Et bien moi je découvre ce sujet et je dis: l'Ecume de l'aue n'est pas un livre pour enfants!!
Ou en tous les cas il ne leur est pas prédestinés. Je pens que c'est un livre tout public et je dirais même qu'il ne suffis pas de savoir lire pour tout comprendre...
Un coup de foudre dont je garde des brulures,
telles des blessures qui ne se referment pas...
Mais sais-tu au moins à quel point je t'aime?
Tu as raison dans un sens, c'est un livre écrit pour petits et grands...
Edité mercredi 22 juillet 2009 : 18:26 par cehel2
"Les enfants sont comme les marins : où que se portent leurs yeux, partout c'est l'immense."
(Christian Bobin)
Enfant, j'aurais tout à fait apprécié ce livre. Je dirais qu'il contient différents niveaux de lecture, ce qui permet à petits et grands de l'apprécier chacun à leur manière.
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
Personnellement, j'ai découvert ce livre alors que j'étais ado, j'ai découvert et lu le Pic des Ténèbres il y a quelques années seulement, et pour moi, les lectures sont fondamentalement différentes en fonction de l'âge auquel elles ont lieu. C'est bien, je crois, le principe du "7 à 77 ans".
Pour en revenir aux livres "adolescents", j'ai fait la même constatation que Hall à propos des différentes salles dédiées soit aux enfants, soit aux adultes : il a été très complet sur le sujet. Je crois que ce qui détermine un "fonds" adolescents, ou pas, c'est en grande partie des questions très pratiques : de quelle place dispose-t-on ? De quel budget ? Mais aussi des questions de personnes : si la personne chargée des acquisitions est plus sensible à tel ou tel type de littérature (plus enfant ou plus ado, par exemple), elle va sans doute acheter légèrement plus dans un domaine ou un autre, et ce malgré la politique documentaire retenue, tout simplement parce que les bibliothécaires, documentalistes et autres sont aussi et avant tout des êtres humains, et non des machines, et que le but du jeu n'est pas de tout acheter, mais d'acheter en fonction d'un budget, d'un lectorat acquis ou supposé. Et que la subjectivité y est à l'oeuvre. D'où des choix différents en fonction des bibliothèques, même si le "public" semble être sensiblement le même. Et il ne faut pas oublier que la plupart du temps, en tout cas pour ce qui est des bibliothèques municipales, ce sont des établissements publics, et que leurs financements sont forcément déficitaires (j'entends par là qu'à l'exception d'un modeste droit d'inscription, la lecture, l'emprunt est gratuit, mais que ces établissements doivent avoir un budget conséquent pour les acquisitions, mais aussi pour les charges salariales, sans parler même du coût de l'entretien des bâtiments, du mobilier, ou les charges d'électricité par exemple). Du coup, notamment dans les petits établissements, les choses peuvent se faire à l'avenant, avec les moyens du bord, et donc, si la priorité est mise sur les acquisitions, l'aménagement peut être à revoir. Difficile, dans ces conditions, de créer un espace dédié pour cette tranche d'âge "entre-deux". La question, d'ailleurs, est de savoir si c'est vraiment nécessaire, voire souhaitable... Après tout, les adolescents, c'est une tranche d'âge plutôt vaste, puisqu'on y trouve des jeunes de 12 ans à peu près (et souvent moins), et des presque adultes, voire des adultes, jusqu'à environ 30 ans ou plus !... J'ai croisé ce matin dans le train un adulte avec sous le bras un livre que je connais pour être typiquement de la littérature pour adolescents (j'ai vu un gamin de 10 ans avec le même livre en mains...). Comme quoi, cerner cette population adolescente relève carrément du défi en ce qui concerne la lecture en tout cas (mais je pense que ce n'est pas uniquement en ce domaine).
(je précise à toutes fins utiles que j'ai une connaissance bien moins approfondie qu'Hall sur les questions relatives à la lecture publique, travaillant, pour ma part, dans l'enseignement supérieur privé, je ne parle donc pas là en tant que professionnelle, mais en tant qu'usager, avec des connaissances "professionnelles" dans le domaine. Ceci pour expliquer d'emblée mes approximations, dont vous m'excuserez, j'espère).
On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.
Entre nous tout ceci comme le prouve la justesse de tes propos n'est pas affaire de professionnels ou pas, mais surtout de bon sens et de bonne gestion des moyens dont on dispose. La profession a justement tendance à trop théoriser, surtout dans les rangs de mes homologues conservateurs dont une partie, pas la majorité heureusement, aime se targuer d'un vernis en sociologie ou en psychologie des publics (ça fait intello, voyez-vous). Or c'est la pratique qui dicte ses conditions la plupart du temps une fois qu'on a fait ce qui semblait relever du bon sens et du possible. Il me semble personnellement que vouloir plaquer une idée sur la pratique (du genre, vouloir savoir avant même d'avoir commencé, si l'on veut que les adolescents aillent avec les adultes, avec les enfants, ce qu'on veut leur faire lire, etc...) relèvera toujours de l'artifice. Après tout il y a des collègues qui parfois travaillent depuis des années sur les fonds adolescents et connaissent leurs lecteurs.
Sur le débat : "livre pour qui ?" il me semble qu'il y a encore trop de blocages et de frontières artificielles. Qu'un ouvrage soit recevable de différentes façons selon le lecteur, c'est sûr et il n'y a pas besoin d'études littéraires pour s'en douter. De ce point de vue d'ailleurs l'âge n'est, naturellement, pas la seule cause de ces variations. Du reste, il me semble que ce serait aussi caricatural de voir une nécessaire progression linéaire des "niveaux de lecture". À vrai dire, il y a des degrés de subtilité et d'interprétation ésotérique ou psychologisante dans chaque ouvrage, que je n'aurais pas imaginés étant enfant, qui m'auraient peut-être interpellé entre 12 et 18 ans et dont je me moque éperdument maintenant.
Le public est aujourd'hui saisi d'une passion pour les genres et pour ce qui peut être classé. Ce qui m'inspire d'ailleurs une autre considération à poster ailleurs. Les éditeurs l'ont bien compris : le paysage éditorial actuel est marqué par la multiplication des collections. Ces dernières ne se déterminent pas tant par les contenus que par l'idée contemporaine de "public cible". Aussi voit-on que certains éditeurs ou directeurs de collection jouent parfois sur une tranche du lectorat qui elle-même, peut rencontrer des problèmes d'identification : les adolescents... Avec tantôt une politique visant à identifier et à séparer du reste la littérature "ado" sur la forme et sur le fond (ce qui en général revient à flirter dangereusement avec un jeunisme démagogique) ; tantôt une politique plus valorisante voulant rendre transparente la frontière avec le monde adulte et/ou ciblant des préoccupations d'adolescents sans donner dans la caricature.
Excluons donc de notre champ de vision le jeunisme facile et tous ces machins qui se contentent de coller à certains comportements adolescents voyants mais pas généralisables, et intéressons-nous à la littérature jeunesse qui ne renonce pas à élever l'esprit.
Si les lecteurs se trouvent également chez les adultes, j'y vois personnellement la conséquence logique d'un aspect que j'ai déjà évoqué.
Tandis que la création actuelle en termes de littérature "générale" se perd entre le vedettariat et les effets de mode (prix littéraires, saisonnalité de l'activité éditoriale, médiatisation, folie des adaptations cinématographiques dont certaines sont une authentique insulte à l'autonomie de l'art cinématographique d'une part, et au genre de l'adaptation en soi d'autre-part), et la fuite en avant vers une littérature souvent intellectualisante, sociologisante, donneuse de leçons, toujours à la poursuite d'une hypothétique "modernité" qui, nécessairement, doit toujours lui échapper. Ajoutons à celà le mépris post-moderne pour la forme et la belle langue qui fait qu'aujourd'hui, seuls les pédants écrivent une langue maîtrisée quand les autres au contraire prétendent suivre les évolutions du langage.
J'admettrai toutes les critiques au sujet de ces déclarations qui n'engagent que moi et qui, nécessairement, font un raccourci. Mais au risque de choquer, je me permettrai d'affirmer que, dans bien des cas, c'est dans la littérature jeunesse (notamment dans le roman) que l'on trouve encore une écriture décomplexée : dégagée d'un "art à message" trop pesant, de la passion de la complexité, et se donnant encore pour but secondaire d'initier ses lecteurs à une belle écriture. On y trouvera de ce fait encore des oeuvres qui permettent de se livrer au plaisir du récit sans arrière-pensée. Dans ceci, les bons et les mauvais continuent de se différencier en ce que les uns sollicitent notre intelligence et notre sensibilité, quand les autres flattent nos certitudes et n'hésitent pas à entériner notre ignorance. Il me semble que c'est probablement dans cette littérature que l'on va trouver un état d'esprit encore assez proche des Dumas, de Poe ou de Verne - voire d'Eugène Sue ou de Balzac, quand le reste se noie dans une fuite en avant étouffante.
Il en est de même, quelque-part, pour l'illustration jeunesse. Une collègue me disait que sur un exemple précis, les jeunes finissent bon an mal an par trouver leur chemin dans tout : l'exemple était le Petit Chaperon rouge. De Gustave Doré à une illustration pratiquement abstraite, avec un bon conteur, des enfants n'avaient pas eu de mal à projeter leur imaginaire là où certains adultes auraient eu des a priori, les uns contre l'académisme sclérosé et passéïste, les autres contre l'avant-garde incompréhensible et élitiste.
On retombe ici sur cette passion des genres et des classifications. C'est à partir du moment où la personne semble prendre conscience de son appartenance à une catégorie (d'âge, socio-culturelle, etc) qu'elle semble aussi se créer d'arbitraires frontières en s'imaginant identifier des choses "qui ne sont pas pour elle". Pour qui ne se pose pas la question (typiquement, l'enfance), plus de problème. Quand un enfant vous dit que tel ou tel truc n'est pas fait pour lui (je parle évidemment en termes de styles artistiques, car pour le reste, tant mieux si un enfant a conscience que la violence excessive, par exemple, ne s'adresse pas à lui...), c'est qu'il y a déjà un début d'acculturation.
Et pour faire tout à fait dans le hors sujet, c'est d'ailleurs cette acculturation et ces a priori destructeurs qu'il faut inviter les adultes à mettre de côté, notamment pour admirer le travail de nombre d'illustrateurs "jeunesse" en oubliant le côté "c'est pas fait pour moi". C'est notamment le pari, dans certaines bibliothèques, d'un concept qui me séduit tout à fait, de fonds patrimoniaux en illustration jeunesse, qui décloisonnent d'une façon paradoxale en donnant un regard adulte, scientifique, à des publications pour les enfants. Reste maintenant à réaliser une passerelle harmonieuse avec la littérature jeunesse "vivante", celle qui reste au quotidien "manipulée" par des enfants... et bientôt, des adultes décomplexés dont j'avoue faire partie...

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Histoire d'essayer de faire un peu moins complexe que mon camarade ci-dessus, je peux parler de ce que je connais le mieux, à savoir mon exemple propre, et celui de la bibliothèque de quartier où j'allais. Celle-ci disposait en effet d'un "coin" adolescent, qui regroupe un peu tout ce qui a été dit précédemment : pas mal de littérature "classique" (Dumas par exemple), mais pas trop (Hugo ou Balzac étaient chez les adultes), mais j'y ai aussi trouvé des bouquins plus complexe comme le meilleur des mondes (qui, je pense, trouverait un autre écho en moi si je le relisais maintenant plutôt qu'à 12-13 ans). On y trouve aussi des livres plus récents, comme ceux de l'école des loisirs pour les ados, et une bonne partie des polars "anciens", comme les Christie ou les Boileau-Narcejac.
En revanche, étaient cantonnés au rayon adultes tout ce qui concerne la science-fiction et la fantasy (ce qui avait le don de me faire enrager étant plus jeune, puisque j'étais "interdit" d'emprunter le seigneur des anneaux, puisque "trop jeune" pour lire des livres pour adultes...).
En bref, la frontière, même quand elle avait voulue être tracée, reste complexe, et ne conviendra de toute façon jamais vraiment personne..
Et puis, tout le monde sait que les ados lisent de toute façon plus, abrutis qu'ils sont devant leur télé et leur ordi, alors à quoi ça sert de faire une classification pour eux, je vous le demande !
(ami lecteur, un de ces paragraphes est légèrement pétri de mauvaise foi, sauras-tu le retrouver ?)
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Pour moi créer une rupture brutale entre fonds adulte et fonds adolescent, dans la mesure ou un fonds adolescent existe en tant que tel, est une erreur. En règle générale tout système qui frustre, dans le domaine de la culture, ne me semble pas justifié. La SF et la Fantasy inaccessible aux adolescents, je dirais que de la part du responsable, c'est quelque-part méconnaître ses lecteurs...

Opération Sisyphe
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Faut pas oublier que y'a 10-12 ans, la fantasy, ça restait quand même une lecture tout sauf banale (le raz-de-marée Potter, puis les films de Jackson étaient pas encore passés par là pour la faire connaitre), donc les lecteurs de ce genre là étaient relativement rares, et bien informés.
Et, toujours y'a quelques années, on déconseillait fortement la lecture de Tolkien aux collégiens, parce que c'était compliqué, et que ça allait les dégoutait, machin tout ça...
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Ouais mais chacun sait que c'était n'importe-quoi dans la mesure où on leur infligeait Balzac dans le même temps, qui en termes de pavé, vaut bien Tolkien. Je sais bien que c'est totalement hors sujet mais parfois j'aimerais assez que les enseignants soient des transmetteurs plus que des prescripteurs. Le but est de donner l'aptitude et le goût de lire, pas de prescrire ce qu'il faut et ne faut pas lire (et donc, formater la culture). Enfin bon, je m'égare.
Pour en revenir à la réception possible par la jeunesse de l'Écume de l'aube, il me semble essentiel que des enfants le lisent... et nous en fassent part. J'ai été suffisamment dégoûté de l'analyse littéraire à la sauce structuraliste, et encore plus des salmigondis psychologisants qui prétendaient analyser des oeuvres, pour leur préferer ma propre lecture.

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Tout à fait exact. Au point que, de mon côté, je n'ai appris l'existence de la Science fiction, de Tolkien, etc... qu'à l'âge adulte ! C'est-à-dire quand j'ai eu le droit de monter à l'étage, à la section adulte de la bibliothèque municipale. Il se trouve qu'il y avait assez de bouquins en bas pour ce que je lisais à l'époque, et surtout, que je savais pouvoir trouver assez de matière dans la bibliothèque parentale. Mais pas de bol, mes parents ont toujours considéré que la Science fiction, comme la bande dessinée, etaient des "sous-genres" littéraires, pour ne pas dire que ce n'était pas de la littérature. Résultat : j'ai grandi avec des a priori dingues : les bds n'étaient tolérées chez moi que parce que nous étions des enfants, et encore aujourd'hui, ma mère se demande ce que je peux bien trouver à Yoko Tsuno pour lire encore "ça" à plus de 30 ans...
Je ne vous dis pas tout ce que j'ai raté dans ma vie...!
On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.
C'est encore pas gagné, même actuellement. J'ai rencontré une personne qui voulait bien admettre que la bande dessinée était un art à part entière sur la foi d'oeuvres au dessin ou à la narration avant-gardiste et qui prenait les oeuvres au style plus classique pour de vénérables ancêtres dont l'intérêt propre ne pouvait effectivement toucher que les enfants comme une sorte de péché de jeunesse. Même si je n'ai rien contre l'avant-garde, au contraire, j'ai quand même un peu bondi (la personne était une collègue qui plus est). Comme elle me disait qu'il n'y avait pas Yoko dans son établissement et qu'elle n'aurait certainement pas l'occasion d'en acquérir malgré la superbe édition intégrale dont je lui vantais les mérites, j'ai dû lui amener La proie et l'ombre. Volume en main, je lui expliquai en quoi, selon moi, ce volume se situait en droite ligne dans l'héritage du romantisme, je le rapportai comme de coutume à Walter Scott (le Monastère, Guy Mannering), à Verne (le Château des Carpathes, les Indes noires), à Gustave Doré, etc. Références iconographiques en main, tout d'un coup, c'est passé. Bon, si on doit convaincre tous les adultes comme ça, c'est pas gagné. J'aimerais assez que ce soit plus simple et qu'il suffise de les mettre en présence de l'ouvrage pour que ceux qui y sont sensibles se laissent porter par l'histoire et la beauté formelle, tout en le mettant en relation avec leur propre environnement culturel. Il y aurait naturellement ceux qui aiment, ceux qui n'aiment pas, et ce serait tout simple.
Mais malheureusement, qui dit adulte dit préjugé potentiel.

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Et encore, si la bande dessinée européenne commence a gagner ses lettres de noblesse grâce à des expositions, des musées et autres, ainsi que la notoriété de certains héros (tintin et astérix en tête), c'est pas gagné pour le manga, et c'est encore pire pour les comics... Lire de la bd où des héros en slips tapent sur des méchants en slips, ça reste pour beaucoup un passe-temps à peine bon pour les enfants, et encore...
Après, j'pense que, comme pour la fantasy, peut-être que le salut viendra de l'industrie du cinéma. Ca a déja un peu commencé avec les comics (V pour Vendetta par exemple, un peu moins Watchmen vu comment il est tourné (voire détourné)), peut-être que la bd européenne peut suivre le même chemin.
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"Ceux qui y sont arrivés"

Il n’est point dans mes intentions (ni de celles de Roger) de nous glisser dans l’évaluation de L’Ecume de l’Aube et d’y influencer les impressions de lecture que ce roman, sur l’enfance de Yoko, fait naître en vous… Roger me confie juste le soin d’en préciser la genèse (Emilia étant absente au moment de l’écriture du roman)…
Nous sommes en 1979… Roger vient d’achever « La fille du vent » en y glissant, en 9 images, un retour en arrière dans la vie de Yoko enfant qui fait la découverte du moine kamikaze Aoki… Roger en dessinant Yoko petite fille, va s’attacher à cette image et ressentir l’envie d’écrire la jeunesse de Yoko.
Il choisit l’écriture pour parvenir à mieux entrer dans le mental de Yoko et des personnages qui l’entourent… Néanmoins, Yoko étant un personnage de vie en images, il se devait d’associer à ce roman un nombre d’illustrations faisant le lien entre les deux styles de narration.
D’emblée, dans ce roman, deux écritures se chevauchent … Yoko a cinq ans en début de roman et 18 en conclusion. Si vous vous placez dans l’esprit de Yoko, qui évolue de par ses réflexions et impressions intérieures, avec le temps qui s’écoule, vous constaterez que les pensées de Yoko mûrissent au fil des pages… Sa vision des choses n’est pas la même entre les déformations de la réalité selon les fantasmes d’une petite fille et ses conclusions, un rien plus philosophiques, de sa fin d’adolescence… On a le choix de s’identifier à l’enfant du début ou à l’ado décidée de la fin. … Là, vous êtes Yoko et vous vivez à son rythme et au fil de son mental en évolution…
Mais, si vous entrez dans les pensées et impressions des adultes qui entourent Yoko, (Parents, Aoki , Grand-père) vous devenez un observateur de la vie d’une enfant qui grandit et vous partagez des inquiétudes ou des évaluations plus adultes…
En clair, enfants, ados ou adultes trouvent dans le cheminement de l’Ecume de l’Aube, un choix d’identification qui leur permet d’entrer dans le récit avec leur variété d’âge. Un enfant y verra plus l’action générée et un adulte analysera plus les réactions intérieures et leur poésie… voire les émotions que l’enfant fait naître… Car l’enfant, à son insu, est porteur de poésie et de rêves intacts… C’est en grandissant que trop souvent il en perd les vertus ou les recherche…
Quand Roger, dans le calme du soir, ouvre son livre et rejoint Yoko, le temps d’un chapitre, il veille à avoir un mouchoir propre dans sa poche car il ne tarde pas à l’en sortir pour assécher des yeux qui s’embrument… C’est qu’il la voit bien cette petite Yoko, il entend sa voix et oublie que c’est lui qui la lui donne par de simples mots… Pour Roger ce livre était nécessaire, car un enfant n’est vraiment le vôtre que si vous avez vécu et guidé les premiers balbutiements de ses décisions.
Voilà ce que je me suis proposée de vous dire… Que cela ne change en rien vos impressions personnelles…
Il n’y aura pas d’autre roman écrit de Yoko… Nul doute que ce sont ses aventures en images que vous attendez… Un autre personnage plus destiné à l’écriture aventureuse existe et sa création comporte pas mal de similitudes avec celle de Yoko… Le besoin d’écrire et d’entrer par les mots dans l’âme du personnage en est le pôle essentiel… Le Pic des Ténèbres et Tyo ont certes donné à Roger l’audace de récidiver avec Yoko en quittant le dessin pour la narration littéraire… Un blog de Tyo est en ébauche et le texte de présentation défini bien certains choix… Voici le lien :
http://lesaventuresdetyo.blogspot.com/
Avec toute mon amitié,
INGRID
Edité samedi 25 juillet 2009 : 11:56 par Lorelei (Ingrid)
Le vent fait onduler la flamme de l'amitié...Mais jamais n'en ternit la clarté...
Chère Ingrid,
Cette approche des différentes possibilités d'identification me plait beaucoup et me semble bien plus pertinente, désormais, que l'explication "par défaut" devenue habituelle dès qu'il s'agit d'expliquer le caractère transgénérationnel d'un ouvrage : le principe, galvaudé, des "différents niveaux de lecture". L'idée de "niveau" suppose une sorte de hiérarchie, et cette hiérarchisation se fait le plus souvent en supposant que l'introspection et la lecture analytique, voire psychologisante, sont un degré supérieur de l'approche d'un texte. S'il existe effectivement des oeuvres pensées pour offrir différents degrés, je suis pour ma part convaincu que ce type d'analyse n'a pas à être généralisé. Bon, j'ai été traumatisé par des profs de littérature qui prétendaient qu'aucune lecture littérale ne pouvait être valable et je suis définitivement revenu de ce genre de position dogmatique.
L'on apprend du reste à ne pas généraliser son propre cas. En tant que jeune adulte et nostalgique impénitent au moment de ma découverte de l'ouvrage, c'est effectivement au parcours personnel de Yoko que je me suis attaché le plus. Le regard porté par un adulte sur un enfant qui n'est pas lui-même (mais qui peut être le sien) m'était beaucoup plus étranger, et le reste dans une certaine mesure.
Je ne pense pas spécialement "attendre" plus particulièrement Yoko dans une forme ou une autre de récit. Au risque de heurter je dois dire que la perspective d'une bonne relecture m'attire autant que celle d'une toute nouvelle histoire. Et pour moi en tant que lecteur, puisque deux formes littéraires se valent (ou plus exactement n'appellent pas d'évaluation comparative), l'une ne se ferait en aucun cas au détriment de l'autre.

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Il y a un an, je me suis inscrit sur ce site pour poser cette question de l'âge pour la lecture de l'écume de l'aube. J'ai finalement acheté le livre pour ma fille qui allait avoir 9 ans et qui commençait à vraiment aimer lire. Elle fut très contente du cadeau car elle aime beaucoup les aventures de Yoko. Elle s'est mise à lire le roman et l'a arrêté très vite. C'était trop difficile à lire. Trop de vocabulaire inconnu et surtout des tournures de phrase trop complexes. Depuis elle a lu tous les harry poter sans problème et bien d'autres romans. Je ne doute pas qu'elle reprendra un jour l'écume de l'aube. La facilité de lecture évolue très vite à cet âge. C'est un peu normal qu'il y ait des romans pour les 7-8 ans, pour les 9-10 ans, etc... Au dela de 13-14 ans, le style, même très littéraire ne pose plus trop de problèmes aux ados qui dévorent les livres, je pense. Ce qui compte alors, c'est plus les centres d'intérêt. Je me souviens avoir dévoré les misérables vers 14 ans. En revanche je n'ai jamais pu entrer dans le seigneur des anneaux. Ce genre littéraire ne m'attire pas.
Donnalee
Notre seule certitude, c'est qu'il n'y a pas de certitude.
