Pour ce qui est du jugement de l'Eglise et au sujet du suicide...
Selon moi, Dieu a en effet laissé du pouvoir à son Eglise, mais celle-ci ne peut que prendre des décisions qui relèvent de la sphère où elle est influente. Par exemple, l'Eglise dite catholique peut excommunier quelqu'un cette personne est alors effectivement exclue du "monde catholique", mais ça n'influence en rien le fait que la personne ait le salut ou non. De même j'estime que le fait de recevoir telle ou telle obsèques ou tel ou tel sacrements n'influence en rien son destin non plus. Une personne est sauvée si elle a accepté que Jésus a payé ses péchés à sa place... c'est cela seul qui détermine si elle va en enfer ou au paradis.
J'ajoute que le seul péché impardonnable est le blasphème volontaire contre le Saint Esprit (voir Matthieu 12.31 et Luc 12.10). Donc une personne qui s'est suicidée peut tout-à-fait aller au paradis, si elle a accepté Jésus pour son sauveur.
Donc, comme tu l'as dit Val, les âmes sont jugées là-haut et c'est Dieu est qui le seul juge final.
Edité Mercredi 3 janvier 2007 :15:42 par Eli
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Fantôme chouette ou chouette fantôme ?
Gütiokipänjä !!!
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voilà l'image dont j'ai parlé

C'est écrit en espagnol:
Le dictateur chilien est mort à 14h15. Des milliers de manifestants se sont réunis pour fêter ça devant le palais de la monnaie et il y a eut des confrontations avec les "carbinieros" (policiers sûrement). Il n'y aura pas de deuil national ni recevra les honneurs en tant qu'ex président, seulement en tant que militaire.
et apres en gros: QU'A FAIT L'ENFER POUR MERITER CA?
Juste pour savoir Val cette affiche a été faite par qui? C'était dans un journal?
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C'est juste que je me demandais le but de celui qui a écrit ça...
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Ha oui ça allais avec un texte de Pablo Neruda.
C'est en espagnol et je pense pas que je vais arriver à le traduire parce que en fait il ya beaucoup de reférences à des choses d'Amérique du Sud en particulier des dictateurs (même que ça) et je m'y connais pas asser pour tout expliquer.
Mais si vous voulez je peux le mettre en espagnol et si quelqu'un est motivé pour le traduire!
Vas-y toujours, on verra bien!
Le moral, c'est comme les chaussettes : ça se remonte!
L'espagnol je peux lire... les références culturelles d'amérique latine là je risque de sécher mais on peut toujours essayer en effet.
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Hou là làààà, moi qui suis sur ce site pour me détendre... mais bon la fête est fini je retire mon smoking ( je le garde pour mon anniversaire) et j'essaye de développer.
Dès que vous avez mal à la tête, vous le dites et on fait la pause et on va boire un verre.
Pour ce qui est des références, je suis l'époux d'Elisabeth et le papa de Jean-Baptiste et Anna (c'est la référence dont je suis le plus fier) et bien sûr catholique. Y a que des cathos pour couper les cheveux en quatre comme ça, bien que les orthodoxes... mais je ne suis ni théologien, ni canoniste (spécialiste du droit religieux); comme toute communauté humaine, l'église a besoin d'un minimum d'organisation, les français ont le code napoléon, les catholiques le code canonique pour tout ce qui est de sa compétence)
Au niveau d'organisation, si on pouvait éviter de faire intervenir Pinochet dans la discussion, on gagnerait en clarté ( le fait qu'il ait été citer dans cette affaire relève de l'effet de manche médiatque et ne fait que brouiller un sujet déjà assez complexe.
Val a écrit
Tu dis ça Paul, mais je voudrai savoir si ce que tu dis est tiré de l'église ou si c'est de toi ou si c'est d'une autre source.
Parce que si c'est l'église, comment ils font pour savoir si il y a eut regret ou non?
On ne sait pas justement, c'est pour ça que l'église a revu ses positions sur l'enterrement des personnes qui se sont suicidé.
Oresias a écrit
Augusto Pinochet, lui, a eu droit à des obsèques religieuses. N'a-t-il pas commis des actes volontaires très graves l'écartant de Dieu? Même les pires criminels ont droit à l'extrême onction.Suicide ou pas, est-ce à l'Eglise de juger l'homme? L'Eglise condamne l'âme de cet homme sans aucune forme de procès. N'est-ce pas plutôt à Dieu de décider d'ouvrir ou non ses portes à l'âme de Piergiorgio Welby?
L' extrème onction en tant que sacrement spéciale n'existe pas dans la forme populairement connue. Voir plus haut le sacrement des malades.
Les criminels ont droit aux sacrements aux mêmes conditions que tous: qu'ils aient reconnu leurs fautes et reconnaisse Jésus comme sauveur. Il n'y a rien d'automatique. L'onction d'huile qui est le signe matériel du sacrement des malades n'a pas une fonction magique, sans la volonté du malade ou de l'agonisant elle n'est rien.
En fait ce n'est pas Dieu qui décide de l'accès au paradis. Encore une image d'épinal. C'est l'homme, qui placé devant la toute réalité de Dieu à sa mort, décide finalement ou non de l'aimer. Notre vie n'est qu'une préparation à ce choix final. Choix qui est de nouveau possible pour l'homme grace au sacrifice de Jésus. Avant, l'âmes des morts "attendaient" dans les "limbes".
Vous en voulez encore? Parce que là on n'en ait qu'au suicide, on a pas encore attaqué le problème de l'euthanasie, ni de l'acharnement thérapeutique...
Pax, Pax tirez pas sur le pianiste. Je voudrais juste finir pour ce soir en disant que toutes ces problématiques ne sont qu'accessoire dans la Foi. Ce n'est pas en lisant le code canonique que l'on devient croyant (plutôt le contraire). La Foi c'est d'abord une question d'Amour entre l'homme et Dieu. C'est pour expliquer celà au peuple juif qui s'était un peu perdu dans des règles innonbrables que Dieu s'est fait homme. (d'après les chrétiens bien sûr)
Moi qui espérait rester anonyme. Elisabeth se plaint toujours que je peux pas la fermer et que je suis insortable.
Pas le courage de relire, j'espère qu'il n'y a pas trop de faute.
Edité Samedi 6 janvier 2007 :02:02 par Paul
Acquiers la paix de l'âme et des milliers autour de toi trouverons le salut.
S. de Sarov
Mes dernières lectures sur le site:
Si je comprends bien, à partir du moment où l'on reconnaît ses péchés, on va droit au Paradis?
En fait, il y a trois questions importantes. L'euthanasie est hors sujet, et le suicide aussi.
Car :
1. Pourquoi doit-on considérer la mort de Welby comme un suicide, plus que les autres cas cités précédemment? (Témoins de Jéhovah, Jean-Paul II sur ses derniers jours et les malades en phase terminale...)
2. Pour ce qui est du pardon de l'Eglise (et non de Dieu), pourquoi pardonner à un dictateur bourreau sanguinaire et pas à un souffrant à l'agonie ? Je ne pense pas à un effet de manche mais plutôt à se poser la question de l'équité et de l'impartialité de l'Eglise. L'Eglise a voulu marquer le coup pour ce cas médiatique, jugeant que cet homme n'avait pas droit à des obsèques religieuses. L'Eglise n'a pas à faire le procès des hommes. J'en constate que si Dieu pardonne, l'Eglise ne pardonne pas.
3. En matière de Religion, Dieu n'est-il pas seul juge ?
Je n'ai pas eu d'enseignement religieux comme toi, Paul, et parfois, j'ai du mal à comprendre ces positions, d'où ces questions que je souhaite éclaircir. Et ne t'inquiète pas, je ne te tire pas dessus, au contraire
, ce débat est intéressant, et il serait trop lisse si tout le monde était d'accord avec tout le monde.

Paul a écrit En fait ce n'est pas Dieu qui décide de l'accès au paradis. Encore une image d'épinal. C'est l'homme, qui placé devant la toute réalité de Dieu à sa mort, décide finalement ou non de l'aimer. Notre vie n'est qu'une préparation à ce choix final. Choix qui est de nouveau possible pour l'homme grace au sacrifice de Jésus. Avant, l'âmes des morts "attendaient" dans les "limbes".
Je suis d'accord avec la première partie. C'est l'homme lui même qui est responsable de sa décision de s'approcher de Dieu. Dieu en donne la possibilité, l'homme fait le choix de la saisir ou non.
Quand je disais que Dieu est seul juge, c'est pour mettre en garde contre nos jugements à nous. On a vite fait d'estimer qu'une personne est sincère ou pas, alors qu'on a pas les facultés pour en juger puisqu'on est pas dans la tête des gens. Donc au final, seul Dieu sait si la personne est sauvée ou pas. Dieu est seul juge de ce qu'il y a dans le coeur des hommes.
Par contre, il me semble que l'homme fait son choix durant sa vie. Une fois mort, c'est trop tard pour changer d'avis. Pour moi la Bible montre clairement la mort comme un point crucial de non-retour (pardon pour l'expression maladroite).
Et comme il est réservé aux hommes de mourir une fois, — et après cela [le] jugement, ainsi le Christ aussi, ayant été offert une fois pour porter les péchés de plusieurs, apparaîtra une seconde fois, sans péché, à salut à ceux qui l’attendent. (épitre aux Hébreux 9 v 27-28 )
Et encore juste une petite précison...
Je sais que ça peut choquer certaines personnes. Moi aussi je voudrais bien qu'une "seconde chance" soit donnée après la mort. Mais ce n'est pas parce que je trouve une chose agréable ou rassurante qu'elle existe.
Donc, si la Bible est claire à ce sujet, c'est cela la vérité pour moi (que ça me plaise ou non, ce n'est pas à moi de décider des plans de Dieu).
Maintenant je suis consciente qu’il existe des différences d’interprétation, et c’est de cela qu’il est intéressant de discuter. 
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désolée Oresias j'avais pas vu ton post (le site m'avait déconnectée heureusement que je travaillais sous word) enfin ça te donne mon point de vue sur ta question 3... pour ce qui est des décisions de l'Eglise catholique, au fond elles ne me regardent pas vraiment vu que je ne suis pas catholique, donc je laisse ça à d'autres, pour moi la base c'est la parole de Dieu et pas les décision d'une organisation humaine.
Edité Jeudi 4 janvier 2007 :10:33 par Eli
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Oresias a écrit
Si je comprends bien, à partir du moment où l'on reconnaît ses péchés, on va droit au Paradis?
Non, pas directement. Ca serait trop facile (et donc pas catho
,
uest: Si vous avez déjà bobo aux méninges, allez directement à la case départ et recevez un aller simple pour le paradis(1)).
Pour ce qui est du choix: un choix définitif ne peut être fait qu'en pleine connaissance, car pour qu'il n'y ait pas de raisons pour revenir dessus tous les éléments doivent être connus. Sur terre, notre connaissance de Dieu n'est qu'imparfaite donc ce choix ne peut être fait que quand nous ne sommes plus en vie.
Pas directement, car l'église pense qu'il y a "Un temps" où bien qu'ayant choisi Dieu, l'âme ne se sent pas digne de "vivre" en Sa présence. Elle sent le besoin de se purifier, de prendre une douche avant de passer à table après une dure journée de labeur, quoi. "" car on ne sait rien de ce que sera cet "être éternel avec Dieu". (Bien que nous venions d'établir qu'il y a des douches au paradis, sur la porte des douches il est marqué "purgatoire".) Si je ne me trompe, on peut ne pas croire au purgatoire et être un bon catho; idem pour les miracles, idem pour les miracles apparitions,...
Rq: Il semblerait aussi que l'on ait aussi mis le doigt sur des différences entre les catholiques et les protestants. Eli? Mais je n'ai encore jamais étudié la question..
Oresias a écrit
En fait, il y a trois questions importantes. L'euthanasie est hors sujet, et le suicide aussi.
Car :
1. Pourquoi doit-on considérer la mort de Welby comme un suicide, plus que les autres cas cités précédemment? (Témoins de Jéhovah, Jean-Paul II sur ses derniers jours et les malades en phase terminale...)
"Parce qu'il y a volonté affirmé de sa part de mettre fin à ses jours." cit du vicariat de Rome
Oresias a écrit
2. Pour ce qui est du pardon de l'Eglise (et non de Dieu), pourquoi pardonner à un dictateur bourreau sanguinaire et pas à un souffrant à l'agonie ? Je ne pense pas à un effet de manche mais plutôt à se poser la question de l'équité et de l'impartialité de l'Eglise. L'Eglise a voulu marquer le coup pour ce cas médiatique, jugeant que cet homme n'avait pas droit à des obsèques religieuses. L'Eglise n'a pas à faire le procès des hommes. J'en constate que si Dieu pardonne, l'Eglise ne pardonne pas.
Je sais cela peut paraitre dingue vu de l'extérieur, mais l'amour de Dieu est "folie aux yeux des hommes". C'est assez amusant mais le premier Saint de l'histoire de l'église est un criminel condamné à mort avec Jésus. Il a regretté ses fautes devant Jésus qui l'a pardonné. Petit papotage confortablement installé sur des croix!! Quand on essaye d'imaginer la cène c'est complètement irréel. (Evangile de Luc chap 23, versets 39 - 43, je peux envoyer le texte par MP)
Oresias a écrit
3. En matière de Religion, Dieu n'est-il pas seul juge ?
Dans l'absolut je suis d'accord. Pratiquement certaines paroles de Jésus ont été interprettés comme déléguant certains droits à ses apôtres. (Rq: seuls les évêques (succésseurs des apotres) ont le droit de pardonner au nom de Jésus, les prêtres ne le peuvent que par délégation.)
Oresias a écrit
Je n'ai pas eu d'enseignement religieux comme toi, Paul, et parfois, j'ai du mal à comprendre ces positions, d'où ces questions que je souhaite éclaircir. Et ne t'inquiète pas, je ne te tire pas dessus, au contraire, ce débat est intéressant, et il serait trop lisse si tout le monde était d'accord avec tout le monde.
Tout à fait d'accord. 
J'ai regardé tes références. En fait il n'y a pas encore de réaction officiel du Vatican. C'est l'évéché de Rome qui a pris la décision et qui a communiqué. Alors je sais, le Pape est aussi l'évêque de Rome, mais je ne sais pas de quelle manière il doit tenir compte de l'avis de son clergé. Donc, pour l'instant pas de prise de position du Pape (en temps que chef des catholiques) sur cet évènement.
(1)En fait c'est simple: Aime (a majuscule) et fait ce que tu veux.
Acquiers la paix de l'âme et des milliers autour de toi trouverons le salut.
S. de Sarov
Mes dernières lectures sur le site:
Paul a écrit Rq: Il semblerait aussi que l'on ait aussi mis le doigt sur des différences entre les catholiques et les protestants. Eli? Mais je n'ai encore jamais étudié la question...
Non, je ne suis pas dans une église protestante... mais si vous voulez à tout prix mettre une étiquette c'est peut être une des plus proches effectivement... 
Je ne suis toujours pas d'accord sur le fait que le pugatoire existe, à mon avis c'est un faux espoir (et je ne crois pas que son existance soit mentionnée dans la Bible, mais je peux me tromper bien sûr...).
Seulement la question d'Oresias à la base était de comprendre les décisions de l'Eglise catholique, question à laquelle Paul a très bien répondu (merci au passage de ma part aussi je comprends aussi mieux ces positions maintenant). Donc, comme Paul l'avait dit tout à l'heure au sujet de Pinochet, c'est bien de ne pas partir trop dans des hors-sujet, donc les questions qui me restent passeront par MP.
Amicalement à tous
Eli
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Samedi 07 janvier
Excuse moi Eli. Loin de moi de vouloir coller des étiquettes. En tant que catholique, je sais ce que cela représente d'en avoir une, je le lis tous les jours dans la presse. 1
De toute façon je n'aime pas le mots protestant. Cela fait longtemps qu'ils font autre chose que de protester.
A plus
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Reprise le mardi 03 Avril,
Je voudrai reprendre ici la discussion sur "le droit de mourir dignement" suite à des interventions intéressantes dans le sujet "Quel personnage vous émeut le plus?".
Il est intéressant celles-ci soient apparues dans un sujet traitant d'émotions alors que justement les médias et certaines associations essayent désepérément de convaincre l'opinion de certaines réformes d'ordre éthique en submergeant les spectateurs d'émotions.
Dans le premier poste de Gobol je pense voir justement le résultat de cette pensée ambiante, elle lie "instinctivement" souffrance, handicap et euthanasie (voir ci-dessous)
Gobol a écrit
...Ca m'a toujours frappée, parce ça sous-entend plusieurs choses :
- d'une part, il est prêt à sacrifier toutes ces années de recherche au bien-être de sa fille. Il se refuse à la réanimer en cas de lésions cérébrales, et en ce sens, je le trouve courageux d'envisager lui-même de devoir "débrancher" sa fille.
- d'autre part, et je n'y avais jamais pensé avant, ça semble toucher quelque part à la question de l'euthanasie et du handicap. Et là, ça me touche, parce que finalement, ce sont des questions pour lesquelles je n'arrive pas à avoir d'avis net sur la question. Si je suis contre le fait de faire mourir quelqu'un volontairement (en théorie), je connais aussi la souffrance que peut être le fait d'avoir un membre de sa famille gravement malade ou handicapé. Et là, il y a quelque part une forme d'égoïsme : "je refuse de la laisser vivre comme ça" peut vouloir dire plusieurs choses : soit on pense à la personne, en se mettant à sa place et en imaginant ses souffrances, et on les trouve insupportables, et alors l'euthanasie trouve toute sa légitimité à nos yeux, soit on pense à soi, et c'est la souffrance que l'on éprouve vis-à-vis de cette personne qu'on aime et qui ne sera plus jamais celle qu'on a connue qui est trop difficile à affronter, et alors là encore, l'euthanasie trouve sa justification...
Ce n'est que dans un deuxième temps qu'il me semble qu'elle arrive à sortir du médiatiquement correct et a développer une pensée propre:
Gobol a écrit
...Seulement, je n'ai jamais pu m'empêcher de penser à ce qui aurait pu se passer si les résultats de l'EEG n'avaient pas été bons... Qu'aurait alors fait le docteur ? Tout dépend des résultats en question. Et là encore, c'est très complexe, parce qu'on ne peut pas, à mon avis, décider de la vie ou de la mort d'un être humain, qui plus est sa propre fille, sur un résultat d'EEG qui tendrait à montrer qu'il y a un problème neurologique, une séquelle quelconque. En effet, séquelle ne veut pas forcément dire handicap.
Et en plus, dans le handicap, il y a des degrés divers, qui font que certains ne sont pas un problème pour vivre normalement malgré tout, moyennant quelques aménagements peut-être...
On rejoint là le mythe de l'enfant parfait avec les histoires de diagnostic préimplantatoire que l'on connaît aujourd'hui : ce qui me pose problème c'est qu'on mette en route une vie, et qu'ensuite on décide si oui ou non, cette vie a le droit de s'épanouir, de grandir, et si cet être vivant va avoir le droit ou non de connaître une vie, quelle qu'elle soit, d'enfant puis d'adulte (attention, je ne parle plus de la bd, là, on est bien d'accord !)...
En fait le point cruxiale est bien celui du respect de la vie et de notre responsabilité. Que veut dire avoir une "vie digne", autre terme courament employé dans les débats médiatiques et qui n'a en général d'autre raison d'être que de créer la case "vie indigne" et par cet habile tour de passe passe d'obtenir la notion de "mort digne".
Edité Mardi 3 avril 2007 :01:18 par Paul
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S. de Sarov
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Je suis toujours perturbée par cette question de "mourir dans la dignité". Parce qu'honnêtement, la mort, quelle qu'elle soit, c'est toujours la mort. La fin de la vie terrestre, quoi. Quand on est croyant, cette mort débouche sur une nouvelle naissance, en quelque sorte, puisque le croyant a l'espoir en la vie éternelle. La mort, dans ces cas-là, ne peut pas être triste. Quand on parle de dignité, pour moi, il s'agit de la façon dont la personne continue de vivre malgré la maladie, la souffrance, le handicap, la dépendance. Pour moi, les choses sont donc prises totalement à l'envers. Pour vivre "dignement", malgré tous ces problèmes, il a des solutions qui sont celles des soins palliatifs, du traitement de la douleur, de l'aménagement de l'espace de vie de la personne, du rapprochement des conjoints en cas de longue hospitalisation, par exemple. Vivre dans la dignité, c'est par exemple autoriser une personne âgée malade à entrer en maison médicalisée avec son époux, simplement âgé, lui, qui s'il avait été célibataire aurait été mis en maison de retraite, et non dans une chambre médicalisée. C'est permettre à une personne atteinte d'une maladie incurable de choisir de finir ses jours chez elle, parmi ses proches, en bénéficiant d'une hospitalisation à domicile. J'enfonce sans doute des portes ouvertes, là...
Pour ce qui est du lien entre émotions, handicap, euthanasie, etc., C'est sans doute vrai. Mais avant de me lire comme "politiquement correcte", je tiens à préciser que le handicap et tous les problèmes que ça soulève en terme de prise en charge, de souffrance, de traitements, etc, me sont plus que familiers, puisque j'en connais pas moins de 5 cas dans ma famille proche (ma soeur, deux de mes oncles, mon fils, le fils d'un de mes cousins). Donc, oui, c'est forcément un sujet teinté d'émotions. Ceci dit, quand je vois ces personnes, je ne peux pas imaginer un seul instant que la solution soit de leur enlever la vie. Justement, ma soeur handicapée. Oui, certes, elle ne vit pas "normalement", c'est-à-dire comme le commun des mortels qui n'a pas de maladie, de handicap physique ou mental. Et alors ? Que sait-on de ce qu'elle vit ? Comment peut-on se prévaloir de savoir à sa place et mieux qu'elle si elle est heureuse et si elle aurait mieux fait de ne pas vivre ? Souffre-t-elle ? Sans doute. Et le "commun des mortels" ? Il ne souffre pas, peut-être ?
Ca me renvoie systématiquement aux questions de diagnostic anténatal, et de dépistage précoce de maladies type trisomie 21.
Trois fois, nous avons été confrontés à cette question : "Voulez-vous faire le test pour la trisomie 21 ?"
Pour l'aînée et la dernière, la réponse a été "non". Pour le second, bizarrement, la gynéco (la même que pour l'aînée) m'a fait signer le papier en même temps que d'autres, et le test a donc été fait. Il était négatif.
Lors de la grossesse de ma belle-soeur, elle avait accepté le test, en le justifiant de cette manière : "ça ne changera rien, on gardera le bébé, mais pour que le test soit fiable, il faut que beaucoup le fassent : plus il y a de tests, et plus la méthodologie et les analyses sont fines". En termes statistiques, peut-être. Mais que ce serait-il passé réellement si le test pour son bébé avait été positif ?
Bref, tout ça pour dire que quand (heureusement !) on nous a demandé notre avis pour BBK, j'ai dit non, très fermement, en expliquant à la gynéco que quel que soit le résultat du test, nous ne pourrions moralement pas mettre fin à cette grossesse, et que donc il valait mieux ne pas savoir.
La question que je me pose, pour toutes ces histoires de handicap, de maladie, d'euthanasie, etc., c'est la suivante :
Si on en est réduit à demander la légalisation de l'euthanasie, n'est-ce pas aussi parce qu'il y a extrêmement peu de structures permettant d'accueillir ces malades dans des conditions dignes, justement ? Il y a aussi finalement peu de personnes formées à l'écoute, aux soins palliatifs, comparé au nombre de personnes en phase terminale d'un cancer ou atteints d'une maladie incurable ou invalidante, ou encore victimes d'un accident (de la route, ou vasculaire, ou autre), les laissant dans des états proches du végétatif. Seulement, prendre soin de ces patients jusqu'à leur décès "naturel" (on parle ici de maladie, d'où les guillemets, mais je me place dans l'opposition à la mort ou au suicide assisté) coûte bien plus cher, justement, qu'une injection de morphine de trop... Mais nous sommes bien là dans une société qui cache ce qui n'est pas "beau" à voir : les personnes âgées, les malades, les handicapés... et qui préfère sans doute s'en débarrasser pour ne plus avoir à les regarder en face et à se rendre compte qu'elle ne sait pas prendre soin d'eux...
Et pourtant, si je vous disais que ma soeur handicapée mentale a su jouer du piano (et pas que Patricia Kaas et Jean-Jacques Goldman, mais aussi Chopin ou Beethoven) à l'âge de 3 ans, si je vous disais que malgré un accident de tondeuse l'an dernier, elle est capable de broder magnifiquement, qu'elle fait la cuisine pour 20 personnes dans le foyer où elle vit, qu'elle s'épanouit pleinement là où elle est... Fort heureusement, son handicap n'était pas décelable avant la naissance. Mais ça n'a pas empêché le gynéco de ma mère de lui demander, fort étonné, pourquoi elle désirait garder ce bébé, alors que c'était le 5e et qu'il n'était pas prévu au programme... ce qui veut dire que même sans raison médicale, l'avortement est vu comme une solution normale... Normal, de donner la mort ? Mais on n'est pas mieux que les Etats-Unis, ici, avec nos belles devises et notre haute opinion de nous-mêmes ! Je ne suis pas militante anti-avortement, ou anti-euthanasie, mais je crois sincèrement que le problème n'est pas là où on le voit. Pour moi, le problème, c'est celui de la prise en charge de la souffrance et des personnes elles-mêmes. Sinon, on n'a qu'à rétablir la guillottine, ou mettre en place l'injection létale et créer un nouveau délit passible de la peine de mort : la maladie et la dépendance...
On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.



