Ah, ils sont rigolos, les noms propres vinéens...
Je ne parle pas des toponymes: il n'y a guerre que les noms de planètes ou d'objets célestes habités (Ixo, Kifa et j'en passe) qui soient originaux, car les villes vinéennes se contentent à ma connaissance de noms comme "cité de l'abîme", "sixième cité" etc...
Ce qui m'intrigue, ce sont les noms de personnes. D'une part, il n'y en a qu'un par personne, il n'y a pas la distinction nom - prénom (néanmoins, nous l'avons évoqué, les vinéens connaissent le sens de la relation familiale). Mais surtout, ils ont quelques traits communs faciles à identifier:
- Le "y" y est une lettre fréquente (Khany, Lyco, Myna, Vynka, Balky, Synda, Tryak, Litsy...);
- ils se finissent assez fréquemment en "y" ou en "a" sans qu'on puisse d'ailleurs attribuer l'une des deux terminaisons aux noms masculins et féminins.
- Les plus longs sont en trois syllabes (Hégora) mais l'immense majorité en deux.
- Le "kh" (Khany, Akhar) devrait-il se prononcer, dans l'esprit de Leloup, d'une façon diférente du simple "k", par exemple comme le "r" de gorge des alphabets arabes ou cyriliques, que nous transcrivons "kh" en alphabet latin (comme dans Khaled, kolkhoze, lunakhod)? Ou n'est-ce qu'une coïncidence, ou une coquèterie de la part de l'auteur?
À votre avis, d'où vient l'inspiration de Leloup pour ces noms? Quelqu'un y voit-il une influence quelconque?

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
C'est marrant que tu poses la question ! Je me la suis toujours posée, sans jamais trouver de réponse ! Ce qui est bizarre, c'est que je trouve que ça "sonne" mieux écrit que dit (ceci n'engage que moi et ma bizarrerie, bien sûr). Pour Gobol, par exemple, j'ai toujours trouvé une ressemblance avec Gogol, l'écrivain (au début, d'ailleurs, j'avais lu Gogol) mais pour le reste, j'avoue ne pas savoir.
Ce qui m'amène à une autre remarque : les noms sans y m'ont toujours paru "étranges" comme si les personnages qui portent ces noms sont très secondaires, comme si le y donnait aux Vinéens une dimension autre (une importance). Mais bien sûr, en réfléchissant plus avant, je me rends compte que non, ce n'est pas vrai : Sadar, n'a pas de y, et il est important, de même que Wangha, par exemple...
Est-ce un jeu d'écriture, qui permet de reconnaître à coup sûr l'appartenance "Vinéenne" d'un personnage ?
On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.
Bon, suite aux reproches de Fred, je vais essayer de ne pas trop dévier.
Globalement je suis d'accord avec Hallberg.
Premièrement Il est clair que les noms vinéens sont reconnaissables comme les noms Japonnais, Italiens où Français le sont, automatiquement, sans qu'on ait besoin de les analyser en profondeur. Il y a un style Vinéen évident et à peu près uni (on pourrait imaginer que les habitants d'Ixo, par exemple aient un autre registre de noms, ce ne semble pas le cas.
Deuxièmement, on peut se poser la question de leur prononciation. le Kh de Khany se prononce-t-il comme le Kh de Khaled ? si c'était le cas, j'aurais toujours mal prononcé les noms Vinéens ! mais à priori, il faut les prononcer à la francaise, car c'est l'auteur qui à choisi cette transcription, et que dans le cas contraire il aurait plutot mettre "Rhâny". La prononciation des noms arabes, ne se faisant pas avec une phonétique francaise, vient de la correspondance décidée entre les lettres arabes et française, et aussi de la tradition, ce qui justifie le non phonétisme, mais comme les Vinéens ont un tout autre sytstème Phonétique d'écriture...
Troisièmement, la création de noms n'est pas aisée. Pour créer des noms qui "font bien" les K et les a sont très pratiques. (Au fait, on peut nôter qu' "Akina", pourtant un nom Japonais, sonne aussi très bien Vinéen.) Les Wi sont pratiques aussi, ainsi que les y en fin de mot. Il y a d'autres façons de créer des noms. Ainsi j'aimes bien la terminaison en Ion (Danglion, Kaldorion, Arcanion).
Les points communs entre les noms nous permettent de subodorer l'existence de toute une culture Vinéenne, un langage et une culture, en tout cas ceux qui comme moi lisent les textes bibliques, et voient l'importance des noms (Sarai qui devient Sarah, Abram devient Abraham, etc). Tolkien aussi, un créateur de magnifiques noms, utilisait des règles précises.
Pour me recentrer sur le sujet, je pense avoir donné ici de multiples raisons qui expliquent, justifient et confortent le choix de Leloup.
Sinon, le coup des "noms uniques" évidemment comme je suis moyennageux, il me paraît normal, mais surtous, j'ai l'impression que c'est une tendance naturelle quand on crée des personnages, étant donné que j'ai exactement la même. Plus simplement, c'est beaucoup plus pratique dans une BD, et les noms de famille des personnages terriens eux mêmes sont connus, mais pas utilisés.
-Edité le: Lundi 29 mars 2004 à 10:34 par Kaldorion-
La vérité naît de la contradiction. Donner ses arguments, c'est reconnaître que l'on peut avoir tort.
l'art est un aliment pour la piété du pauvre peuple. Détruisez l'art, déformez le goût d'un peuple, et vous lui oterez sa piété.
Je dirais également que le "y" en milieu de nom donne souvent un bel effet (Synda), tant graphique que phonétique. Ce que je trouve admirable, c'est que derrière de simples noms, il y ait également une sorte d'identité vinéenne, ce qui dépasse le fait de simplement nommer les gens. En les nommant, on leur donne une personnalité, une origine, une culture, qui leur est propre.
On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.
Ce que je disais du "kh" est exactement ce que tu dis. Dans mon exemple je pensais au cas du cyrillique que je connais mieux que l'arabe, mais le problème est similaire. Le graphisme "X" russe se transcrit habituellement "KH". Cependant d'après les règles de transcription internationales adoptées récemment il faudra écrire désormais "H" mais continuer naturellement à prononcer un R guttural comme le J espagnol.
Donc: Leloup, à l'instar d'un Tolkien, s'est-il imposé une charte, a-t-il comme l'auteur anglais fixé la correspondance entre un alphabet vinéen (qu'on apperçoit de temps en temps) et l'alphabet latin? Ou s'est-il contenté de tracer des zigouigouis exotiques comme je l'ai appris, à ma grande fureur, de Lucas au sujet de Star-Wars?

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Ce serait tout un pan de l'imaginaire vinéen qui s'écroulerait ! NOn, pas CAAAAA !
On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.
Dans la plupart des BD, les noms des personnages ne sont pas connus : sauf erreur de ma part, Tintin ne s'appelle pas Reporter! Quand à Boule, je ne me souviens plus si ses parents ont un nom!? D'autres, au contraire, ne sont connus que par leur prénom et dans "Tintin et les Picaros", je fus étonné d'apprendre que Haddock s'appele(rait) Archibald.
Mais pour en revenir aux prénoms vinéens, vous remarquerez que Monya fait très vinéen!
Je ne croyais pas qu'un tel sujet ferait couler autant d'encre!
@++
Fred Belmont
Nous venons de votre futur!
Oui, en fait, créer des noms avec des y et des k, se terminant par a, c'est commode. Il s'ensuit que des noms comme Monya et Akina sonnent aussi vinéens !
La vérité naît de la contradiction. Donner ses arguments, c'est reconnaître que l'on peut avoir tort.
l'art est un aliment pour la piété du pauvre peuple. Détruisez l'art, déformez le goût d'un peuple, et vous lui oterez sa piété.
S'agit-il alors d'une sensibilité particulière de Leloup ? D'une préférence graphique et phonétique ?
On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.
En fait, c'est assez naturel quand on crée des noms. J'ai déja eu à le faire, et j'ai eu du mal à échapper aux noms en a, comme Taliga, Shanga, Arca, il m'as fallu inventer d'autres terminaisons, comme celle en "ion", ou en io (Gredario). Je pense que Leloup a préféré rester à ses premières idées, ce qui donne un genre très uni et raconnaissable aux noms vinéens, mais qu'il aurait dû éviter pour Monya !
La vérité naît de la contradiction. Donner ses arguments, c'est reconnaître que l'on peut avoir tort.
l'art est un aliment pour la piété du pauvre peuple. Détruisez l'art, déformez le goût d'un peuple, et vous lui oterez sa piété.
Je veux bien te croire, je n'ai jamais eu à inventer des noms.
Le problème, c'est que s'il y a une unité dans les noms vinéens, et que c'est repris pour les noms terriens, ça devient une sorte de fourre-tout, à moins de considérer l'unité à un niveau plus large, celui de "l'univers Leloup".
Mais du coup, des noms comme "Wangha" ou "Sadar" ou "Karpan" "sonnent" bizarrement, puisque on nous a plutôt habitués à des k, y.
On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.
Oui, c'est parceque l'auteur essaye quand même de varier... et ces noms sonnent quand même vinéens... Comme Lussac ou Bois-Joli sonnent français, sans pour autant se ressambler !
POur les noms terrestres, d'accord pour dire que c'est embêtant. On se rends compte que Leloup ne choisit pas toujours parfaitement ses noms, avec le père de Yoko qui devait s'appeler d'abord "Susuki". Impensable !
La vérité naît de la contradiction. Donner ses arguments, c'est reconnaître que l'on peut avoir tort.
l'art est un aliment pour la piété du pauvre peuple. Détruisez l'art, déformez le goût d'un peuple, et vous lui oterez sa piété.
La première fois que j'ai vu ça, il y a longtemps...
, j'ai même cru que c'était une blague ! ce n'était en effet pas très heureux. Mais Pol Pitron, ça fait "pitre" quand même ! 
On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.
Oui, je suis persuadé que si Leloup choisissait leurs noms aujourdhui, ils seraient tout autres. Vic Video aussi, c'est "spécial"
La vérité naît de la contradiction. Donner ses arguments, c'est reconnaître que l'on peut avoir tort.
l'art est un aliment pour la piété du pauvre peuple. Détruisez l'art, déformez le goût d'un peuple, et vous lui oterez sa piété.
J'ai un peu eu l'impression que Leloup à ses débuts hésitait entre bd d'aventure classique et bd comique 
On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.