Bon, j'ai lu la page en question, et j'ai bien raté quelque chose l'autre jour, désolée, je me suis rendue compte que j'arrivais une fois de plus comme un cheveu sur la soupe...
Bref, vous parliez de la guerre, de la paix, de l'exil... Ca m'a particulièrement frappée cet été avec cette guerre absurde au Liban... Des centaines de civils massacrés pour rien... des enfants... on est là dans le plus absurde de l'absurde, et je ne trouve pas les mots... Certains ont pu partir, ceux qui avaient encore une voiture, de l'essence, de la famille plus au Nord, mais les autres ? Et quand ils finissent par revenir, que trouvent-ils ??? Non, la guerre est une abomination, et elle est toujours injustifiée à mes yeux. Si on s'en donne la peine, il y a moyen de l'éviter. Seulement, certains veulent en découdre, ils attendent leur revanche, et restent sourds à toute tentative de conciliation, de réconciliation.
Ca me rappelle ce fameux coup de boule de Zidane à Materazzi, à la fin de la finale de la coupe du monde... Certains ont donné raison à Zidane de se défendre, d'autres l'ont accusé d'avoir répondu à la provocation par la violence... Je crois pour ma part que si on répond à la provocation par un coup de boule, on répondra au coup de boule par un coup de couteau, et au coup de couteau par une arme à feu... Et si on essayait un peu d'être adultes et responsables, ou tout simplement respectueux des autres ? Bon, je vais arrêter là, d'une part parce que je ne veux pas vous ennuyer, et que j'ai l'impression d'être moralisatrice en disant tout cela, et d'autre part parce que je ne pense pas que ce soit vraiment le bon endroit pour cela...
On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.
Moi j'aime bien quand tu fais la moralisatrice.
Ton exemple avec Zidane est bon car toute guerre est toujours le resultat d'une escalade qui est issue de deux parties n'ayant ou ne voulant pas communiquer dans un esprit de conciliation.
On dit guerre mais une baguarre de cour de recreation est bien souvent similaire.
Peut on dire que certains politiciens sont des gamins?
-Edité le: Dimanche 27 août 2006 à 00:01 par zeck-
Des centaines de civils massacrés pour rien... des enfants... on est là dans le plus absurde de l'absurde, et je ne trouve pas les mots...
Je suis tout à fait d'accord avec toi.. mais tous ces civils sont morts souvent parce que les "ennemis" des Israëliens se cachaient parmi les civils.. un peu comme pendant la guerre du Vietnam.. c'est le meilleur moyen de ne pas se faire prendre.. et c'est également le moyen le plus inhumain. La situation là-bas est invivable car elle repose sur une seule chose : la vengeance! Or celle-ci n'apporte rien, mais empire des situations bien fragiles.
Seulement pour certains, parler est une traîtrise... quand je vois les réglements de comptes dans les cités pas loin de chez moi, on comprends que pour certains la seule chose qui les anime c'est la haine ou la vengeance.. 
La guerre est injustifiée.. surement oui.. mais je remercie quand même ceux qui se sont battus pour notre liberté.. parce sous le régime nazi, je doute qu'on aurait pû parlementer par exemple! Le mieux aurait été d'éviter cette guerre bien sûr.. Il y a des moments où la bétise humaine l'emporte..
Le coup de boule de Zidane m'a personnellement pas du tout plu. C'était retransmis devant des millions de gens.. bel exemple.. mais le geste en lui-même est un fait.. mais le pire ca était toute la médiatisation. Quelques jours après la finale, j'étais à nouveau dans ma banlieue, je voyais des jeunes jouaient normalement et n'y pensaint quasi plus.. une semaine après, les monos étaient désespérés : ces mêmes jeunes chantaient à tue tête la chansons "coup de boule", en mettaient plein et avaient même trouver un jeu sur internet qui consiste à mettre le plus de coup de boule...
Je ne justifie en rien et n'excuse pas son geste.. mais je voudrais ajouter que le joueur italien en question a eu des gestes bien pires que Zidane sur des terrains et n'a jamais été sanctionné.. tant qu'aux paroles, disons qu'il est connu pour ses propos racistes.. J'aurai aimé que celui-là soit bien plus sévérement puni qu'il ne l'a été.
Mama Pearl : la maman fantôme officielle!
Ne pense qu'à tes rêves.. les bétises des autres ne les terniront pas..
(Emilia)
Un de mes collègues est arbitre de foot en ses moments perdus. Et il m'a expliqué pourquoi les provocations verbales ne sont jamais sanctionnées : pour la simple raison que l'arbitre est souvent beaucoup trop loin des joueurs pour entendre ce qu'ils se disent. En revanche, il voit tout ce qui se passe, et il voit donc les gestes comme celui de Zidane. Donc, il sanctionne le geste, mais pas la provocation qui a précédé, car il n'a aucune information sur ce qui s'est passé. Au risque de passer pour rétrograde, je crois que rien ne justifie la violence, même pas des propos racistes ou humiliants. Si on veut régler ses comptes, je pense qu'il y a d'autres moyens, et ils n'ont pas leur place sur un stade de foot. Zidane n'aurait pas dû répondre, un point c'est tout, quelle qu'ait été la provocation. Et ne pas répondre aurait démontré un esprit intelligent. Parce que le but du provocateur, est toujours d'appeler une réaction de violence. Alors, tu parles de la seconde guerre mondiale, et ce que tu en dis me laisse sans trop de réponse... Je te parles de la violence ordinaire, celle qui consiste à humilier son voisin, la personne qui passe dans la rue, et à provoquer des réactions violentes. Si on répond à la violence par la violence, on ne peut pas s'en sortir. Je crois vraiment que la source de ces haines raciales, des problèmes interethniques se trouve en partie dans cette violence ordinaire, qui s'amplifie au fur et à mesure des réponses à ces fameuses provocations. Alors, bien sûr, ce n'est pas aussi simple en ce qui concerne le Moyen-Orient, par exemple. Mais une chose est pour moi certaine : ces peuples qui se déchirent depuis des centaines d'années (voire des millénaires en ce qui concerne la Palestine et Israël, puisque le problème remonte très loin dans l'histoire) ne savent et ne peuvent plus communiquer normalement entre eux. Tout dialogue est devenu radicalement impossible. Lors du cessez-le-feu au Liban il y a quelques jours, un soldat Israélien a dit qu'il était content de rentrer, mais qu'il pensait que malheureusement, ça recommencerait tôt ou tard... A croire que la guerre fait partie de leur fonctionnement... Et ce qui me fait mal, c'est de voir que des deux côtés de la frontière, ce sont les civils qui paient les pots cassés. Je suis loin d'avoir tout compris à ce qui se passe là-bas, c'est tellement compliqué... Ce que je vois, c'est la souffrance de ces hommes, de ces femmes et des enfants, identique de chaque côté de la frontière, chacun pensant que l'autre a tord et que son armée a raison d'en découdre avec l'adversaire. Ils acceptent ces guerres, ces souffrances inutiles, alors qu'il suffirait sans doute que leurs gouvernements respectifs trouvent une solution à ces problèmes pour qu'elles disparaissent...
Pour la seconde guerre mondiale, la question de savoir s'il fallait ou pas se défendre ne se pose même pas. Quand on est attaqué, quand on subit des violences, bien sûr qu'il faut se défendre. Ce que je veux dire, c'est qu'en cas d'attaque, j'ai le devoir de riposter, de me défendre, de me protéger. Cela ne rimerait à rien de rester là à ne rien faire et à attendre passivement la mort. Pour cela, il y a plusieurs façons de faire : la fuite, la riposte, etc... Une fois le conflit engagé, je crois que malheureusement, la guerre est là, et demande que les soldats entraînés pour soient envoyés au front pour défendre leur pays. En revanche, je ne suis pas certaine que les guerres soient inévitables. Y avait-il moyen d'éviter la 2e guerre mondiale ? Aucune idée, et la question n'a pas vraiment lieu d'être : cette guerre fait partie de notre passé, de notre histoire, et le passé ne peut être changé. Ce qui me rend folle, c'est de voir que toutes ces souffrances auraient dû nous apprendre quelque chose, au moins ce que signifie la guerre et les souffrances qu'elle apporte toujours. Or, on a l'impression que les hommes sont autistes, ou amnésiques, et qu'ils retombent fatalement dans les mêmes travers, qu'ils refont toujours les mêmes erreurs, et ça, ça me rend dingue. On a des livres, des films, des images d'époque, qui montrent ces horreurs. Et ça n'empêche en rien les dirigeants de nos pays de retomber dans le panneau à chaque fois que l'occasion se présente... Ils me font bien rire avec leurs "guerres propres"... Une guerre est une guerre, seuls les moyens de la faire évoluent, et ils ne font pas moins de dégats parce qu'ils sont plus sophistiqués. Au contraire. Avant les "guerres propres", c'était les militaires qui s'en prenaient plein la figure. Mais au moins, eux savaient ce qu'ils faisaient, et pour certains d'entre eux, c'était même leur métier (je ne parle pas des enrolés de force, des "malgré-nous" comme on dit en Alsace, qui ont été embarqués de force en Allemagne pour combattre aux côtés des Allemands contre les Français), je parle des militaires de métier, et j'en connais... Aujourd'hui, les militaires sont bien à l'abri dans leurs quartiers généraux, envoient des avions chargés de bombarder les "points stratégiques" ennemis... et ce sont les civils qui trinquent, parce que les bombes tombent où elles peuvent, et souvent à côté de leurs objectifs, malheureusement...
Je dois y aller, mais juste une dernière chose, histoire d'enfoncer encore le clou, pour moi, les guerres sont absurdes, totalement dénuées de sens. Et la plupart du temps, il y a à la base de ces événements la folie des hommes, leur vanité, le volonté d'écraser les autres. Ou de s'approprier leurs richesses... et malheureusement, ce sont souvent ceux qui ont déjà beaucoup qui en veulent toujours plus. Pourquoi les hommes ne sont-ils pas capables de se contenter de ce qu'ils ont ? En plus, souvent, ce n'est même pas au bénéfice de leurs peuples qu'ils veulent ces richesses, mais à leur propre bénéfice... Alors, où est l'intérêt ? On pourrait supposer que s'ils font ça, c'est pour rééquilibrer un peu les choses, réduire la misère de leur pays, par exemple... Ben même pas... J'avoue que si je n'étais pas croyante, si je n'avais pas vu ce que l'homme est capable de faire pour les autres, je serais un peu désespérée... Heureusement, l'homme est aussi capable de générosité, d'altruisme... J'ai été longue, désolée, c'était mon instant "coup de gueule"... pardonnez-moi ce kaldopost peut-être déplacé dans ce sujet...
On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.
Et ne pas répondre aurait démontré un esprit intelligent
.
Je suis bien d'accord avec toi et comme je l'ai dit, je ne justifie pas son geste qui méritait largement d'être sanctionné. Le problème que l'arbitre n'entende pas est normal, il n'est pas censé truffer le terrain de micro pour tout entendre! Mais on a actuellemnt des moyens de voir ou d'entendre, non pas au niveau de l'arbitre, mais avec la vidéo.. Il y a eu un match en Italie où Materrazzi a tenu des propos racistes envers un joueur de couleur noire en passant dans le couloir.. une caméra filmait et ça était entendu, seulement on a oublié cet incident assez vite. Là encore le geste de Zidane est impardonnable et ne pas répondre aurait été plus intelligent, d'autant plus que le but de son adversaire était clairement de le faire craquer.. malheureusement il a réussi
et je trouve ça déplorable.. surtout quand Zidane a été élu peu après "homme préféré des Français"... et que ce n'est pas le premier geste violent de sa part (essuyage de crampons sur un joueur en 98)!
La violence ordinaire.. je la vois à une certaine échelle : on m'insulte parce que je suis une fille, voire aussi parce que je suis blanche.. on a frappé mon copain pour "fêter ses 18ans".. on a inscrit des propos racistes à mon voisin Français (d'origine arabe).. il y en a d'autres qui vivent ça et encore d'autres des trucs bien plus graves.. Je n'ai jamais répondu par la violence, mais ce n'est pas l'envie qui me manque quand on veut me cracher dessus.. c'est dur de se contrôler, même si ce n'est pas tellement l'humiliation que me gêne, mais plus le manque de respect.. On m'a appris à ne pas répondre pour ne pas s'abaisser à un niveau de stupidité.. mais vivre ça au quotidien est assez rageant, tu sais. Alors à certains moments il y a des actes qu'on peut "comprendre", sans toutefois les excuser.. mais c'est bien sûr toute autre échelle que le Moyen Orient.. ou la Seconde Guerre mondiale.
Je voulais juste dire par cette allusion au Nazis que ma famille, alors non française mais belge s'est battu contre les Nazis pour qu'ils vivent en liberté en France et non sous ce régime là.. et pour eux la guerre était justifiée. Je n'appelle pas à la haine, quelle que soit ces formes, je la condamne sincèrement..
Cet héritage que ma laissée une partie de ma famille est en quelque sorte celui laissé par les familles Palestiniennes ou Israeliennes. Là encore à différentes échelles : nous avons fait la paix avec l'Allemagne et nous nous sommes rapprochés. Mon grand-père, anti allemand a appris à différencier les Allemands des Nazis et a compris ses erreurs.. Comme quoi la paix est possible, même entre deux peuples dits "ennemis". Je prends l'exemple de mon grand-père parce que c'est le seul que je connaisse vraiment.. désolé si c'est soulant ou moralisateur.
J'ai toujours le rêve que les familles du Proche-Orient puissent vivre sans craindre un bombardement, et je me dis que c'est possible.. même si dans leur cas, comme tu l'as dit, ça dure depuis beaucoup trop longtemps.
Mais une chose est pour moi certaine : ces peuples qui se déchirent depuis des centaines d'années (voire des millénaires en ce qui concerne la Palestine et Israël, puisque le problème remonte très loin dans l'histoire) ne savent et ne peuvent plus communiquer normalement entre eux. Tout dialogue est devenu radicalement impossible.
Je pense la même chose.. la paix est un mot qu'ils n'ont quasiment pas connu. Et c'est la différence avec nous et l'Allemagne. On a réussi à construire une paix avec un retour à la communication.. et c'est ce manque de dialogue (pour les raisons que tu évoques et d'autres aussi) qui empêche toute construction. Je ne comprends pas non plus totalement la situation là-bas et je doute que quelqu'un la comprenne totalement de A à Z.. mais voir cette souffrance, voir des enfants, des femmes et des hommes innocents tués des deux côtés me fait mal aussi (moins qu'eux c'est sur). Tout ce que tu as dit je te rejoins à 100%!
La guerre est surement évitable, du moins j'ose encore l'espérer. La question ne se pose pas tellement pour le passé, même si ça peut nous montrer nos erreurs. Mais à croire qu'on oublie le passé.. comme tu l'as dit! Tant qu'au terme "guerre propre" c'est un terme que je n'ai jamais pu utilisé.. parce que pour moi une guerre ne peut être propre! Surtout quand on tue des civils, et non des militaires de métier qui ont de quoi se défendre et qui savent ce qu'ils encourent (et là encore, je ne peux pas parler de guerre propres).
La guerre est souvent engendrée par la volonté et la soif de plus de pouvoir.. ce que tu as dit est ce que je pense, donc je ne vais pas répéter ce que tu as dit très clairement.
Juste pour finir, certaines guerres (celle d'invasion souvent) sont parfois justifiées dans le sens où un pays envahit a le droit de se défendre.. dans ce cas, pour moi elle est justifiée, mais en aucun cas ne peut-être propre et ne peut-être inévitable. Je ne suis pas spécialement croyante, mais je veux croire en un monde meilleur où l'on respecte chacun, un monde où il y aurait la paix.. j'y crois tout en voyant que c'est toujours aussi difficile.
*Désolée aussi pour ce long poste. Gobol, si jamais j'ai dit des choses blessantes, je te demande pardon, ce n'était absolument pas voulue! Je crois qu'on s'est mal comprise sur un point, parce que tout ce que j'ai lu, ressemble de très près à ce que je pense! Et désolée si je me suis mal exprimée.*
Mama Pearl : la maman fantôme officielle!
Ne pense qu'à tes rêves.. les bétises des autres ne les terniront pas..
(Emilia)
Gobol a écrit
J'avoue que si je n'étais pas croyante, si je n'avais pas vu ce que l'homme est capable de faire pour les autres, je serais un peu désespérée... Heureusement, l'homme est aussi capable de générosité, d'altruisme...
Je ne suis pour ma part pas croyant, mais j'ai exactement le même sentiment que toi.
Si des intérets particuliers faussent toujours les relations humaines, si par nature (esprit de survie?) l'Homme a toujours tendance à se valoriser au détriment de son entourage (qu'il s'agisse d'individus seuls ou de groupes), je crois que la raison peut permettre de relativiser cette "pulsion" individualiste et de prendre conscience de la nécessité de paix et d'entente pour un développement optimum de l'humanité et l'épanouissement de chacun de ses membres.
Ce phénomène existe déja à l'état inconscient chez beaucoup d'animaux (y compris l'Homme), ce qui nous permet de vivre en société. C'est devenu un réflexe au cours de l'évolution, mais il n'est pas généralisé à toute l'humanité, d'où le problème... Un effort de la raison est donc nécessaire pour passer outre cette carence, mais encore faut-il accepter (ou pouvoir) le faire... Une transformation de cet effort de la raison en réflexe est peut-être en train de s'opperer comme évolution naturelle (je l'espère), mais il faudra de toute façon plusieurs centaines d'années afin qu'un renouvellement culturel effectif puisse s'opérer et que cette hypothèse puisse être confirmée ou non...
Donc en attendant, le mieux est encore de perséverer en espérant qu'il en restera toujours une trace dans les mentalités, comme nous en avons conservé des réflexions humanistes des derniers siècles...
Le moral, c'est comme les chaussettes : ça se remonte!
Je crois qu'on ne pourra avoir un monde sans guerre que le jour où tous croiront qu'il est possible d'avoir un monde sans guerre. Combien de gens est-ce que je connais qui croient que les guerres sont inévitables, qu'elles font partie, en quelques sortes, de la fatalité. Donc, à très, très long terme, il faut tendre vers toujours plus de paix afin que les gens y croient de plus en plus. Alors seulement, on pourra envisager de concevoir l'avenir différement. Rêverais-je en couleurs?
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
Cherrydean a écrit Rêverais-je en couleurs?
En ce cas nous sommes deux.
Note toute fois que des progrès en ce sens ont été enregistré durant le XXème siècle avec notamment la création d'organismes officiels internationnaux de justice, de forces de paix et de controle des libertés. Même si ces organisations sont très incomplètes et demandent encore beaucoup de perfectionnement (ou de remplacement?), c'est déja un grand pas franchi en peu d'années (même pas un siècle depuis la SDN). Tu reves peut-etre en couleur, mais pour moi c'est dans ce cas un reve prémonitoire. Reste a lui donner le temps de se réaliser, et de ce côté je crois que nous ne le verrons pas nous-mêmes. Il est fréquent qu'un enfant connaisse aujourd'hui ses arrières-grands parents, ce qui fait quatre générations à etre en contact. Il faut donc au moins quatre générations pour changer durablement une mentalité... soit plus de 120 ans, au moins... Les changements ne sont donc pas pour demain...
Le moral, c'est comme les chaussettes : ça se remonte!
C'est vaste et je n'avais pas répondu parce que ça touchait des sentiments viscéraux. Voulant me donner le temps de la réflexion, j'ai évacué le sujet. Du coup, je vais répondre sans réfléchir, ce sera sot et spontané, vu la quantité de choses abordées.
Pour ma part, comme les anciens le savent probablement, j'estime que la notion de "tragique" est plus parlante que celle de bien et de mal pour lire certains éléments historiques. Il me semble impossible de réduire les actes violents à une alternative morale, car ils portent la contradiction en eux, par essence. Dans une option clairement difficile à revendiquer socialement aujourd'hui, je refuse personnellement de continuer à moraliser à outrance ce genre d'évènement.
Ainsi j'estime qu'il est légitime de condamner le nazisme dans sa composante totalitaire, violente et raciste, mais il m'est impossible de considérer son apparition comme autre-chose qu'un enchainement malheureux de faits dont la responsabilité est collective. Dans beaucoup de discours simplistes, on trouve deux réactions:
- Certains vont, même tacitement, légitimer le traîté de Versailles. Ce qui revient à faire passer pour négligeable la part des motivations de type "vae victis" présidant à ce texte;
- D'autres, finalement encore plus cyniques, vous diraient qu'imposer trop de conditions à l'Allemagne était une erreur parce que ça a amené l'ultra-nationalisme ultérieur, ce qui, au fond, est un excès de pragmatisme dissimulant mal l'idée selon laquelle il n'est pas totalement illégitime d'imposer des trucs arbitraires aux gens à condition de ne pas abuser, pour ne pas qu'ils finissent par se rebiffer... Machiavel dans le texte, quoi.
Appliquer l'idée de légitimité et de bien à la lutte armée contre le nazisme est une chose que je ne fais plus, quand bien-même ça ferait hurler les trois quarts de la population. Entendons-nous bien, il y a des tas de choses moralement légitimes et bonnes: refuser un totalitarisme meurtrier, s'engager corps et âme pour qu'autrui n'ait pas à en subir l'horreur, se sacrifier, rien à redire là-dessus. Le fond de l'engagement contre le nazisme me semble moral. La forme sort de la morale. Il est moral de se sacrifier, non de sacrifier autrui. Non seulement tuer les criminels reste tuer (la morale civique autant que la morale chrétienne nous enjoignent de ne pas nous faire justice nous-même), mais bien plus, il n'y a aucune valeur morale à sacrifier autrui au bien, si l'on considère que c'est ce qu'a fait tout le monde. L'acte de guerre, même du côté de celui dont l'engagement est hypothétiquement moral, revient à considérer que la fin justifie les moyens. Dans ce pragmatisme s'opère la pire des confusions.
La notion de tragique, plus complexe que l'opposition entre morale et immoralité, nous dit plutôt que la liberté individuelle, idéalement importante, est dans l'action limitée le plus souvent à une alternative impossible et contradictoire où, dans le cas le plus facile à résoudre, il faut choisir entre le pire et le moins pire. La seconde guerre mondiale est un contexte détestable dans lequel l'héroïsme, là où il existe, atteint pleinement la dimension tragique. Contraint par des déterminismes contradictoires, l'individu peut y être amené à résoudre le mal par le moins mal, et le héros n'est pas tant celui qui fait les plus grandes choses que celui qui, au milieu de tout ça, continue tant bien que mal d'être motivé par la morale. Quand aujourd'hui nous sommes heureux du dénouement, et que nous célébrons la mémoire de ceux qui se sont sacrifiés, cette liesse ne peut être que baignée de larmes - et j'estime qu'on peut continuer à considérer la chute du nazisme comme une victoire sur la barbarie tout en tenant tout acte dans lequel des innocents on souffert comme un crime. J'aimerais assez que la conscience tragique remplace une pensée dominante de type binaire où qualifier le bombardement de Dresde de meurtre massif passe pour du révisionnisme. À mon sens on ne peut plus ni condamner ni louer les individus, pris dans une tourmente qui leur a fait commettre des actes. Au delà de la minuscule catégorie des héros et des ordures (les vrais "bons" et "mauvais"), il y a la masse des pauvres bougres totalement dépassés par l'ampleur de la chose. La tragédie peut permettre à certains d'en sortir à condition de marcher encore plus que les autres sur la corde raide entre le moral et l'immoral.
Du reste la pensée tragique n'est pas un fatalisme et une invitation à subir. J'ignore quel aurait été mon engagement si j'avais été là en 1939-45 ou avant, et je mets au défi quiconque d'être vraiment capable de dire un truc du genre: moi j'aurais été dans tel ou tel camp. À part bien-entendu ceux qui estiment encore que la fin justifie les moyens (quand les moyens impliquent la violence). L'idée même de "force publique" (police, armée) est marquée du sceau du tragique dans la mesure où c'est le maintien de l'état de droit qui va impliquer sa défense occasionnelle par la force réelle (taper) ou par sa possibilité (menacer de taper). Que nous n'ayons pas d'autre option que d'accepter les contradictions est par excellence la marque du tragique, et comme c'est dur, la pensée binaire a tôt fait de reprendre le dessus dans la foule...
Certes la notion de tragique, dans ma propre vision des choses, est imprégnée du contexte culturel judéo-chrétien dans lequel, au fond, le tragique est une appellation possible de la condition humaine après la chute. Mais je pense que même sans celà, ça doit rester envisageable. Et quand bien même ce serait totalement débile, au moins ça a l’unique mérite de ne pas être binaire.

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Je scinde en deux, la partie la plus fumeuse arrive maintenant, mais je vous avais prévenu que je répondais avec mes tripes sans trop réfléchir.
Sur un autre point, l’idée de l’exil. Pour moi, c’est la moins envisageable des options, seule la contrainte m’y forcerait.
Evidemment, si l’on prend les cas extrêmes... J’aimerais mieux savoir ma famille et mes amis loin du danger, même dans une hypothétique nation idéale (yokotsunienne au Canada ou pas
), qu’applatis sous des bombes. Mais pour quoi faire? Pour y aller pleurer ce que nous avons laissé?
Alors, si on me demande maintenant, qu’on me laisse le temps d’y réfléchir alors que je ne suis pas dans le contexte d’une obligation de sauver ma peau et celle de mes proches, c’est non du premier coup.
Mon identité est faite de tout ce qu’on ne refera pas dans l’espace d’une vie ailleurs. Je me fous du lien du sang, du caractère sacré de la terre des ancêtres et autres bidules abstraits. Je veux du concret, les forums impériaux à Rome, un gros rocher rose à Pleumeur-Bodou, le vent de la Baltique, le grand escalier de l’opéra Garnier, le vin d’Alsace, le Danube. Même les HLM soviétiques de Vilnius, ça fait partie de moi. J’appartiens peut-être à la première génération où l’on peut ressentir ça sans être un savant ou un grand voyageur, mais l’Europe m’appartiens et je lui appartiens de Gibraltar à la forêt finlandaise. Je ressens quelque-chose qui pourrait me faire aller en Russie ou sur l’autre rive de la Méditerranée, une proximité, mais je n’irai pas dans une cité idéale montée de toutes pièces au Canada, autrement qu’en touriste ou contraint par le sort le plus funeste. Je veux voir le monde, je veux bien être citoyen du monde, mais j’ai un chez moi.
Alors, oui, les évolutions politiques sont souvent un pragmatisme, je suis le premier à râler parce que j’ai l’impression que l’Europe se construit actuellement dans la logique du club (club économique et politique). Je n’ai pas de certitude quant à la fin des guerres. Mais on me demande d’agir, par ma dignité de citoyen, par mes engagements moraux, par mon travail. N’étant pas porté sur le cynisme, effectivement, je vis avec cette fiction que l’on appelle avoir une idéologie, celle de la dignité et de la grandeur de la civilisation européenne que les générations actuelles et futures construiraient sur la base de l’état de droit, de la compassion, de la culture, de la science à bon escient; la fierté d’en être, d’avoir nos villes et nos forêts comme patrie et comme support d’une immense diversité culturelle, de m’ouvrir au monde entier pour échanger, apprendre. Dire un jour: nous sommes européens, notre terre est bénie des Dieux même si nous en avons trop souvent fait un champ de battaille; nous nous construisons avec des valeurs nouvelles, venez tous nous voir, nous vous tendons tous la main. C’est de l’émotionnel. Je préfère l’émotionnel au pragmatisme à outrance, parce que cette émotion-là encourage à l’action, quand cette action s’appelle construire notre avenir sur la paix, l’indépendance et la culture.
Pour en revenir à des considérations plus factuelles, j’étais profondément sceptique quant au texte du traité constitutionnel lui-même, que je trouvais trop peu fédéraliste, trop oligarchique à mon goût, et trop timide (il ne faisait qu’entériner une situation vécue). Pour autant, justement, et alors que j’ai longtemps hésité avant de voter pour ou contre, je refuse de considérer un résultat électoral (même s’il s’était trouvé aller dans mon sens) dont les motivations se trouvent être, dans beaucoup des Etats qui ont usé de réferendum, liées à des considérations de politique politicienne...
-Edité le: Lundi 28 août 2006 à 01:43 par Hallberg-

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Hall, tu n'aurais pas "oublié" de finir ta phrase ????
Je n'ai pas tout compris de ce que tu as dit, mais il me semble que ça rejoint plus ou moins ce que je disais plus haut...
Pearl, ne t'en fais pas, tu ne m'as pas blessée outre mesure : ma réaction était très viscérale (tout comme Hall) et assez irréfléchie je l'avoue, tout simplement parce que ce que je vis en ce moment, le fait d'avoir des enfants, d'en mettre un autre au monde dans trois mois maintenant, me fait prendre conscience chaque jour davantage de l'absurdité de certaines choses dans notre monde, et que je me sens de plus en plus impuissante à y changer quoi que ce soit, si ce n'est à me bagarrer pour transmettre certaines "valeurs" (je n'aime pas trop ce mot, je le trouve de plus en plus utilisé à toutes les sauces, et il risque de perdre son sens, mais bon...) à mes enfants. Et qu'en plus, j'ai parfois du mal à le faire, quand je vois les jeux de ma fille de quatre ans...
D'autre part, le massacre de ces enfants (puisqu'il faut bien appeler un chat un chat) au Liban m'a fait un mal atroce...(moins qu'à eux, c'est évident, mais je ne peux m'empêcher de me sentir concernée...) d'autant plus que la télévision épargne de moins en moins de choses : on a carrément vu, cette fois, aux infos de 20 heures, les corps sans vie de ces enfants de l'âge de mon aînée... Ca fait mal, très mal...
J'ai été désolée aussi de lire ce que tu dis à propos de la violence ordinaire, et je me rends compte qu'une fois de plus, j'aurais dû me taire : j'ai bien l'impression, à te lire, que je parle de choses que je ne connais pas, pour vivre dans un quartier tranquille, sans supporter au quotidien cette violence dont tu parles... Pardonne-moi.
Rom, je ne sais pas si j'ai bien compris tout ce que tu disais à propos de l'évolution, et des animaux... Dans ce que je crois, l'instinct de survie est ce qu'il y a de plus fort chez toutes les espèces animales, et l'homme n'y fait pas exception. Pour moi, ça implique plutôt des réactions comme, justement, de faire la guerre à son voisin pour assurer sa propre subsistance, ou sa survie. Si justement l'homme parvient parfois à faire la paix, ce n'est pas, à mon sens, une question d'évolution, mais plus une question de raison, et ce n'est pas inscrit dans nos gênes, mais dans notre conscience, qui, si je ne m'abuse, est absente chez les animaux. Alors, à mon avis (mais je fais peut-être erreur, peut-être peux-tu préciser davantage ce que tu voulais dire), l'homme doit au contraire lutter constamment contre ses instincts pour pouvoir vivre en société. Et l'évolution de nos sociétés occidentales me fait un peu (beaucoup, très...) peur, parce que justement, à force d'aller vers l'individualisme forcené qu'on connaît de plus en plus, on risque aussi d'anihiler tous ces efforts que l'on fait au quotidien pour assurer la vie en société à laquelle nous aspirons, finalement, tous. Je pense simplement à un exemple moins sanglant que les guerres : il s'agit du mariage (ceux qui me connaissent bien savent que c'est quelque chose de très important pour moi). Je viens de lire un livre où il est question justement des langages de l'amour. Et j'y ai découvert quelque chose d'étonnant, et qui remet tout en question pour moi, dans la mesure où l'auteur expérimente une thérapie conjugale basée sur l'abnégation, l'oubli de soi-même (pas tout à fait, mais presque), de manière à montrer à un conjoint qu'on l'aime malgré tout, et à sauver ainsi un mariage donné pour mort par toutes les personnes qui en avaient entendu parler. Ce que je veux dire, c'est que ce conseiller conjugal tentait de redonner une chance à un mariage perdu, qui semblait voué à l'échec pour tous, en aidant simplement la femme à parler à son mari le langage d'amour que lui-même connaissait et parlait, alors qu'elle en était venue à le haïr, tout en étant incapable de le quitter. L'expérience a pris 6 mois, au bout desquels le mariage a été finalement sauvé.
Pourquoi je vous parle de ça ? Parce qu'en session de préparation au mariage, au printemps dernier, nous avons entendu une jeune femme (qui se préparait donc à se marier pour la vie, dans le cadre d'un mariage catholique, donc indissoluble normalement), dire que si elle était amenée à divorcer, elle serait heureuse du chemin parcouru avec celui qu'elle allait épouser quelques mois plus tard. J'ai été tellement abasourdie d'entendre ça à une préparation au mariage, que j'ai été incapable de réagir.
Autrement dit, "il me convient, je me marie avec lui, ça ne va plus entre nous, il ne me convient plus, je divorce, je le jette". Pour moi, c'est odieux, c'est comme ce jeune homme, dans une autre session, qui me dit franchement, à propos de la vie de couple avant le mariage : "clairement, on teste la marchandise avant d'acheter". Autrement dit, "je t'essaye, telle une chemise ou un pantalon. Si tu me conviens, je veux bien me marier, sinon, j'irai voir ailleurs, et on se sépare". Cela revient, dans les deux cas, à réduire l'autre à l'état d'objet. Cet objet me convient, pour un temps, pour un an, pour 5 ou 10. Il ne me convient plus ? Qu'importe, je peux en changer, comme je change de télévision, de voiture. On pense à soi avant de penser au couple, à l'autre, aux enfants qui seraient éventuellement nés dans l'intervalle. Et ça, pour moi, c'est assez insupportable, parce que cela dénote un non-engagement, alors qu'il a tout l'aspect de l'engagement. Et surtout, un non respect incroyable de l'être humain de qui on partage la vie... sans parler des conséquences psychologiques pour l'un ou l'autre, pour les deux, ou simplement pour celui qui a été délaissé... Il m'arrive parfois de souhaiter que ces couples ouvrent les yeux, et décident finalement de ne pas se marier dans ces conditions-là...
(désolée, c'était encore mon coup de gueule, mais pas du tout contre vous, soyez rassurés... et encore un kaldopost... j'espère que vous avez du courage ce soir... ou demain !)
On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.
Pearl, Hallberg et Gobol et les autres j'ai lu tous vos kaldo-posts jusqu'au bout, si si je vous assure
... mais j'ai pas le courage de répondre ce soir, trop de choses à assimiler.
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Fantôme chouette ou chouette fantôme ?
Gütiokipänjä !!!
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Phrase complétée. Il n'en manquait pas beaucoup.

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Bien moi, je ne les lirai pas ce soir. Je suis trop fatiguée.
-Edité le: Lundi 28 août 2006 à 06:58 par Cherrydean-
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
Pour répondre à Pearl :
Effectivement par rapport à toi, j’ai l’impression de vivre dans un environnement beaucoup plus protégé. Mais peut être la différence est-elle que je suis plus âgée que toi (d’environ 4 ans si j’ai bien calculé) et que les choses ont très rapidement évolué entre temps (en tout cas pour ce que j’en ai constaté dans mon quartier). Je m’explique: j’habite à côté du cycle (école pour les 13-16 ans) et je sais un peu ce qui s’y passe parce qu’un copain à mon frère y est prof et parce que je donne des cours d’appui à des élèves de cet âge.
Quand j’y étais ça avait la réputation d’être une école campagnarde et assez tranquille. J’ai déjà vu la différence quand ma petite sœur y est allée et maintenant quand j’entends mes élèves raconter se qui s’y passe, j’ai vraiment l’impression que c’est la jungle… du genre deux kosovars ont réglé leurs comptes au couteau dans la cour, ou pour fêter l’anni d’une fille ils l’ont bastonnée dans les toilettes… j’arrive pas à comprendre, j’entends juste ce qui ce passe et je me dis, mais ils sont malades !!! Il n’y a vraiment rien à voir avec l’ambiance qu’il y avait quand j’étais plus jeune (et en plus, j’étais assez douée pour passer inaperçue alors j’ai jamais eu de problèmes graves), d’ailleurs maintenant on voit quelque fois des voitures de police passer dans les rues autour de l’école et on a mis des barreaux à tous les points d’accès de l’école depuis que les petits malins ont essayé de la faire brûler un jour…
Je dois cependant préciser que malgré le fait de vivre à côté de cette école, le quartier est vraiment assez tranquille, à cause de la « politique immobilière » du coin. Quand on est venu s’installer là il y a environ 15 ans on était une famille nombreuse et les appartements qui venaient d’être construits et étaient subventionnés par l’état pour avoir un loyer bas pour les familles. Puis, progressivement l’état a cessé les subventions et les appart deviennent de plus en plus cher, donc le quartier n’est pas devenu une zone, mais plutôt pour des gens disons pas riches mais classe moyenne. Du coup notre appart qui est "trop" grand (vu que trois de mes frères et sœurs sont déjà partis de la maison) nous revient cher, mais on déménage pas parce que avec la situation actuelle de l’immobilier à Genève on n’a trouvé pour l’instant que plus petit et tout aussi cher… alors on préfère chaque enfant donner une petite contribution et pouvoir revenir faire la fiesta ou accueillir la famille élargie de temps en temps, c’est quand même pratique ! Tout ça pour dire que je ne vis pas la violence au quotidien comme toi Pearl, mais de plus loin et je t’admire de tenir bon là dedans… tout comme j’admire ce copain de mon frère qui est prof , qui aime son métier et qui y est doué… (ça devient quand même assez rare faut le reconnaître).
Pour répondre à Hallberg :
Au sujet de l’exil : je suis assez d’accord avec toi. Si j’imagine la situation, une menace de guerre, en Suisse (enfin en Europe) je me vois mal partir sur l’autre continent. Je n’ai jamais eu le mal du pays durant mes séjours à l’étranger mais c’était toujours sur l’europe. Et puis la perspective est très différente lorsqu’on sait que c’est pour un temps limité, même si la date de retour paraît très lointaine. J’aime mon pays, les paysages, les villes et … les autres habitants ! Bon, si j’avais une famille ça serait peut être différent mais là je me vois mal partir en sachant que la plupart de ma famille et de mes amis restent sur place. Je ne partirais vraiment pas je crois, et si j’y suis obligée, j’attendrais jusqu’au dernier moment et avec l’espoir de revenir un jour (ce qui se révèle malheureusement très hypothéqué dans ce genre de cas…)
-Edité le: Lundi 28 août 2006 à 10:23 par Eli-
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Fantôme chouette ou chouette fantôme ?
Gütiokipänjä !!!
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