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appel d'aide pour un projet artistique

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Hallberg
(@hallberg)
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Je n'ai rien de présentable actuellement, j'ai quelques esquisses de texte (et plus dans l'espoir de trouver quelqu'un pour m'en faire d'autres que pour continuer définitivement seul) et quelques esquisses musicales, des thèmes, rien de plus. Je montrerai les premiers passages présentables sous forme d'esquisse/réduction clavier, j'en ai déja parlé à Cherrydean. Avant, quand je serai parvenu à quelque-chose qui se tient à peu près, je vous montrerai les premiers extraits de livret.
Je précise que je ne suis ni dramaturge ni compositeur et que dans le meilleur des cas, ça ressemblera à de l'opéra français "moyen", que je m'apprète à être un sous-Adophe Adam, et que la seule originalité de la chose risque fort d'être son inspiration bédéphile... Enfin de toutes façons, vous l'avez voulu, vous subirez... smiley Pis de toutes façons c'est pour le plaisir, c'est tout, donc tout est permis...

Effectivement, la notion de "clacissisme" que j'emploie revient à un dialogue entre ce que l'on appelerait "le présent" et l'existant, un patrimoine culturel. Ce que ça a d'humaniste, c'est que ça s'appuie clairement sur un refus de faire table rase. Ce que ça a de "collectif" comme pensée est le fait qu'en affirmant ce qu'on doit à la culture classique et ce qu'on peut en faire, on affirme une identité culturelle, on s'inscrit profondément (dans mon cas) dans la culture européenne, qui, plus que l'absence de point de repères, permet d'aller vers l'ailleurs et de l'apprécier. Quand on part de quelque-chose et qu'on connait les ingrédients, on peut enfin pratiquer le métissage, puis cesser de le pratiquer, s'y remettre, à volonté. C'est pour cette raison qu'un dialogue comme celui que tu suggères, avec l'esthétique manga, aurait pu être fructueux dans d'autres circonstances (voir plus loin).
La liberté? Les règles artistiques, c'est une expression de liberté parce que c'est l'artiste qui se les impose ou choisit de ne pas se les imposer, et ce quelles que soient ses motivations (qu'il ait en tête plutôt le problème de la difficulté, le problème de la beauté formelle ou celui de sa propre capacité à s'exprimer). Les règles sont un carcan si on se les fait imposer par un regard extérieur, mais je crois qu'au XXIe siècle il y a moins de pression sociale sur les formes en art - ou plutôt, il devrait y en avoir moins, parce qu'il y en a toujours un peu, et à l'envers - aujourd'hui, si je me mettais à publier des alexandrins, il se trouverait une partie du public pour me dire que c'est irrecevable parce que passéïste. Moi, j'ai l'impression qu'être ou ne pas être de son temps, c'est aussi un critère figé, et que ceux qui estiment qu'il faut ou qu'il ne faut pas n'ont pas à l'imposer à autrui. Je suis persuadé que la liberté, c'est de pouvoir un jour s'essayer à l'exercice le plus formel, et le lendemain, de s'abstraire de toutes ces règles; de créer en ayant l'oeil sur un réseau infini de références, et le lendemain, de partir ex-nihilo. La liberté n'existe donc pas forcément entièrement pour l'artiste professionnel, ça tombe bien je suis amateur.

Sur l'affaire du manga, pourquoi ai-je insinué que j'étais sceptique? La confrontation Europe-Japon, c'est passionnant: dans le regard européen, ça passe bien-entendu par Roger Leloup, et puis aussi par l'orientalisme, par "Madame Butterfly"... Dans le sens inverse, nous en sommes tous nourris, en grande partie grâce aux nombreuses adaptations télévisées de la littérature européenne par les japonais, qui sont allés chercher justement quelques perles de la littérature feuilletonnesque que nous autres, en Europe, nous étions mis à regarder avec dédain, d'Hector Malot à Cécile Aubry ("Belle et Sébastien")...
Le seul ennui, c'est que cette excellente idée est aujourd'hui galvaudée. Le tour que prend actuellement la mode orientaliste, c'est l'omniprésence du style manga ou du moins d'une vision plus ou moins comprise de ce style. Pas plus grave et tout aussi ludique, me direz-vous, que l'orientalisme des siècles passés, d'accord. Cependant s'essayer au style graphique et narratif de la BD japonaise est devenu, aujourd'hui, la tarte à la crême du jeune dessinateur: on ne compte plus les gens qui s'y essayent. Aussi, dans le cadre spécifique d'un concours, se présente le risque d'un projet ne se distingant pas assez immédiatement de la quantité des gens qui, avec talent ou non (là n'est pas la question et il en est d'excellents comme d'excécrables, comme partout) s'approprient le style japonais comme activité "pour elle-même". Il faut être clairement en mesure d'affirmer la nature légèrement différente du métissage, et mettre en avant ce métissage comme clef de voûte du projet. Face à soi, on n'a rien à prouver, mais en concours... Dans un contexte culturel où l'orientalisme est un élément culturel courant et revendiqué, il faut avoir conscience qu'il y a beaucoup de gens et il faut réussir à affirmer la singularité de son propre projet par rapport à tous les autres, dont les motivations sont d'égale valeur, mais éventuellement moins originales.

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Sur ta question: quand je parlais de classifications rigides, j'en envisageais deux:
- La séparation des genres. C'est quelque-chose qui était très très rigide notamment dans l'après-guerre, où un roman était un roman, un film était un film, et un tableau était un tableau. Du coup, il y a quelques décennies, on avait parfois du mal à envisager par exemple un genre théatral transversal comme l'opéra-ballet qui était un genre du XVIIIe. Ou encore, on avait du mal à envisager la vraie nature des grandes oeuvres de Molière comme des comédies-ballets, on en avait une approche strictement littéraire et on s'occupait peu de la collaboration avec Lully, cependant que les musiciens eux aussi, dissuadés par le côté hybride de la chose, avaient longtemps éludé la question. La BD est un genre transversal, et je me pose la question de savoir si ce n'est pas ce caractère transversal qui lui a valu d'être considérée comme une forme inférieure.
- L'autre séparation, et à mon sens la plus grave car celle faisant le plus contre-sens dans l'histoire de l'art, c'est la séparation stricte que la "bonne culture générale" (valeur 3e république s'il en est, en France) fait entre l'art "savant" et l'art "populaire", notamment celui du passé, en appuyant fortement les préjugés pour diminuer la réalité du dialogue permanent entre toutes les sphères, et aussi par exemple pour nous faire oublier que Shakespeare ou Molière sont des auteurs "grand public" en leur temps, mais inversement qu'Offenbach est un compositeur romantique à part entière. Qu'un artiste comme Méliès est de son vivant à la fois le plus avant-gardiste et le plus populaire, et qu'il se nourrit à part égale de Goethe et Berlioz, et d'opérettes du Chatelet et de romans feuilletons. Ou que, comme je le disais, "les trois mousquetaires", "Madame Bovary", "Le tour du monde en 80 jours" et "Notre-Dame de Paris" ont été... des romans feuilletons. La BD résiste à cette classification heureusement en train de régresser, elle qui a si longtemps été dans la catégorie "non noble".
Pour aller plus loin sur une pente plus savonneuse, et heureusement tout ce baratin n'engage que moi, je suis persuadé que si l'art dit "populaire" est si peu nourri de savoir faire technique, de culture et de références par rapport à l'art "dit populaire" du XIXe par exemple, c'est justement parce que les cinquante dernières années ont été des années où on a inculqué aux gens le fait qu'il existait un art savant, noble (qui en particulier fait peur à certains qui se persuadent que ce n'est pas pour eux et que de toutes façons ça va les ennuyer), et un art "populaire" qui aurait le droit de se confondre avec la consommation et de flatter paresse et inculture. On n'en serait pas là sans la frénésie normative.

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Sinon il y a un exercice de style absolument casse-gueule mais totalement séduisant, ce serait de reprendre le système de cases de la BD, mais de faire dans chaque case la même situation dans un mode d'expression différent, vraiment à la Queneau mais graphiquement. Yoko romantique, néoclassique, médiévale, expressionniste, dadaïste, pop-art, BD américaine, naturaliste, manga, arts-déco et néo-byzantine... Pas original, en fait, mais rigolo et difficile à faire, un défi, quoi...


Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler


   
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missSoja
(@misssoja)
Trusted Member
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Début du sujet  

"Avant, quand je serai parvenu à quelque-chose qui se tient à peu près, je vous montrerai les premiers extraits de livret."Très bien on attend .. mais l'artiste n'est jamais satisfait donc armons nous de patience..1smiley

"Les règles sont un carcan si on se les fait imposer par un regard extérieur, mais je crois qu'au XXIe siècle il y a moins de pression sociale sur les formes en art - ou plutôt, il devrait y en avoir moins, parce qu'il y en a toujours un peu, et à l'envers - aujourd'hui, si je me mettais à publier des alexandrins, il se trouverait une partie du public pour me dire que c'est irrecevable parce que passéïste."
La pression il me semble qu'il y en a toujours ... : l'innovation s'impose, éviter justement ce qui correspond à des règles formelles, et trouver d'autres formes, à l'instar des Informels, d'autres idées, provoquer, pousser l'imagination jusqu'au bout. Le travail de l'artiste finalement mais qui se fait de façon plus fugace et rapide qu'aux siècles précédents où un à trois styles dominaient et s'imposaient comme art. Et tes alexandrins (même très beaux) ne sont-ils pas vus comme archaïques car non innovants. Mais normalement je crois qu'il y aura un retour rapide aux formes classqiues, c'est dans l'odre du mouvement, non?
"Moi, j'ai l'impression qu'être ou ne pas être de son temps, c'est aussi un critère figé, et que ceux qui estiment qu'il faut ou qu'il ne faut pas n'ont pas à l'imposer à autrui. Je suis persuadé que la liberté, c'est de pouvoir un jour s'essayer à l'exercice le plus formel, et le lendemain, de s'abstraire de toutes ces règles; de créer en ayant l'oeil sur un réseau infini de références, et le lendemain, de partir ex-nihilo". Et oui, ça s'appelle le génie... l'idéal, je suis bien d'accord avec toi.
"La liberté n'existe donc pas forcément entièrement pour l'artiste professionnel, ça tombe bien je suis amateur." idem pour la musique, je n'envie pas les professionnels pour cela en fait, devoir créer sous la pression d'un style à conserver, un public à satisfaire, des oeuvres à vendre à tout prix..
J'ai lu deux trois trucs sur le manga (en vogue en ce moment dans Le monde de l'éducation and co, chance pour moi), en effet je ne suis pas assez connaisseuse en la matière pour m'y aventurer. Y a t-il autant de style dans les films mangas? Et donc autant de risuqe d'ne présenter un extrait? je sais que l'an dernier une personne a obtenu la note maximu avec un extrait de manga... mais bon le support ne fait pas tout!

Je vais peut être écrire des bêtises mais la BD est peut être classée populaire dès ses débuts parce qu'elle a été concue pour distraire (je crois), avec un langage peut-être simpliste (je ne connais pas les premières BD...je devrais me renseigner..smiley). Or face à l'impact des BD sur les jeunes, il y a des plus en plus de fiction historique, voire de réels témoignages comme Lettres de Poilus, ou dans le domaine littéraire la mise en BD de certains romans. MAis dans tous les cas, c'est certain je c'est une aide à la compréhension, pas l'oeuvre elle -même, comme pour les films (même si Isabelle Hupert dans Madame Bovary de Claude Chabrol m'a semblé plus parlante que la Emma de Flaubert, ls impressions d'un livre ne seront jamais celle d'un film, et il y a des mots qu'on ne peut jouer , figurer ou dessiner...)

"Sinon il y a un exercice de style absolument casse-gueule mais totalement séduisant, ce serait de reprendre le système de cases de la BD, mais de faire dans chaque case la même situation dans un mode d'expression différent" : j'ai exactement la même idée! Et tout de suite après le mêm sentiment d'incapacité... même s'il y a imitation et imitation, car après tout dans les écoles, il y a bcp de sujets "a la manière de...", mais j'aime la perfection, et refaire quelque chose qui ne pourrait pas être parfait à 100% est trop frustrant!
(je lance un autre appel : qui serait spécialiste du pop art, expressionnisme, impressionnisme, dadaisme et néco classique à la fois...? j'embauche...)

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Escusez moi pour toutes les fautes de frappes au passage... je suis spécialiste.


Les grands bonheurs viennent du ciel, les petits bonheurs viennent de l'effort.
Proverbe chinois.


   
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