t.3 L'inquiétude nu...
 
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t.3 L'inquiétude nucléaire.

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Lucterios
(@lucterios)
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Peut-être ne réalise-t-on plus aujourd'hui que la "Forge de Vulcain" a été dessinée dans un contexte où le conflit atomique généralisé aurait pu être à l'ordre du jour. Les références y sont continuelles. Il existe un peuple qui vit sous terre, qui fait penser aux légendes concernant l'Agartha, lequel souhaite revenir à la surface en (re)créant un continent, tandis que de mauvais éléments de ce peuple veulent faire descendre des pays entiers sous la surface de la terre au moyen d'explosions thermiques. Les humains riposteront évidemment par des explosions nucléaires. Je pense que la référence est évidente : les Vinéens sont des "Atlantes", mais leur technologie ne les met pas à l'abri d'un affrontement avec des humains, qui sont sans doute leurs frères au vu de la ressemblance physique. Yoko désarme ce conflit en sacrifiant Karpan, préservant la paix dans le monde, geste qu'elle renouvellera d'une manière plus explicite dans la "Fille du Vent", en employant à son tour, l'arme nucléaire pour libérer le Japon d'un fléau plus grand... Geste expiatoire, sur lequel Seiki Tsuno, je pense, n'a pas fini de méditer...


Fortuna audaces juvat !


   
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Yurieong
(@yurieong)
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Je ne l'avais pas vu comme ça ce tome 3! Faut dire que je l'ai lu quand j'était assez petit.



   
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Lucterios
(@lucterios)
Illustrious Member
Inscription: Il y a 23 ans
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Moi non plus, je ne l'avais pas vu comme cela, c'est à la lumière de la nouvelle édition que je me suis fait ce genre de réflexion. Les Vinéens, finalement montrent tout ce vers quoi nous risquons d'évoluer : une civilisation hypertechnicienne qui court à la catastrophe à force de s'en remettre à des machines (thème prémonitoire qui a été repris par exemple par les différents "Terminator", c'est aussi celui du cyberpunk, je crois, mais je ne suis pas vraiment un spécialiste de ce genre-là). A la lecture des suppléments de la nouvelle édition "intégrale", j'ai compris que l'auteur avait été influencé par les interrogations de ce siècle, je veux dire le précédent (je retarde décidément d'un ou de deux finalement !) : folie meurtrière de la seconde guerre mondiale qui a abouti à l'horreur absolu de l'arme nucléaire, thème central finalement dans Yoko, interrogations sur les armes expérimentées par les nazis pendant la guerre. Je ne sais pas quel est le lien entre l'affaire de Roswell et les Vinéens... Il n'y en a peut-être pas d'autre, sinon, la vague de la S.F. qui a déferlé après guerre. On oublie cela finalement, aujourd'hui, à l'heure où la conquête de Mars n'est qu'hypothétique et où l'on communique facilement avec l'autre bout de la planète grâce à Internet...

-Edité le: Jeudi 29 juin 2006 à 23:47 par Lucterios-


Fortuna audaces juvat !


   
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Lucterios
(@lucterios)
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Ce qui est intéressant aussi, à propos de la Forge, c'est que l'idée vient de l'époque où Roger Leloup travaillait avec Hergé dans Vol 714 pour Sydney. Les Vinéens sont donc les héritiers des mystérieux aliens qui apparaissent dans cette aventure de Tintin. Cela me permet de faire un lien avec la revue "Planète" qui étudiait les grandes énigmes de l'univers et eut son heure de gloire dans les années soixante !


Fortuna audaces juvat !


   
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Hallberg
(@hallberg)
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Moi je retarde encore plus que toi. Les années 1960 sont un peu floues dans mon esprit, à part la construction du mur (smiley), mais le jeu de références qui ont guidé ma lecture se situent d'avantage dans des choses plus anciennes. D'une part, la description lyrique d'un univers de flammes, de ces flots de matière incandescente - description lyrique ici par le jeu des couleurs, somptueuses - m'évoque les enfers d'avantage que la forge de Vulcain proprement-dite, dans un mélange de fascination et de répulsion. Berlioz déployait les plus belles couleurs de l'orchestre français dans les Enfers, pour en illustrer la chaotique langue infernale (la Damnation de Faust). Et dans ses profondeurs, un mystère d'horreur s'accomplit, univers caché à part à Yoko qui entre dans le petit club des héros qui y ont jeté un oeil. Or ici, c'est la surface qui est mise en danger, dans le secret des profondeurs, par Mephistophélès-Karpan (qui en a la barbiche et le poil noir), ce qui me semble entrer en résonnance avec l'image diabolique, faustienne, de l'homme voulant manipuler des puissances qui lui échappent, le pouvoir du Diable mis au service de la vanité humaine comme l'arme atomique? Le principe de dissuasion comme sinistre pacte?
Le XIXe mélange volontiers l'imagerie des enfers judéo-chrétiens avec le Tartare. Or ces univers souterrains des vinéens ont leur géographie, le Tartare est à un endroit, Karpan y tombe, mais le reste va du pas très agréable, Styx malodorant remplacé par des champignons pestilenciels; le sommeil bienheureux de ceux qui ne se rendent compte de rien (voir le tome 1), est une sorte de Léthé. Ceux qui dorment en attendant de retourner sur Vinéa, qui n'auront pas enduré les tourments du travail souterrain, sont-ils ceux des Champs-Elysées auxquels toute peine est épargnée? Et ceux qui travaillent sont-ils des damnés, d'une certaine façon? Le monde vinéen est constrasté, mais Virgile pourrait en faire le plan...

Ensuite, ce complexe fascination-répulsion, ce Tartare de flammes qui est à la fois terrible et magnifique, c'est un peu la galerie des machines de l'expo universelle, les machines géantes, merveilles terrifiantes. L'incursion dans la salle des vannes, c'est un peu les deux enfants du tour de France, dans le célèbre livre, découvrant les forges du Creusot. On a envie de décrire la chose d'un ton grandiloquent. Mais ceci est moralisé, ici. Car cet univers industriel fascinant, ce n'est pas ici l'optimisme de l'expo, c'est bien plus Stahlstadt, la cité "infernale" du canonnier Schultze, chez Jules Verne.


Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler


   
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Lucterios
(@lucterios)
Illustrious Member
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Ainsi, Yoko s'aventurerait-elle dans les Enfers tout comme Orphée, mais en quête de quelle Eurydice ? Est-ce cette Vinéenne en léthargie que Pol souhaite réveiller à la planche 43 du Trio ? Dans ce cas, ce serait lui Orphée, d'ailleurs il avoue jouer du luth à la planche 21 ? L'interdiction que lui signifie Yoko de réveiller la jeune femme avant qu'on ne la ramène sur la terre prendrait alors un autre sens. La référence à Orphée sera encore plus explicite, je crois dans le septième album.

-Edité le: Vendredi 30 juin 2006 à 15:28 par Lucterios-


Fortuna audaces juvat !


   
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