Allons bon, v'là aut'chose !
Eh oui, je remets ça. Je vous livre donc une partie de mes études, il s'agit cette fois d'un exposé que j'ai fait sur "Les 3 soleils de Vinéa", il y a quelques années (3 ou 4, je sais plus) et qui était ce que l'on peut appeler "une lecture à la loupe".
Comme c'est assez long, je vais la mettre petit à petit, cela permettra de prendre son temps sans avoir à se taper des pages et des pages en une seule fois. L'autre avantage, c'est que ça permettra aux lecteurs qui le désirent de faire des commentaires, des critiques, des remarques, des rajouts (je n'ai pas la prétention d'avoir tout vu), bref de débattre sur le sujet.
Tout est permis, de toute façon je n'ai rien à interdire, depuis le "mais comment peut-on perdre son temps à faire des trucs pareils !!!", jusqu'à "je ne vois vraiment pas où tu veux en venir", ou "contente-toi de lire les BD ou lieu de les disséquer".
De toute façon, je sais qu'il y aura toutes les réactions possibles, même de la part de Yokotsuniens. La petite minorité de "ceux qui aiment ça" comprendra
, les autres s'étonneront ou passeront à autre chose
.
Une dernière chose, si vous voulez lire en détail, je vous conseille d'avoir l'album avec vous, ça facilitera les choses.
Bonne lecture.
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DES 3 SOLEILS DE VINEA
1-INTRODUCTION
Cet exposé porte sur l’album n°6, Les 3 soleils de Vinéa, et je l’ai articulé autour de trois thèmes largement présents tout au long de l’album : le voyage, les surprises et les découvertes.
Pour cela, j’ai découpé l’album en chapitres et chacun de ses chapitres fera l’objet d’une analyse indépendante. La méthode est discutable, j’en conviens, mais c’est ainsi que j’ai procédé.
Avant d’en arriver là, toutefois, je vais rapidement faire le point sur « l’aventure Vinéo-terrienne ». Rappelons que « les 3 soleils » est le troisième album mettant en scène le peuple vinéen sur la terre, ce sera aussi le dernier (dans l’état actuel des choses, càd aujourd’hui, avant la sortie du n°25).
Remarque : pour une bonne compréhension, chaque fois que je fais référence à une image, une phrase tirée d’un album, j’utilise la même codification : cf 23a-2 signifie voir planche 23a (et non pas page 23) case n°2, dans l’ordre de la lecture ; cf 36b-5/6 : planche 36b, cases 5 et 6.
2-RECAPITULATIF DE L’AVENTURE VINEO-TERRIENNE
2.1 Le trio de l’étrange
C’est l’album n°1, celui dans lequel nous découvrons les futurs membres du trio, le monde dans lequel ils évoluent et le monde vinéen qui se cache sous leurs pieds. Dans cette aventure, Yoko et ses compagnons arrivent par accident dans ce monde souterrain et aident ces derniers à se débarrasser de l’entité qui avait pris le contrôle de leur coordinateur et menaçait la terre par la même occasion (cf 36b-5/6 : « Je vais faire de vous… mes premiers esclaves terriens ! »)
Remarque : j’ai découpé l’histoire en chapitres et j’ai obtenu huit parties :
- la naissance du trio (prologue) [1 à 6]
- l’aventure souterraine [6 à 9]
- le monde vinéen [9 à 13]
- Khâny [13 à 26]
- le grand coordinateur [27 à 33]
- celui-qui-parle-et-qu’on-ne-voit-pas [34 à 40]
- Karpan [40 à 42]
- le trio de l’étrange (épilogue en deux parties : vinéen et terrien) [43 à 45]
2.2 La forge de Vulcain
Album n°3, dans lequel une plate-forme pétrolière, en Martinique, détruit certaines installations vinéennes, provoquant une future catastrophe dont Karpan désire tirer profit pour s’installer à la surface de la terre. Yoko va sur les lieux et retrouve Khâny avant de mettre Karpan hors d’état de nuire et de rétablir la situation. N’oublions pas que Karpan avait pour but de dévaster certains archipels par un raz-de-marée et d’occuper ensuite la place.
Remarque : j’ai découpé l’histoire en chapitres et j’ai obtenu là aussi huit parties :
- mystère à la Martinique (prologue) [1 à 4a]
- la plate-forme [4b à 12a]
- le monde vinéen [12b à 16b]
- fuite et poursuite [16b à 29b]
- les enfants [29b à 32a]
- la salle des vannes [32b à 40]
- une flamme dans les nuages [41 à 43]
- enfin un sourire ! (épilogue) [44]
3-LES 3 SOLEILS DE VINEA
Il s’agit du troisième album vinéen et pour la première fois, le trio est invité par Khâny donc, à priori, nos héros ne devraient pas craindre de surprises majeures car ils commencent à bien connaître ce monde caché. C’est en tout cas ce qu’ils peuvent penser au départ. Yoko, quant à elle, ne redoute pas une surprise mais l’éventuel adieu de Khâny avant son départ possible vers leur planète.
Quant à vous, chers lecteurs, détrompez-vous si vous pensez comme elle car d’adieu il n’y aura mais de surprise en surprise elle voyagera… et nous avec.
Ma première surprise, quant à moi, fut de constater qu’après avoir découpé l’histoire en chapitres, je suis tombé sur un prologue, six parties et un épilogue, comme les deux autres albums vinéens. Je n’ai pas encore fait ce travail sur les autres albums de la série aussi je ne peux dire s’il s’agit d’une constante, d’un hasard ou d’un fait récurrent revenant régulièrement dans l’œuvre de RL.
Mon découpage est le suivant :
- le trio dans la lande (prologue) [1a à 2a]
- l’autobus astral [2b à 10b]
- le voyage galactique [11 à 15]
- l’arrivée sur Vinéa [16 à 21]
- prise de contact [22 à 26b]
- le guide suprême [26b à 38a]
- la 6e cité [38a à 43]
- les deux sœurs (épilogue) [44]
3.1 Le trio dans la lande [1a à 2a]
Durée de l’épisode : 2 à 3 mn.
Il annonce clairement la couleur dès la première page, dès la première image et dès les premiers mots. Il s’agit d’un vaisseau vinéen, énorme et vue de l’arrière (détail qui a son importance). Les premiers mots sont : « Moteurs coupés, l’astronef vinéen glissait sur son orbite… ». C’est on ne peut plus clair.
Dans cet album, pas de longue mise en place comme dans les précédentes aventures vinéennes : on est tout de suite dans le vif du sujet, même s’il s’agit d’un prologue.
Les deux thèmes abordés dans ce prologue sont : les retrouvailles et le départ. Il n’est même question que de cela dans la première page.
Remarques :
Vu l’orientation du vaisseau vinéen dans la première image et le commentaire de la première case, il y a deux solutions : soit RL a orienté notre planète avec le nord « en bas » et le sud « en haut », chose pour le moins inhabituelle même si cela n’a pas de sens dans l’espace, soit le vaisseau va en marche arrière et se rapproche de nous, ce qui est aussi assez étrange.
Dans les deux cas, il s’agit bien d’une volonté délibérée d’orienter le vaisseau dans cette direction afin qu’il nous présente sa section arrière et ses propulseurs. Pourquoi ? Cela pourrait bien être une allusion au départ par la vue de l’arrière mais pourquoi de gauche à droite ? Reconnaissons tout de même que le vaisseau et ses sphères d’énergie est très photogénique (peut-être devrais-je dire « dessingénique » ?).
La suite nous apprendra que le nord était bien à sa place sur cette image (« en haut ») et que le vaisseau progresse en marche arrière, ceci sans doute afin de freiner sa course lors de son arrivée au voisinage de la terre (la preuve se trouve quelques images plus loin, lors de la phase d’arrimage : nous voyons que la section arrière du vaisseau orbite autour de la terre en «marche arrière»).

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Bon, restons-en là pour l'instant.
A bientôt,
frac
Edité Mercredi 9 mai 2007 :12:50 par frac
Si tu te frappes la tête contre une cruche et que ça sonne creux, n'en déduis pas forcément que c'est la cruche qui est vide...
Comme certains l'auront peut-être remarqué, j'ai mis quelque illustration dans mon propos du 26/04, ça aère un peu...
Voilà la suite, bon courage !
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3.2 L'autobus astral [2b à 10b]
L’épisode se déroule deux heures après le précédent.
Il a une durée de 28h environ dont 25h de voyage et est animé par le quatuor Yoko-Khâny-Vic-Pol avec la présence de Vynka.
Les allusions au voyage de retour sur Vinéa se multiplient dans cet épisode : 3a-6, 3b-3, 6b-2 mais rien ne filtre et le trio reste dans le vague.
En ce qui concerne l’étonnement, voire la stupéfaction, nous sommes gâtés :
- Vic en 3b-1 (ce qui n’est pas très courant) à propos de Saturne
- Yoko en 5a-7 sur la vision de Saturne ;
- Yoko en 6b-3 pour le satellite-canon orbitant autour de Saturne ;
- les vinéens en 7b-1 en découvrant Pol et son sac à dos ;
- Pol en 8a-2 lorsque son sac colle au plancher ;
- Yoko en 8a-5 découvre la navette intergalactique ;
- Yoko et Vic en 9b-2 invités par Khâny à faire le voyage jusqu’à Vinéa.
Au niveau des découvertes, là aussi beaucoup de choses et pour tout le monde :
- le voyage dans l’espace pour le trio (il s’agit de leur baptême) ;
- la léthargie magnétique pour le trio ;
- la découverte pour Khâny qu’un simple bisou sur Pol arrange tout ;
- Saturne pour le trio ;
- le satellite-canon pour le trio ;
- le sac à dos pour Poky ;
- la navette intergalactique pour le trio ;
- la technique de voyage pour Vic ;
- et enfin le but réel du RdV fixé par les vinéens au trio, cette dernière étant la plus importante.
Remarques :
Les vinéens en général et Khâny en particulier cachent au trio le but réel de sa venue jusqu’à la dernière minute, sans doute par peur de les voir refuser. Il faut reconnaître qu’ils les mettent un peu devant le fait accompli ou, au minimum, ne leur laisse pas vraiment le temps de la réflexion.
Découlant directement du point précédent, nous avons le doute qui s’insinue dans l’esprit de Yoko à propos de Khâny, mais elle continue néanmoins à lui faire confiance 6b-2.
Autre conséquence du premier point : le libre arbitre du trio est totalement inhibé, ils subissent les évènements, on décide à leur place jusqu’à l’image 9b-4 où, pour la première fois ils donnent un avis alors même qu’on ne leur a pas posé de question !
On peut aussi remarquer que Khâny isole Yoko dans l’astronef : elle se met entre elle et les autres membres du trio. Est-ce pour signifier : « vous l’avez tout le temps pour vous, maintenant elle est à moi » ou serait-ce pour l’empêcher de se concerter avec ses amis ?
Concernant le thème du départ, il est suggéré par de nombreuses images de vaisseaux vus de l’arrière et donc, dans une position de départ : 2b-4, 3b-4/5, 5b, 6b-3/4, 7a-1/3.
Toujours sur le départ, nous pouvons remarquer que la fin de cette partie est un départ.
Enfin, une séquence a retenu mon attention : 5a-1/2. Il s’agit d’une « copie » d’une scène de « On a marché sur la lune » quand, à mi-parcours, le professeur Tournesol retourne la fusée qui était en accélération constante pour la mettre en décélération constante ; ceci permet d’avoir une gravité normale à bord du vaisseau.


C’est sans doute la raison pour laquelle dans la section arrière du vaisseau vinéen, le plancher est « vertical », au fond. Détail technique à mettre au compte de RL… peut-être sur inspiration de Hergé ?

3.3 Le voyage galactique [11 à 15]
Cet épisode se déroule de quelques heures à plusieurs jours après la partie précédente, impossible à savoir.
Il dure 63 jours et cinq heures, dont 63 jours de voyage et est animé par le faux trio (Yoko, Vic et Khâny) mais aussi par les autres voyageurs galactiques.
A noter la disparition de Pol de 12b à 14a-4. Serait-il devenu vinéen ? (voir proposition de Khâny : "je m'occupe du sas extérieur avec les terriens")
Un thème est étonnamment présent dans cet épisode : la mort. Les allusions sont extrêmement nombreuses et variées, de la part de presque tout le monde et à propos de sujets très différents :
- Pol ouvre le bal 12a-4 « ça pétille de vie ici »
- Les caméras vinéennes montrent un squelette 12a-5
- Khâny 12b-3 « ou Vinéa a explosé et nous flottons dans ses débris »
- Khâny à propos de Yoko 13a-2 « elle est sauvée »
- Khâny 13b-3 « Vinéa a survécu »
- Khâny à propos du soleil 14a-1 « à présent il se meurt »
- Khâny 14a-5 « juges-tu la planète viable ? »
- Vynka 14b-1 « les radiations ont dû y supprimer comme ici la vie »
- Wangha à propos de la navette 15a-1 « le gyrostabilisateur est mort »
- Poky 15b-1 « et s’il n’y a pas d’air sur ma planète ? ».
Concernant l’étonnement nous avons :
- Vynka 12b-4 devant le squelette ;
- Yoko 13a-5 devant Vinéa ;
- Khâny 13b-2 devant Vinéa
Les découvertes quant à elles sont :
- les effets secondaires de la léthargie magnétique par Yoko et Pol,
- les vinéens morts par tout le monde,
- Vinéa par Yoko-Khâny et les autres,
- les deux soleils séparés et les navettes dans le satellite-canon
La plus importante est le fait que Vinéa a survécu.
Remarques :
La mise en place du titre se fait en plusieurs temps : 13b-3 Vinéa et un soleil, 14a-2 le deuxième soleil, mais où est donc le troisième ? A suivre…
La vision de RL de l’hyperespace est réaliste selon moi, originale mais réaliste.
J’ai noté ce que je considère comme une erreur de dessin, ce qui est assez rare pour être souligné : 13a-4, le bras « stabilisateur » (c’est ainsi que je l’appelle) en haut à droite ne peut pas, selon moi, être à cet endroit et de cette taille dans une vue en perspective.

Signalons toutefois que les deux satellites-canons (celui de Saturne et celui de Vinéa) sont identiques et l’on reconnait les lieux, on peut même suivre le trajet de l’un sur l’autre.
Une nouvelle fois, la fin de cette partie est un départ.
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Bien, soufflons un peu.
A+
frac
Edité Jeudi 10 mai 2007 :13:38 par frac
Si tu te frappes la tête contre une cruche et que ça sonne creux, n'en déduis pas forcément que c'est la cruche qui est vide...
Intéressant, tout de même, ton rapprochement entre la fusée lunaire de Tintin et la navette interplanétaire des Vinéens. Reste à savoir, s'il s'agit d'une convergence due à de simples impératifs techniques ou s'il y a là un vague clin d'oeil. Je pencherais tout de même davantage pour la première solution.
Quant à l'hyperespace, n'étant pas moi-même scientifique (en tout cas pas physicien !), j'aimerais que l'on m'explique : Vinéa est-elle reliée à la station de Saturne par un "trou de ver", ou s'agit-il de toute autre chose ?
Holà! faut pas pousser... la fusée qui se retourne n'est pas une invention de Tournesol ni une copie... mais la logique nécessitée par le freinage... Tournesol n'a fait lui aussi que suivre une logique technique.imposée par la physique.. Ce rapprochement ne nous avait pas effleuré... Quant à Khâny qui se glisse entre Yoko et ses amis... Non mais c'est peu flatteur pour Khâny ... C'est fou ce que l'on découvre de ce que l'on n'a pas voulu faire lire en lisant ce que les autres ont lu!
Les analystes ne précèdent jamais les concepteurs...Et les premiers cherchent souvent une logique où les seconds n'en ont pas mise...Mais chacun a le droit d'avoir son avis et nous le nôtre, c'est la richesse de la diversité...
C'est dans les moeurs de notre époque... Tout décortiquer... "Tu as détruit le mille pattes et bien maintenant, reconstruis le"... (Ce n'est pas de nous mais de Nietzsche)
Nous on s'est contenté de rêver... Du moins Yoko car je n'étais pas dans cet épisode...
Emilia
Edité Mercredi 9 mai 2007 :20:36 par petrushka
Je laisse à notre ami la responsabilité de ses conclusions sur Khâny !
Merci d'avoir tranché, Emilia : c'est bien ce que je pensais, il s'agit d'une simple convergence ! On voit mal comment les Vinéens auraient pu s'y prendre d'une autre manière pour freiner leur vaisseau, effectivement...
Tout à fait, une convergence, mais qui ne se retrouve pratiquement jamais ailleurs alors que je suis fan de science fiction. Je dirai donc "une nécessité imposée par la physique" liée à "une certaine vision des choses".
Pourquoi ne retrouve-t-on pas ce plancher vertical ailleurs ? Parce que les autres auteurs ne s'embêtent pas de ce genre de détails, soit ils se contentent d'inventer l'anti-gravité et la gravité artificielle qui va avec et il n'y a plus aucun problème, soit les voyageurs de l'espace sont en état d'apesanteur.
Ici, Tintin ou Yoko, c'est ni l'un ni l'autre et toute l'architecture des vaisseaux en découle, ce n'est pas rien. D'ailleurs, je trouve ça bien mieux : tout est expliqué et logique ; quand on se contente de parler de "l'anti-grav", n'importe quoi se cache derrière, pas besoin de chercher... c'est plus facile.
Le troisième cas que je crois connaître serait dans 2001 odyssée de l'espace, je crois : la station tourne sur elle-même pour créer une fausse pesanteur, mais ce n'est pas un vaisseau, c'est donc un peu différent. (je me trompe peut-être)
Pour ce qui est de Khâny, je penche nettement pour la version plus affectueuse : "vous l'avez tout le temps avec vous, maintenant elle est à moi".
Enfin, pour ce qui est de l'analyse, c'est mon côté technicien. Impossible de le faire taire. Faut que j'analyse, que je dissèque le mille-pattes (j'ai bien aimé la citation de Nietzsche). J'espère que ça ne dérange pas l'auteur, même quand il me voit parler de choses qu'il n'a jamais voulu dire !!!
. Je pensais la même chose à l'école quand on analysait les poêmes de Ronsard, Beaudelaire et autres auteurs classiques.
Néanmoins, jamais je ne cherche à imposer ma vision des choses. Je la propose seulement.
A ce propos, vous allez bien rire à la fin, à propos de Khâny (car il s'agit bien d'en rire) mais je garde la surprise.
frac
PS : de mon côté j'écris et quand j'ai fait lire mes histoires, ou une partie, quelqu'un m'a dit un jour : ce que tu as écris là, ça veut bien dire ceci et celà. Je l'ai regardé, interloqué, prêt à le contredire puis je me suis tu car même si je n'avais pas voulu faire passer tel message, ça correspondait néanmoins à ma vision des choses. Qui peut savoir ce que nous fait faire notre inconscient... inconsciemment
Edité Jeudi 10 mai 2007 :14:03 par frac
Si tu te frappes la tête contre une cruche et que ça sonne creux, n'en déduis pas forcément que c'est la cruche qui est vide...
De toutes façons le précurseur de Kubrick, c'est Klushantzev dans "Le chemin des étoiles", mais au fond on s'avancerait sans fin à prendre la chose pour une "source". Seul un biographe de Kubrick nous dirait si le cinéaste avait vu le film de son confrère russe.
Sur la justification de l'analyse en littérature, c'est malheureux mais en gros, le structuralisme réussit souvent, dans son voeu pieux d'objectivité scientifique, à produire exactement la même chose que l'histoire positiviste dans le domaine historique, à savoir, l'illusion rétrospective. Trop souvent son attitude a consisté à prétendre dire "ce que l'auteur a voulu dire", et d'ailleurs les approches psychologisantes proviennent souvent de là. Du coup, il en ressort que l'analyse ne sert à rien (à part à dire des sottises) dans ce cas là. J'ai des amis qui font (étudient, pratiquent ou enseignent) de l'analyse en littérature ou en musique, eux se détachent carrément de cette tradition et revendiquent le caractère strictement scientifique de leur pratique. On note que ça ne leur fait jamais dire de choses invérifiables. Je trouve ça préférable. Après naturellement ça se discute à l'infini. Je crois qu'il y a largement la place pour une bonne voie médiane, celle qui distingue clairement l'approche scientifique (histoire de l'art, musicologie, théâtrologie, linguistique...) qui réussit efficacement à décrire les oeuvres sans risquer l'illusion rétrospective, et l'approche du jugement esthétique - chacune prenant garde à ne pas trop empiéter sur l'autre. Je crois sincèrement que l'analyse en art d'aujourd'hui, c'est de réussir à maintenir cette distance tout en faisant appel aux deux ressources. Au contraire on n'a jamais intérêt à ce que l'analyse se prenne pour de la critique. En gros c'est de l'analyse teintée de critique ou de la critique teintée d'analyse et, en tant que lecteur, c'est probablement ce qui me semble le plus agréable à lire - mais naturellement ça requiert un degré d'honnêteté intellectuelle et de rigueur méthodologique le plus élevé possible. Pour ce qui est de ta lecture des "Trois soleils", je pense franchement qu'il faudrait la nourrir d'une approche historique et stylistique plus nette et plus illustrée, ou alors il faut renoncer au caractère d'analyse. Une méthode d'esprit analytique sans un secours proportionné de la science, ça me semble être s'exposer clairement au risque de la paraphrase. Moi quand je ne dispose pas des connaissances suffisantes pour faire de l'analyse, c'est à dire la plupart du temps, je préfère m'en tenir au champ de la critique "conventionnelle", celle qui repose sur une subjectivité individuelle ou collective, mais tout en étant solidement appuyée sur une conscience historique (ce qui est, je crois, un élément à valeur profondément culturelle: la civilisation européenne d'aujourd'hui est une culture du patrimoine, elle ne l'a pas toujours été à ce point, donc une critique moderne est une critique historiquement informée, mais c'est un autre débat).
Enfin bref, ce n'est peut-être pas encore aujourd'hui que nous allons dire ce qu'est la critique d'art (heureusement, sinon on s'ennuirait jusqu'à la fin des temps). On sait au moins ce que ce n'est pas, à savoir l'illusion et la paraphrase. Pour le reste... 

Edité Jeudi 10 mai 2007 :15:21 par Hallberg

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Pour ce qui est de ta lecture des "Trois soleils", je pense franchement qu'il faudrait la nourrir d'une approche historique et stylistique plus nette et plus illustrée, ou alors il faut renoncer au caractère d'analyse.
L'analyse, Hallberg, je m'en garderai bien !!! D'où le titre du sujet qui n'a pas été choisi au hasard. J'ai appelé ça un exposé car il était destiné à être exposé au public, mais aussi car j'expose des faits, la plupart du temps. Je crois (je crois, mais il me semble que c'est à peu près ça) je crois donc m'abstenir de formules (et d'idées surtout) telles que "l'auteur signifie par là", "l'auteur sous-entend" etc.
Bien sûr, parfois je place une idée personnelle sur une signification possible, selon moi, de tel détail, parfois c'est une question à laquelle je n'ai qu'une réponse parmi tant d'autres possibles, mais quand je compte, par exemple, 34 images représentant tel ou tel personnages/objet en moins de 5 pages, j'en conclus seulement que ce personnage/objet est très présent dans cette partie de l'album. Personne ne me contredira, j'espère, car c'est factuel.
De la même manière, je ne fais pas de critique d'art, grands dieux ! Un technicien-né faisant de la critique d'art, quelle blague
. Tout au plus dirais-je : "j'aime ou je n'aime pas", mais je ne serais sans doute même pas capable de dire pourquoi !
Qu'est-ce que je fais, dans ce cas ? eh bien...
je regarde à la loupe, c'est tout. Et s'il me prend envie d'en tirer une conclusion personnelle, ce sera sans prétention aucune, juste pour donner un point de vue.
Je ne voudrais surtout pas que l'on prenne cet exposé au sérieux, ce serait sans doute le pire pouvant m'arriver.
Mais alors à quoi ça sert ?
Aaaah... grande question. La réponse est simple : ça m'amuse.
frac
Si tu te frappes la tête contre une cruche et que ça sonne creux, n'en déduis pas forcément que c'est la cruche qui est vide...
Frac a écrit ... retourne la fusée qui était en accélération constante pour la mettre en décélération constante...
Le voyage vers Saturne. On le trouve déjà dans "La voie Martienne" de Isaac Asimov, plus exactement il s’agit d’un voyage aller-retour de Mars à Saturne. On y retrouve la même problématique avec en plus le problème du « propulsant », qui n’est pas en quantité infinie. Le récit est intéressante, car la vie à bord est décrite minutieusement. Notamment le cycle temps sous gravité normale – temps sous accélération ; toutes les activités sont conduites dans le temps sous gravité normale, les temps sous accélération paralysant tout puisque, comme le décrit le professeur Tournesol, la meilleure position pour résister à l’accélération est la position couchée. Ce pourquoi le plancher de l’astronef vinéen est vertical.
En effet, dans un voyage dans l’espace « normal », il y a deux limites principales : un vaisseau ne peut que s’approcher d’une vitesse maximale, celle de la lumière, et s’il est habité son accélération est limité par la résistance humaine. N’oublions pas, le corps humain est fragile. Dans notre environnement normal, nous subissons des efforts dus a l'attraction terrestre. Nous n'y pensons pas vraiment sauf lorsqu'il s'agit de se relever, de monter un étage,... ( Ce n’est pas aussi évident que cela en a l’aire, R Leloup nous le montre avec les titans qui ayant été habitué à une gravité moindre, ont besoins d’avoir un squelette renforcé et de l’énergie supplémentaire pour se mouvoir sur Vinéa ). Dans notre cadre quotidien de piéton, cet effort correspond à une action de la gravité, dite "normale", soit 1 G. Nous avançons aussi à une vitesse de plus de 100 000 km/h, mais comme elle est constante, cela ne crée pas d’effort.
Pour réduire le temps d'un trajet, il faut donc atteindre une vitesse maximum avec une phase d’accélération (la vitesse change) puis une phase de décélération. Plus la phase à vitesse maximum est longue plus le voyage est court, l’idéal étant des temps d’accélération et de décélération nuls, mais alors l’accélération est infinie, bonjour les dégâts ! Dans de bonnes conditions avec des équipements spéciaux le corps humain peut résister jusqu'à environ 9 G (on pèse 9 fois plus, dans les manèges forains le maxi est d'environ 4G) avant l'évanouissement puis la mort par écrasement. Dans « la voie martienne » le voyage dure presque un an, Asimov étant un scientifique reconnu, je lui fait confiance pour les donnés (je serais incapable de les calculer moi-même, d’autant qu’aux abords de la vitesse de la lumière on tombe dans le cadre de la physique relativiste).
J’en conclue donc que les Vinéens ont trouvé le moyen d'annuler ou de limiter très fortement les effets de l'accélération, puisque dans des conditions "normales" ce voyage aurait duré presque 6 mois, comme Kany nous dit que le leurs durerait 24h… mais bon c’est normal qu’ils nous surprennent avec leurs avancées technologiques puisqu’ils sont arrivé jusqu’à nous. Remercions Roger Leloup de nous en expliquer ce que nous pouvons en comprendre, de nous avoir présenter Kany et de nous permettre de converser avec Lathy.
De plus à 9G il faut environ 39j pour atteindre la vitesse de la lumière(selon newton). Si je ne me trompe pas.
Edité Samedi 12 mai 2007 :01:29 par Paul
Acquiers la paix de l'âme et des milliers autour de toi trouverons le salut.
S. de Sarov
Mes dernières lectures sur le site:
Toutes ces téories sont énoncées par des terriens et dans les limites de leurs connaissances qui ne leur ont permis à ce jour que faire quelques pas sur la Lune..;
Nous Vinéens on a d'autres tecniques et d'autres développements qui en découlent..;
Pour notre voyage de retour en un si court instant, c'est simple: Tout corps dépassant la vitesse de la lumière se désintègre (selon les terriens) nous, on a supprimé luùmière et photons dans un tube et on va bien au-delà sans problème...
Quand à tous ces gars qui écrivent de la science fiction ou en font des films ... Ce ne sont que des livres et des histoires. Pensez-y...
Bise vinéenne
Lâthy
Edité Samedi 12 mai 2007 :10:24 par Lâthy
Bleue, je suis... Mes rêves aussi

Merci à Lâthy de nous rappeler que notre science étant balbutiante dans tous ces domaines, nous ne comprenons pas grand-chose à tous ces phénomènes (il y a même un type coincé dans une machine qui occupe la chaire de Newton à Cambridge et qui semble dépassé). Nous ne maîtrisons pas le voyage dans l'espace, c'est un fait. Donc, il faut nous contenter de rêver avec les Vinéens et les autres. J'adore l'expression de Khâny : "une énergie qui vous est inconnue" !

J'avais déjà fait ce parallèle entre Yoko et Tintin il y a quelques années...
J'avais aussi trouvé celui-ci:

La violence est le dernier refuge de l'incompétence.
Hum, la comparaison est amusante, mais comme dirait l'autre : "comparaison n'est pas raison", n'est-ce pas ? Le coup du type un peu lunaire qui s'asseoit sur un bestiau quelconque, bon, c'est un peu comme celui de la tarte à la crème non ? Je ne suis pas sûr que cela ait été inventé par Hergé et, sauf à vouloir prouver à tout prix que Roger Leloup faisait explicitement référence à cette scène, on n'avancera pas tellement non plus dans l'analyse critique. Enfin, moi ce que j'en dis hein ?
Tiens, quand j'étais gamin, je suis allé au cinéma avec mes parents. On est arrivés en retard, et, dans le noir, je n'ai pas vu qu'une brave dame occupait déjà le fauteuil que je convoitais...
Donc, je me suis fait tancer par mon père qui, en même temps a posé son manteau sur la tête d'une autre dame...
Edité Dimanche 13 mai 2007 :00:04 par Lucterios
Fort bien, mais le gag de Pol n’est pas qu’il s’assied sur le chat (c’est une situation) mais qu’il affirme que son oncle se serait réincarné dans le chat… Il s’assied dessus et vlan coup de patte douloureux… Pour arriver à L’IMAGE SUIVANTE QUI MANQUE et dans laquelle Yoko avec humour (c’est rare) déclare qu’il s’est assis sur son oncle Cyprien… Pol en râlant déclare que son oncle n’avait rien de risible et était un peintre de talent .. ; Sur quoi Vic surenchérit en faisant remarquer qu’il a gardé un sacré coup de patte… Le but de ce gag étant de bien typer chaque caractère du trio et de finir sur une note légère… Ici, l’image ne fait qu’illustrer le texte qui est dominant……
Mais c’est sans importance… Juste pour préciser…et qui ne s'est jamais assis sur son chat caché au fond du fauteuil...
Emilia…
Edité Dimanche 13 mai 2007 :00:14 par petrushka
Avant que l'on ne s'amuse à jouer ainsi au "jeu des 7 erreurs", j'aimerais que l'on ne perde pas de vue l'intention de l'auteur dans toute analyse critique (et je pense qu'Emilia ne me contredira pas...)
L'autre jour, je revoyais le film de Brian de Palma, tiré récemment du chef d'oeuvre d'Ellroy. Il y fait explicitement référence à de nombreux films : j'ai noté "les Oiseaux" d'Alfred Hitchcok, "Nosferatu" de Murnau, "l'homme qui rit" dont Hal me renseignera sur son auteur (je parle du film, pas du bouquin du plus grand poète français... Hélàs !
). Il y a aussi "Autant en emporte le vent", "Cléopâtre" de Mankiewcz. Bon, c'est normal aussi, cela se passe à Hollywood. Probablement d'autres encore...
En BD, Yann introduit parfois certaines références au cinéma américain de la grande période...
Mais, dans le cas de Yoko, même si on peut s'amuser à faire des rapprochements avec, par exemple de grandes oeuvres romantiques, je n'ai jamais observé de citations explicites, ou alors, si : "la jeune fille et la mort", de l'aveu même de l'auteur dans "la Frontière de la vie." En tout cas, les deux derniers exemples cités me semblent relever nettement de la subjectivité du lecteur.



