithiques. La Boyne est la rivière qui incarne la déesse Bovinda. En Gaule aussi, les rivières portent souvent le nom de déesses, ou inversement (Séquana, Matrona, Samara...) En fait, le fleuve est la déesse, et la déesse est le fleuve. Il n’y a pas de véritable séparation entre les règnes minéral, végétal, animal, et les niveaux de conscience, de l’humain au divin. On peut sans être anachronique considérer la religion des Celtes comme un panthéisme. D’ailleurs, le christianisme, qui a invoqué le pouvoir des saints sur les sources et les pierres, voire les arbres sacrés, n’est pas si éloigné de cette vision. Voir l’œuvre du Père Teilhard de Chardin...


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Lucterios
(@lucterios)
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En fait, si les druides (notamment irlandais) se sont si facilement convertis au christianisme, c'est qu'ils voyaient sûrement réalisées dans la personne du Christ la plupart de leurs conceptions théologiques. Il y a une légende à Chartres qui dit que les druides avaient réalisé une statue (là ça pose problème !) de la Vierge qui devait enfanter. Elle avait les yeux fermés pour signifier qu'elle n'était pas encore née. La statue a de toutes façons disparu, remplacée par une autre, plus tardive. La légende est sans doute apocryphe. Les druides prohibaient toute représentation de la divinité, mais cette légende est assez révélatrice sur un certain état d'esprit. On dit que l'ordre druidique a survécu dans celui des moines bénédictins, mais c'est peut-être une légende. En tout cas, les druides semblent avoir prévu (par des moyens astrologiques peut-être ?) la propre disparition de leur paradigme païen et son remplacement par le chrétien. Ce qui compte c'est que leurs croyances les plus profondes aient survécu à travers le christianisme. En fait la prise de bec sur la signification de Noël était un faux débat. Je ne dois pas m'attacher aux avatars des représentations de la divinité unique, mais m'en tenir au message réel qu'elle délivre par le biais du Saint-Esprit. Le reste est issu de l'impermanence et n'a pas grande importance pour le sage...


Fortuna audaces juvat !


   
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Lucterios
(@lucterios)
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Une thèse intéressante sur le symbolisme de Noël qui semble prouver que les mythes ne mentent pas et ne sont pas de simples symboles :

http://www.france-spiritualites.com/PARTLesymbolismedenoel.html

Bonne lecture !


Fortuna audaces juvat !


   
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Apollon
(@apollon)
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Ne pleurez plus mortels, le poète vous a consolés :


MYRTHO

Je pense à toi, Myrrtho, divine enchanteresse,
Au Pausilippe altier, de mille feux brillant,
A ton front inondé des clartés d'Orient,
Aux raisins noirs mêlés avec l'or de ta tresse.

C'est dans ta coupe aussi que j'avais bu l'ivresse,
Et dans l'éclair furtif de ton oeil souriant,
Quand aux pieds d'Iacchus on me voyait priant,
Car la Muse m'a fait l'un des fils de la Grèce.

Ils reviendront ces dieux que tu pleures toujours !
Le temps va ramener l'ordre des anciens jours ;
La terre a tressailli d'un souffle prophétique...

Cependant la sibylle au visage latin
Est endormie encor sous l'arc de Constantin
- Et rien n'a changé le sévère portique.

G. de Nerval, Les Chimères.


Gnosé autôn


   
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moniia
(@moniia)
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pas mal...



   
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