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Trois femmes...

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Vindonissa
(@vindonissa)
Reputable Member
Inscription: Il y a 22 ans
Posts: 354
Début du sujet  

Pour celles et ceux qui se poseraient des questions à propos des plaisanteries de Lucterios sur Morgane et Viviane (j'imagine que le pauvre amour finira tout seul dans son coin à rire de blagues qui ne font marrer que lui seul, ainsi que son maître en épigraphie latine, Claude Nicolet qui était le seul à pouvoir s'amuser de Pétrone... Sic transit gloria mundi...)

On dit que l'homme est initié par trois femmes :

Sa mère, sa femme et sa fille. Il s'agit de quelque-chose qui est connu, notamment dans la tradition celtique, où les déesses vont toujours par trois. A la base, il s'agit de réalités astronomiques, voire astrologiques : l'observation des phases de la Lune et leur application aux réalités humaines, selon la maxime hermétique : "Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas". Il y a d'abord la lune montante qui correspond à la jeune fille vierge, puis la pleine lune qui correspond à la mère, enfin, la lune descendante qui correspond à la "vieille femme la mort"... On passe sous silence la nouvelle lune...

Prenons, le cas de Lancelot, le chevalier. Il est initié par le substitut de sa mère (Viviane), puis par son amante (Guenièvre) enfin par la fée Morgane, qui provoque la fin du monde arthurien. Il n'y a pas la fille, et c'est là que le schéma psychanalytique moderne devient absurde, comme souvent. Ou alors, il faut considérer que Morgane devient symboliquement la fille de Lancelot, puisqu'elle provoque sa mort. Si nous avons des enfants, c'est parce que nous sommes mortels, non ? Mais, il s'agit de tout autre chose en fait. Il y a toujours trois femmes, donc, éventuellement multipliées par trois, comme les neuf soeurs d'Avalon ou de Sein.

Trois femmes aussi dans la tradition grecque : Héra, Aphrodite et Athéna. L'équivalent celtique diverge selon les peuples (parce que chez nous les Celtes, il n'existe en fait qu'une seule déesse, même si elle se résume en trois avatars, divisés eux-mêmes en trois... Pas sûre de me faire bien comprendre !...)

On peut donc résumer :

Dana/Brigantia, Vindonissa/Belisama/Bormana, etc..., Mórrigana.

La première est la mère de tous les dieux, mais en tant que Brigantia (Brigit en Irlande, elle est vierge et est la mère des arts et la déesse de l'intelligence au même titre qu'Athéna). La seconde est une amante passionnée, mais aussi, elle peut être mère, la troisième est guerrière. En termes duméziliens (pour plaire à Lucterios qui va trouver mon discours abscons), nous avons là résumées les trois fonctions : sacerdotale, productive et guerrière. Voilà. J'espère avoir été relativement claire...smiley

-Edité le: Mardi 26 septembre 2006 à 14:44 par Vindonissa-


Etain andiu sund amné
Oc Sídh Ban Find iar nAilbe


   
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Cherrydean
(@cherrydean)
Membre Moderator
Inscription: Il y a 21 ans
Posts: 4090
 

Je trouve cela bien intéressant même si c'est un peu complexe pour quelqu'un qui n'y connait rien. Tu peux m'expliquer un peu plus cette histoire de déesse divisée en trois avatars eux-mêmes divisés en trois?


Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...


   
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Lucterios
(@lucterios)
Illustrious Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 6759
 

Disons que les Celtes considéraient le nombre trois comme sacré. Dieux et déesses sont un, en fait, mais pour que des raisons de commodités du culte, on a considéré qu'il fallait préciser leurs fonctions.

La déesse est donc triple, comme l'a montré Vindonissa, tout comme la lune : jeune fille, femme en âge de procréer et vieille femme. Après, la question du multiple du nombre par trois pour donner neuf relève de la mathématique pythagoricienne. Il y a neuf déesses, parce qu'après on passe à la dizaine, donc à un aspect encore plus subtile de la réalité, à savoir la divinité absolument transcendante. Voilà pourquoi, il y a avait neuf prêtresses vierges à l'île de Sein ou en Avalon. Le même nombre neuf se retrouve dans l'oeuvre de Dante. Le poète a rencontré Béatrice à neuf ans. Dans la Divine Comédie, elle lui apparaît au chant 30 du Purgatoire, précédé par 63 chants (6+3=9 ), et suivi de 36 chants (3+6=9 ). Elle se nomme au vers 73 (72 vers le précèdent, 72 vers le suivent, soit 7+2=9 )- dans un chant qui en comporte 145.

Voilà, j'espère avoir répondu à ta question.

-Edité le: Mardi 26 septembre 2006 à 13:08 par Lucterios-


Fortuna audaces juvat !


   
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Cherrydean
(@cherrydean)
Membre Moderator
Inscription: Il y a 21 ans
Posts: 4090
 

Oui, merci, c'est plus clair.


Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...


   
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