Je suis d'accord, superbe narration, il n y a rien a dire, prends ton temps pour la suite!!
Moi aussi je te lis!!
Un coup de foudre dont je garde des brulures,
telles des blessures qui ne se referment pas...
Mais sais-tu au moins à quel point je t'aime?
Et moi aussi.
Sachons voir le monde avec un coeur d'enfant
Merci à tous pour vos encouragements.
Chapitre 20: attaque
- Voyons ce que peut apporter cette notion d'architecture dynamique floue à notre programme de contrôle des déplacements translumiques. Je tiens sans doute la clé qui nous manquait.
°°(Consciente ! Je suis réveillée. Attention ! Rester discrète ! Ce cher Braxol a dû penser les mots magiques. Je dois voir sans me faire voir. Où sommes nous ? Un terminal. Je suis face à un terminal d'ordinateur. Je dois repérer la connexion où insérer le bloc mémoire. Attendre le bon moment et bondir. Je suis un fauve caché dans ma propre tête.)
Braxol pianote sur le clavier. Il est absorbé. Ses yeux ne quittent pas l'écran du terminal. Les minutes passent... Pris par sa réflexion, il laisse son regard errer aux alentours. Ses yeux glissent sur une fente de connexion sur la droite de l'écran.
°°(Ça y est ! Je sais où insérer le module. Pas de précipitation. Je dois passer en revue les gestes à accomplir. Je n'aurais que peu de temps avant que mon hôte ne s'aperçoive qu'il ne contrôle pas la totalité du cerveau. Il reprendra vite le dessus et m'anéantira définitivement. Donc, d'abord saisir le module pendu à mon cou sous forme de bijou et tirer un coup sec pour casser la lanière. Ensuite, d'un geste précis, ôter le capuchon protecteur qui le déguise et l'introduire dans la fente. Après cela, ma petite conscience sera détruite. Mais si tout fonctionne comme prévu, je renaitrais peu à peu, au fur et à mesure du dépérissement de ma colonie. Il faudra plusieurs heures. Bon ! Saisir, tirer, décapsuler, introduire. En moins d'une seconde. Je suis prête. Maintenant !)
Braxol assiste avec effarement aux mouvements incontrôlés de son corps. Une main saisit le pendentif accroché au cou, l'arrache d'un coup sec, détache un capuchon et se tend vers la connexion mémoire. C'est alors qu'une main d'enfant saisit le poignet de Yoko. Des yeux la regardent fixement avec une volonté farouche. Xarik a un léger sourire de triomphe au coin des lèvres.
- Qui es-tu ?
Yoko essaye en vain de dégager son bras. Jamais elle n'avait soupçonné la présence de cette être diabolique, resté aux cotés de Braxol. Elle ne peux pas lutter contre la force musculaire étonnante du toudou. Elle sent qu'il est déjà trop tard. Sa conscience et rongée peu à peu. Braxol reprend le dessus.
- C'est bon. Je suis Braxol. Je reprend le contrôle. Je détruis la conscience logée dans le centre de la douleur. Je ne sais pas comment c'est possible. J'avais tout inspecté. C'est une autre conscience de la même personne, cet hôte dont j'avais déjà détruit l'âme à bord du vaisseau. C'est vraiment étonnant.
- Cela ne m'amuse pas ! Je préfère détruire cet être dangereux. C'est une trop grande menace. Tu as d'autres clones, Braxol. Ce n'est pas bien grave pour toi.
- Ce serait une erreur. Je contrôle tout maintenant. Les connaissances que j'ai acquises nous seront précieuses. J'ai besoin de ce corps.
La dernière trace de volonté de Yoko a fait couler une larme sur la joue de Braxol. Une larme de rage, d'impuissance et d'infinie tristesse. A travers cette larme, un petit noyau de conscience mourante assiste, par les yeux de Braxol, à une scène surprenante. La porte de la salle s'ouvre à la volée. Deux êtres font irruption dans la pièce, l'arme au poing. La dernière image qu'enregistre la dernière étincelle de lucidité de Yoko est celle de son ami Vic, le regard halluciné, qui braque sur elle une arme étrange, et qui, sans l'ombre d'une hésitation, presse la détente.
A suivre...
Courage. Encore deux chapitres et un épilogue.
Note : Bien sûr Braxol et Yoko partagent le même corps. Le nom utilisé dépend du point de vue de qui on se place. Vous l'aurez compris.
Edité vendredi 28 août 2009 : 17:52 par donnalee
Donnalee
Notre seule certitude, c'est qu'il n'y a pas de certitude.
À quand la suite???
«Les anges existent, mais parfois, ils n'ont pas d'ailes nous les appelons alors les amis.»
Laura G.
Longue vie à Yoko, ses amis et Roger Leloup.
Voici la suite.
Chapitre 21 : étrange réveil
°°(C'est étrange. Est-ce moi, Braxol ? Suis-je Yoko ? Qui suis-je ? Puis-je le décider ? Alors je décide. Je suis Yoko. Oui, Yoko. Yoko Tsuno. J'en suis sûre. Par quel miracle ? Je suis bien moi. C'est de plus en plus évident. Et, tiens donc ! J'occupe toute la place. Seule maître à bord de mon corps. Comment est-ce possible ? Ma conscience, après s'être éteinte peu à peu, est revenue progressivement. Mais je garde d'étranges souvenirs qui ne sont pas les miens. C'est comme entrer dans une maison qu'une autre personne a occupée et marquée de sa présence. J'ai également mes souvenirs. Et cette terrible image de Vic qui me vise avec dans ses yeux la volonté de me détruire. Il était sans doute contaminé. Pol aussi, sans aucun doute. J'ai les yeux fermés. Je suis allongée sur une dalle froide. J'entends des voix. Xarik ! Je dois laisser croire à mon inconscience.)
- C'est très confus. Reprenez par le début.
- Les deux intrus que nous sommes sont parvenus à escalader la façade du centre informatique et à pénétrer par une fenêtre du deuxième étage.
°°(Çà c'est la voix de Vic. Mais je peux sentir que ce n'est pas lui qui l'utilise. Il est bien contaminé.)
- Ils avaient du matériel pour réussir. Des grappins, des filins tracteurs, ce genre de chose. C'était une opération minutieusement préparée.
°°(La voix de Pol cette fois. Même contaminé tous les deux, ils se complètent toujours. Il y aurait de quoi en sourire si la situation n'était pas aussi dramatique)
- Heureusement des gardes surveillaient les couloirs. Ils ont pu utiliser leur pistolet à injection. Nous avons pris le contrôle. Nous sommes des clones des gardes.
- Grâce aux souvenirs des intrus, nous savons qu'ils ont été envoyés pour protéger cette créature là.
°°(Je me sens montrée du doigt.)
- Nous savons qu'elle est venue pour nous détruire en accédant à l'ordinateur central. Elle est capable de garder une conscience cachée.
- Pour la protéger, les intrus possédaient ces armes-ci, qui peuvent paralyser momentanément toute créature.
- Nous avons donc décidé d'intervenir le plus rapidement possible. Ayant appris que Xarik s'était rendu avec la visiteuse dans cette salle, nous nous sommes précipités pour la neutraliser.
- Vous avez bien fait, même si c'était inutile. Braxol, qui a été injecté dans cet hôte, avait repris le contrôle total. Mais ce complot contre nous m'inquiète. Il faut faire redoubler la surveillance de tous les bâtiments stratégiques.
°°(Il ne savent pas que Braxol a disparu et que ma conscience est revenue. Je me demande si l'arme paralysante n'a pas eu des effets étranges sur les neuronias qui occupaient mon cerveau. Je dois leur faire croire que je suis Braxol. Il me faut imiter sa façon d'être, sa démarche, ses inflexions de voix. Je ressens encore sa présence dans mon corps. Cela me sera utile. Il me suffira de récupérer discrètement le module mémoire et de l'insérer brusquement, avant que quiconque puisse intervenir. Je n'ai ici que des ennemis sur leurs gardes. Prudence ! Commençons par ouvrir les yeux.)
- Ah, Braxol. Comment vous sentez-vous ?
- Assez bien, Xarik. Je me sens tout ankylosé. Que s'est-il passé ?
- Vous avez été paralysé par erreur.
°°(Le module est resté sur la console. Je dois m'approcher en détournant l'attention.)
- Qui sont ces êtres qui me semble de la même espèce que mon nouveau corps ?
- Des êtres venu assister votre hôte dans sa mission de destruction. Ce sont des hôtes pour nos colonies maintenant. Il n'y a plus rien à craindre de leur part.
°°(C'est étrange. Je sens que ma volonté faiblit. C'est comme la prise de possession de ma conscience première dans le vaisseau. En plus lent heureusement. Je dois agir vite, au bluff.)
- Parfait ! Mais d'abord il faudrait détruire ce module. Quel dommage que nous ne puissions analyser son contenu. Mais ce serait beaucoup trop risqué.
- Je suis heureux de constater que vous devenez raisonnable et savez faire taire votre fichue curiosité scientifique, Braxol. Eh, mais ! Que faîtes vous ?
Avant que Xarik ait pu esquisser un geste, Yoko est parvenue à inséré le module dans la connexion. Elle a dû utiliser ses ultimes forces mentales pour lutter contre la volonté de Braxol qui se reconstruit peu à peu. Xarik hurle :
- Sale créature diabolique. J'aurais dû te détruire dès ton arrivée. Je vais le faire maintenant.
- Non ! Attendez Xarik ! Je reprend le contrôle. Je sais ce qui a été injecté dans l'ordinateur. Je peux le lire dans les souvenirs de la conscience cachée. Moi seul peux y faire quelque chose.
- Je ne te fais plus confiance Braxol. Meure donc !
Braxol, aidé par ce qui subsiste encore de la volonté de Yoko unie à lui pour la première fois, exécute une prise d'aïkido qui met à terre Xarik. Il fonce vers la porte et s'échappe dans le couloir. Xarik crie :
Rattrapez le et tuez le !
Braxol pénètre dans une autre salle équipée de terminaux. Il en verrouille la porte et s'installe devant une console.
- Je t'aurai, créature. Et je détruirai ton œuvre.
La dernière vision de Yoko est celle de ses propres mains pianotant fiévreusement sur un clavier.
A suivre...
Donnalee
Notre seule certitude, c'est qu'il n'y a pas de certitude.
J'ai trop hâte de voir la suite!
«Les anges existent, mais parfois, ils n'ont pas d'ailes nous les appelons alors les amis.»
Laura G.
Longue vie à Yoko, ses amis et Roger Leloup.
Chapitre 22 : Le plan diabolique
- Je n'y arriverai pas ! Je faiblis. Mes forces m'abandonnent. Je vais mourir ! Nous allons tous mourir ! Non !
- C'est un cauchemar. Elle va se réveiller. Voilà, elle ouvre les yeux.
- Xarik !
L'enfant toudou penché sur elle lui sourit. Yoko prend conscience que le petit être qui la regarde a les yeux emplis d'une infinie tendresse. Elle réalise qui elle est. Son cauchemar était les dernières pensées de Braxol, quand il s'est aperçu qu'il ne parviendrait pas à reprendre le contrôle de l'ordinateur central et que déjà ses forces déclinaient. Elle est toujours dans la salle où s'était réfugié Braxol. Derrière le jeune toudou libéré de l'infâme Xarik, d'autres toudous se tiennent, tous bienveillants. A ses cotés se trouvent également Velours, Arc-en-ciel, Vic et Pol. Yoko constate avec soulagement que ses amis terriens lui sourient, fous de bonheur et emplis d'admiration. Nul doute qu'ils sont, eux aussi, libérés de l'emprise des neuronias. La joie de Yoko est sans limites. Elle à donc réussi. Elle sert dans ses bras les toudous à sa portée qui lui rendent sa tendresse avec force câlineries selon leur habitude retrouvée. La mission qu'elle vient d'effectuer était un tel cauchemar, une descente parmi les démons de l'enfer qui voulaient lui voler son âme, que son soulagement est immense et pendant un long moment Yoko est incapable de parler. Jamais encore elle n'avait eu une telle responsabilité sur ses épaules. Tant de vies dépendaient de sa réussite. Jamais elle n'avait eu à affronter une si terrifiante angoisse, la pensée que peut-être une autre conscience occuperait à jamais son corps. Quel bonheur de se retrouver entièrement soi-même, entourée de tous ses amis. Après de longues effusions, la curiosité de Yoko finit par refaire surface. Elle veut savoir.
- Mais que faisait donc Vic et Pol sur Déméter ?
Arc-en-ciel répond :
- Pol et Vic voulaient absolument vous accompagner pour vous protéger.
- Nous avons toujours formé une équipe, ajoute Pol. Pas question de laisser cette écervelée sauver le monde toute seule.
- Nous avons fini par accepté, poursuit Velours. Mais c'était très dangereux de laisser des personnes connaissant le secret de la mission. Ils risquaient d'être découverts et de tout compromettre.
- C'est alors que Velours a eu une idée diabolique, continue arc-en-ciel, non sans jeter un coup d'œil admiratif à son compagnon. Il a laissé croire à Pol et à Vic, qu'ils seraient envoyés sur Déméter pour protéger Yoko et neutraliser les gardes qui pourrait l'empêcher d'atteindre l'ordinateur. Vic a insisté pour disposer d'armes non mortelle.
- Il n'était pas question de tuer des toudous, renchérit Vic. D'autant que j'étais sûr qu'ils seraient bientôt libérés.
- Nous leurs avons fait croire qu'ils possédaient des pistolets paralysants. Ce qui n'était qu'à moitié vrai, ajoute Velours.
- Ces pistolets, en dehors d'un léger choc paralysant, envoyaient également une minuscule fléchette contenant un poison anti-neuronia, complète Arc-en-ciel. Ce poison détruit en partie la colonie. Mais vous savez ce que c'est quand il s'agit de se débarrasser de virus tenaces. Il y en a toujours qui réchappent au médicament et qui se remultiplient. L'injection ne donne qu'un répit d'une quinzaine de minutes. Le choc paralysant empêche la colonie de neuronias de prendre conscience de l'attaque antibiotique et d'alerter les autres. Velours pensait bien que Vic et Pol se feraient prendre.
- Merci pour la confiance en nos capacités, persiffle Pol.
Arc-en-ciel ignore la remarque et poursuit :
- Ainsi, les neuronias auraient connaissance de la mission et se précipiteraient pour utiliser ces armes à leur disposition pour neutraliser Yoko. Ce qui la délivrerait.
- Quel coup de poker ! Il fallait que tout ce passe au bon moment, remarque Vic.
Velours lui répond :
- Le risque n'était pas si grand. Vous deviez essayer d'entrer dans le bâtiment après Yoko. Si tout se passait bien pour elle, elle aurait réussi sa mission assez rapidement. Si cela se passait mal, votre intervention devait se produire à point nommé.
- Et c'est ce qui s'est passé, s'enthousiasme Yoko. Heureusement que vous étiez là. Ainsi, pour me protéger, vous avez partagés avec moi cette terrible sensation qu'est l'intrusion d'une autre conscience prenant le pouvoir dans notre propre tête.
Oh, c'est la moindre des choses. Les amis sont là pour tout partager, y compris les virus qui trainent, réplique Pol, modeste. Mais allons maintenant partager quelque chose de plus consistant. Les toudous nous ont concocté un succulent repas.
A suivre...
Sans plus attendre :
Chapitre 23 : Retour
Yoko et ses amis ne restèrent pas très longtemps sur Déméter. Velours et Arc-en-ciel reviendrons plus tard pour aider les toudous à reconstruire un monde paisible et détruire toute trace de l'activité des neuronias. Revenue sur Eléa, Yoko retrouve avec joie Rosée et Khany. Pol se précipite dans les bras de Mieke. Avec toutes ces émotions, chacun ressent un besoin vital de chaleur humaine. Après ces retrouvailles, Arc-en-ciel s'emploie à effacer les souvenirs propres aux neuronias qui hantent la mémoire de Yoko, Vic et Pol. Après quelques jours de vacances bien mérités sur Eléa, avec la tendre compagnie des toudous et la complicité ailée des delphinoptères, Yoko et ses amis prennent congé de leurs hôtes et de Khany et par une manipulation subtile de l'espace-temps, regagnent la terre presque instantanément, en compagnie d'Arc-en-ciel et de Velours. La technologie des alphas connait peu de limites. C'est enfin au tour des alphas de prendre congé de la terre, ce jardin qu'ils ont ensemencé il y a bien longtemps, et de leurs enfants, les terriens. La voix de velours tremble d'émotion quand il remercie une dernière fois Yoko et ses amis pour l'aide essentielle qu'ils ont apporté à la préservation de leur création. Sans leur extraordinaire courage, rien n'aurait été possible. Et rien ne plait plus aux alphas que de pouvoir être émerveillés par les créatures qu'ils ont contribuer à faire naître.
Les alphas repartis comme par enchantement, Yoko, Rosée, Vic, Pol et Mieke quittent l'endroit désert de leur matérialisation et regagne la civilisation. Durant quelques temps ils s'émerveillent du moindre passant. Tout être humain leur semble une oeuvre d'art, fragile et merveilleuse, fruit du long travail patient des moissonneurs des étoiles.
A suivre...
Reste l'épilogue
Donnalee
Notre seule certitude, c'est qu'il n'y a pas de certitude.
C'est très joli le passage où l'enfant toudou la regarde...
"Les enfants sont comme les marins : où que se portent leurs yeux, partout c'est l'immense."
(Christian Bobin)
Moi, je trouve que tous les passages sonts joli, du début à la fin de l'histoire.
«Les anges existent, mais parfois, ils n'ont pas d'ailes nous les appelons alors les amis.»
Laura G.
Longue vie à Yoko, ses amis et Roger Leloup.
Épilogue
Yoko, après cette éprouvante aventure a tenu à se ressourcer au sein de sa famille et des paysages de son enfance. Elle a demandé à Vic de l'accompagner. Elle voulait qu'il doit présent auprès d'elle pour retrouver son amitié et effacer la terrible image qui hante son esprit, cette affreuse image de Vic brandissant une arme contre elle. Pol, lui, file le parfait amour avec sa dulcinée à Bruges. Après avoir rendu visite à sa famille, Yoko fait découvrir à Vic un charmant petit village d'allure médiévale, nommé Yarimadé. Après quoi ils se rendent près d'un temple à l'écart de la ville, puis s'allongent sur l'herbe tendre et contemplent le ciel étoilé. Après un long silence, Vic murmure de sa voix pofonde et claire :
Tout reposait alors, près de Yarimadé*,
Les astres émaillaient le ciel profond et sombre ;
Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l'ombre
Brillait à l'occident; Yoko se demandait,
Immobile, ouvrant l'œil à moitié sous ses voiles,
Quel Dieu, quel moissonneur de l'éternel été
Avait, en s'en allant, négligemment jeté
Cette faucille d'or dans le champ des étoiles.
- C'est très beau, Vic. Quel poète !
- Oh je n'ai pas un tel talent. C'est d'un autre Vic en quelque sorte, un certain Victor Hugo. Je me suis juste permis de l'adapter un peu aux circonstances.
- Les grands poètes sont des visionnaires. Les mystères de la nuit visitent leur rêves.
Yoko se tourne vers Vic. Elle lui sourit tendrement.
Et ils échangent...
…
un long regard complice.
F . I . N .
----------------------------------------------------------------------------
(*) Voici l'extrait original tiré du poème "Booz endormi" de la légende des siècles :
Tout reposait dans Ur et dans Jerimadeth;
Les astres émaillaient le ciel profond et sombre;
Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l'ombre
Brillait à l'occident, et Ruth se demandait,
Immobile, ouvrant l'oeil à moitié sous ses voiles,
Quel dieu, quel moissonneur de l'éternel été,
Avait, en s'en allant, négligemment jeté
Cette faucille d'or dans le champ des étoiles.
-----------------------------------------------
Si je ne me trompe pas, de nombreux historiens se sont longtemps demandés quel était donc cette ville "Jerimadeth". Ur était connu, Jerimadeth était bien un nom Juif, mais où était-elle ? Jusqu'à ce qu'un étudiant l'interprète comme : J'ai rime à "dait". Victor Hugo, dans un de ses plus beaux poèmes s'est permis un gag fabuleux. Je me suis permis de japoniser l'astuce.
Edité lundi 31 août 2009 : 20:30 par donnalee
Donnalee
Notre seule certitude, c'est qu'il n'y a pas de certitude.
Vraiment bien ton histoire... je me demande où tu vas puisez toute cette inspiration!
Est-ce que tu as le fameux poème de V.HUGO?
Un coup de foudre dont je garde des brulures,
telles des blessures qui ne se referment pas...
Mais sais-tu au moins à quel point je t'aime?
Merci Hiromi. Voici le poème de Victor Hugo en entier :
Booz s'était couché de fatigue accablé;
Il avait tout le jour travaillé dans son aire;
Puis avait fait son lit à sa place ordinaire;
Booz dormait auprès des boisseaux pleins de blé.
Ce vieillard possédait des champs de blés et d'orge;
Il était, quoique riche, à la justice enclin;
Il n'avait pas de fange en l'eau de son moulin;
Il n'avait pas d'enfer dans le feu de sa forge.
Sa barbe était d'argent comme un ruisseau d'avril.
Sa gerbe n'était point avare ni haineuse;
Quand il voyait passer quelque pauvre glaneuse:
«Laissez tomber exprès des épis», disait-il.
Cet homme marchait pur loin des sentiers obliques.
Vêtu de probité candide et de lin blanc;
Et, toujours du côté des pauvres ruisselant,
Ses sacs de grains semblaient des fontaines publiques.
Booz était bon maître et fidèle parent;
généreux, quoiqu'il fût économe;
Les femmes regardaient Booz plus qu'un jeune homme,
Car le jeune homme est beau, mais le vieillard est grand.
Le vieillard, qui revient vers la source première,
Entre aux jours éternels et sort des jours changeants;
Et l'on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens,
Mais dans l'oeil du vieillard on voit de la lumière.
Donc, Booz dans la nuit dormait parmi les siens.
Près des meules, qu'on eût prises pour des décombres,
Les moissonneurs couchés faisaient des groupes sombres;
Et ceci se passait dans des temps très anciens.
Les tribus d'Israël avaient pour chef un juge;
La terre, où l'homme errait sous la tente, inquiet
Des empreintes de pieds de géants qu'il voyait,
Était encor mouillée et molle du déluge.
Comme dormait Jacob, comme dormait Judith,
Booz, les yeux fermés, gisait sous la feuillée;
Or, la porte du ciel s'étant entrebâillée
Au-dessus de sa tête, un songe en descendit.
Et ce songe était tel, que Booz vit un chêne
Qui, sorti de son ventre, allait jusqu'au ciel bleu;
Une race y montait comme une longue chaîne;
Un roi chantait en bas, en haut mourait un Dieu.
Et Booz murmurait avec la voix de l'âme:
«Comment se pourrait-il que de moi ceci vînt?
Le chiffre de mes ans a passé quatre-vingt,
Et je n'ai pas de fils, et je n'ai plus de femme.
«Voilà longtemps que celle avec qui j'ai dormi
Ô Seigneur a quitté ma couche pour la vôtre;
Et nous sommes encor tout mêlés l'un à l'autre,
Elle à demi vivante et moi mort à demi.
«Une race naîtrait de moi! Comment le croire?
Comment se pourrait-il que j'eusse des enfants?
«Quand on est jeune, on a des matins triomphants,
Le jour sort de la nuit comme d'une victoire;
«Mais, vieux, on tremble ainsi qu'à l'hiver le bouleau.
Je suis veuf, je suis seul, et sur moi le soir tombe,
Et je courbe, ô mon Dieu ! mon âme vers la tombe,
Comme un boeuf ayant soif penche son front vers l'eau.»
Ainsi parlait Booz dans le rêve et l'extase,
Tournant vers Dieu ses yeux par le sommeil noyés;
Le cèdre ne sent pas une rose a sa base,
Et lui ne sentait pas une femme à ses pieds.
Pendant qu'il sommeillait, Ruth, une Moabite,
S'était couchée aux pieds de Booz, le sein nu,
Espérant on ne sait quel rayon inconnu,
Quand viendrait du réveil la lumière subite.
Booz ne savait point qu'une femme était là,
Et Ruth ne savait point ce que Dieu voulait d'elle;
Un frais parfum sortait des touffes d'asphodèle;
Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala.
L'ombre était nuptiale, auguste et solennelle;
Les anges y volaient sans doute obscurément,
Car on voyait passer dans la nuit, par moment,
Quelque chose de bleu qui paraissait une aile.
La respiration de Booz qui dormait
Se mêlait au bruit sourd des ruisseaux sur la mousse.
On était dans le mois où la nature est douce,
Les collines ayant des lys sur leur sommet.
Ruth songeait et Booz dormait; l'herbe était noire;
Les grelots des troupeaux palpitaient vaguement,
Une immense bonté tombait du firmament;
C'etait l'heure tranquille où les lions vont boire.
Tout reposait dans Ur et dans Jerimadeth;
Les astres émaillaient le ciel profond et sombre;
Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l'ombre
Brillait à l'occident, et Ruth se demandait,
Immobile, ouvrant l'oeil à moitié sous ses voiles,
Quel dieu, quel moissonneur de l'éternel été,
Avait, en s'en allant, négligemment jeté
Cette faucille d'or dans le champ des étoiles.
-------------------------------------------
Mais ce poème n'est qu'un extrait de la légende des siècles, une fantastique épopée qui retrace toute l'histoire de l'humanité en plus de 10.000 vers. Un chef d'oeuvre absolu.
Donnalee
Notre seule certitude, c'est qu'il n'y a pas de certitude.
Quel poète et quel conteur tu es Donnalee... J'aime profondément ce que tu as écrit. Encore bravo !
"Les enfants sont comme les marins : où que se portent leurs yeux, partout c'est l'immense."
(Christian Bobin)
Poète ? N'exagérons rien ! J'ai juste recopié le grand Victor. Mais vous avez la source d'inspiration pour le titre de ma petite nouvelle.
Tout est parti de mon esprit cartésien. Lire un Yoko Tsuno fait rêver mais aussi, pourquoi pas, réflêchir. Il y a quelques années, en lisant le trio de l'étrange, j'ai été frappé par la ressemblance entre Terriens et Vinéens, ce qui est invraissemblable s'il n'ont aucune histoire commune, l'évolution étant si aléatoire (voir Stephen Jay Gould). Rationnellement, il faut donc qu'une volonté créatrice les aient façonnés en parallèle. Si on met Dieu de côté, il reste l'hypothèse d'Arthur C Clarke : Une première génération d'êtres parvenus à une grande maîtrise technologique "s'amuse" à favoriser, guider, créer la vie autour d'eux. Quel autre assemblage de matière pourait être plus précieux ? Dans mon esprit, ses êtres cultivent la vie. C'est alors que les trois célèbres derniers vers de "Booz endormi" d'Hugo me sont venus en mémoire. Je les connais par coeur depuis l'enfance (je suis fasciné par les étoiles depuis longtemps). Voilà comment m'est venu l'idée du moissonneur des étoiles. Et j'ai imaginé que Yoko pouvait découvrir ses êtres premiers avec ses amis. Et j'avais dans l'idée que Vic, à la fin de l'aventure murmurait ces quelques vers à l'oreille de son amie, en contemplant le ciel étoilé et la lune. Quelques temps plus tard je découvrais ce site et les idées de scénario. Je me suis dit : pourquoi ne pas essayer d'imaginer l'aventure. Voilà pour la petite histoire de mon histoire.
Donnalee
Notre seule certitude, c'est qu'il n'y a pas de certitude.