CHANT XIV. bis
Ici, il faut rendre hommage à Kaldorion, qui exhuma la chanson des Inconnus à laquelle il était fait allusion:
Isabelle a les yeux bleus, Isabelle a les yeux bleus, Isabelle a les yeux bleus, bleus les yeux Isabelle a.
Soudain quand elle est partie, j'ai vu qu'elle n'était plus la et comme elle n'était plus la, je m'suis dit elle est partie, dans la nuit noire, dans la nuit noire et obscure, obscure et sombre, Isabelle s'est cognée contre les murs.
Isabelle a les yeux bleus, Isabelle a les yeux bleus, Isabelle a les yeux bleus, bleus les yeux Isabelle a.
Y aplus d'espoirs, dans le nuit noire, sur le quai de la gare, dans le brouillard, il faisait un froid de canard, eeeeeeh les mecs j'ai plus re rimes en "ar"...
C'est pas grave on continue la chanson...
Isabelle a les yeux bleus, Isabelle a les yeux bleus, bleus les yeux Isabelle a, Isableu belle a les yeux (Isa bleus belle a les yeux)
Ho! le solo guitarre....
Ho! MONSTRUEUX....
Ho! MERDE!!!
Merde! attends je comprends pas la...
He les mecs si on se faisait un plan en anglais, on va conquire l'europe....
Isabelle a the blues eyes, Isabelle a the blues eyes, Isabelle a les yeux blues, blue eyes Isabelle elle a
C'était trop tard, quand j'ai su qu'elle me quittait, qu'elle me quittait, je l'ai su oui que oui que tres tres tard... tard tard
Isabelle a les yeux bleus, isabelle a les yeux bleus, Isabelle a les yeux bleus, bleus les yeux isabelle a
"ISABELLE LORSQUE JE T'AI RENCONTRE POUR LA PREMIERE FOIS, TU AVAIS LES YEUX BLEUS ET LORSQUE TU M'AS QUITTE, TU AVAIS TOUJOURS LES YEUX BLEUS"
ben ehh c'est normal hein...
Sur l'quai de la gare j'ai voulu la rattraper c'était trop tard, son avion venait juste de decoller
Ho! les mecs je viens de trouver un accord a le guitarre, completement monstrueux... écoutez
Tu vois c'est pas compliqué tu vois tu mets le doigt la et apres tu fais comme ca la regarde
c'est monstreux ah oué oué oué
Ho la la! c'est complétement d'enfer
l'eclate totale tu vois
Ho! j'vais vous dire les mecs ca va etre monstrueux!!!

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
CHANT XV.
Nous en étions donc, si vous avez bien suivi, ou si vous avez lu la rediffusion, à un épisode fort malheureux de la sanguinolente, violente et pas très intelligente odyssée des shadoks.
D'une part, les marins, ramant sans fin la même eau dans l'espace, partis voler la fusée des gibis, de l'autre les essais sans cesse ratés, mais souvenez-vous, ça leur faisait plutôt plaisir, de la fusée des shadoks.
Les marins shadoks avaient malencontreusement fait une boucle, et s'étaient retrouvés chez eux, mais croyant arriver sur la planète Gibi, ils avaient volé la fusée qu'ils avaient trouvée, qui était, suivez-bien, la fusée shadok. Les shadoks volant la fusée shadok. Les autres, ceux qui étaient restés sur la planète, avaient cru que leur fusée était enfin partie vers le cosmos, et donc qu'elle marchait. Certes, ils avaient remarqué qu'une fusée est plus utile quand on monte dedans, mais ceci n'est que du détail que l'histoire oubliera.
Au moment où reprend notre histoire, donc, les marins shadoks, sûrs d'eux, repartent chez eux. Oh, ils n'ont pas comme les vinéens une notion très claire de la durée du voyage, et ils ne passent pas ce trajet à roupiller dans des capsules d'hibernation, non: ils passaient leur temps à ramer, à transborder l'eau, à reramer, à se taper dessus, à râler et à récriminer. En gros, imaginez Pol éveillé tout le trajet, recommençant pendant deux mois le même cassoulet... Morne existence...
Enfin, ils revinrent chez eux, s'attendant à être fêtés en héros, mais c'était la nuit. Or
Les shadoks ayant pompé toute la journée,
Se trouvaient dans leur plumard
Quand les marins sur le tard
Rentrèrent avec leur trophée...
Donc tout le monde alla se coucher, avec la satisfaction du devoir accompli.
Mais au matin, les shadoks de la planète virent avec satisfaction que leur fusée était revenue, et donc qu'elle avait fonctionné. ça posait un énorme problème, car, comme chacun sait, les experts donnaient à la fusée shadok une chance sur un million de marcher, et les shadoks, ces pauvres bêtes, en avaient déduit que pour toute tentative réussie, il fallait nécessairement s'assurer d'avoir bien subi les 999 999 échecs nécessaires. Ils se dirent alors qu'il faudrait encore rater 999 999 essais supplémentaires avant que ça remarche, et que cette fois ils n'oublient pas de monter dedans. Mais en vertu du vieil adage "plus ça rate, plus il y a de chances que ça réussisse", ils ne perdirent pas le moral et se mirent à rater consciencieusement tous leurs nouveaux essais.
Un peu plus tard, l'équipage de la shadokaravelle se réveilla à son tour, mais les autres avaient déjà emporté la fusée au ratodrome voisin, où ils s'employaient avec enthousiasme à se planter, se viander, se gourrer et se casser la figure comme le prévoyait leur planning. Les marins, furieux, découvrirent que la prétendue fusée gibi qu'ils avaient ramenée au péril de leur vie n'était plus où il l'avaient laissée. Ils se dirent aussitôt que les infâmes gibis, ces êtres détestablement intelligents, avaient profité de la nuit pour reprendre leur bien. Et aussitôt, ni une ni deux (comme ne disent pas les militaires), ils reprirent la mer, enfin, la mer... plutôt la flaque sur laquelle ils naviguaient depuis des lustres (et qui n'était plus très fraiche), pour aller reprendre la fusée aux gibis.
Comme de bien entendu, ils refirent la même bourde de navigation aveuglés par les ruses des gibis, revinrent sur leur planète, où il faisait encore nuit, y trouvèrent leur propre fusée qu'ils volèrent à nouveau, la rapportèrent chez eux, s'étonnèrent le lendemain matin de la disparition de l'engin, repartirent sur leur flaque, et ainsi de suite.
Autant vous dire que ça a duré très, très, très longtemps.
C'EST TOUT POUR AUJOURD'HUI.
-Edité le: Mercredi 22 décembre 2004 à 23:37 par Hallberg-

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Sa c'est bien de ta part Hallberg car comme sa j'ai pu lire ceus que j'ai manquer sans a les chercher !!
SKiLL
Pas de flood dans les rediffusions, SVP!

Membre de :
"Ceux qui y sont arrivés 2 fois"

CHANT XVI.
Il y a eu, disent certaines mauvaises langues, une petite interruption dans la diffusion de nos programmes. Vous savez, une interruption du genre liée à un problème technique indépendant de notre volonté, veuillez nous excuser pour la gène occasionnée et attacher vos ceintures, relever vos tablettes et le dossier de votre siège s'il-vous-plait et conserver votre ceinture attachée jusqu'à l'arrêt complet.
Mais cette petite interruption n'avait qu'un but, vous épargner une répétition abusive du précédent épisode, car vous vous souvenez que les marins shadoks, occupés à se voler leur propre fusée, étaient tombés dans un cercle vicieux, dont seul un hasard extraordinaire pouvait les extraire (et encore, il aurait fallu faire des efforts d'intelligence, ce qui comme vous le savez puisque vous lisez ces lignes dans une rubrique fort intellectuelle d'un forum que je ne citerai pas, et auquel je ne participe jamais).
BREF, les vaillants marins shadoks, pour résumer, étaient partis en bateau (oui, oui, pour l'explication relisez les rediffusions) pour aller voler la fusée des gibis. Mais par les hasards de la navigation, ils s'étaient retrouvés de nouveau sur la planète shadok, en pleine nuit, et y avaient trouvé une fusée (shadok) qu'ils avaient volée en la prenant pour autre-chose (vous avez compris, là?). Ils avaient repris leur navigation, et par le même itinéraire, étaient revenus (encore) sur la planète shadok avec une fusée, en pleine nuit. Les autres shadoks, avaient entre-temps pensé que leur fusée avait enfin décollé (mais qu'ils avaient oublié de monter dedans), qu'elle était revenue, et l'avaient de nouveau disposée sur le pas de tir afin de procéder à de nouvelles tentatives. Les marins, constatant en se réveillant (après avoir fêté leur retour de façon quelque-peu éthylique) qu'ils n'avaient plus de fusée, étaient repartis en chercher une autre chez les gibis, s'étaient un peu trompés, et le cycle recommençait.
Tout ça plaisait bien aux gibis, parce qu'ils avaient maintenant, en plus du sport-spectacle (regarder les shadoks pomper), et de la télé-réalité (regarder les shadoks ramer, rater leurs essais, se disputer...), un spectacle en direct: tous les jours, à peu près à la même heure, ils pouvaient oberver le passage des shadoks dans leur bateau, vide à l'aller et avec une fusée au retour. Aussi ces bêtes raisonnables et industrieuses, mais pleines d'humour, s'arrêtaient-elles de travailler tous les jours vers cinq heures pour boire de la chaude eau, je dis, avec un nuage de lait, et surtout, regarder passer les shadoks. "C'est l'heure des shadoks", criait-on, et alors, toute la population, unie dans la ferveur hilare d'un spectacle particulièrement ridicule, se bidonnait joyeusement. Mais voilà, ça a fini par s'arrêter. Et puis, ça aurait fini par les lasser, les gibis. En effet, bis repetita placent in principio, mais au bout d'un certain temps, on s'en lasse, comme de la télé réalité. Faisons le raisonnement par l'absurde, si on vous ressortait le Loft, Star-Ac, Collante-Ah, édition 1, 2, 3, 4, etc, chaque année, vous en auriez marre. Mais je comprends tout-à-fait que sur la Terre, où aucune chaine de télévision n'aurait l'inconscience de diffuser de telles choses plusieurs fois, ce genre de raisonnement puisse sembler exotique.
Or une nuit, les marins shadoks avaient un peu plus fêté leur retour que d'habitude, et au petit matin, ils étaient remontés dans leur bateau et avaient recommencé à ramer. Seulement, au bout d'un petit moment (pas plus de quelques jours, rassurez-vous, ils ne sont pas si sots que ça), ils avaient constaté qu'ils n'avançaient pas d'un centimètre.
On se souvient que les shadoks sont des bêtes prévoyantes. Voyant partir jadis leurs marins dans le cosmos, elles leur avaient tout de suite dresser, en prévision de leur probable disparition, un monument aux morts. Ledit monument avait d'ailleurs été conservé puisqu'à chaque fois que les marins revenaient, ils finissaient par repartir, et l'on savait pertinament qu'un beau jour, ils finiraient par mourir, que ce soit en navigant ou en faisant quelque-chose qui n'avait rien à voir, donc, on n'allait pas se fatiguer à démolir le monument aux morts, et à le reconstruire une fois les intéressés morts. Puisqu'ils finiraient par mourir un jour.
Ledit monument était une magnifique sculpture en forme de shadokaravelle (le nom assez peu approprié du navire shadok, lequel était plus, comme nous l'avons dit, le croisement d'un drakkar et d'un car-ferry, d'où l'abbréviation "dra-car-ferry").
Or c'est dans la sculpture que les marins, totalement krocopoquisés par l'absorbtion de boissons fortes, s'étaient trainés en titubant.
Voyant qu'ils n'avançaient pas beaucoup, les marins shadok s'inquiétèrent promptement, surtout au bout de trois jours; puis, les autres shadoks, dans le même temps, avaient eu le temps de se rendre compte que les marins s'étaient un peu plantés. Ils eurent donc pitié et décidèrent de leur suggérer amicalement d'utiliser un vrai bateau plutôt qu'une sculpture, s'ils avaient l'intention de naviguer.
Donc les shadoks entreprirent de prendre des échelles pour aller parler aux marins, juchés sur leur monument. Mais les marins, eux, se voyant assaillis, hurlèrent de terreur: "on nous attaque! C'est les gibis!" et ils entreprirent de trucider tout ce qui avait le malheur de monter vers eux.
Au bout d'un certain temps et après pas mal de victimes tombées pour la cause grandiose des luttes fratricides, les marins finirent par perdre la guerre, et on put enfin expliquer aux survivants qu'il y avait une légère confusion. Le raisonnement précédent, sur l'inutilité de démolir un monument aux morts même en l'absence de morts, puisqu'ils finiraient bien par mourir, eut l'heur de déplaire au capitaine shadok, qui, vexé, décida de partir et de se faire corsaire de l'espace, anticipant légèrement sur l'industrie japonnaise du dessin animé.
Et vous ne pouvez pas savoir à quel point. En effet, quand les exégètes du dessin animé se penchent sur le léger penchant pour le gros rouge manifesté par Albator ainsi que par son entourage
dans la série Albator 78, ils oublient souvent de chercher dans la même direction que nous. Puissent leur recherche les conduire sur le forum Yoko Tsuno.
C'EST TOUT POUR AUJOURD'HUI.
-Edité le: Lundi 20 décembre 2004 à 16:27 par Hallberg-

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
CHANT XV.
Certaines mauvaises langues vous diraient que la diffusion de notre roman-feuilleton a encore connu une interruption que ni le plan vigi-picrate (plan de lutte contre l'alcoolisme), ni la canicule, ne permettent d'excuser de façon valable, indubitable et compréhensible.
Rappelons tout-de même à ceux qui prendraient cette épopée en cours de route le fondement de la chose:
Il y a longtemps, très longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine (jusque-là, on ne vous dit rien de bien nouveau), un terrible dictateur (qui quand il n'est pas dictateur, est un gentil posteur du forum que vous croiserez peut-être, aussi je ne vous dis pas son nom) tenait tout le monde coloré du défouloir en coupe réglée. À vrai-dire c'était une "coupe au carré", car il fallait marcher droit, et c'eût même été une "coupe du monde", si les velléïtés de domination planétaire de l'individu n'eussent été contrées par quelques opposants.
Parmi ces opposants, on comptait un parti Shadok de RDA, présidé par votre serviteur, qui arriva même second aux élections. Afin de rendre plus claire les motivations de ce mouvement politique, on entreprit ici-même de raconter l'histoire sanglante des Shadoks, ces bêtes qui sévirent de longues années à la télévision française, mais dans une version, disons, un peu personnelle. Depuis, les shadoks squattent une partie du forum, et même, quand ils disparaissent, il se trouve une poignée de masochistes pour réclamer leur retour. C'est donc chose faite, et il n'est plus temps de crier "pitié", les voilà qui reviennent pour votre plus grand malheur.
Nous nous en étions arrivés à la reconversion glorieuse du Marin Shadok, lequel, dépité par l'ingratitude de ses congénaires, s'était décidé à faire concurrence à Albator, tant dans la piraterie spatiale que dans la consommation de gros rouge.
Cependant, les shadoks, de leur côté, en étaient arrivés aux alentours du millionnième essai de leur engin spatial, souvenez-vous, celui qui était censé connaître un succès éclatant. L'on dressa donc l'engin sur son pas de tir baptisé Cap Carnaval. En effet, il suffit de quelques lettres pour se distinguer du site américain d'où le fameux trompettiste Louis Armstrong fit un grand pas pour l'humanité (vous pensez bien, sept tours de France...) Quelqu'un avait essayé de leur faire comprendre le ridicule de ce nom, mais ça n'avait pas marché. Mauvais présage.
Les Shadoks, donc, étaient occupés à garnir l'engin. La fusée, comme toutes les fusées qui marchent, avait des étages, mais les shadoks avaient perfectionné la chose en ajoutant aux étages un rez-de-chaussée, une cave, et un grenier. Cave et grenier, en outre, étaient pleins des détritus que ces pauvres bêtes prenaient pour le carburant miracle des Gibis. En effet, souvenez-vous, les Shadoks tentaient de pomper le fameux Cosmogol à travers l'espace, mais les Gibis, eux, s'étaient bien payé leur tête en leur envoyant toutes leurs ordures. Du coup, les shadoks avaient vu dans ce malodorant butin leur planche de salut.
Cependant, les ordures des gibis, accumulées depuis des mois, commençaient à sentir vraiment mauvais, mais, d'après le Devin Plombier, c'était bien là une source d'énergie, puisque celà attirait les mouches. Et même, les mouches, ça les attirait... comme des mouches. Mais les Shadoks, eux, se trouvaient mal, et tombaient comme des mouches dans les spasmes d'une terrifiante agonie. En effet, pour se prémunir des désagréments occasionnés par leur carburant miracle, ils abusaient quelque-peu d'aérosols parfumés, transformant leur atmosphère en un délicieux cocktail de produits chimiques. Ennuyeux, me direz-vous. Des experts furent donc consultés pour trouver une solution.
Ce qu'il faut vous dire, c'est que les experts shadoks, c'était l'élite des shadoks. Ceux qui, dès leur naissance, étaient passés par Polyclinique, Sciences-Pot et Mat-Sup (maternelle supérieure) avant d'échouer, comme la plupart des shadoks, sur les bancs de l'école primaire. Et encore, à l'école primaire, ils redoublaient, non pas d'efforts, mais il redoublaient tout court. Parce qu'en ce temps là, quand les promesses électorales aux parents d'élèves n'existaient pas encore, quand on était pas assez bon pour passer dans la classe supérieure, on redoublait. Mais certains shadoks étaient tellement mauvais qu'ils redoublaient, triplaient, quadruplaient, quintuplaient, etc, jusqu'à ce qu'un amer constat d'échec scolaire, au bout de 70 ou 80 tentatives, les pousse à un abandon.
Et ceci-dit, d'après tous les autres shadoks, ceux-ci devaient être la crême de la crême, oh oui, la crême de la crême, puisqu'ils avaient passé toute leur vie à étudier.
Tout ceci pour vous dire que les experts shadoks, c'étaient des shadoks en mieux. Un shadok normal, c'était un shadok qui n'avait AUCUNE compétence. Un expert, c'était un shadok qui en avait ENCORE MOINS. Il y avait les spécialistes, qui n'y connaissaient rien dans un domaine, et les généralistes, qui n'y connaissaient rien dans tous les domaines, mais de façon nécessairement moins pointue. D'ailleurs, quand un shadok était malade, il allait voir un médecin généraliste, qui ne savait pas quelle maladie il avait, et le renvoyait chez un spécialiste, par exemple un spécialiste de la varicelle, qui ne savait pas que le patient avait la varicelle, puisqu'il était plus spécialement ignorant de la varicelle, et ensuite, le patient allait chez un spécialiste de la rage, de la peste bubonique et du choléra, et au bout du compte, on en déduisait que le malade n'avait rien, et donc, qu'il était en train de mourir de rien du tout. Ce qui était psychologiquement extrèmement rassurant, quand-même, pour le mourant.
En somme, les experts, c'était vraiment la crême de la crême, et déjà que les shadoks normaux n'étaient pas très bons, ceux-là, comme diraient certains, c'était le meilleur du pire.
Avant de consulter les experts, on n'avait pas de solution; après, on en avait encore moins. Moins que rien, c'est tellement peu que rien, à côté, c'est beaucoup.
Le chef shadok testa aussi une autre solution, la consultation publique. Pour celà, il fit venir ses informaticiens et leurs ordinateurs portables (enfin ceux des portables qui captaient, les autres, on leur envoyait des SMS), et il leur demanda de faire un forum pour que les gens puissent donner leurs solutions. Malheureusement, chaque matin, en lisant les posts, il n'en sortait absolument rien. Rien du tout, parce que personne ne postait, à l'exception d'un seul shadok (un spécialiste, probablement) qui répondait à tous les sujets à la fois en disant: "z'avez vu, je fais du 100%".
Fort heureusement, au bout de tout ce temps perdu, quelqu'un se souvint d'un vieil adage Shadok: "s'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème". Les shadoks renvoyèrent tout le monde chez soi, les experts, les généralistes, les spécialistes, les malades, les mourants et le 100%, et reprirent tout à zéro: ils entassèrent les détritus à la cave et au grenier. Pour avoir une vision réaliste de la chronologie et du courage de ces pauvres bêtes, à côté desquelles Sisyphe connait une existence variée, je vous invite, chers lecteurs parvenus au bas de cette page, à la reprendre depuis le début et à lire attentivement tout ce qui s'y dit, jusqu'à ce que vous retombiez sur cette conclusion et en suiviez les instructions scrupuleusement. Merci.
C'EST TOUT POUR AUJOURD'HUI

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler