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Bonne fête à nos membres québécois

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Petite Fleur
(@petite-fleur)
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Bonjour à tous et toutes

Je me suis demandé s'il serait plus adéquat de poster ceci sur le sujet "Bonne fête à nos membres français" ou ici, sujet qui traite du Québec. J'ai opté de le mettre ici, bien que mon post soit en réponse à une discussion sur l'autre sujet, parce que je vais parler plus du Québec que de la France.

Sur "Bonne fête à nos membres français", je mentionne

Petite Fleur a écrit Car non seulement on est de la famille, mais le fait que nous soyons les seuls ici, dans l'immense Amérique, qui, comme les fiers Gaulois, "résistent encore et toujours à l'envahisseur" (...) démontre hors de tout doute qu'on y tient, à la famille!

Cherrydean répond que

Cherrydean a écrit C'est vrai qu'au Québec, du moins le Québec francophone qui est encore, heureusement, majoritaire, qu'on se sent un lien d'appartenance avec la France. Un lien lointain peut-être, mais tout de même.

Cehel2 répond

cehel2 a écrit Pas si lointain que cela...
Mais comme le dit Petite Fleur, nous sommes cousins, cousines... Un petit peu de la même famille, quoi !

J'abonde dans le sens de cehel2. Sauf sur un point : pas seulement "un petit peu"! Ce lien, qui, à mon avis, demeure très fort, est d'abord maintenu par la langue. La Loi 101 adoptée par le gouvernement québécois force TOUT commerce à afficher prioritairement en français. L'affichage peut aussi contenir, aux termes de la loi, des affichages "en d'autres langues, surtout s'il s'adresse à un milieu ou à une clientèle allophone", le mot "allophone" incluant ici autant l'anglais que l'italien, le chinois ou toute autre langue. Également, tout produit vendu ici à grande échelle doit aussi avoir un mode d'emploi, liste d'ingrédients etc. prioritairement français. Sont tolérées certaines exceptions tels des produits d'importation très spécialisés (pièces d'avions par exemple) ou typiques d'une culture (comme un livre écrit en chinois).

Mais, ce qui nous rapproche le plus de nos cousins est ce même caractère rebelle dont parlait Ferrat (voir mon post inaugural et la superbe réponse de Rom sur Bonne fête à nos membres français). Tout comme la France a fait de la prise de la Bastille et de la fondation de la Fédération sa fête nationale, le Québec a fait de la Saint-Jean-Baptiste, saint patron de notre nation, sa fête nationale dans un Canada anglophone qui avait usurpé le nom "Canada" (voir "Note 1" au bas de ce post) et qui voulait tout contrôler. Ce furent les hauts cris au parlement fédéral d'Ottawa. Ce fut pire encore quand Louis-Joseph Papineau, député de Gatineau au fédéral, OSA s'adresser au parlement en français. On vit ceci comme un acte de sédition, de rébellion, et sa tête fut mise à prix ($4000.00. À l'époque, c'est comme 150,000 euros aujourd'hui). C'était un peu notre Robespierre. C'était le début de NOTRE révolution française.

Contrairement à celle de Robespierre, la nôtre dura longtemps, puis culmina vers les 1965-1975 dans une période à jamais historique dont, en tant que québécois, je suis terriblement fier : notre "Révolution tranquille". J'en suis terriblement fier parce que, bien qu'elle corresponde en tous points à la définition du mot, cette révolution se fit presque sans effusion de sang (sauf pour une victime, Pierre Laporte, durant la crise du FLQ, le Front de Libération du Québec). À ma connaissance, c'est la seule révolution dans l'histoire qui ne se fit pas en mettant un pays à feu et à sang.

Elle fut inaugurée sur deux fronts : la politique intérieure et les arts (surtout musique et théâtre télévisé).

Sur le plan politique, son initiateur avait un nom prédestiné : Lesage! Premier ministre du Québec, ayant vaincu par "La raison plutôt que la démagogie" l'indélogeable parti conservateur de Maurice Duplessis, un traître à la solde des anglais et de la finance, Jean Lesage rapatria d'abord les ressources naturelles. Il nomma à cet effet un ministre qui allait, lui aussi, devenir premier ministre et compléter l'oeuvre entreprise : René Lévesque. Après s'être attaqué avec succès au crime organisé et à la corruption (avec l'aide précieuse du maire de Montréal Jean Drapeau), c'est tout en douceur et avec conciliation qu'on fit prévaloir que, bien que le Canada soit en majorité anglophone et qu'il soit normal que la réglementation canadienne y soit adaptée, le Québec est majoritairement francophone (à 80%) et qu'y appliquer des lois conçues avec justice pour une majorité canadienne constituait, localement, une injustice flagrante. Plusieurs militaient pour "La Laurentie" (nom que devait porter un Québec libre) ou pour chasser l'envahisseur anglais, mais Lesage ne céda pas à ces militants qu'il considérait extrémistes. Le gouvernement Lesage révolutionna l'éducation après avoir rapatrié les ressources naturelles. Ceci mit le Québec "sur la carte" des pays exportateurs de science, technologie et arts.

L'autre aspect de cette "Révolution tranquille" fut artistique. Des chansonniers réveillèrent l'identité française qui attendait au fond de l'âme québécoise. Ce furent d'abord les pionniers : Félix Leclerc, Gilles Vigneault, Claude Léveillée, Germaine Dugas, Jean-Pierre Ferland, et l'irréductible Claude Gauthier. Leurs chansons, peut-être la plus belle musique créée à cette époque, parlait de nous, de nos rêves... Ce fut certainement un des plus puissants catalyseurs de la "Révolution tranquille".

Il y eut aussi des écrivains qui créèrent des romans-feuilletons pour la télé qui parlaient de nous, portaient à l'écran notre langage de tous les jours, notre petite vie quotidienne... Ceci "décomplexa" un peuple à qui on avait inculqué la honte de sa culture. Citons Roger Lemelin avec sa "Famille Plouffe" qui représentait une famille typique, avec ses problèmes typiques, son ado à problèmes, le père "tanné" ("raz-le-bol") du travail quotidien à l'usine, le langage quotidien avec notre accent à nous... Toutes ces choses qu'on cachait étaient portées à l'écran nous disant : "Les Américains (on appelait ainsi les étasuniens), les Français at autres portent à l'écran leur mode de vie ; nous sommes nous et nous n'avons pas à avoir honte de n'être pas eux". Ce fut aussi le cas de Germaine Guévremont avec "Le Survenant" qui, dans un contexte très différent, exprimait aussi le fond de l'âme québécoise. En même temps, d'autres écrivains produisirent des pièces de haut calibre et on déterrait des génies du passé, comme Émile Nelligan ou André Mathieu.

C'est ainsi, à la recherche de son âme, à la recherche d'une qualité de vie, que le peuple québécois s'unit, et non CONTRE un ennemi. Et je crois que cela a fait toute la différence entre une révolution sanglante et une "Révolution tranquille". Bâtir le bonheur est tellement différent de combattre le malheur! Ces chansonniers et écrivains eurent aussi l'extraordinaire sagesse de ne pas rameuter le peuple CONTRE les anglais, CONTRE la haute finance, CONTRE ...quoi que ce soit, mais d'offrir à monsieur et madame Toulmonde une fierté d'être qui ils sont : des québécois francophones qui ne sont plus obligés de parler anglais au travail, qui ont le droit de s'instruire, et qui peuvent prendre leur vie en mains. Ce qui a caractérisé cette révolution tranquille est que ce peuple s'occupait à bâtir son bonheur plutôt qu'à combattre un ennemi quel qu'il soit.

Tout le monde a le droit d'être fier de son pays. Avec ou sans raison. Mais, quand je pense à cette "Révolution tranquille", je me sens terriblement fier d'être de ceux qui ont créé et qui créent encore ce précédent qui propose une voie possible aux peuples qui voudront régler leurs problèmes autrement que par les armes. Car cette "Révolution tranquille" n'est pas finie.

Histoire à suivre...

_____________________________________
Note 1 : En effet, jusque vers les 1850, le mot "canadiens" désignait les francophones habitant le Kanata (mot huron qui signifie "village" ou "territoire d'une nation") : il y avait les "canadiens" et les "anglais". Cette dénomination demeura d'ailleurs en usage populaire jusque vers les 1950. Entre eux, les "canadiens" (ceux qu'on appelle aujourd'hui les québécois) s'appelaient aussi souvent les "habitants". Ceci demeure très visible sur le logo de l'équipe de hockey de Montréal, "Les Canadiens" où le H nous rappelle "Les Habitants".

Edité samedi 12 juillet 2008 : 19:25 par Petite Fleur


Il y a des personnes qui pleurent en apprenant que les roses ont des épines.
D'autres se réjouissent quand ils savent que les épines portent des roses


   
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cehel2
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Au Québec, les plaques d'immatriculation portent le devise du Québec: " je me souviens"... dont l'interprétation ne fait pas l'unanimité. Cette devise d'Eugène Taché, que signifie t'elle ? Je me souviens de quoi ? ...


"Les enfants sont comme les marins : où que se portent leurs yeux, partout c'est l'immense."
(Christian Bobin)


   
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Petite Fleur
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Tu peux trouver réponse dans mon post inaugural de ce sujet (page 1 donc), juste sous l'image de la squaw.

Cependant, pour apporter un complément de réponse à ta question, cehel2, cette "devise complète" est contestée. La formulation originelle aurait été "Je me souviens" tout court.

L'ajout, venu plus tard, aurait été "que né sous le lys, je crois sous la rose". Et non : il n'y a pas de faute d'orthographe dans "crois" : il était écrit ainsi, et non "croîs". Ceci fut interprété comme une faute d'ortographe, signifiant le verbe "croître", et non "croire". Plusieurs croient que l'ajout ne serait pas d'Eugène Taché. Selon Hélène Pâquet, petite-fille de Taché (née de Théodore Pâquet et de Clara Taché, fille d'Eugène), le sens serait bien "croîs" (verbe croître).

Cependant, ceci pourrait contredire une lettre adressée par le père d'Hélène au ministre des Travaux publics en 1939, où il mentionne qu'il estime que «celui qui a synthétisé dans trois mots l’histoire et les traditions de notre race mérite d’être reconnu» autant que Routhier et Lavallée qui ont composé l’hymne Ô Canada. (Je rappelle ici que le mot Canada désignait surtout le Québec à cette époque).

On peut trouver ces arguments et d'autres, très documentés, sur ce site dont l'auteur, Gaston Deschênes, directeur des études documentaires pour l'Assemblée nationale du Québec, me paraît une référence fiable.

Mettre en contexte l'hymne national et "Je me souviens" redonnerait son sens à "je crois sous la rose" (verbe croire). En effet, plusieurs vers de l'hymne de Routhier et Lavallée mentionnent la foi solide des québécois à cette époque. Voir le poème originel ci-dessous. Exprimée ainsi, le devise "Je me souviens qu'étant né sous le lys, je crois sous la rose" serait une invitation à résister par la foi à l'envahisseur anglais. Ceci est renforcé par l'emploi d'une seule virgule, alors que, si le sens était "croître", une syntaxe correcte eut requis deux virgules, comme ceci "Je me souviens, qu'étant né sous le lys, je croîs sous la rose", portant l'accent sur "croître".

Vue ainsi, cette devise, étant une invitation à continuer à "croire" sous la domination de la rose, pourrait être vue comme un germe de cette "Révolution tranquille" qui survint presque deux siècles plus tard. Ceci, évidemment, est vu en rétrospective, ce qui peut déformer la perspective telle que vue de l'époque. Pourtant, au vu de la résistance plus idéologique et religieuse qu'armée du peuple québécois pendant ces deux siècles, je ne serais pas surpris outre mesure qu'un même esprit ait uni cette devise, cet hymne, et la Révolution tranquille.

Si on limite la devise québécoise à "Je me souviens", elle constituerait une invitation à conserver le sens et l'orientation de notre histoire. Suite à l'ironie de Louis XIV en réponse à la Neuve France qui appelait la France à l'aide pour faire face à l'envahisseur en 1760, "Je me souviens" serait une invitation à nier cette ironie et à conserver un lien familial, oui, mais prudent avec cette France qui nous a abandonnés. La réponse de Louis XIV, qui avait alors fort à faire localement avec la flotte anglaise, fut qu'il ne risquerait pas la France pour conserver "quelques arpents de neige qui ne valent pas les os d'un grenadier français" (paroles que, selon certains, il aurait empruntées à Voltaire). Il avait aussi parlé d'un peuple sans histoire. Évidemment qu'inviter ce peuple à se souvenir est éloquent! De ceci aussi le Québec se souvient, comme en font foi la chanson "Pour quelques arpents de neige" de Claude Léveillée et les nombreux sites qu'on trouve sur le net en tapant "Quelques arpents de neige" sur Éthicle ou Google.

Ces quelques arpents de neige sont devenus une nation qui rayonne à l'international autant par sa culture, dont elle se souvient qu'elle est française, que par sa science et sa technologie, dont elle se souvient qu'elles sont anglaises et américaines.
__________________________________________

Appendice
Voici, pour fins de référence, les paroles du poème originel de Basile Routhier qui, si elles sont mises en parallèle avec "je crois sous la rose" (verbe croire) justifieraient une interprétation comme une invitation à demeurer fidèles à nos racines et à notre foi. Je rappelle ici qu'à l'époque où ce poème fut composé, le mot "Canada" désignait surtout le Québec.

Ô Canada! Terre de nos aïeux,
Ton front est ceint de fleurons glorieux!
Car ton bras sait porter l'épée,
Il sait porter la croix!
Ton histoire est une épopée
Des plus brillants exploits.
Et ta valeur, de foi trempée,
Protégera nos foyers et nos droits,
Protégera nos foyers et nos droits.

Sous l'oeil de Dieu, près du fleuve géant,
Le Canadien grandit en espérant,
Il est né d'une race fière,
Béni fut son berceau;
Le ciel a marqué sa carrière
Dans ce monde nouveau.
Toujours guidé par Sa lumière,
Il gardera l'honneur de son drapeau,
Il gardera l'honneur de son drapeau.

De son patron, précurseur du vrai Dieu,
Il porte au front l'auréole de feu;
Ennemi de la tyrannie,
Mais plein de loyauté,
Il veut garder dans l'harmonie
Sa fière liberté.
Et par l'effort de son génie,
Sur notre Sol asseoir la vérité,
Sur notre Sol asseoir la vérité!

Amour sacré du trône et de l'autel
Remplis nos coeurs de ton souffle immortel.
Parmi les races étrangères
Notre guide est la foi;
Sachons être un peuple de frères,
Sous le joug de la loi;
Et répétons comme nos pères
Le cri vainqueur: «Pour le Christ et le Roi»
Le cri vainqueur: «Pour le Christ et le Roi».


Il y a des personnes qui pleurent en apprenant que les roses ont des épines.
D'autres se réjouissent quand ils savent que les épines portent des roses


   
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cehel2
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Merci pour la réponse...


"Les enfants sont comme les marins : où que se portent leurs yeux, partout c'est l'immense."
(Christian Bobin)


   
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Petite Fleur
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Bonjour à tous et toutes

En revoyant ce sujet, un point me frappe : un point qui pourrait intéresser qui qu'il soit, de quelque pays, nationalité ou foi. Ce point pourrait être un message à tous les peuples de la Terre. Ce topic parle du Québec, mais le sujet dont je parle ci-dessous concerne tout humain.

Je mentionnais, parlant de l'hymne "Ô Canada" :

je ne serais pas surpris outre mesure qu'un même esprit ait uni cette devise, cet hymne, et la Révolution tranquille.

Plusieurs points établissent en effet un parallèle. (Je rappelle ici qu'au moment où cet hymne fut composé, le mot "Canada" désignait surtout ce qu'on appelle aujourd'hui "le Québec".)

Je note d'abord une erreur : j'ai copié-collé l'hymne d'un site internet (je ne me souviens plus lequel) et je remarque une petite différence. Quand cet hymne est chanté au Québec, et tel qu'on le retrouve dans des manuels scolaires anciens (50 ans ou plus), ces vers
Car ton bras sait porter l'épée,
Il sait porter la croix!

apparaissent ainsi :
Car ton bras sait porter l'épée,
Et sait porter la croix!

ce qui change le sens de la phrase, faisant de la croix (la foi) une arme au même titre que l'épée. Mais une arme non sanglante, ayant aussi une grande force : celle de l'amour et, au moins, de la tolérance. Et, sur quelle arme choisir, Routhier est clair :
Et ta valeur, de foi trempée,
Protégera nos foyers et nos droits.

D'autres vers deviennent remarquables vus après cette Révolution tranquille :
Toujours guidé par sa lumière,
Il gardera l'honneur de son drapeau.
...
Il veut garder dans l'harmonie
Sa fière liberté.
Et par l'effort de son génie,
Sur notre sol asseoir la vérité.
...
Parmi les races étrangères
Notre guide est la foi;
Sachons être un peuple de frères,
Sous le joug de la loi.

Un bon biologiste sait reconnaître à une petite graine si elle est ou non celle d'un grand arbre. Mais, tout le monde peut remarquer, une fois ce grand arbre poussé, les graines qu'il sème et, partant, que ce sont les graines d'un grand arbre. Je ne suis ni futurologue ni historien. Mais presque deux siècles plus tard, ayant vécu (et participé à) cette "Révolution tranquille", je ne peux m'empêcher de voir une continuité. Vues d'autrefois, ces paroles pouvaient sembler exprimer confiance et fierté : aujourd'hui, elle me semblent prothétiques. C'est en effet dans l'harmonie (union politique, art et musique) que notre peuple a gardé puis réveillé sa fière liberté, et par l'effort de son génie (artistique autant que technologique) qu'il a sur notre sol assis la vérité de sa foi et de son identité. Perdu dans l'immense Amérique "parmi les races étrangères", il a d'abord été un peuple de frères et non un peuple guerrier.

Si je souligne ces points ici, c'est parce que je constate avec beaucoup de tristesse que plusieurs peuples ont choisi les armes ou le terrorisme pour affirmer leur droit à être eux-mêmes, droit que je considère inaliénable. Mais ils le font au prix de crimes qui mettent certains au ban des nations comme terroristes, et certains autres au rang d'assassins voulant instaurer un "nouvel ordre mondial" ou prétendant à une "légitime défense" en utilisant des chasseurs supersoniques contre des adolescents qui se sacrifient pour leur foi.

Je crois que ces peuples tireraient grand avantage, autant pour leur cause que pour la qualité de vie de leurs ressortissants, à étudier cette "Révolution tranquille" québécoise qui est parvenue à ses fins en cherchant à bâtir son bonheur plutôt qu'à combattre un ennemi, même lorsque ceci eût été justifié.

J'écris ceci ici sans orgueil et surtout pas pour proclamer le peuple québécois comme "peuple supérieur" ou comme "modèle", mais mû par la tristesse de voir ces victimes mues par une bonne volonté sacrifiées tantôt à la maladresse tantôt à l'intérêt financier de décideurs qui ne devraient pas l'être. Si même un seul lecteur de mon propos en était inspiré pour inciter ses compatriotes à chercher une solution dans cette voie et sauver ainsi des milliers de vies et éviter des années sanglantes, je n'aurai pas écrit en vain.

La situation aujourd'hui au Québec n'est pas idéale, et plusieurs erreurs subsistent (du moins à mon avis). Mais ceci me semble inévitable : cette Révolution non sanglante est, à ma connaissance, un précédent historique. Un premier essai, quoi! Un premier essai quant même couronné de succès. Évidemment que les autres peuples ne pourraient pas "coller-copier" chez eux ce que nous avons fait ici! Je ne veux ici que souligner qu'ils pourraient s'en inspirer pour réussir à leur façon, chez eux, SANS ARMES, à faire s'épanouir leur identité et leur idéal. Et que c'est peut-être là l'avenir de la démocratie. Ce mot signifie "le pouvoir appartient au peuple". Et le peuple, monsieur et madame Toulmonde, n'aime pas la guerre qui, de par sa nature même, est anti-démocratique! Je crois sincèrement que la très forte majorité des humains, qu'ils soient québécois, français, afghans, étasuniens, chinois, africains ou autres, aspirent au bonheur, et non à la tuerie au nom d'un dieu, qu'il s'appelle Jéhovah, Allah, Bouddha ou... Dollar.


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Cherrydean
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Personnellement, j'ai appris le Ô Canada avec "Il sait porter la croix". Je n'avais pas un manuel ancien, mais l'enseignante qui nous a montré ça l'a certainement eu entre les mains cet ancien manuel. Cela dit, je ne te contredis pas, je me demande juste quelle est la version originale. Je crois qu'il faudrait peut-être se fier à un site gouvernemental pour être plus sûr.


Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...


   
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cehel2
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Il y a une déferlante de magazines traitant du Québec en ce moment en France... smiley


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Petite Fleur
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Cherrydean a écrit Personnellement, j'ai appris le Ô Canada avec "Il sait porter la croix".

J'ai vu les deux versions. Mais ça me surprend que ce soit le point que tu soulèves de mon post, Cherrydean. Car l'essentiel n'est vraiment pas là.

Je me suis donc très mal fait comprendre. Ce sur quoi je veux porter l'attention du lecteur est

Petite Fleur a écrit je constate avec beaucoup de tristesse que plusieurs peuples ont choisi les armes ou le terrorisme pour affirmer leur droit à être eux-mêmes, droit que je considère inaliénable.
(...)
Je crois que ces peuples tireraient grand avantage, autant pour leur cause que pour la qualité de vie de leurs ressortissants, à étudier cette "Révolution tranquille" québécoise qui est parvenue à ses fins en cherchant à bâtir son bonheur plutôt qu'à combattre un ennemi, même lorsque ceci eût été justifié.
(...)
Si même un seul lecteur de mon propos en était inspiré pour inciter ses compatriotes à chercher une solution dans cette voie et sauver ainsi des milliers de vies et éviter des années sanglantes, je n'aurai pas écrit en vain.
(...)
Évidemment que les autres peuples ne pourraient pas "coller-copier" chez eux ce que nous avons fait ici! Je ne veux ici que souligner qu'ils pourraient s'en inspirer pour réussir à leur façon, chez eux, SANS ARMES, à faire s'épanouir leur identité et leur idéal. Et que c'est peut-être là l'avenir de la démocratie.

Bref l'ESPRIT de cette révolution réussie : chercher le bonheur plutôt que combattre le malheur, affirmer notre droit d'être, prospérer et s'épanouir plutôt que combattre un ennemi, même lorsque ça semblerait justifié.
(Note : je ne parle pas du droit de se défendre d'une attaque armée d'une autre nation contre la nôtre ici, mais d'une révolution interne.)

C'est sur ÇA que je voulais porter l'attention.


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Cherrydean
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Je sais apprécier un post sans y répondre nécessairement. Inutile de me donner des explications.


Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...


   
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Petite Fleur
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Bin... c'était pas évident. Je croyais vraiment que tu avais surtout remarqué le "Et".

Mais surtout, j'ai posté après toi parce que je voulais rappeler que l'idée maîtresse est cette révolution sans arme et éviter de voir le sujet dévier sur "Est-ce Il ou Et?".


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Cherrydean
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PF, ce sujet est "Bonne fête à nos membres québécois". Il est donc déjà en train de dévier même s'il demeure un lien. J'ai soulevé la question du "et" et du "il" parce que ça m'intriguait, sans plus.

L''essentiel du post dont il est question est très clair. En voulant éviter un quiproquos, tu as posté une précision inutile qui, à prime abord, m'a donné l'impression que tu me prenais pour une imbécile. Je suis convaincue que là n'était pas ton intention, mais je te demande de considérer, quand tu postes quelque chose, que tu es quelqu'un qui écrit clairement et que les autres membres sont des gens qui sont capables de comprendre facilement des posts comme les tiens.

Maintenant, ce sujet dévie, effectivement, je te prierais donc de créer un nouveau sujet.


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cehel2
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Pour revenir sur la terre Québécoise, fêtez-vous Mardi Gras et Halloween ? Et est-ce que la vraie Mi-Carême, cher au coeur de Gilles Vigneault, est toujours célébrée ?

Une petite phrase de Gilles Martin-Chauffier, Chroniqueur à Paris-Match, à propos des 400 ans du Québec : " Je me souviens que la France a pleuré chaque jour pendant quarante-quatre ans lorsqu'elle a perdu l'Alsace-Lorraine et qu'elle a laissé le Québec traverser sans elle quatre cents hivers de sept mois..."


"Les enfants sont comme les marins : où que se portent leurs yeux, partout c'est l'immense."
(Christian Bobin)


   
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Cherrydean
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On fête l'Halloween (et ici on parle de l'Halloween, pas de Halloween), mais pas mardi gras. Et pour la Mi-Carême, je ne sais pas en fait, je ne crois pas. J'en connais qui font le Carême, mais ce sont des familles plutôt isolées.


Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...


   
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cehel2
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Une autre questions à nos amis canadiens : qu'est-ce qu'une pourvoierie ?


"Les enfants sont comme les marins : où que se portent leurs yeux, partout c'est l'immense."
(Christian Bobin)


   
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Petite Fleur
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Une pourvoirie, c'est un territoire appartenant à l'État ou à la Province et dédié aux loisirs, à la chasse et à la pêche.

http://www.fpq.com/fr/outfitters.asp

Edité mercredi 06 août 2008 : 07:46 par Petite Fleur


Il y a des personnes qui pleurent en apprenant que les roses ont des épines.
D'autres se réjouissent quand ils savent que les épines portent des roses


   
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