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appel d'aide pour un projet artistique

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missSoja
(@misssoja)
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Je cherche pour un projet d'arts quelque chose en rapport avec Yoko... je voudrais intégrer la BD dans un projet qui doit tenir sur format A3 a peu près , donc pas de volume (dommage...)...
J'ai quelques idées, je suis en train de lister , mais je me permets de lancer un appel à l'imagination! On peut en trouver pas mal je pense (travail sur thèmes, modification d'une oi plusieurs images...) mais ce qui est difficile c'est pondre un fil conducteur fort.
alors ceux qui auraient des idées, je suis prenante, merci d'avance!


Les grands bonheurs viennent du ciel, les petits bonheurs viennent de l'effort.
Proverbe chinois.


   
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Hallberg
(@hallberg)
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Peux-tu nous donner plus de précisions? S'agit-il d'un projet personnel? Professionnel? D'études? As-tu un cahier des charges particulier en dehors du format (support, technique...)? Le contexte dans lequel ça doit être réalisé (études: but pédagogique; professionnel: commanditaire...) peut-il nous aider à mieux voir en quoi nous pouvons t'aider? Et toi-même, y at-t-il en particulier des techniques ou des sujets que tu maîtrises mieux, ou au contraire que tu ne maîtrises pas, qui pourraient orienter un peu la réflexion? Et enfin... Pour plus tard, pourrons-nous voir le résultat de ce travail? smiley

Edité Jeudi 18 janvier 2007 :18:46 par Hallberg


Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler


   
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missSoja
(@misssoja)
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Exact, je n'ai pas été trop précise : c'est dans le cadre d'un concours ... je voudrais présenter quelque chose qui me tienne à coeur car le jury le ressent...et ça passe bcp mieux.
- en ce qui concerne les attentes du concours : - pas de 3D
- film, photos possibles
- format demi-raisin si c'est de la peinture, dessin etc.. (c'est un peu plus petit que du A3)
- Trouver un objectif au projet (par ex : montrer que deux images identiques nont pas la même signification dans des contextes différents), quelque chose en fait qui puisse servir de fil conducteur (par ex imaginer la suite dessinée d'une bulle de BD, ou pourquoi pas relier deux "cases" de deux albums différents entre eux par une troisième inventée..).
ce que je souhaiterais c'est en trouver une qui me percute et puis réfléchir sur un projet à plusieurs, ça encourage..(je dis pas "ça motive" car bosser avec Yoko me motive déjà)
Après au niveau technique tout est permis, j'arrive à me débrouiller dans un peu tt je pense, mais la technicité n'est pas notée (normalement...), c'est l'idée, le développemnt et la façon de présenter qui prévaudra (être logique avant tout...)
.
J'espère que j'ai pu t'éclairer un peu plus, et que tu pourras me faire partager un peu de ton imagination Hallberg si tu es inspiré..


Les grands bonheurs viennent du ciel, les petits bonheurs viennent de l'effort.
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Thalie
(@thalie)
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Peut être que tu peux travailler sur l'adaptation du réel.
Yoko voyage dans des paysages terrestres existants. Du coup, tu peux comparer des photos avec les dessins.
Tu peux étudier la différence entre la construction du monde immaginaire des vinéens et la réalité terrestre.
Travailler sur le voyage, celui dans le temps et celui autour du globe.
Voila qq petites idées.
Je serais aussi très intéressée de voir le résultat de ton travail ^^


"La terre est bleue comme une orange"
Paul Eluard

"Le chat est entré dans la cage aux lutins"


   
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missSoja
(@misssoja)
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Merci, c'est super d'avoir d'autres avis ! Et tes idées sont très bien. Ce qui est difficile c'est d'en choisir une et de concrétiser précisemment tout ça, sans se dire "ah mais celle-ci d'idée aurait peut être été mieux"...
Promis quand tout ceci sera finis je vous en ferai part (pas avant mars je pense)
je dois en discuter avec un prof d'arts aussi la semaine prochaine, mais j'aimerai pouvoir d'ici là lui présenter quelques idées bien précises..


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Thalie
(@thalie)
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C'est souvent comme ça.
Il faut choisir !
Il faut que tu réfléchisse au sujet qui te plait le plus, celui sur lequel tu pourras regrouper le plus d'informations. Si ça doit être artistique, celui qui est le plus approprié.
Tu dois mettre en place tes objectifs de travail, c'est un peu ce qu'on appelle un plan ou un cahier des charges.
En tout cas, ça a l'air intéressant.
Quel est l'objectif de ce concour ?


"La terre est bleue comme une orange"
Paul Eluard

"Le chat est entré dans la cage aux lutins"


   
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missSoja
(@misssoja)
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...le réussir !
enseigner en fait...

oui tu as tout à fait raison, je me suis fait un "cahier des charges" sur plusieurs idées, reste à choisir la plus pertinente, je compte sur vos avis...
l'originalité prime + être en adéquation avec les objectifs principaux de l'école dans ce domaine : développer l'imagination, l'observation, la réflexion et favoriser le maniement de quelques techniques abordables

L'adaptation au réel me plaît pas mal. dommage que je ne sois pas plus proche des endorits de passage de Yoko, j'aurais sorti l'appareil photo, ça aurait été très intéressant à faire.


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Thalie
(@thalie)
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Si tu me finance, je veux bien aller découvrir les matins du monde ou la pagode des brumes smiley

Quand tu dis : enseigner
... c'est que tu souhaites devenir prof d'arts plastiques ?


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Paul Eluard

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missSoja
(@misssoja)
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si j'obtiens mon concours de prof des écoles je t'emmène en voyage ...

J'ai déjà réalisé un projet, le pb c'est que son objectif est plus accès sur le rôle de l'image que sur la BD en elle même, même si je m'appuie sur les images de Yoko Tsuno (dans la liste de références du Ministère de l'éducation nationale au passage...)
Je pense qu'il y aurait plus d'intérêt finalement à me centrer sur la BD en elle mêm. Tes ides sont dc très bonne Thalie, reste pour moi à les préciser.

Si d'autres veulent épancher leur soif d'imagination... c'est pas de refus ! merci.


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Pearl of Light
(@pearl-of-light)
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Pour les photos, il me semble que sur le site il y en a quelques unes : peut-être qu'en demandant aux personnes concernées, elles t'autoriseront à les utiliser smiley
Tu pourrais d'ailleurs t'inspirer des intégrales : il y a des passages montrant la photo originale et l'image..

Est-ce que ça doit être ludique ou "technique"? (est-ce que tu dois présenter ton projet comme si tu étais face à des enfants ou pas?)

Sinon comme autre idée..
- la création d'une case : montrer la version crayonné d'une case et sa version finale en expliquant les étapes.. mais j'ai peur que ça colle pas assez à ton sujet

Je vais me creuser la tête pour voir mais les idées de Thalie sont pas mal.. plus dur à concrétiser mais c'est ça le plus drôle au final smiley
Tu dois le rendre quand au fait?


Mama Pearl : la maman fantôme officielle!

Ne pense qu'à tes rêves.. les bétises des autres ne les terniront pas..
(Emilia)


   
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Hallberg
(@hallberg)
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Moi je ne puis que te proposer la démarche que j'envisageais moi-même et notamment pour une série de dessins censés aller avec le récit de Gobol, mais que je ne parviens pas à finir (ou même à commencer dans la plupart des cas), parce que ma vision et mes ambitions techniques sont largement au delà de mes capacités personnelles.

Le projet repose sur l'idée de "clacissisme" et en particulier sur le concept d'une création contemporaine (comme celle de Roger Leloup) considérée sous l'angle d'un clacissisme stylistique.

La notion de clacissisme dans le sens actuel, un peu plus large que la référence à l'antiquité classique stricto-sensu, instaure dans notre rapport à l'art une intemporalité.

Le clacissisme artistique s'appuie sur l'idée d'universalité de thèmes et des sujets vécus comme des mythes. Les mythes sont des éléments avec lesquels l'artiste humaniste se confronte un jour. Ce qui ne vient pas de lui, cet élément externe, est mobilisé par l'artiste pour affirmer sa personnalité pour différentes raisons, notamment pour montrer qu'en dépit du caractère habituel du sujet, il en fait quelque-chose de personnel. Ou encore, il s'oblige à être d'autant plus créatif et individuel qu'il y a une trame, un sujet, un personnage ou un type de personnage... qu'il s'est imposé.

En somme le clacissisme instaure un dialogue constant entre ce qui est temporaire, qui vient et qui passe (le style d'une époque et d'une personne, ses idées, son environnement culturel, sa technique...) et ce qui ne change jamais (le mythe en lui-même) - entre le temps et l'intemporel, ou entre le fugace et l'éternel.

Ce faisant, le champ du mythe s'est largement étendu au delà de l'antiquité classique, pour devenir l'ensemble des oeuvres littéraires, des faits historiques, des croyances et des légendes, qui sont considérées comme un héritage et un bien collectif. Ainsi la littérature de l'antiquité tardive, du moyen-âge et de la renaissance (le cycle arthurien, l'Arioste, Rabelais, Faust...), mais aussi des choses plus récentes: Beaumarchais... Star-Wars... Fantômas... Mozart...

Une autre constante? Le clacissisme, même dans cette définition extrèmement souple et absolument pas rigoureuse, conserve pour constante une préoccupation formelle, celle de l'équilibre et de la proportion. Naturellement cet équilibre se trouve fort différent, en pratique, entre l'art renaissant, le roman, l'opérette ou le film de fantaisie-héroïque pour ne prendre que quelques exemples, mais au sein de chaque genre, chaque école, et/ou à l'intérieur de la démarche de l'artiste (qu'elle soit ponctuellement appliquée à une seule oeuvre ou qu'elle sous-tende toute une carrière), l'idée de l'équilibre et de la mesure subsiste, notamment en tant qu'art de proposer le bon équilibre entre liberté et obéissance formelle. Dans le récit de science-fiction vécu comme classique, il y a un dialogue à trois entre l'imagination pure, les éléments d'intemporel (équilibre formel, universalité des sujets) et les conventions de genre qui, elles-mêmes, tendent peu à peu à devenir partie prenante de l'intemporel (les sciences et techniques évoluent mais la proposition selon laquelle la science-fiction est le genre qui engendre le rêve, le sens et le beau à partir de la technique est une constante universelle).

Finalement, mon propos, c'est de dire que le clacissisme représente dans le monde actuel une affirmation de liberté. Par rapport à la nécéssité devenue dogmatique d'être de son temps mais uniquement de son temps, on peut affirmer autre-chose, notamment refuser l'état d'esprit absurde qui fait qu'aujourd'hui, en art, la transgression est devenue une obligation et une pensée unique (l'art contemporain doit toujours être une choc et une remise en cause, mais curieusement personne ne veut remettre en cause cette unique règle). Être classique c'est affirmer sa liberté de n'appartenir que partiellement au temps et au monde, parce que le reste du temps, on revendique l'intemporel, la part d'émotion qui n'appartient qu'à soi.

Aujourd'hui, en Europe, nous avons une capacité accrue à connaître et à envisager presque toute l'histoire de l'art, ces informations sont accessibles. Le dialogue entre le passé et nos vies est permanent, il suffit de lever les yeux dans nos villes et nos campagnes pour voir comment le patrimoine dialogue (s'oppose, se marie, ignore) avec le strictement contemporain. Il faut profiter de cette liberté de voyager dans l'espace et dans le temps. Yoko voyage, et nous pouvons avec elle voyager en imagination - aussi ce voyage peut être aussi artistique, il faut revendiquer le fait de n'appartenir à aucune époque parce qu'on arrive à en embrasser plusieurs à la fois.

Sur le plan de la réalisation, donc, le projet, ce serait une composition unique (dessin, peinture, photo, gravure, n'importe) mettant en scène Yoko en la transposant, sur le plan formel, dans un univers immédiatement vécu comme "classique" par le spectateur. À savoir par exemple, que moi, mon projet, c'était de représenter Gobol, mais avec les postures, les codes graphiques en matière de composition de l'image, de décor, d'expressivité de la peinture néo-classique. On pourrait simplement se contenter de tranposer formellement, par exemple faire un portrait de Yoko façon Nattier, David ou Nadar; de peindre une scène de Yoko façon peinture romantique, façon Gustave Doré ou façon arts-déco...

Mais personnellement je pensais à un métissage plus important. Pour Gobol je voulais marier une technique proche de l'original (BD ligne claire), avec des attitudes, une gestuelle et une composition de type néo-classique ou maniériste, et un décor arts-déco faisant référence à la science fiction des années 1930, et le défi consiste à rendre ces références visibles. Au départ, on ne voit qu'une composition, mais isolément, les trois styles restent identifiables (l'un touche la technique, l'autre la représentation de l'homme, du mouvement et de la composition, la troisième l'architecture).

Cette idée m'était un peu sortie de la tête, mais j'ai vu l'expo Hergé qui est en ce moment à Paris, et j'ai retrouvé quelques dessins saisissants, Hergé ayant représenté par exemple le roi Albert 1er en costume moderne mais façon gravure médiévale pour le rendre intemporel, Tintin en vitrail, en art assyrien, en fresque égyptienne... Que le propos soit sérieux ou humoristique, ce dialogue me passionne et, du reste, il se retrouve parfaitement dans l'idée de liberté qui émane de Yoko. Se voir représentée en peinture renaissante est pour elle le début de l'aventure.


Opération Sisyphe
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minako
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C'est une super bonne idée Hallberg. N'ayant aucun talent artistique à part la musique, je te soutiens à fond. smiley


"L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs." Oscar Wilde


   
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missSoja
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En ce qui concerne le jury, sur trois personnes, une seule sera connaisseuse en la matière.
Il faut donc accrocher les autres au maximun, sachant qu'une floppée de candidats débordant tous d'imagination seront passés avant...
Donc en ce qui concerne l'aspect du projet : ludique est le mieux, faire passer un "bon moment" au jury est plus qu'avantageux pour pouvoir passer au travers du filet aux mailles bien étroites...
Le CAPES d'arts visuels aurait été différent, je pense que dans mon cas la technicité risque d'être sanctionnée, rester humble est la règle...
Par contre, Hallberg, même si je n'ai pas réussi à mettre une image sur toutes tes références, ton idée est également exploitable, et géniale (dans les deux sens du terme). Je suis également monter voir l'expo sur Hergé, hélas je n'ai pas pu tout voir, et là j'enrage d'avoir rater ces fameuses gravures...

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J'ai oublié de vous rementionner un détail important : j'aimerai mettre en avant l'avantage d'un travail sur le genre artistique de la BD.
Et c'est vrai que pour l'instant, Yoko nous évoque plus des thèmes (que je vais garder bien précieusement pour de futurs cours) qu'un travail sur la spécificité de choisir une BD plutôt qu'un autre support. C'est ce qui me bloque pour l'instant pour choisir un fil rouge et me lancer.


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Proverbe chinois.


   
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Hallberg
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N'hésite pas à me demander ce qui n'est pas clair dans mon long développement. Je l'ai fait avec mes propres références et elles ne sont pas forcément parlantes pour chacun.

Dans mon concept, la bande dessinée est intéressante en tant qu'art apparu tardivement en tant que tel, à la charnière des XIXe et XXe siècles. Ce qu'il est passionnant d'étudier dans la bande dessinée, c'est sa position de charnière entre les genres artistiques précédents. Au fond, en simplifiant, on pourrait dire que d'autres disciplines semblent avoir leur délimination connue depuis l'antiquité classique (littérature, peinture/dessin, sculpture, musique, théâtre - avec ce dernier pour unique genre "transversal"). La bande dessinée apparait comme une synthèse, ou un croisement entre les arts graphiques et la littérature, et on ne peut pas la tirer vers l'un ou vers l'autre. Elle est à la fois, à à part entière, un genre pictural et un genre littéraire. Son auteur est un peintre écrivain, ou un écrivain peintre.

Art inexistant pendant des siècles même si certains critiques se plaisent à en voir les prémices dans plein de choses, la bande dessinée invente son propre langage alors même qu'assez souvent, elle visite le répertoire des mythes. L'oeuvre de Roger Leloup me passionne en tant qu'elle est celle d'un lecteur passionné d'écrivains romantiques tardifs comme Poe et Verne. Le principe de série en bande dessinée entre profondément en résonnance avec les oeuvres monumentales (Balzac, Zola...) et avec la publication en feuilleton qui était courante pour les grandes oeuvres du XIXe.
Or justement là dessus, il y a aussi le dialogue perdu entre art savant et art populaire, parce que notre époque a introduit des classifications rigides auxquelles la BD résiste. Les grands romans tels "Madame Bovary" ou "Cinq semaines en ballon" ont été publiés sous forme de feuilletons du vivant de leur auteur, et de la même façon que des oeuvres considérées comme moins "respectables" aujourd'hui, comme "Les mystères de Paris"... Encore au début du XXe siècle, le feuilleton "Fantômas" (art "populaire") pouvait être adapté en film par à la Gaumont, par Feuillade (art "officiel") et enthousiasmer les surréalistes (art "d'avant-garde"). Actuellement, puisque l'on veut classifier, on sépare tout. Mais la bande dessinée, perpétuellement à cheval sur toutes les frontières, vient toujours nous rappeler la perméabilité des limites que l'on s'impose trop artificiellement...

La BD est encore le lieu d'une grande liberté formelle et d'une diversité graphique passionnante. Dans cette liberté, il y a la possibilité de faire le choix de ce que j'ai appelé le clacissisme. Le clacissisme comme volonté de faire dialoguer le nouveau et l'ancien, le collectif et le personnel, l'existant et l'invention dans une recherche permanente de dialogue équilibré. Pourquoi parle-t-on de clacissisme dans la bande dessinée de Roger Leloup? Uniquement parce que son style s'appuie sur une tradition graphique? Pas seulement. Parce que son respect absolu de cette tradition formelle s'accompagne d'apports et de transgressions (comme, au départ, le fait d'avoir une femme pour personnage principal), l'équilibre entre tradition et changement montrant que la transgression est pensée et nécessaire, et qu'elle n'est pas là uniquement par plaisir de la transgression. Parce que cet auteur s'appuie sur une tradition romanesque (culture) et une capacité d'invention. Parce qu'il manifeste son inventivité par la capacité de renouveller une expression "classique" en ayant suffisamment de talent pour ne pas avoir besoin de faire éclater les cadres pour avoir de la personnalité. Parce que tout évoque la liberté d'aller et de venir, le dialogue permanent entre l'invention totale et la fidélité documentaire. Quand des artistes se sentent obligés, à tout prix, de secouer le lecteur/spectateur, un auteur classique s'oblige à ne solliciter que l'intelligence et la culture de son lecteur.

Minako, il se trouve que je suis personnellement encore incapable de donner corps à cette conception, graphiquement. Mon imagination dépasse largement mes capacités techniques...
Dans mon projet de transcrire "La proie et l'ombre" en musique lyrique, je m'en sors mieux (même si je n'ai pas de formation en composition, la musique est plus mon monde que le dessin) et j'ai l'impression d'avancer un peu, même si c'est très lentement. "La proie et l'ombre", j'ai du le radoter cent fois, c'est à l'ère électronique le nécessaire prolongement des "Indes Noires" de la même façon que, dans ce roman, Verne prolongeait Walter Scott à l'ère industrielle, et tout comme Scott avait inscrit prolongé la mémoire de l'Ecosse à l'ère de la littérature romanesque.
Je ne suis pas réellement compositeur et mon travail s'inscrit exclusivement dans des formes d'imitation. Mon exploration du concept de clacissisme fonctionne sur le principe suivant: "La proie et l'ombre" est une histoire "classique" de fantôme écossais, lyrique et romantique, mais qui nous parle de haute technologie, d'hologrammes, et où c'est une électronicienne qui mène l'enquête... Ce que j'aimerais réussir à en faire (si j'y arrive) serait donc un opéra romantique proche du modèle fort et dominant laissé par Boieldieu ("la Dame Blanche") ou Donizetti ("Lucie de Lamermoor") dans le genre écossais, mais qui pourrait être mis en scène en faisant appel à des dispositifs scénographiques ultra-modernes, comme de l'art vidéo ou du laser...


Opération Sisyphe
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missSoja
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Merci Hallberg, ta conception du classicisme m'éclaire un peu plus le cerveau... je voyais ce courant obéissant seuleument à des cadres strictement rigides et formelles, intouchables, sans penser y faire entrer la notion de liberté. J'avais laisser de côté le fameux équilibre, sans quoi rien n'est harmonie...
Donc pour revenir à tes premières références, il a fallu en fait que je fasse un petit tour sur le net pour (re) connaître Nattier et connaitre Nadar. Je ne sais pas définir la SF des années 30 non plus, j'irai voir ça plus tard. En tout cas depuis ton post ton idée me trotte dans la tête mêm si je ne pense que dans le cadre de mon concours il soit faisable.

En ce qui concerne ton dernier post : les démarches pédagogiques exploitant la BD sont réellement prenantes, et motivantes pour enseigner plus tard (notamment l'histoire, en lycée pro par ex). la BD en plus de plaire aux jeunes se caractérise en effet par sa grande transversalité comme tu l'as justement souligné, ce qui me rend la tâche encore plus difficile, car j'ai tendance à vouloir tout exploiter, à ne rien laisser de côté. Impossible.
Tout ce que tu m'as écrit plus présicemment sur Yoko Tsuno en tant que style de BDme permets de combler quelques oublis que j'avais fait en dressant un rapide protrait du genre sur lequel je m'appuierai.
PAr contre, pour revenir aux imcompris, il y a une phrase que tu as écrite que je ne saisie pas : "notre époque a introduit des classification rigides auxquelles la BD résiste."
Ah dernière chose (je parlerai des heures sur la BD, mais un concours à réussir donc...), pourrais-tu éventuellement m'envoyer un extrait de ta version musicale "la proie et l'ombre", si c'est possible... ?

---
d'autres idées au fait qui me sont venues à l'esprit aujourd'hui :
- changer le genre "classique" smiley de la BD à l'européenne pour transformer quelques cases de Yoko en manga japonais
- faire une affiche de pub ou de synthèse sur l'ensemble des albums de Yoko, avec des images véhiculant les valeurs et thèmes prônées par la BD (par ex, pour représenter l'imaginaire, faire une case à la surréaliste , les "décalcomanies" d'Oscar Dominguesmiley= simple empreinte d'une feuille avec tâche d'encre, peinture), et là pour ceux qui ne connaissent pas je ne peux que difficilement vous renvoyer sur internet car il n'est pas extrêment connu.. je vous mets un lien d'une "décalcomanie" que je viens de trouver mais pas terrible l'image :


Les grands bonheurs viennent du ciel, les petits bonheurs viennent de l'effort.
Proverbe chinois.


   
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