Bonjour à tous,
Pour contrebalancer le sujet sur ce qui nous a plu le moins, je propose de dire ce qui plu le plus. Il est certain que nombre d'entre vous ont déjà dit ce qu'ils aimaient. Mais, si cela fait longtemps, alors ça vaut le coup de se reposer la question. En effet, à en lire certains posts, plusieurs d'entre vous semblent avoir changé d'avis sur certains albums ... et ainsi avoir su apprécier certaines choses après un peu de recul.
Ainsi, l'un des éléments dont je me souviens avoir beaucoup apprécié, c'est l'ambiance créée par le décor du dernier tome (Le 7ème code). Lorsque la nuit tombe, on voit apparaître beaucoup de teintes douces, de très belles nuances de couleurs, et des dégradés très fins. Je trouve que les superbes nuances nous permettent de nous plonger véritablement dans l'histoire. Un peu comme si ces couleurs aux mille nuances nous enveloppaient ... J'ai beaucoup ressenti cela dans la scène avec le pasteur et dans celle où Yoko joue aux échecs.
Sinon, j'apprécie toujours beaucoup de relire des albums que je n'ai pas lu depuis longtemps. En effet, dans ce cas, je découvre souvent une dimension que je n'avais reconnue avant. Par exemple, "La lumière d'Ixo" mérite d'être lu et relu car il y a plein d'aspects dans cet album (les problèmes liés aux mythes, celui de l'énergie, ...). Les relations, parfois tendues, entre les personnages nous permettent de découvrir ce que Roger a voulu faire transparaître en toile de fond. Je trouve toujours cela passionnant d'essayer d'aller voir un peu plus loin que l'histoire de premier plan. J'aime beaucoup les albums de Roger Leloup parce qu'ils disent beaucoup de choses et ne font font pas seulement vivre des aventures aux personnages.
Mais il n'en reste pas moins que le côté aventure est toujours bien servi. Dans "L'or du Rhin" par exemple, l'aventure nous tient en haleine jusqu'au bout !
Enfin, les sentiments entre les personnages sont toujours formidablement bien mis en valeur. J'ai toujours été épaté par le courage de Yoko lorsque dans "L'or du Rhin", elle accepte la mission de Kazuki alors que cet homme, dans "La fille du vent" avait humilié son père et provoqué la mort d'un ami cher. Malgré les blessures causées par Kazuki, Yoko, attentive à Kazuki implorant, accepte la mission...
Dans ce même album, on voit Yoko se rapprocher d'Olga sur la fin de l'histoire alors que pendant la plus grande partie de l'album, Olga lui semble antipatique. Une manière de voir que l'aventure peut rapprocher des êtres, au point de souhaiter se mettre sur le corps un parfum qui auparavant semblait irrémédiablement repoussant !
Décidément, les valeurs humaines ne sont pas en reste !
ps : pour un premier post, je suis bien bavard ...
A bientôt ... 
Fung
Des grands bavards, il y en a plein, ici! Quoi, j'ai dit Hallberg?
Bienvenue, Fung! N'oublies pas de te présenter dans la rubrique toute faite pour ça!
Un sujet 'lalbum préféré' avait déjà été lancé; mais ça n'empêche pas de continuer ici.
Selon moi, il est certain que l'humanité de Yoko fait d'elle un personnage bien à part dans la Bande dessinée. C'est aussi ce qui me touche le plus. Mais en fin de compte, moi dans chaque album, il y a quelque chose qui me frappe. Et puis finalament, c'est aussi en réfléchissant à ce qu'on lit qu'on s'apperçoit de la dimension des personnages et des situations dans l'oeuvre de Roger (cf, Yoko et Kazuky, comme tu l'as dit). C'est un talent indéniable qu'il a de mettre quelque chose de particulier dans tout ce qu'il crée: j'ai même envie de dire qu'il met chaque fois une part de lui...
Cyann, papillon doré aux ailes nacrées.
J'ai envie de reprendre les albums les uns après les autres pour donner une caractéristique que me plaît...
- Dans le Trio, c'est le fait même de l'existence des Vinéens. Imaginer un peuple sous terre, ça me fait rêver depuis longtemps... Et si c'était vrai ???
- Dans l'Orgue du Diable, c'est l'ambiance au Katz, la citerne, et le danger que représente l'orgue dans cette crypte.
- Dans La Forge de Vulcain, j'aime beaucoup la "course-poursuite" et l'arrivée dans la forêt de champignons. Tout ce monde recréé qu'on continue de découvrir, une suite du Trio...
- Dans les Aventures électroniques, c'est le côté vie quotidienne de Yoko que j'aime beaucoup. Et puis, Annick, aussi...
- Message pour l'éternité m'a toujours beaucoup intéressée à cause des avions, du planeur, et de Plomeur-Bodou. J'ai visité l'endroit, et j'avais vraiment l'impression d'être "dans" la bd...
- Les 3 Soleils, pour moi, c'est un peu à part... Beaucoup de rêve, le côté incertain, qu'est-ce qu'on va trouver en revenant ? Et le contact avec "ceux qui sont restés"... La découverte de la famille atypique de khany aussi.
- La Frontière de la vie, c'est mon album préféré, et maintenant que je suis en Alsace, je caresse le rêve d'aller jusqu'à Rothenburg, plonger dans la bd.
- Les titans, pour cette improbable et pourtant réelle amitié.
- La Fille du Vent, parce qu'on y rencontre la famille de Yoko, qu'on la voit pour la première fois comme une petite fille, et je ne sais pas pourquoi, pour cette voix que j'entends dans ma tête "Avec le temps, ils prendront un autre sens..."
- La Lumière d'Ixo, parce qu'on y voit le "mauvais" côté de la civilisation Vinéenne, avec le dépôt de matières dangereuses, mais aussi pour le côté rite, mythologie, religieux très palpable. C'est le seul album où on peut appréhender la question de la foi chez les Vinéens, je pense... et comme c'est un sujet qui me touche beaucoup, j'y suis particulièrement sensible...
- Dans La spirale du Temps, c'est les allers-retours dans le passé, très perturbants, mais aussi sans faille du point de vue logique, qui m'ont marquée.
- La Proie et l'Ombre, pour la beauté du site (j'ai passé 15 jours de mes vacances en Ecosse à chercher le chateau de Cécilia..., j'en ai pris plein les yeux, et je ne l'ai jamais trouvé, mais que de souvenirs !).
- Les Archanges de Vinéa, pour la proximité de Yoko et Poky, et parce que c'est l'un des premiers albums que j'ai lus, j'ai donc une affection particulière pour celui-là...
- Le Feu de Wotan, pour le métro suspendu, et le très beau château d'Eltz (à ce propos, j'ai visité près de Bruxelles un parc dédié à des maquettes de monuments de toute l'Europe, et pour l'Allemagne, j'ai eu la surprise d'y voir ce fameux chateau... Autant vous dire que j'ai passé beaucoup de temps à Eltz !)
- Le Canon de Kra, pour l'aventure, les canaux, et surtout pour le côté "tête brûlée" de Yoko et de ses compagnons... que j'ai toujours trouvés très drôles, allez savoir pourquoi... Et puis aussi parce que c'est à la lecture de cet album que j'ai pris conscience que Yoko pouvait avoir une vie en dehors de ce qui nous était raconté...
- Le Dragon de Hong-Kong, pour la rencontre de Rosée et surtout pour le côté irréel de cette scène près de l'eau, où la petite fait jouer le "monstre"...
- Dans le Matin du monde, ce que j'aime, c'est Narki. Plutôt le fait de retrouver Narki en un lieu et un siècle où elle ne devrait pas être, et le lien ténu mais réel qui est fait entre "La spirale" et "Le Matin du monde", qu'on ne comprend qu'à la dernière page.
- Dans "La Porte des âmes" (si si, il y a des choses que j'apprécie !!!), c'est la "rencontre" avec l'un des Onze vaisseaux. La question de ce que sont devenus les autres demeure, mais pour l'un d'entre eux, on a la réponse, et ce que je trouve sympa, c'est de ne pas en avoir fait le sujet principal de l'aventure, mais un élément faisant partie du contexte.
Je continuerai plus tard, il est l'heure de dormir !!!!
On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.
WAW! Amélie... Que de souvenirs évoqués pour Roger... Qui me prie de te dire que le sujet du 25 risque de te plaire (ainsi qu'à d'autres)... Roger a réarticulé son scénario et nous envoie vers un autre endroit que prévu initialement... Début toujours en Ecosse puis... (top secret) Moi je vais ne pas en croire mes yeux!... Suspense insolent?... Bah! c'est dans notre vocation!
Bises Emilia
L'intérêt de l'exercice, je pense, est de mettre en lumière la multiplicité des approches - d'un individu à l'autre, cela va de soi, mais aussi, chez un même lecteur, en fonction des volumes. C'est là toute la spécificité d'une oeuvre sous forme de série réussie, qui marie une homogénéïté à des caractéristiques propres. Je parle ici de série (dans laquelle les volumes ont une autonomie suffisante pour être lus séparément) et non d'ouvrage à épisodes.
Pour reprendre la liste:
- Le trio. Je ne l'ai pas lu en premier, et il était fascinant de voir cette relation au départ professionnelle entre les trois personnages en sachant qu'elle débouchait sur une amitié indéfectible. Deux personnages au dessus de tous les autres: Khany, magicienne de l'oeuvre. C'est elle qui, en accordant son amitié, amène cette intrigue "policière" sur le terrain de l'affection. C'est grâce à elle que les vinéens ne sont pas seulement d'étranges gens (comme dit Pol), mais des partenaires. Complexes, multiples... Et Karpan. Fascinant "méchant lyrique" dévoré par ce paradoxe dramatique classique: autoritaire et hautain (puissance), soumis, dominé (impuissance). Il apporte le côté tragique.
- L'Orgue. Le cadre géographique, musical. Un drame romantique, vernien. L'orgue, c'est l'ouvrage de l'homme romantique, c'est la créature de Frankenstein: naît-il de l'idéal, créer la beauté, ou de l'ambition destructrice? N'est-il pas, comme l'homme, capable des deux? La tempête éclate, le paysage tourmenté se fait le reflet des sentiments. Yoko tient le glaive de la justice, symbole classique de la vertu, mais le coeur innocent d'Ingrid innonde le drame de l'humanité dans ce qu'elle a de fragile et de précieux.
- La Forge. Les entrailles de la Terre, le feu... Sommes-nous au royaume de Vulcain, ou celui de Pluton? Toujours Khany, toujours Karpan... La forêt des champignons: Verne, Méliès... Une des figures obligées et toujours jeune du rêve...
- Les aventures électroniques. Tout pour deux pages (l'Ange de Noël). Du baume au coeur.
- Message pour l'éternité. Comme Gobol, d'abord, ce site de Plemeur-Bodou, lié pour moi à d'heureuses vacances en famille. Le vieil avion de ligne, c'est en partie grâce à lui (et pour l'autre partie grâce à un vieux feuilleton de l'ORTF dont j'ai vu la rediffusion, enfant) que j'ai conservé une curiosité pour l'histoire de l'aviation civile.
- Les trois soleils. Poignante impression de compassion pour ces populations apeurées, écrasées, où l'enfance travaille au lieu de jouer, où la peur remplace la foi. Les retrouvailles de Khany avec ses parents, malgré tout et malgré les apparences, c'est la vie qui reprend ses droits...
- La frontière de la vie. Je ne sais pas trop quoi dire, un ouvrage lumineux. Perfection formelle, chaleur. Je dis parfois que s'il ne faut en lire qu'un, je choisis celui-ci.
- Les titans. Xunk, figure du tragique. Sa faiblesse physique, la gravité qui l'écrase, laissent penser qu'il y a plus qu'un appareil d'aide musculaire qui lui permet de tenir debout: il se dresse aussi face à un destin qui doit le broyer. Sa volonté est puissante parce qu'elle obéït à la compassion. Comme un héros antique, il est confronté au choix: son amitié pour Yoko, ou l'obéïssance? En se sacrifiant puis en revenant mourir auprès de ses concitoyens, il continue jusqu'à la fin de montrer la voie de la compréhension, de la vertu. À ce titre, d'ailleurs, on lui élève un monument - l'héroïsme le plus marquant reste celui des justes, pas celui des forts et des téméraires. Pour moi, le, joyau au sein des tomes vinéens.
- La fille du vent. Cet ouvrage nous confronte à la douce amertume des souvenirs. Perd-on son passé en grandissant, comment fait-on pour rester avec lui quand tout change? La fin est un vrai "tire-larmes" au meilleur sens du terme. Récemment j'ai participé à une production de la Passion selon St Jean de Bach qui m'a tiré des larmes...
- La lumière d'Ixo. Quand j'étais adolescent, je faisais un rapprochement peut-être abusif, mais qui avait du sens pour moi, avec l'Allemagne de l'Est. Cette civilisation est à bout de souffle, son système économique et vital est une impasse qui détruit les hommes et l'environnement (le dépotoir de matières dangereuses...). Les hommes s'épuisent à vivre sur un astre mort. En même temps, ils sont illuminés par un idéal, par une foi. Alors est-il forcément aussi facile qu'on le croit de juger? Que fait-on d'une croyance qui est à la fois un artifice pour maintenir les gens sous contrôle, et aussi un moyen pour les gens de tenir debout? Et surtout, est-ce une évidence de faire passer brutalement les gens à la "modernité" quand, même si certaines choses s'avèrent être des fumisteries, les gens ont vécu dans quelque-chose qui envahissait toute leur vie? Ce qui est bon, ce qui est indispensable, peut-il se faire sans douleur? Comment se défaire sans souffrance de ses illusions? Comment admettre qu'un élément extérieur bouleverse nos références? Et si, demain, quelque-chose arrivait dans ma vie et celle de mes concitoyens, remettait en cause la civilisation européenne? L'art? La science? La foi?
- La Spirale du temps. La fragilité de l'humanité, l'étroite imbrication d'un destin planétaire et d'un destin individuel (Monya).
- La proie et l'ombre. Comme je l'ai déjà dit, pour moi c'est Verne, Balzac et Walter Scott qui se croisent. Je ne peux pas le lire sans penser entre autres au Château des Carpathes, mais plus que tout il me vient des mélodies de La Dame Blanche (opéra de Boieldieu). Ce volume est très lyrique, très romantique. La course de Cecilia derrière une ombre, est un moment poignant.
- Les archanges. C'est la figure de la vieille femme qui m'émeut. Ainsi que la compassion de Yoko.
- Le feu de Wotan. Vous ferez bien un petit tour de Schwebebahn?
Ou un petit air de hautbois baroque? Puis l'idée qu'au delà de l'aventure, Yoko, Vic, Pol et Ingrid ont surtout partagé un moment d'amitié, de chaleur.
- Le canon. J'en garde surtout le souvenir du Colibri, qui excite l'imagination et le goût du voyage. Pour le reste, il faudrait que je l'aie relu plus récemment car c'est un des albums que je ne possède pas chez moi.
- Le dragon. Tout pour la séquence chez le grand-père, et cet acte à la fois déchirant et superbe, quand il confie Rosée à Yoko.
- Le matin du monde. À l'image de la caméra de Pol, un symbole de la complexité du regard de l'Europe sur les autres civilisations. Serions-nous capables de reconnaître froidement que nous sommes différents? De ne pas mettre notre compassion en jeu quand une civilisation éloignée de la notre pratique le sacrifice humain comme une norme? On juge et on ne juge pas... Difficile... Sinon, bien-sûr, superbes décors, costumes...
- Les exilés. Ah Gobol... C'est là qu'on comprend la fascination d'Amélie... Quelle figure romanesque... Et puis, parce que yoko se trompe rarement quand elle accorde sa compassion, la rédemption d'Hégora.
- L'Or du Rhin. La réponse est sur la couverture...
- L'astrologue. Une robe fait partie des éléments déclancheurs de l'intrigue, et la pièce peut se jouer.
- La porte des âmes. Réponse à une simple curiosité, où sont les autres vaisseaux. Ce n'est pas très rassurant, on a l'impression que de la Diaspora vinéenne, bien peu ont une vie facile...
- La jonque. La couverture donne le ton. Couleurs, ambiances, décors, costumes, le spectacle est fabuleux. La pénombre crépusculaire qui envahit l'album ne trouve qu'un équivalent: le Septième code. C'est un travail magnifique de composition d'image, de lumière, de teintes. La partie centrale est une sorte de tableau vivant.
- La pagode. Joker. En plus je ne l'ai pas chez moi.
- Le septième code. Voir le commentaire que j'ai fait à ce sujet, en résumé, je retiens trois choses. L'impression formidable que laisse le travail sur la couleur et la lumière; cette histoire se passe au cours d'une longue nuit dont la progression, de la lumière à la lumière en passant par l'obscurité, est rendue d'une façon superbe. Ce serait du cinéma, on dirait que le chef opérateur est génial. La façon adroite et équilibrée dont cette histoire, pour une fois, est menée en duo avec Emilia. Et enfin, les larmes d'Emilia et le violon qui résonne dans la forêt amazonienne. Du baroque latino à Fitzcaraldo, c'est quand-même un rêve continuel.

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
J'avais écrit une belle réponse, et j'ai été interrompue, j'ai tout perdu...
Je reprends donc, en précisant d'emblée que je n'ai pas les albums sous la main, et que donc, ce que j'en dit, c'est de mémoire, afin de ne pas être perturbée par ce que j'aurais pu en retirer après une énième lecture. Il s'agit donc bien là des impressions qui me sont restées.
- Les Exilés de Kifa : J'ai toujours eu du mal avec cette histoire. C'est depuis mon arrivée sur le site que je me suis beaucoup attachée à Gobol, et que j'ai pu apprendre à apprécier cet album. J'aime le personnage, pour son ambiguité, son côté "seul maître à bord", mais aussi "seul à bord"... Et puis, j'avais toujours vu les Vinéens comme un peuple très avancé, qui en savait bien plus long que les terriens, à tous points de vue, et qui avait les moyens de vite apprendre ce qu'ils ne savaient pas encore. Et là, je découvre qu'ils ne connaissent pas tout de leur propre histoire, qu'ils en ont encore à découvrir au sein même de leur propre univers. Et qu'en plus, ça dépend d'un homme... Ca les rend plus "humains"... à mes yeux !
- Dans l'Or du Rhin, ce que j'aime beaucoup, c'est le cadre, et le fait de se retrouver à l'endroit (ou presque !) où tout à commencé dans l'Orgue du Diable... Et puis, cet album me fait beaucoup penser au "Crime de l'Orient Express", d'Agatha Christie... Et j'aime beaucoup ce livre !
- L'Astrologue de Bruges m'a beaucoup intéressée par tout le côté mystique, religieux. La présence du "Diable", qui pour moi n'est qu'un pauvre homme, finalement, même s'il est terrifiant, surtout dans le contexte de l'époque...
- La Jonque Céleste : j'avoue que là, c'est l'album qui me laisse le plus indifférente... Il est beau graphiquement, mais ce n'est pas celui que je retiens de toute la série...
- La pagode m'interpelle davantage à cause du dragon. Et si je l'ai trouvé totalement incompréhensible au début, maintenant que j'ai lu "Le Pic des Ténèbres", je vois mieux la complexité des choses, comme si les bds et le livre se complétaient...
- Le 7e Code, c'est très affectif. Avoir "rencontré" Emilia en "vrai" avant d'avoir pu la "voir" évoluer sur papier a complètement changé la donne. Je ne sais pas si j'aurais eu la même approche sans le site. Ceci dit, l'histoire est passionnante, et on renoue avec quelque chose que j'aime bien : un point de départ "ordinaire" (un jeu, un concours...) qui va déterminer le démarrage de l'aventure...
Emilia, tu dis que le prochain album va m'intéresser, et que Roger a changé l'orientation... Tu piques ma curiosité ! Mais chuuttt !!!
On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.
Oula, Gobol et Hall se sont lancé dans un exercide difficile.
Je crois que je ne serais pas capable de faire de même sans avoir les ablums sous les yeux.
C'est fou, j'ai une énorme capacité d'oublier. J'aime reprendre à chaque fois mes BD comme si je ne les avaient jamais lues avant... et c'est d'autant plus facile que j'ai très peu de mémoire (c'est fou... je suis encore jeune pourtant).
Ma mémoire est surtout visuelle et du coup, une fois que je reprend ma lecture, je me dis toujours "ah oui, c'est vrai... génial !!!"
Quoi qu'il en soit, l'élément qui me plait beaucoup au premier abord, est le style et la qualité des dessins. C'est la bd que je trouve la mieux dessinée. J'adore le toucher de Roger Leloup, la finesse de ses traits, la qualité des couleurs... tous ça est très important pour moi.
J'adore les paysages. Que ce soit sur terre ou dans l'espace, les décors sont magnifiques. Ils invitent au voyage.
De même, comme je l'ai dit dans un sujet à côté, les robes de Yoko me font rêver... j'aimerais en porter d'aussi jolies !
Il y a aussi les histoires. Combien d'aventures aurai-je aimé vivre. Je suis une grande rêveuse, et à l'adolescence surtout, je m'évadais en lisant ces BD. Reprendre les dessins, une fois les avoir lues me permettait de poursuivre le rêve.
"La terre est bleue comme une orange"
Paul Eluard![]()
"Le chat est entré dans la cage aux lutins"
Moi, j'ai fait ça avec sous la main le 4e de couverture d'un volume récent, pour ne pas en oublier... De mémoire, j'aurais probablement mélangé des élements, mais le rappel des couvertures suffit à faire remonter les impressions principales. Après, il serait beaucoup plus long de rentrer dans le détail, ce qui s'apparenterait plus à un exercice d'analyse critique qu'à l'évocation de bons souvenirs.
Je constate la présence, chez Gobol aussi, de rapprochements avec d'autres oeuvres. Il me semble que l'ensemble de la série nous fait parcourir un large éventail de thèmes importants dans l'imaginaire européen, et dont, naturellement, l'ensemble du patrimoine artistique se fait l'écho. Je pense donc que notre lecture de Yoko varie beaucoup en fonction de ce que nous connaissons déjà. Quand nous avons déjà une référence (par exemple, "le crime de l'Orient-Express" sur le thème du huis-clos ferroviaire), la lecture devient alors un jeu de rappels, d'échos. Quand nous n'en avons pas beaucoup, ou pas du tout, il se peut que Yoko nous fasse découvrir un thème, et nous invite en retour à nous pencher dessus.

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Allez, Go!
Le trio de l'étrange: Poky comme fantôme connaissant tous les recoins et les endroits cachés de la cité vinéenne souterraine m'a beaucoup plue.
L'orgue du diable: l'orgue a un charme certain. Le thème laisse songeur.
La forge de vulcain: ces enfants surdoués et éduqués selon leurs compétences, fascinés par l'histoire de Pol. Voilà une scène que je n'oublirai jamais. Un enfant est toujours un enfant.
Aventures électroniques : L'ange de Noël est un petit bijou qui fait sourire à tout coup. Après cette lecture, on a toujours envie d'être quelqu'un de généreux à notre tour.
Message pour l'éternité: Les deux secondes d'hésitation de Vic lorsqu'il doit décrocher Yoko du gros avion... Aurai-je seulement été capable de juste hésiter à sa place?
Les 3 soleils de Vinéa: Khany retrouvant son père, puis sa mère. Ma découverte que Poky est en fait la jumelle de Khany. Que d'émotions!
La frontière de la vie: Magda, terrorisée par des avions, qui retrouve ses jambes.
Les titans: Xunks, quoi dire d'autre. Combien de leçons à tirer de son histoire?!
La fille du vent: La mort d'Aoki, Yoko perturbée par cet événement, Vic la secourant. Yoko, fragile comme une enfant suite à ce drame et combien triste.
La lumière d'Ixo: l'atmosphère et le culte régnant sur cette planète froide et non propice à la vie.
La spirale du temps: la solitude éprouvée par Monya et sa triste "fable".
La proie et l'ombre: Le personnage de Cécilia, la vraie, son désespoir et sa "folie".
Les archanges de Vinéa: le fils "condamné au sommeil éternel" de la vieille Vinéenne un peu folle, mais tellement touchante.
Le feu de Wotan: la scène de tendresse entre Yoko et Vic.
Le canon de Kra: le symbole que Yoko fait peindre sur son planeur et son explication de celui-ci.
Le dragon de Hong Kong: la bête se roulant dans l'eau devant Rosée. Le grand-père confiant sa petite fille au soin de Yoko.
Le matin du monde: Narki s'offrant volontairement en sacrifice. La vieille femme attaquée par Rosée.
Les exilés de Kifa: l'interrogation sur les émois de l'âme. Une machine peut-elle être plus qu'une machine au point de vue des sentiments? Au fond, pourquoi pas?
L'or du Rhin: le dénouement. Quelle histoire! Toute qu'une intrigue!
L'astrologue de Bruges: la jeune Mieke sous le charme de messire Pol. La servante aveugle s'occupant de Baltazar.
La porte des âmes: Litsy et son âme perdue.
La jonque céleste: Yu, abandonné par les siens et confié au seigneur Chu.
La pagode des brumes: L'interraction entre Yu et Liao.
Le septième code: Emilia, son violon, sa mère. Sa vulnérabilité derrière sa carapace.
Voilà, mais c'est évidemment très résumé.
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
Un autre parallèle avec "la lumière d'Ixo", c'est le poème lyrique de Goethe "la dernière nuit de Walpurgis", exprimant avec un mélange d'humour et de ferveur cette situation où une situation établie est renversée par une autre. Dans le poème de Goethe, les païens, par leur sincérité, sont sympathiques, et les nouveaux venus (les chrétiens) sont ridiculisés. La similitude tient au fait qu'effectivement Yoko peut trouver ridicule le fatras mystique des habitants d'Ixo et de Shyra, mais Myrka lui apprendra à respecter une sensibilité peut-être dépassée à ses yeux, mais sincèrement ressentie par les gens.

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
