Le moissonneur des ...
 
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Le moissonneur des étoiles

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Cherrydean
(@cherrydean)
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Intéressant. En tout cas, les répliques sont dans la bouche des bons personnages.


Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...


   
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donnalee
(@donnalee)
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Début du sujet  

4ème épisode : des ailes de géant

Mieke resta sur la plage avec Poky et Rosée. Parvenu au sommet de la colline, Yoko, Vic et Pol découvrirent une vallée enchanteresse dont la beauté devait autant à la nature qu'à l'harmonieux village qui s'y nichait. Prêt du village un troupeau paissait paisiblement, composé d'étranges gazelles au pelage bleuté. Pol s'enthousiasma :
- Je sens que nous aurons droit à un bon gigot ce soir.
- Il faudra réfréner vos envies carnassières Pol, tempéra Khâny. Il n'y a aucun prédateur terrestre sur cette planète. Par respect pour la coutume locale, nous serons végétariens durant le séjour.
Soudain, ils sentirent une ombre planer au dessus d'eux. De saisissement, Pol bascula en arrière. Khâny les rassura :
- Ne craignez rien. Nous avons de la visite. Voici des éléens. C'est dommage d'avoir laisser dans la navette les transmetteurs de pensées spéciaux que j'avais apportés pour enfin pouvoir communiquer avec eux, mais je ne m'attendais pas à les rencontrer si tôt. Lors de notre première visite nous n'avons pu qu'enregistrer leurs ondes cérébrales faute de pouvoir les déchiffrer. Sur Vinéa nous avons pu mettre au point de nouveaux transmetteurs plus adéquats.
Tandis que Khâny fournissait ces explications, Yoko et ses amis assistèrent à l'atterrissage de quatre étranges créatures. Ils avaient la peau blanche et lisse, un corps pisciforme, deux gigantesques ailes comme celles des raies mantas, un museau pointu et une queue puissante et large comme celle d'un mammifère marin. Pol, en les baptisant spontanément, en donna une image très explicite :
- Des delphinoptères !
L'envergure de ces étranges créature était impressionnante. Plus de quinze mètres. Sur le sol, ils prenaient appui sur leurs ailes repliées. C'est alors que nos amis terriens purent voir qu'un petit être velu se tenait à califourchon sur le dos de chaque dauphin des airs. Khâny approuva le néologisme de Pol :
- Vous ne croyez pas si bien dire Pol. Les delphinoptères nagent également très bien. Ils se nourrissent d'ailleurs de poissons. Leur collaboration avec les éléens est étrange. Ce n'est pas une symbiose car ils n'en tirent pas avantage. Ce n'est pas non plus une servitude car ils ne subissent aucun dressage. Ils agissent par simple amitié, comme s'ils tenaient à protéger ces petits compagnons fragiles qui les fascinent. Un peu comme les dauphins sur terre avec l'espèce humaine*. Ils emmènent régulièrement les éléens d'île en île.
- J'espère que les éléens se conduisent mieux avec leurs dauphins que les humains sur terre, affirma Vic.
- Rassurez vous, Vic, je ne connais pas de créatures plus douces que les éléens. Vous allez très vite le constater d'ailleurs. Les voici qui viennent nous saluer. Ils sont très chaleureux. Attendez vous à une surprise.

A suivre...
Mais qui sont donc ces être velus d'ailleurs ?smiley

(*) Khâny connait bien les dauphins pour en avoir côtoyés près de la Martinique. Certains venaient leur rendre visite aux abords de leur base sous-marine.

* * *

5ème épisode : rencontre d'un autre type

Les quatre éléens étaient assez petits, couverts d'une belle fourrure noire et argentée, avec de grands yeux dorés qu'agrandissaient deux cernes de pelage sombre. Ils ressemblaient à des lémuriens mais sans queue, se tenant bien droits, sans museau proéminent, avec de mignonnes petites oreilles rondes comme celles des ours en peluche. Mais Yoko n'eut pas le temps de les détailler. A peine arrivé près d'elle, un éléen lui sauta au cou en lui murmurant des mots étranges dans le creux de l'oreille. Yoko ne put réprimer un petit cri de surprise. Pol, Vic et Khâny eurent droit au même traitement de bienvenue. Khâny, tout en étreignant chaleureusement son éléen, expliqua :
- Ils n'ont pas de cordes vocales. Ils communiquent beaucoup par signes et par chuchotis directement dans le creux de l'oreille. Voilà pourquoi ils s'étreignent facilement. Ils font simplement la conversation.
Yoko était partagée entre le désir de caresser sa peluche au poil très doux, et le souhait de conserver un minimum de dignité protocolaire face à des êtres doués de raison. Elle se laissa finalement gagner par la douceur câline des éléens et berça avec une tendresse toute maternelle le petit être blotti contre elle. Vic et Pol, tout en chuchotant des «Eh bien, eh bien, on se calme», se laissaient volontiers étreindre en souriant. Les éléens relâchèrent leurs étreintes et se laissèrent glisser au sol. Par gestes, ils les invitèrent à rejoindre le village en contre-bas. De la même manière Khâny s'efforça d'exprimer qu'ils les rejoindraient un peu plus tard. Elle tenait à récupérer les nouveaux transmetteurs restés à bord de la navette. Les quatre éléens, après un dernier salut joyeux, empruntèrent le sentier qui serpentait vers le village.
Yoko, fascinée, se rapprocha des delphinoptères restés à l'écart. Elle se sentait toute petite et avait conscience qu'un seul battement d'aile pouvait la broyer. Mais le regard bienveillant de l'animal la rassura. Elle se surprit à lancer :
- C'est trop tentant ! Il faut que j'essaye.
Et Yoko se hissa sur le delphinoptère, prenant appui sur l'aile comme pour monter à bord d'un petit avion. Elle s'installa à califourchon sur le dos du géant, ses genoux reposant sur les ailes. A peine eut-elle agrippé le bord d'attaque de chaque aile que le dauphin ailé se mit en mouvement. Il s'appuya sur sa queue repliée sous lui et d'une formidable détente, s'élança. Le choc fut rude mais sa position permit à Yoko de bien se cramponner. Yoko se demanda comment diriger l'animal, mais très vite elle constata qu'il paraissait anticiper ses désirs. Le delphinoptère semblait parfaitement ressentir les légers mouvements de Yoko sur son dos. Il suffisait qu'elle se penche très légèrement d'un coté pour que sa monture vire comme elle le souhaitait. Yoko put ainsi revenir vers la colline. Elle cria à ses compagnons :
- Venez ! C'est fantastique !
Khâny, très heureuse de pouvoir partager l'enthousiasme de Yoko, prit place à bord de son petit avion vivant, qui s'élança à son tour. Pol préféra retourner à la plage pour retrouver Mieke et les enfants. Vic choisit de tenter l'aventure aérienne, plus pour veiller sur Yoko et Khâny, que pour partager les joies du vol animal.

A suivre...

P.S.
N'hésiter pas à laisser un commentaire, une critique ou un encouragement. C'est la première histoire que j'écris.

Edité vendredi 27 mars 2009 : 16:35 par donnalee


Donnalee
Notre seule certitude, c'est qu'il n'y a pas de certitude.


   
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Mei-li
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oUaaaw !
Franchement, j'aurais pas dit que c'était ta première histoire. T'écris super bien, c'est poétique, censé et tellement proche des personnages que j'avais l'impression de lire une véritable aventure de Yoko en te lisant. Le déroulement est tout à fait bien dans le temps, c'est on ne peut plus plaisant. Tellement que j'ai honte de mon histoire qui me parait fade à côté ! Et surtout très loin des aventures de Yoko, contrairement à la tienne.
Bref, j'aime smiley
Vivement la suite !

ps : j'aime tellement ton titre que je pense bien te le voler... il m'inspire un joli petit conte smiley


La petite fille aux yeux étoiles... (*) Toutes les roses ont des épines.


   
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Le Grand migrateur
(@le-grand-migrateur)
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Un seul mot: Superbe.


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Mei-li
(@mei-li)
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Et bien quel succès ! Ça mérite bien une suite =)


La petite fille aux yeux étoiles... (*) Toutes les roses ont des épines.


   
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donnalee
(@donnalee)
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Début du sujet  

C'est bien ma première histoire mais j'ai un peu l'habitude d'écrire. J'écris des lettres, parfois très longues, à des ami(e)s surtout. J'essaye depuis toujours de faire un peu attention au style, au rythme des phrases, à leur équilibre et j'essaye de bien choisir les mots pour exprimer avec précision ce que j'ai en tête. Il y a longtemps que je voudrais écrire une longue histoire mais je ne trouvais pas de sujet. J'aime imaginer des histoires mais je me heurte à mon cartésianisme scientifique qui rejette toute incohérence. Mais inspiré par Yoko et ses aventures j'ai enfin imaginé une histoire qui se tient, à la fois scientifique, fantastique et cohérente. Je n'ai pas peur d'affirmer que la fin va vous décoiffer. Je vis un rève car l'histoire qui m'est apparue m'envahit complétement. Je jubile intérieurement depuis quelques jours, depuis que j'ai découvert la fin.
Merci beaucoup pour les encouragements.

Edité dimanche 22 mars 2009 : 12:34 par donnalee


Donnalee
Notre seule certitude, c'est qu'il n'y a pas de certitude.


   
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Cherrydean
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Une première histoire? Bien je t'encourage à continuer alors. Tu écris bien.


Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...


   
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cehel2
(@cehel2)
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Mei-li a écrit j''ai honte de mon histoire qui me parait fade à côté !

Il ne faut pas avoir honte Mei-li, ton histoire à toi est toute autre ! Et je l'aime bien elle aussi ! smiley

Edité lundi 23 mars 2009 : 17:42 par cehel2


"Les enfants sont comme les marins : où que se portent leurs yeux, partout c'est l'immense."
(Christian Bobin)


   
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donnalee
(@donnalee)
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6ème épisode : chevauchée aérienne

Yoko survole l'archipel composés de sept îles volcaniques. Khâny vole à ses cotés. Vic suit un peu en retrait. C'est pour Yoko une expérience inoubliable. Elle, qui a eu la chance d'essayer de nombreux prototypes d'avion, ressent une émotion jamais éprouvée. Une douce complicité la lie à sa monture. Elle peut lire la bienveillance dans l'œil de l'animal qui la porte. Celui-ci semble sourire et éprouver beaucoup de plaisir à voler avec elle. Khâny parait partager les mêmes sentiments et son sourire radieux vaut tous les discours. Nos trois amis admirent, émerveillés, le paysage qui s'offre à eux. Sous un ciel vert intense°, l'océan turquoise, teinté progressivement de mauve puis de rouge vers le centre du reflet de l'immense soleil incandescent, s'étend à l'infini. Les îles, d'une dizaine de kilomètres de diamètre, ajoutent une teinte vert sombre cernée de blanc à ce paysage fantasmagorique. De nombreux villages se fondent dans le paysage des îles, sans jamais en altérer la beauté naturelle. Nos amis croisent parfois d'autres delphinoptères, tantôt amerrissant, tantôt jaillissant de l'onde en un envol majestueux, tantôt transportant un éléen sur le dos. Une heure passe ainsi, à se remplir les yeux, sans pouvoir se rassasier du spectacle. Khâny propose de rentrer à la navette pour ensuite se rendre au village à proximité.
Alors qu'ils se dirigent vers la petite colline de départ, une lumière fulgurante jaillit de la forêt pour se lancer à l'assaut du ciel. Elle passe juste devant le delphinoptère de Khâny qui se cabre de surprise. Khâny, sous le choc, perd l'équilibre et bascule dans le vide, arrachant un cri désespéré à Yoko : « Khâny !!! ». Khâny, après une chute vertigineuse, disparaît dans les frondaisons de la forêt en contrebas. Sans perdre un instant, Yoko se repère par rapport au sommet du volcan et dirige ensuite sa monture vers la navette sur la plage. Vic la suit de près. Derrière eux, le compagnon ailé de Khâny pousse des cris déchirants en tournoyant au dessus du point de chute.
Yoko et Vic atterrissent sur la plage. Yoko est en larmes.
- Pourquoi ai-je entrainé Khâny dans cette folle équipée ? Mon égoïste plaisir de voler a fait une victime !
Vic lui pose la main sur l'épaule.
- C'est un simple accident. Khâny était heureuse de partager ce plaisir avec toi, comme toi tu était heureuse de découvrir Eléa avec elle. Elle n'est sans doute que blessée. L'épais feuillage a dû amortir sa chute. Il faut aller la secourir.
- J'espère de tout coeur que tu as raison. Prenons le matériel de secours dans la navette et allons y.
Pol les ayant rejoint, après quelques explications, le trio se dirige vers la colline. Un peu plus loin commence la forêt. La progression, bien que difficile, y est toutefois possible, et avec l'aide de Pol qui ouvre la marche en coupant les branches les plus gênantes, Yoko et Vic peuvent avancer. Yoko guide le groupe en se référant au soleil visible à travers la canopée. Au bout d'un moment, ils perçoivent les cris du delphinoptère qui continue de marquer l'emplacement de la chute.
- Plus vite Pol ! ne peut s'empêcher de houspiller Yoko.
- Tu crois que je m'amuse avec ces fichues branches, réplique Pol en se prenant la superbe gifle d'une large palme flexible en plein visage. @&#§£$* !!!
Juste derrière ce passage difficile gît le corps inanimé de Khâny.

A suivre...

(°) Sur Terre l'atmosphère diffracte les rayons du soleil. La lumière qui subit le plus la diffraction est la lumière la plus énergétique. Les rayons les plus diffractés sont, par ordre décroissant, violets, bleus, verts, jaunes, oranges et rouges, pour la partie visible. Mais le soleil emet majoritairement de la lumière jaune. Le vert, le bleu, le violet, sont respectivement de plus en plus rares. C'est pourquoi les rayons qui nous viennent de toutes les directions du ciel sont majoritairement bleus. Sur Eléa c'est pareil sauf que le soleil d'Eléa émet majoritairement des rayons rouges. Le résultat moyen entre quantité de lumière dans chaque couleur et diffractabilité de chaque couleur donne, sur Eléa, un ciel vert. L'océan qui reflète en partie le ciel y est turquoise, même sans fond sableux. Et c'est très joli !

(*) juron abominable.

Edité vendredi 27 mars 2009 : 16:44 par donnalee


Donnalee
Notre seule certitude, c'est qu'il n'y a pas de certitude.


   
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Mei-li
(@mei-li)
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Merci Cehel smiley

Dit Donnalee, t'as pas tué Khâny hein ?!
Et les petites elles font quoi pendant que le trio part chercher Khâny ?


La petite fille aux yeux étoiles... (*) Toutes les roses ont des épines.


   
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donnalee
(@donnalee)
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Tu sais Mei-Li, je ne fais que raconter l'histoire telle qu'elle s'est vraiment passée. La mort peut frapper à tout moment. Sois courageuse.
Mais je sais qu'au fond de ton coeur, tu sais que Khâny ne peut pas mourir, surtout avec Yoko auprès d'elle.
Les enfants sont restés sur la plage avec Mieke. Il n'était pas possible de les emmener dans la forêt car on ne sait pas dans quel état ils vont retrouver Khâny.
Si je ne faiblis pas dans le rythme, tu sauras tout demain. Patience !

Voici donc la suite tant attendue.

7ème épisode : don de vie

Khâny avait une entaille profonde à la cuisse qui avait sectionné l'artère fémorale. Elle avait perdu beaucoup de sang. Yoko posa son poing sur l'aine de son amie et appuya pour faire un point de compression. Le sang s'arrêta de couler. Vic prit le pouls de la jeune vinéenne.
- Le pouls est très faible et très irrégulier. J'ai peur que le cœur ne puisse pas tenir.
- Il faut qu'il tienne. Tenez bon Khâny ! Vic, c'est affreux, que pouvons nous faire ?
- Il lui faudrait du sang, c'est le seul moyen efficace dans ce cas, je crois. Malheureusement nous n'avons pas de sang vinéen.
- Je lui donnerai le mien.
- N'y pense pas. Tu l'achèverais !
- Elle mourra de toute façon si nous ne faisons rien. Même si c'est une folie, je préfère tenter quelque chose. Pol, sorts le dispositif de transfusion d'homme à homme qui se trouve avec le matériel médical, et remplace moi pour le point de compression.
- Non Yoko. Je ne veux pas que tu prennes un risque inutile. Une transfusion en pleine forêt comporte des risques d'infection.
A cette injonction de Vic, Yoko montra un visage farouche, déterminé.
- Vic, il faut que tu opères cette transfusion. Fais le pour Khâny !
- Pas question mousmé. Tu sais bien que c'est inutile.
Mais au lieu de se montrer encore plus têtue, Yoko se radoucit soudain. Elle dénuda son bras, s'allongea auprès de Khâny et ferma les yeux. Elle parla d'une voix très douce.
- Je sais que tout ce passera bien. Khâny acceptera le don de mon sang. Elle guérira.
Subjugué par cette force sereine, bien plus impressionnante que la colère, Vic installa le dispositif de transfusion puis actionna la petite pompe manuelle. Pol, tout en bloquant l'hémorragie, contrôlait le pouls de l'inconsciente. Concentrés sur leur tâche, aucun d'eux ne vit un étrange insecte qui venait de piquer Khâny dans le cou. Pol s'écria :
- Le pouls est vraiment très irrégulier... Je ne le sens plus !!!
Vic tressaillit. Yoko restait souriante, les yeux clos, sereine.
- Non ! Attendez ! Le pouls repart ! C'est très faible. Il s'arrête de nouv... Non, il repart encore. Je le perçois bien maintenant. Tu peux continuer Vic, ça lui réussi... Le pouls devient régulier. C'est incroyable ! Ça marche ! Mais comment Yoko pouvait-elle le savoir ?
Vic put arrêter la transfusion. Il fit ensuite un pansement à Khâny. Celle-ci semblait hors de danger. Elle n'avait apparemment pas d'autres blessures. Du bruit dans les fourrés les fit sursauter. C'était des éléens qui venaient aux nouvelles. Il confectionnèrent rapidement un brancard à l'aide de branchages. Pol et Vic y déposèrent Khâny encore inconsciente. Quatre éléens s'en saisirent et prirent la route du village. Malgré leur petite taille, ils semblaient soulever la civière avec facilité. Pol et Vic soutenaient Yoko encore affaiblie par le précieux don qu'elle venait de faire à son amie.

A suivre...

La suite dans la foulée.

8ème épisode : le village

Khâny fut installée dans une des habitations. Elle reprit connaissance et trouva Yoko à ses côtés. Yoko lui raconta les derniers évènements. Khâny n'en revint pas que la transfusion pût fonctionner. C'était théoriquement impossible. Mais elle était heureuse du don de Yoko qui ajoutait une fraternité de sang à leur amitié. Elle remercia chaleureusement son amie pour son geste insensé. Elle devait à Yoko une reconnaissance éternelle. Yoko lui avoua :
- Quand je doutait, quand j'avais conscience de tenter l'impossible, simplement pour faire quelque chose et oublier mon chagrin, une image s'est soudain imposée à mon esprit. Je vous ai vue ici, dans cette pièce que je ne connaissais pas, me remerciant de mon geste, exactement comme vous venez de le faire. J'ai su alors que tout ce passerait bien.
- Voici un mystère de plus sur cette planète qui décidément n'en manque pas.
- Je ne serais pas surprise si tous ces mystères s'avéraient liés. Je suis bien décidée à en avoir le cœur net. Demain j'irai dans la forêt pour retrouver l'endroit d'où l'éclair lumineux est parti. Peu-être la clé du mystère se cache-t-elle là bas.
Pol, reparti à la plage, revint avec Mieke et les enfants. Il avait pris soin d'emporter également les fameux transmetteurs qui leur permettraient de communiquer avec les éléens. Poky et Rosée se firent rapidement de nouveaux amis parmi les jeunes du village. Quel bonheur de pouvoir jouer à cache-cache avec ces petites peluches malicieuses et pleines de tendresse. Yoko laissa Khâny se reposer et sortit découvrir les lieux.
Ce qui venait d'abord à l'esprit était l'harmonie. On aurait dit que le village avait poussé naturellement tant il faisait partie intégrante de la nature. A y regarder de près, les constructions semblaient très simples mais un soin particulier avait été consacré à leur décoration. La dimension esthétique paraissait particulièrement développée, à l'opposé de la simplicité fonctionnelle. De nombreuses fresques et sculptures se mêlaient aux éléments naturels intégrés avec soin. Les éléens étaient avant tout des artistes. Aucune agressivité n'était perceptible parmi les villageois. Leur mode de communication nécessitant une proximité physique pleine de douceur, leur tendresse était naturelle. Yoko ne pu s'empêcher d'imaginer, avec un sourire, l'humanité obligée de recourir aux câlins pour pouvoir communiquer. Impossible de haranguer la foule, d'aboyer des ordres, d'être le chef, de crier, de hurler, de vociférer. Quelle paix ! Les rapport humains réduits aux interactions deux à deux, comme le sont essentiellement l'amour et l'amitié. Un éléen lui sauta au cou, l'arrachant à sa rêverie. Les chuchotis au creux de l'oreille étaient harmonieux mais hélas incompréhensibles. Son interlocuteur se laissa glisser sur le sol et lui prit la main pour l'entrainer vers une construction plus importante au centre du village. Vic, Pol, Mieke, Poky et Rosée étaient déjà bien installés au milieu de nombreux éléens. Pol était aux anges. C'était l'heure du repas.
Celui-ci fut esthétique et délicieux. Dans ce domaine aussi, les éléens étaient des artistes. Ils savaient disposer les différents ingrédients pour le plaisir des yeux et combiner les différentes saveurs de manière subtile et harmonieuse, pour le plaisir du palais. Yoko fut heureuse de se servir de simples baguettes de bois et retrouver ainsi une partie de sa culture japonaise.
Après le repas, avec de grands gestes, Pol invita les éléens à coiffer les transmetteurs adaptés à leur morphologie. Il installa le sien et voulu lancer la conversation télépathique. Les éléens furent rapidement effrayés et ôtèrent prestement leur casque pour le jeter au loin. Pol essaya de leur expliquer par gestes tous les bienfaits de la technique. En vain.
- Laisse moi essayer, proposa Yoko.
Elle configura deux transmetteurs en circuit fermé, coiffa l'un d'eux et prit dans ses bras un éléen qui, tout naturellement, s'accrocha à son cou. Yoko coiffa son petit compagnon du deuxième casque et murmura sa pensée le plus doucement possible. L'éléen répondit. La conversation s'engagea.

A suivre...

Que pensez-vous du peuple éléen ?

Je vous laisse sans voix ? Qu'imaginez-vous si les êtres humains ne pouvaient communiquer que deux à deux. Comment serait l'humanité ? C'est ce que l'on appelle une expérience de pensée. Une situation que l'on ne peut qu'imaginer mais qui peut nous éclairer sur notre réalité. Ce mode de communication des éléens ne m'est apparu qu'en écrivant l'histoire. Mais c'est une expérience de pensée intéressante. Qu'en pensez vous ?

Edité vendredi 27 mars 2009 : 16:48 par donnalee

Edité vendredi 27 mars 2009 : 16:54 par donnalee


Donnalee
Notre seule certitude, c'est qu'il n'y a pas de certitude.


   
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Mei-li
(@mei-li)
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J'aime cette idée de communication par calins !
Mais ce moustique m'intrigue bien plus. Ainsi que la vision de Yoko.
Quant au peuple éléen... Très sympas !


La petite fille aux yeux étoiles... (*) Toutes les roses ont des épines.


   
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raphys2002
(@raphys2002)
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dis moi donnalee, tu debites combien a l'heure? tu ecris vachement vite!!



   
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Cherrydean
(@cherrydean)
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L'idée de ce mode particulier de communication est intéressant et plausible en quelque part. J'ai hâte d'en savoir plus.


Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...


   
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donnalee
(@donnalee)
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9ème épisode : la légende

- Bonjour, mon nom est Yoko. Je viens d'un autre monde.
- Bienvenue à toi et à tes amis, Yoko. Mon nom est Sidou. Mon peuple viens aussi d'un autre monde.
- Comment cela ?
- Une vieille légende raconte que nos ancêtres vivaient auparavant sur un vaste monde au soleil bleu. Le peuple d'or est venu. Ils ont apporté le grand sommeil. Nos ancêtres se sont réveillés ici.
- Ce n'était pas très gentil de vous enlever à votre terre.
- Que veut dire "gentil" ?
- C'est le contraire de ... euh ... Je vois le problème. Peut-être vos ancêtres voulaient-ils rester sur le monde au soleil bleu ?
- La légende raconte que le monde au soleil bleu était empoisonné. Le monde au soleil rouge est très beau. Nous aimons ce monde. Le peuple d'or a créé ce monde pour nous et pour tous les êtres qui y vivent. Même si on ne les vois pas, le peuple d'or veille sur nous.
- J'aimerais beaucoup rencontrer un représentant du peuple d'or.
- La légende dit qu'ils sont très beaux. Tu es aussi très belle Yoko.
- Merci. Tu es très beau aussi Sidou. Et très gentil.
- Gentil veut-il dire beau ?
- Oui. C'est la beauté intérieure.
- Nous disons "toudou".
- Toudou ?
- C'est le nom de notre peuple. Nous sommes les toudous*.
Yoko songea qu'il serait bien que les habitants de la terre puissent dire aussi tout naturellement : « Nous sommes les humains. Nous sommes humains. » et que cela signifie être beau intérieurement.
Le reste de la soirée fut employé à converser aimablement, toujours deux à deux, entre visiteurs et locaux.
Khâny put se lever, soutenue par des béquilles de fortune. Sollicitée très gentiment par quelques éléens, elle se rendit sur une petite place un peu à l'écart du village. Là attendait tristement un delphinoptère entouré de l'affection d'un petit groupe d'éléens. Elle reconnu son compagnon de vol. Elle s'approcha de l'animal et le prit tendrement par le cou. Le delphinoptère parut renaître. Il poussa une série de petits cris joyeux. Khâny était émue. Un instant auparavant, l'animal semblait inconsolable et paraissait décidé à se laisser dépérir. Il devait se sentir responsable de l'accident. Khâny lui prodigua maintes caresses et paroles appaisantes. Yoko la rejoignit. Elles assistèrent ensemble au couché flamboyant du soleil. Le delphinoptère prit son envol. Il était temps pour tout le monde d'aller se coucher. De loin en loin, des musiciens se répondaient à travers tout le village. Des créatures de la forêt ajoutaient leurs chants à cette musique collective, légèrement syncopée et lancinante, mélant flutes et percussions. Yoko s'endormit auprès de Khâny, au son de la musique, sur une jolie natte tressée dans la maison de Sidou, le coeur empli de rêves.

Fin de l'épisode.

Mais qui est donc le peuple d'or ?
D'où viennent les visions de Yoko ?
Quel est cet étrange insecte qui a piqué Khâny ? Et pourquoi ?
Vous le saurez dans le prochain épisode.

A suivre …

(*) L'académie a enfin tranché le terrible débat qui fit rage ces dernières années entre les partisans du pluriel en x et ceux du pluriel en s du mot « toudou ». Les ixistes soutenant que le x renforce l'idée que les toudous sont très doux de corps et d'esprit, valorisant ainsi le merveilleux hasard de la langue française. Les essistes soutiennent que traditionnellement, seuls sept mots du français ont un pluriel en oux, que sept est un chiffre magique et qu'il faut respecter les traditions. L'académie, institution conservatrice s'il en est, a donc tranché en faveur du maintient de la règle. Toutefois la communauté des ixistes, soutenue par le puissant lobby de l'édition qui voudrait avoir à rééditer tous les manuels de grammaire, compte porter plainte auprès de la cour européenne de justice. En attendant, les ixistes chantent haut et fort à tous les enfants qu'ils croisent :
Viens mon chou, mon bijou, mon joujou, mon toudou, sur mes genoux, et jette des cailloux sur ce vilain hibou plein de poux.
P.S. J'ai mis des titres aux épisodes.

Edité samedi 28 mars 2009 : 11:50 par donnalee


Donnalee
Notre seule certitude, c'est qu'il n'y a pas de certitude.


   
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