Il semble que l'idée d'utiliser un satellite pour réfléchir les rayons d'une étoile vers une planète n'est plus autant de la science fiction qu'auparavant.
http://www.engadget.com/2006/11/16/asu-student-envisions-giant-space-mirrors-for-terraforming-mars/
Ou peut-être la science s'inspire t'elle du travail de Roger Leloup. 

Edité Dimanche 19 novembre 2006 :23:24 par Djof
Djof | "Je me souviens"
Terraformer Mars ? Je demande à voir tout de même... Cela va prendre combien de siècles ? Et puis, vu que la conquête spatiale est au point mort, on peut toujours rêver. Je pense que je serais mort avant que l'homme ne mette les pieds sur une autre planète.
Enfin, ce qui serait intéressant dans l'idée, c'est de voir un biotope se développer ex nihilo. Ce serait vraiment une expérience passionnante, mais à mon humble avis, cela risque d'être carrément incontrôlable. Est-ce qu'un spécialiste de la théorie du chaos pourrait gloser un peu plus là-dessus ? J'ai le bouquin de Gleick là-dessus, mais j'ai un peu renoncé à le lire, je l'avoue, pas mon truc tout cela...
Edité Dimanche 19 novembre 2006 :23:43 par Lucterios
Ce n'est certainement pas réalisé encore, mais on arrive au point ou la technologie est disponible, et de telles entreprises sont considérés réalisables.
Pour ce qui est de l'exploration spaciale, l'homme sera de retour sur la Lune en 2020, alors il est possible de réver!
Djof | "Je me souviens"
L'homme de retour sur la Lune en 2020 ? Je voudrais partager ton optimisme ! La course à la Lune n'a été qu'une partie de bras de fer coûteuse entre Américains et Soviétiques en plein contexte de guerre froide. La conquête spatiale représente des coûts astronomiques (c'est le cas de le dire). Evidemment, il y a des richesses minières à exploiter sur la Lune, mais tant que cela ne revient pas moins cher que de le faire sur terre, je ne te fais pas de dessin... Tout cela n'est rien d'autre que de la propagande pour l'instant : on est grands, on est beaux, on est les meilleurs, on maintient l'esprit pionnier, etc... Et de toutes façons on va vous repeindre la Lune aux couleurs de Coca Cola et là, vous aurez compris que nous avons définitivement vaincu...
Tiens, vaut mieux boire du beaujolais que de penser à cela !
Edité Lundi 20 novembre 2006 :08:37 par Lucterios
Il me semble que la Nasa est une agence civile, non ? Justement, le film "l'Etoffe des héros" décrit le gâchis opéré par la Nasa, aux dépends des tests de l'Air Force. Le livre est encore plus explicite : il parle du projet X 15, un avion spatial hypersonique, lequel aurait pu déboucher sur un véritable vaisseau spatial, capable de décoller et d'atterrir par ses propres moyens ! La technique de von Braun, c'était du bidouillage bricolé dans l'urgence pour des raisons stratégiques. Ca oui, tu pourrais l'appeler "la bêtise humaine", et encore, il convient après tout d'être indulgent.
Edité Lundi 20 novembre 2006 :11:37 par Lucterios
Le X-15? C'est un vieux truc, ça.
Il a atteint la vitesse de Mach 6.7, et a grimpé jusqu'à plus de 100 km d'altitude.
On n'en fait plus des trucs comme ça. A croire qu'on a régressé depuis l'épique époque des années 1960.
Des hommes sur la Lune d'ici 2020? Je ne rirais pas autant. Les Chinois en seront capables, et ont le désir de démontrer leur puissance. Toujours est-il que la Lune est une formidable base de lancement de missions plus lointaines à destination de Mars, par exemple, profitant de l'énergie centrifuge de la Lune et de sa faible gravité.

Le bidouillage d'urgence pendant la course à la lune, je trouve que ça a quelque-chose de très vrai, et je pense tout particulièrement au fiasco des fusées lunaires N1L3. Déjà, au fond, les moteurs Kuznetsov sont quand-même des extrapolations de moteurs de V2, et la fusée Zemiorka, une sorte de regroupement de moteurs de V2... Sur les N1L3, comme on n'avait pas eu le bonheur de réussir à concevoir des gros moteurs comme ceux des "Saturne" américaines, on avait tout simplement utilisé une grande quantité de moteurs. Pour lesquels l'expérience, ou plutôt les quatre décollages ratés, ont montré qu'il est très difficile d'avoir une poussée contamment homogène et que le nombre de moteurs multiplie d'autant le risque de défaillance... Or, bon, curieusement, alors que la course proprement dite était terminée (au profit des américains), les missions télécommandées Lunakhod ont plutôt bien marché et on a pris le temps de les étudier soigneusement, et le comble, c'est l'unique tir de Buran, impeccable, pour un projet bien préparé, et abandonné ensuite par absence de moyens financiers et de justification économique...
Alors que dans le genre bricolage, certains trucs frisent le n'importe-quoi, par exemple le premier système de sas souple monté sur Voskhod pour prendre les américains de vitesse sur la sortie extra-véhiculaire. Rien qu'avoir pensé à ce truc qui ne laissait aucune solution de secours en cas de défaillance, ou les conditions de l'incendie d'Appolo 1 (un intérieur surchargé d'oxygène en l'absence de dispositif anti-incendie digne de ce nom...) donnent aujourd'hui envie de se frapper la tempe de l'index.
Moi, ce qui m'ennuie le plus, au fond, c'est que la simple curiosité de l'honnête homme justifie pour moi assez clairement l'exploration spatiale, et qu'au fond, c'est un peu comme le budget de la culture et l'entretien du patrimoine: de toutes façons ça ne pourra jamais entièrement se justifier par des nécessités pratiques (alors qu'un truc comme l'environnement, par exemple, ça semble une coquèterie à certains mais ça a le potentiel réel de devenir une question vitale un jour).
Or bon, le ralentissement des programmes euro-russo-américains, actuellement, ça ne me semble pas plus rassurant que ça. La Chine a envie d'y aller plein pot, c'est à la fois logique et aberrant, mais si je n'avais pas une conscience, j'en viendrais à regretter le temps où nous étions soumis à des puissances politiques expansionnistes, propagandistes, partiellement totalitaires et ultra-nationalistes, comme du temps de la course à la Lune... et à vrai-dire, si un jour la Chine se retrouvait à devenir le fer de lance du spatial, moi qui suis de la génération qui a grandi en se disant que le spatial était devenu le lieu de la réconciliation russo-américaine, celui de la coopération, et aussi de l'entrée de l'Europe dans la cour des grands, ça me ferait assez mal que ce soit un jour de nouveau une dictature qui fasse les gros titres par des exploits dans ce domaine.
Pour ce qui est de la Lune, évidemment, n'étaient les blocages politiques, c'est quand même tentant de se dire que ça constitue une base de départ fabuleuse pour des missions plus lointaines. Actuellement, quand on envoie quelque-chose sur Mars, on dépense une énergie folle à l'arracher à la terre, et on n'a pas non-plus de quoi lui donner les moyens de revenir...
Après, quand on dit que les gouvernements n'investissent pas massivemement dedans, je veux bien entendre la raison raisonnable qui veut que c'est de l'argent en moins à investir dans le bien-être immédiat des citoyens, mais au fond ça me fait le même pincement au coeur que quand on me dit que tel ou tel château, ou telle ou telle église, manque de fonds pour être restauré. Il y a quand même tous ces petits trucs déraisonnables qui donnent envie d'être autre-chose qu'un simple mammifère qui en bouffe d'autres sur une planète.

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler

