Ben dites, je ne vais plus oser "monter" à Paris, moi... J'aime bien, pourtant, et il faut dire que quand j'y vais, d'une part, je commence par 1/2 h de métro jusque chez Hall (enfin, moins, mais je compte le trajet à pied et l'arrêt à la boulangerie pour le petit déjeuner), puis re-belote pour 9h30, mais là, c'est tout près, et dans un quartier très beau en plein centre (le CNAM, vous connaissez ?), puis restau avec les collègues, et re-réunion, et retour à la gare pour le départ, toujours en métro... Mais c'est vrai que le soir, je ne serais pas vraiment rassurée, en fait...
On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.
J'habite dans un quartier curieux. C'est un quartier ouvrier qui, branchitude acquise à coups de bars à la mode oblige, est devenu socialement très hétérogène. Il y a de très beaux logements occupés par des gens aisés à très aisés, surtout dès qu'on rentre dans les cours intérieures, et notamment les "cités" qui, chez nous, sont des allées privées bordées d'anciens bâtiments industriels ou artisanaux. Ces endroits sont très recherchés parce qu'ils sont calmes, à l'abri du bruit de la rue. Pour le reste, il y a également des populations d'origines variées et de niveau de vie très diversifié. Quartier popu et branchouille à la fois, franchement, on y croise souvent des gens qui, désolé de le dire, ont un genre qui n'inspire pas confiance, et aussi des gens qui sortent un peu éméchés des bars; en outre, il y a aussi toute la jeunesse fêtarde qui sort des mêmes bars ou qui rentre dans les boîtes, des fois on sent qu'ils ne fûment pas que du tabac.
C'est donc un quartier où, si vous vous promenez avec un billet de 100 euros dépassant de votre poche, il partira plus vite qu'ailleurs. Paradoxe apparent, mais logique, finalement, c'est d'après la police, les chauffeurs de taxis, etc, un des quartiers de Paris où le nombre d'agressions véritables et de violences est le plus bas. Les commerces restent ouverts très tard dans la nuit, l'affluence sur la rue est permanente, il y a des gens chiants, mais quand je reviens d'autre-part et que je me retrouve sur ma rue, paradoxalement, je me sens en sécurité parce qu'il y a du monde pratiquement toute la nuit.
Sur la sécurité dans Paris en général, statistiquement une personne prudente peut passer toute sa vie sans avoir de problème mais il est évident aussi que ça rend prudent. J'ai l'habitude de cramponner mon sac, de toujours faire attention à le tenir fermement quand on est un peu serrés dans le métro, à veiller à ne jamais monter dans un wagon trop vide, le soir. Je l'avoue bien humblement, je fais de la tête du client. Difficile d'y échapper totalement. La nuit, je ne monterais jamais dans un wagon occupé par une bande de jeunes habillés façon rappeur, je recherche spontanément un compartiment occupé par des personnes de tous les âges et d'un genre vestimentaire et comportemental plus neutre. Après, c'est tellement ancré que ça ne me semble pas une contrainte, c'est de l'ordre du réflexe.
Après, bon, pour en terminer avec les aspects repoussants de la vie citadine, l'incivilité, l'impolitesse, la grossièreté, sont partout. Quand je suis de mauvais poil, j'ai tendance à trouver que tout est motif de contrariété, depuis les gens formellement impolis jusqu'au petit détail, du genre, le gros gars qui pue la sueur et qui se colle contre vous sous prétexte que la banquette est un peu étroite.
Pour ce qui est des débiles qui vous interpellent dans la rue, idem, j'en ai ma part et en particulier pour un point sur lequel je crois comprendre une grande partie des craintes des dames du forum. En hiver surtout, ma crinière (et accessoirement ma voix, dans certains cas) qui me fait parfois appeler "madame" au premier abord, m'apporte aussi quelques désagréments, très rares mais réels, avec des gars pas fins et un peu entreprenants. À l'inverse je me suis déjà payé des remarques de crétins qui sur ce simple indice s'imaginent que je suis nécessairement homosexuel. Donc bon, en fait, je prends à peu près les mêmes précautions qu'une femme, estimant que qui peut le plus peut le moins: j'évite d'être seul dans un wagon, je fais attention aux endroits où je passe à pied, j'évite les rues trop désertes et je préfère rentrer tard, dans la dernière demi-heure de service du métro, où les trains sont chargés parce que tout le monde rentre.
Après, évidemment, la banlieue nord, le neuf-trois et autres, je n'ai jamais besoin d'y aller le soir et bon, en journée, les rares fois où ça m'arrive, je pense que je me fais facilement trop de cheveux blancs.
Bon, je sens que si je continue, je vais perdre la "clientèle" de Gobol et qu'on ne tardera pas à me dire: si tu veux me voir, tu te déplaces, je ne prends plus le métro... Franchement, je vis ici depuis sept ans, le parisien moyen passe sa vie à subir de petites contrariétés et ne se fait pas agresser (il se prend "seulement" l'impolitesse crasse et le comportement de bourrin de ses concitoyens). On n'est pas à Bogota ni à New-York il y a vingt ans.
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La saleté ambiante, l'impolitesse généralisée des gens, le bruit, le coût de la vie (en particulier du logement), la petite taille des logements (conséquence du précédent)...
Je ne sais pas combien de temps je vais supporter tout ça, mais pour l'instant, clairement, je ne sais pas vivre ailleurs qu'en ville.
Être au coeur de la culture, les expositions, l'opéra (surtout... j'économise des bouts de chandelles question vêtements, logement... pour cette passion), ma propre activité musicale même si bon, je ne suis pas encore Offenbach, la cinémathèque, les films de tous les pays, les librairies partout...
Ne pas dépendre de l'automobile (nécessité économique et pratique pour moi, ça coûte cher et je n'ai pas le permis, autant que conviction environnementale)...
Pouvoir me rendre partout en Europe grâce au réseau des transports...
Tout ça, je ne suis pas prêt, pour l'instant, à en faire mon deuil. À chaque fois qu'on a tenté de me montrer les compensations existant dans la vie dans une petite ville, ça ne m'a jamais semblé suffisant. Vente par correspondance, disque et DVD, ça ne compense pas. Dans une saison culturelle, j'ai beau me dire qu'on savoure plus quand on a moins, je suis toujours frustré quand l'offre m'est imposée.
Sinon, j'aime la campagne et les petites villes quand je me promène, que je prends le temps de flaner - là, j'adore ça. Quand je dois passer quelques jours dans une petite ville, je fais comme dans une grande, je visite, je profite de la vie. Mais même si j'aimerais franchement pouvoir m'évader chaque week-end ou presque, viscéralement je ne peux concevoir mon "camp de base" qu'en centre-ville...
En revanche, Paris est vraiment un cas particulier, c'est un excès permanent dans tous les domaines. Question confort de vie, je regrette toujours les deux autres villes de ma vie, Berlin et Lyon. Moins de stress, moins de saleté, moins d'insécurité, plus d'air, ou du moins les ai-je toujours ressenties comme ça. La prochaine étape serait peut-être de repartir pour l'une de ces deux villes, tout en sachant que j'aimerai toujours Paris...

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
C'est beau Paris (ben oui, j'y suis déjà allé figurez-vous) et il y a tout un tas de trucs à faire et à voir, mais je ne voudrais pas y vivre. Pour moi, une petite ville, voire un village, pas trop loin d'un grand centre me conviendrait parfaitement. Il faut dire que je ne suis pas sorteuse et que je suis plutôt cordonnier mal-chaussé, à savoir que je joue, j'écris et j'enseigne la musique, mais je ne vais pratiquement jamais aux concerts ni même ne prends la peine de mettre un disque. Pas la peine, j'ai toujours de la musique dans la tête. De plus, je n'arrive pas à travailler avec de la musique et puis, à force d'écrire, de jouer et d'enseigner la musique, je ne suis pas portée à en écouter pour me détendre: c'est dans le silence que je trouve du repos. Les sorties que j'aime le plus sont dans le genre de ma dernière, soit être allée marcher avec un ami sur le bord du fleuve.
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
Tu peux aller voir Hallberg, Gobol 
Je connais un peu le 11° (proximité de chez moi) et je vois à peu près ce que tu ressens. J'avoue que ce mix "pauvres/riches" est assez.. spécial à voir. Hier, j'ai entendu une personne (dont je tairais son parti politique) qui m'a sorti "ceux qui se font agresser, c'est parce qu'ils le cherchent".. Pour la première fois de ma vie, je n'ai même pas réagi.. en fait j'ai eu des Jeunes révolutionnaires communistes dans ma classe l'an passé, j'ai appris que j'avais toujours tort et eux raison, même s'ils se contredisent
Donc à bon entendeur... salut 
Bon courage Hall.. même si tu n'es pas homosexuel (et même si tu l'étais).. Les gens (enfin.. des idiots) continuent à traîter les gens de "pédé" ou "tapette" (au choix selon l'humeur)toutes personnes masculines ayant un "trait féminin". En gros n'importe qui..
Quand tu racontes ton périple dans le métro, je me vois
Je suis plutôt ville que campagne, même si à certains moments j'aime être dans le calme.
Mama Pearl : la maman fantôme officielle!
Ne pense qu'à tes rêves.. les bétises des autres ne les terniront pas..
(Emilia)
C'est vrai que Paris, c'est une ville superbe!
Hier je m'y suis baladée pendant quelques heures avec un ami, et c'etait trop beau!! on est tombés sur une cérémonie à l'eglise de la Madeleine, le lavage des marches, c'est une cérémonie Brésilienne, il y avait de la musique et des chanteurs de là bas, c'etait tres beau!!!
Sinon, c'est vrai que niveau sortie, c'est le bonheur, j'adore le theatre et j'en profite beaucoup ici!!!
Il y a du choix pour tous les prix (parce que ça coute cher quand meme des fois!!)
Sur l'activité musicale, j'ai passé quelques mois à Clermont-Ferrand, qui n'est pourtant pas ce que l'on appellerait une petite ville. Je n'imagine pas poursuivre une activité musicale de façon autonome là-bas. Quand on cherche une partition éditée, la moitié du temps il faut la commander par correspondance parce que le magasin du coin n'a que les grands classiques, et encore. Quand on cherche quelque-chose qui n'est pas édité, faut pas compter sur la bibliothèque du coin, faut aller à Paris. Or acheter une partition par correspondance, ou se déplacer à Paris pour la consulter à la BNF, sans savoir à l'avance plus ou moins ce qu'il y a dedans, puis quoi encore? Si on n'a pas la possibilité de feuilleter... alors il faut faire comment, se fier à la réputation du compositeur? Ou prendre le risque de dépenser de l'argent pour ramener chez soi une oeuvre qui finalement ne vous intéresse pas? Bref, c'est vraiment pas pratique. Pour ça, faut quand même avouer que la numérisation des fonds des bibliothèques serait incroyablement pratique.
Sinon pour les concerts et représentations, ça reste essentiel pour moi et ça le resterait probablement si je faisais de la musique à plein temps dans la mesure où ça me permet de fréquenter des répertoires que je ne pratique pas moi-même (soit que je n'ai pas l'envie ou les connaissances et aptitudes pour les pratiquer, soit que question moyens matériels, financiers, humains, je n'en suis pas encore là et il y a des chances pour que je n'y sois jamais). De toutes façons pour l'essentiel il s'agit de théâtre musical (opéra, opérette, comédie musicale...) car je ne vais bien plus rarement à un concert proprement-dit. Pour le disque, c'est un peu différent, je suis de ces musiciens qui cherchent perpétuellement l'utopique vérité interprétative, le tempo juste, le phrasé idéal, le bon choix d'instruments et de voix... Je sais que ça semble un vice à d'autres, mais on ne se refait pas. Pour ce que je suis susceptible de mettre en pratique, ça passe par l'envie de connaître ce qui s'est fait avant, et pour le reste, je ne peux pas me contenter de la connaissance de l'oeuvre, il me faut la complicité de l'interprète. Si je me contente d'avoir la partition, je me mets à imaginer ce qu'il faudrait en faire et ça revient à peu près au même, c'est mental. De toutes façons, l'écoute n'occupe qu'une petite partie de mon temps de repos, les représentations "en vrai" parce que ça coûte une petite fortune, et le disque parce qu'à la longue c'est assommant. Comme tout le monde, le repos proprement dit exige le silence... D'ailleurs difficile à obtenir ici...
Pearl, l'ambiguïté pour certains débiles provient principalement de ma tignasse parce qu'au physique, il n'y a pas trop d'équivoque, sinon. Et donc sauf l'été où tout le monde est en t-shirt, je sais que je n'arrange pas les choses car je m'habille pratiquement tout le temps de façon neutre, relativement amplement et ça dissimule quand même un peu les formes. Bon, je ne vais pas me mettre à cultiver une apparence de mec stéréotypé pour faire plaisir aux crétins. On peut faire des efforts dans tout, y compris faire un peu gaffe à ne pas se promener seul à Sarcelles la nuit avec une bague en diamant, mais pas au point d'en arriver à devoir arranger son apparence, dont d'habitude on se fout complètement et dont on laisse à sa spontanéïté la tâche d'en décider plus ou moins. Après, bon, c'est quand même une gène très minoritaire. Quand en plein hiver il m'arrive de me remarquer l'attitude que beaucoup de gars pas très futés parce qu'il peut y avoir confusion tant qu'on ne me regarde pas trop dans les yeux, franchement, je me demande si les filles en viennent à laisser glisser toute cette bêtise sur elles sans y prêter attention; mais surtout je me demande quelle est cette catégorie d'hommes qui, dans la rue, ne peuvent s'empécher de fixer bêtement ou d'adresser la parole encore plus bêtement quand on leur a rien demandé. C'est en avoir honte de mes congénères.
Curieusement, sur la sécurité, globalement, j'ai toujours moins ressenti les choses de façon opressante à Lyon et à Berlin. Peut-être est-ce parce que j'y étais plus jeune et que je me rendais moins compte (et par bonheur je n'ai jamais eu de problème, sauf une fois où j'ai eu la trouille à Lyon, et chance inouïe, un bon copain d'école, un type costaud avec un physique à faire peur et un air de sadique vicieux, mais très gentil, est monté et s'est assis à côté de moi).
Après, il va sans dire que ce sont globalement des villes plus calmes que Paris, et à Lyon, s'il y a des banlieues qui défraient la chronique de temps en temps, bon, c'est comme Sarcelles, on sait globalement qu'on n'y va pas faire du tourisme. En gros ce sont des villes à la densité très inférieure, plus aérées, un peu moins touristiques, et où globalement la mentalité est plus disciplinée, moins stressée, où les gens se font moins la gueule... C'est plus propre, aussi, et curieusement la saleté joue beaucoup dans le sentiment d'insécurité.
À Berlin, au fond, le fait que la ville devienne de plus en plus un carrefour de la branchitude internationale avec musique techno, boîtes de nuit, love parade, gay-pride et tout le toutim, est quelque-chose qui m'a toujours agacé parce que, même si c'est probablement un préjugé, j'avais le sentiment que ça attirait toute une "faune"... Sans compter que même avant, il y avait réellement des néo-nazis quelque-part en ville. Mais quand j'étais adolescent, il y avait clairement l'ouest réputé pour ses marginaux et ses trucs de jeunes, et le centre-est franchement tranquille, fondamentalement démodé, déglingué, et aux foyers artistiques "alternatifs" gentiment cinglés. Maintenant, bon, c'est dans l'ordre des choses, au moins pour certains aspects, la dichotomie s'atténue.
À Lyon, maintenant, je me dis aussi que quand on est gosse, on ose tout... Et notamment fréquenter les traboules assidument (passages sous les immeubles dans un quartier à l'époque très mal tenu et potentiellement pas toujours fréquentable), descendre dans les souterrrains... Je me dis donc parfois que ce sentiment de plus de sécurité que je garde tient en grande partie au fait qu'avec le recul, je suis devenu prudent et que je prends conscience de certaines choses... Quand je descendais, la nuit tombée, du conservatoire, j'empruntais un réseau de ruelles étroites et peu fréquentées parce que ça me détendait plutôt que de prendre le métro, et que ça allait plus vite que par la rue "normale"...

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Oui je vois le genre à peu près.. Là vu mon état, j'aurai envie d'être dans un train et partir le plus loin possible..
Vendredi mon copain s'était fait agressé par un gars : depuis un an où il avait eu le nez cassé, mon copain se balade avec une lacrymo.. inutile de préciser qu'il s'en est servi..
Je suis allée le voir en début d'aprem, et je devais aller au cinéma voir Nausicaa avec ma tante.. Il avait pas très envie de descendre la rue où il s'était fait agressé, alors je lui ai dit de m'accompagner jusqu'au début et que je descenderais la rue seule.. il a pas osé dire non.. j'aurai dû quitter sa maison seule
Il m'a ramené jusqu'au début de la rue, au feu rouge.. un type descendait une rue perpendiculaire à nous : c'était le gars de vendredi.. Il a reconnu mon copain et est venu directement vers nous.. J'ai réussi à me mettre entre eux dès le début mais ça a dégénéré évidemment et la droite que devait se prendre mon copain.. c'est moi qui l'est reçue.. j'ai eu la présence d'esprit de me reculer mais pas assez pour l'éviter.. Puis il a rejoint ses potes dans la rue où mon copain ne voulait pas aller (et qu'il est obligé de prendre pour aller au métro)..
Je ne sais pas pourquoi je vous dit ça.. c'est pas très interessant.. mais j'en ai vraiment marre de toute cette violence.. pour la droite, je savais ce que je risquais en me mettant entre eux alors je m'en fiche un peu (enfin pas totalement, j'aime pas qu'on me frappe, bizarrement).. Mais il y avait un café en face de nous, il y avait des gens en voiture au feu rouge... personne n'a réagi, n'a appelé le comissariat ou n'est intervenu.. Pourtant le type n'est pas très impressionnant.. 
Tu sais Hallberg, reste comme tu es, ne change pas pour ces pauvres types.. peut-être qu'un jour ils comprendront qu'ils sont stupides (j'ai plus trop d'espoir mais bon). J'ai pas envie que les gens se cachent ou changent à cause de crétins comme eux. J'ai pas envie de vivre avec un sentiment de peur permanente dès que je vais dans la rue, sans être à Sarcelles.. Et quand vous entendez le flic sortir "désolée mademoiselle, on pourra rien faire, vous comprenez vous n'êtes pas blessée".. cool : faut que je me prenne une balle pour qu'on réagisse? et une blessure morale, ca ne compte pas? Le traumatisme de voir de la violence gratuite en quotidien, ce n'est rien?
Je suis désolée de réagir comme ça et vous ennuyer avec ça, mais là mes nerfs lachent.. et j'avais besoin de tout dire.. j'éditerai ce message si vous le voulez..
Mama Pearl : la maman fantôme officielle!
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(Emilia)
Non non, il n'y a pas de problèmes, en tout cas pour moi... Tu sais pour ce qui est des gens autour je crois qu'il ne faut rien attendre d'eux...
Il y a quelques années avec des amis on s'est fait agresser à la batte de base ball au fond d'un tram de Rouen en rentrant des cours... Aujourd'hui quand j'y repense ça pourrait faire sourire mais sur le moment on n'en menait pas large. Le tram était plein de gens qui rentraient du boulot. Pas un n'a réagit. C'était pourtant des momes de 16 ans...
J'étais écoeuré, et je pense à raison.
Alors je comprends ta révolte, elle est légitime... Cependant je pense que la vie n'est pas comme ça, et heureusement. Il y a partout des problèmes de violence récurents, mais ce n'est pas ça qui importe. On prend des baffes, c'est sûr, des droites carrément parfois, c'est dur, mais je pense que ça n'est pas ça qu'il faut retenir. Mais plutôt que tu te sentes à l'aise de vivre comme tu es, comme tu te sents...
Von Schnappi Krocovitch Yaourtski de Bergerac, KrocoSoup onctueuse a base de Danone et Fils de Maitre Yaourtberg...
Merci.. Je vais essayer de ne plus y penser mais là c'est dur! C'est encore tout frais dans ma mémoire et tant que je n'aurai pas la certitude que cette histoire est réglée, j'aurai toujours un peu d'appréhension..
J'imagine ce que tu ressens.. heureusement la vie n'est pas que ça... Ca me tue de voir que personne n'ose réagir maintenant. Tout personne "normalement constitué" serait écoeuré de voir ça. Je sais que des jeunes avec des battes de base ball c'est impressionnant.. mais tout un wagon contre quelques jeunes, ça suffit amplement..
Je souhaite vivre et je continuerai à rester cette petite fille qui veut voir la vie en rose.. mais là c'est du gris autour de moi.. il n'y aurait eu que moi, ça serait passé.. mais là ça touche une personne proche de moi alors ça a un peu de mal... Je voudrais juste voir un peu moins de violence et plus d'amour.. ça peut paraitre un peu "gnan-gnan" comme ça, mais je supporte pas de voir la souffrance et la violence de façon si gratuite..
Mais merci de ton soutien.. ça fait du bien, vraiment!
Mama Pearl : la maman fantôme officielle!
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(Emilia)
C'est pas gnan gnan de vouloir plus d'amour et moins de violence, je dirai que c'est humain. Tu sais, si les gens savaient se regrouper entre eux pour éradiquer les foyers de violence, il n'y aurait plus de guerre, plus de terrorisme, plus d'injustice, ce serait le bonheur...
Mais malheureusement c'est de l'utopie. ALors c'est vrai ça fait mal de voir les choses ainsi, surtout quand on prend un marron dans les dents, une coup de batte dans les côtes ou quand un ami cher en fait les frais. Mais heureusement pour éclaircir ce tableau noir il y a partout des exceptions qui montrent que l'Homme est capable d'autres choses, de vivre d'amour, de solidarité, de compassion, d'entre aide.
Je comprend que le choc soit rude, si je me rapelle bien de mes réactions, il m'a fallut du temps aussi pour m'en remettre (surtout que toi en plus t'es une fille
) Je crois qu'une bonne nuit fera beaucoup de bien. Et puis quelque part, je crois qu'il faut se dire que ça aurait pu être plus grave... Le gars aurait eu un couteau, une autre arme, c'est peut être pas un bleu que tu aurais mais pire. Dans chaque malheur, comme dit ma mère, il faut savoir y voir sa chance. C'est pas facile c'est vrai mais ça fait du bien quand même...
Alors je comprends que le simple acte d'agression te révolte, et heureusement aussi qu'il y a encore des gens pour se révolter, mais je pense que tu peux t'apaiser, demain déjà ça ira mieux 
Von Schnappi Krocovitch Yaourtski de Bergerac, KrocoSoup onctueuse a base de Danone et Fils de Maitre Yaourtberg...
surtout que toi en plus t'es une fille
non mais dis donc t'insinue quoi
J'ai même pas de bleu.. j'ai dévié pas mal, j'ai juste une trace rouge (enfin j'avais).. J'irai dormir quand mes yeux se fermeront vraiment tout seul, j'ai besoin de rester un peu éveillée là. J'espère que tout est fini mais bon.. c'est le chemin que mon copain doit emprunter tous les jours pour aller au bahut.. et il n'y en a pas vraiment d'autres (les autres sont encore plus craignos en fait puisque c'est dans les cités)
Mais je vais essaye de repositiver.. après tout, le gars aurait pu s'acharner et ces potes auraient pu intervenir, ils se sont heureusement contentés d'être spéctateurs.
J'aimerai que cette utopie puisse un jour exister ou qu'on puisse se rapprocher le plus de cet idéal..
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(Emilia)
Pearl of Light a écrit
J'aimerai que cette utopie puisse un jour exister ou qu'on puisse se rapprocher le plus de cet idéal..
Ahaa, oui je suis bien d'accord, voilà tout un programme... On pourrait parler des heures sur ce sujet
Je crois que le plus important dans l'immédiat c'est que tu t'apaises, je pense que si les potes du gars n'ont pas bougé c'est que ça devrait se calmer avec ton homme ^^
Et puis un coup de poing, même si ça laisse pas de bleu ça fait toujours mal dans l'âme... Une bonne nuit fera du bien. Bon courage 
Von Schnappi Krocovitch Yaourtski de Bergerac, KrocoSoup onctueuse a base de Danone et Fils de Maitre Yaourtberg...
Très chère Pearl, il n'y a pas que moi à qui les soucis empêchent de dormir dirait-on. Les gens ne sont pas si inconscients que ça. S'ils ne réagissent pas, c'est que bien souvent ils ont peur et ne savent juste pas quoi faire. J'espère qu'une nuit de sommeil t'aura fait du bien. As-tu fait une plainte à la police tout de même? Sincèrement, je regarderais comme il faut si ça n'est pas possible d'aller vivre ailleurs. Quand on cherche on trouve souvent. Parce que ce n'est pas drôle de vivre sous une menace constante, ça vaut la peine des fois de regarder attentivement s'il n'y aurait pas une autre solution que de juste attendre que de meilleurs jours arrivent.
Bon, on est là pour te soutenir là-dedans nous. Prends soins de toi.
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
J'ai eu du mal à m'endormir et j'ai surtout somnollé, mais ça va un peu mieux déjà.
Je comprends la peur des gens, mais ça empire la situation
J'ignore quelle serait ma réaction face à cela. La seule fois où j'ai étét témoin, je ne suis pas intervenue, j'ai juste appelé la police..
J'ai porté plainte mais même si ce monsieur est arrêté, il n'aura rien.. Il ne m'a que giflé en somme et n'a que menacé.. Donc ça n'ira jamais au tribunal : il aurait fallu que l'un d'entre nous, voire les deux soient frappés violemment, si possible avec une arme.. Quand un flic vous dit ça, ça vous démoralise un bon coup je trouve. En gros, le gars peut recommencer à volonté, peut continuer à faire ce qu'il fait, il ne risque quasiment rien..
Pour ce qui est de changer d'habitation... mon copain va demander à un ami de l'héberger quelque temps (il a son propre studio et il lui avait proposé de venir les jours de grèves de transport). C'est surtout pour lui que ça craint : il vit dans le même quartier que le gars (enfin on suppose vu qu'on le voit toujours dans le même coin).
Pour moi, je vais rester.. Je suis inscrite en fac et il est un peu tard pour changer comme ça.. Je pourrai partir au bout de la première année, mais il se trouve qu'aucune fac de droit en France ne fait le même programme : en gros, ce que je vais faire en 1° année, sera fait en 3° année dans une autre fac ou mélangée entre la première, deuxième et troisième année.. Du coup ca devient plus dur de changer : il faudrait redoubler, ce dont je n'ai pas très envie, j'ai hâte d'en finir. Tant qu'à quitter la France, il y a toujours le problème de cursus. Et dans tous les cas, le problème financier : on n'a aucune aide, même si je venais à emménager seule. Je voudrais emménager seul dès que je peux me suffir à moi-même. Les logements étudiants sont peu nombreux et parfois assez chers (600€ par mois.. pour 12m²)..
Puis il y a d'autres raisons, comme le fait que ma mère va se retrouver seule (certes avec mon père mais bon) alors qu'elle est dépressive..
Je vais rester sauf si la situation empire au point de ne plus pouvoir passer par mon chemin pour aller au métro sous peine de représailles.. 
Merci pour votre soutien, ça remonte le moral!!
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(Emilia)
Houla, mais dis moi, tu ne pense pas qu'avec ton copain et ce gars c'est réglé? je veux dire, souvent on voit des histoires de bagarre dans la rue, mais une fois que les béligérants se sont battu, après ça s'arrête... Tu crains tant que ça pour la sécurité de ton copain et la tienne?
Mais ça fait plaisir de voir que ça va un peu mieux
Quand à savoir comment tu aurais réagit si tu avais été à la place des gens... C'est difficile. Tu sais le problème souvent, c'est que les gens se disent "faut que j'aille intervenir... Oui mais si je suis tout seul, que les autre ne vienne pas? c'est moi qui vais prendre les coups" Alors on cherche de bonnes raisons pour déculpabiliser du genre "Bof, ce sont des jeunes, ça leur apprendra, à ces graines de voyous", ce qui est je l'avoue ridicule...
Je pense que c'est bien que tu continues ta vie comme tu l'avait envisagé, il ne faut pas céder à la peur. 
Von Schnappi Krocovitch Yaourtski de Bergerac, KrocoSoup onctueuse a base de Danone et Fils de Maitre Yaourtberg...



