Comme d'ordinaire je suis plutôt porté sur le cinéma d'avant guerre et en particulier le muet, je vous invite à examiner votre petit palmarès personnel sur la période contemporaine. Personnellement j'ai fait mon petit examen de conscience de la dernière décennie, et suivant l'humeur du jour naturellement.
De façon plus ou moins détaillée, avec plus ou moins de souvenirs, quels sont les "miracles" de l'écran que vous retiendrez longtemps, qui vous ont marqué dans des dernières années?
Ce 13 juin, donc:
1996, Le Patient anglais (Anthony Minghella). Du mélo lyrique d'un noble classicisme. Je suis pas dingue de Quand passent les cigognes pour rien.
Fargo (frères Cohen). Stylistiquement, pour moi, le sommet de la carrière des deux américains, et pourtant je suis pas trop porté sur le polar contemporain...
1997: Le Destin (Chahine). Chaleureux et attachant même quand on y parle de philo.
1998: La vie est belle (Benigni). Pour avoir fait sonner Offenbach comme jamais, dans un camp de concentration...
1999: Tout sur ma mère (Almodovar). Pour mon paquet de mouchoirs tout mouillés. Et pour filmer du rouge, comme Kieslowski, presque...
Matrix (Frères Wachowski). J'aime mieux oublier que j'ai vu la suite pour me souvenir de cette impression extraordinaire. C'était l'avant-garde qui tombait, brutalement, sous les yeux du grand public, et en dépit de ce qu'on a fait de mieux avant, pendant et après...
2000: Dancer in the dark (von Trier). Je sais que je ne suis pas original. Gros mélo encore, formellement épatant aussi, mais synthèse aboutie du classicisme et du style personnel de von Trier.
Chicken Run (Nick Park). Je sais que je ne suis toujours pas original. On découvrait, après Ghibli et Pixar, le troisième membre de la trinité des grands studios d'animation modernes.
2001: Le Seigneur des anneaux (Peter Jackson). La Nouvelle-Zélande s'est bâtie sa cathédrale: c'est un film. Au service du bruit et de la fureur, un raffinement stylistique inespéré.
La chambre du fils (Moretti). Encore un tire-larmes, mais un tire-larmes miraculeux. De ceux qui ne donnent envie de vivre.
Faire du tri dans 2001, je suis bien embêté, que vais-je faire de d'Amélie Poulain (Jeunet)? Zut alors...
2002: Le voyage de Chihiro (Miyazaki). Je suis toujours super original.
Parle avec elle (Almodovar). Encore un miracle et un hommage (presque vicieux) à la magie de l'écran. Dire l'inimaginable et faire ressentir l'inconcevable.
2003: The Hours (Stephen Daldry). Elégante triple narration comme chez Griffith.
2004: Eternal sunshine of the spotless mind (Michel Gondry). Un fantastique sophistiqué, élégant, sensible.
Les indestructibles (Brad Bird). En dépit de la technique de pointe, une grande bouffée de nostalgie amusante, hommage au cinéma de genre.
2005: Va, vis et deviens (Radu Mihaileanu). Conventionnel mais efficace, même si j'ai la larme facile.
Charlie et la chocolaterie (Burton). Encore du Burton aux petits oignons, mais on se laisse toujours surprendre. Cette année-là, mention spéciale pour Lucas qui relève enfin la tête (Star Wars III).
2006: Le caïman (Moretti), en attendant Cars (Lasseter), au sujet duquel les critiques crient au miracle, serait-ce le film de la décennie? À voir cette semaine...
À qui le tour? Vous n'êtes pas obligés d'en faire autant...

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
S'il on excepte "le Titanic", je n'ai pas eu de véritable coup de coeur cinématographique depuis "le Patient anglais", à part peut-être un autre film de Minghella, "l'extravagant M. Ripley". Même le "Seigneur des anneaux", je ne suis pas fan. Le dernier King Kong, qui commençait bien avec une belle reconstitution du New York de l'époque, et un voyage en mer où l'on sentait passer le souffle de l'aventure, m'a carrément dégoûté une fois que l'on est arrivé dans l'île... J'ai bien aimé "Swimming Pool", sans plus. Je n'aime pas beaucoup "Gladiator" à cause de ses errances historiques. Ah si j'adore, par contre "De l'autre côté du monde" ou "Pleasantville". Mais le plus beau film que j'ai jamais vu cette dernière décennie, c'est le crépusculaire et schopenhauerien "N'oublie pas que tu vas mourir" de Xavier Beauvois. Avec des moyens il pourrait peut-être égaler Visconti, mais les films à gros budget aujourd'hui se doivent d'être forcément manichéens ! Je crois que c'est cela que je déteste finalement dans la saga de Tolkien. En fait, lui-aussi, tout comme Rowling a transformé nos traditions. Entre l'anneau de Tolkien et celui de Wagner, je préfère le second, désolé !
En fait, les films qui me plaisent vraiment, à l'exception du "Patient anglais" sont surtout à rechercher dans le passé...
-Edité le: Mardi 13 juin 2006 à 16:18 par Lucterios-
Comme ça, à froid, c'est difficile de faire le tri.
Le premier film qui m'a vraiment marqué est Le Grand Bleu. Je l'ai vu au cinéma, à sa sortie et j'ai était frappée !
Le film où j'ai du le plus me marrer au ciné est Quatres mariages et un enterrement. Ma mère et moi étions pliées de rire et les amis qui nous accompagnaient, rouges de honte !
Le film qui m'a fait le plus peur, il me semble que c'est Indiana Jones et la dernière croisade j'ai longtemps cochemardé sur une des dernière scène où le méchant se transforme en cadavre. Mais j'adore ces film d'aventure.
J'ai rêvé avec Le fabuleux destin d'Amélie Poulain et d'une autre façon avec Le Seigneur des Anneaux.
L'auberge Espagnole et cie m'ont beaucoup plu et m'ont donné des envies de voyage.
Après, je ne suis très difficile. Si un film me plait, je ris, je pleure, je rentre vraiment dans l'histoire. Mais si il ne me plait pas, je rale tout du long !
"La terre est bleue comme une orange"
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"Le chat est entré dans la cage aux lutins"
Le "Grand bleu" ? Oui, j'ai adoré cela quand il est sorti. Je l'ai vu plusieurs fois et je l'aime toujours, même si finalement je trouve cela un peu naïf. C'est assez bon enfant et Jean Reno est formidable. "Quatre mariages..." ? Evidemment, c'est génial tout comme "Coup de foudre à Notting Hill" que je ne me lasse pas de revoir.
"Indiana Jones et la dernière croisade ?"... Ben c'est ce que je disais sur les films manichéens à grand spectacle
Enfin, cela reste distrayant. Mais alors p... qu'est ce que cela peut être caricatural quand on y pense ! Je commence à comprendre pourquoi Spielberg a été finalement incapable d'adapter Tintin, trop subtil pour Hollywood !
La plus part de ce qu'à fait Takashi Miike depuis 1997 m'a beaucoup marqué. Dans des registres différentes les trois Dead or Alive m'ont ouvert les yeux sur un pan entier du cinéma dont j'ignorais l'existence (soit dit au passage c'est une fausse trilogie, puisqu'il n'y a pas vraiment de liens entres les épisodes, mis à part les deux acteurs principaux et le réalisateur). Poésie, violence, réflexions sur la condition d'homme, sur celle de tueur et sur celle de machine (pour le dernier volet, qui lorgnes du coté de la SF), tout cela se mélanges si bien que j'en suis encore épaté. Chaque final tragique et nonsensique arrive à surprendre alors qu’après le premier volet et son célèbre final le spectateur devrait commencer à avoir l’habitude.
Et puis Audition aussi m'a flaqué une claque dont je ne me suis pas encore relevé. Il y a aussi Blues Harp, Bird People in China, The City of Lost Souls, The Happiness of the Katakuris, Zebraman... Mais je vais parler de tout ça dans le topic sur le cinéma asiatique.
Toujours du coté du japon j’ai aussi été captivé par la lenteur et l’implacabilité des films de Kiyoshi Kurosawa. En particulier Kairo et Cure (Kyua en VO). Deux films très différents mais partagent la même esthétique, les mêmes codes narratifs et la même fascination pour la vacuité de la vie moderne et l’isolement des êtres.
Kairo où l’apocalypse arrive sans bruit, sans effets spéciaux, sans catastrophes et sans que personne ne le remarque. Un film cauchemardesque faussement classé dans les Ring-like alors qu’il ne partage rien avec l’œuvre d’Hideo Nakata.
J’aime le cinéma de genre, en particulier le cinéma d’horreur. Et pendant des années si on m’avais demandé mon film de fantôme favoris j’aurais répondu The Haunting de Robert Wise. Un chef-d’oeuvre du sous-entendu soutenu par des cadrages innovants réalisés avec caméra à très large angle, un noir et blanc parfait et des décors sans faute. Désormais je connais un autre film faisant jeu égal : Honogurai mizu no soko kara d’Hideo Nakata que le minable remake américain n’a pas même sali de sa nullité convenue.
Et puis il y a Mamoru Oshii et ses deux perles sur la réalité virtuelle et la fusion de l’homme et de la machine : Ghost in the Shell et Avalon. Si je suis le fil de ma pensée j’en arrive à Shinya Tsukamoto et son Tetsuo, révolutionnaire mais trop vieux pour figurer ici (1988 ). Plus récemment on lui doit Tokyo Fist (1995), plus aboutit encore, mais je m’égares et j’oublie que le cinéma existe en dehors du Japon.
Du coté du cinéma non-japonais j’ai aimé Le seigneur des anneaux, bien entendu. Je suis un informaticien Geek accro de Tolkien et j’assumes.
J’ai aussi été marqué par Benny's Video et Funny Games de Michael Haneke, ce qui est d’autant plus étonnant que je n’adhère pas du tout aux thèses de l’auteur. Comme quoi on peut apprécier une réflexion bien bâtie même si elle part dans une direction qu’on désapprouve.
Les Indiana Jones, Retours vers le Futur et autres Terminator font partie de mon enfance et fonctionnent toujours très bien après des dizaines de visionnages. Je peux difficilement les citer ici car pour moi ce sont des classiques avec lesquels j’ai grandi.
-Edité le: Mercredi 14 juin 2006 à 18:41 par koko-
J'avais volontairement limité aux dix dernières années pour que le thème de ce sujet reste très contemporain, mais bon, j'ai quand-même envie d'évoquer des films qui ont contribué à faire naître ma passion pour cet art en dehors du cinéma allemand d'avant-guerre (sonore et muet) et du muet en général qui ont été les véritables déclancheurs. J'étends donc à la première moitié des années 1990 et après j'arrête, c'est promis, je ne remonte pas à 1926 qui est pour moi une des plus grandes années du cinéma mondial.
Dans les années 90, donc (je suis né en 1977) les deux révélations principales sont des trilogies:
D'abord, celle de Kieslowski: Trois couleurs, en 1993-94, Bleu, Blanc et Rouge, dont la théâtralité et l'utilisation de la couleur ne pouvaient que séduire une personne déjà habituée au principe des teintes dans le muet. C'est à peu près à ce moment que je suis véritablement devenu mordu de cinéma et que ça ne m'a plus jamais laché.
Ensuite, la reprise, en 1997, de celle de Lucas, Star-Wars IV à VI, La guerre des étoiles/Un nouvel espoir, L'empire contre-attaque et Le retour du Jedi. Ces films vus pour la première fois à la télévision longtemps avant de m'intéresser au cinéma en tant que tel, c'est à dire avant mon premier visionnage de Faust, ont pris une dimension nouvelle en salle, et en dépit d'une version sauvagement remaniée. Il ne s'agit pas à proprement parler de cinéma actuel, mais bon...
Du reste, Bleu et L'empire contre-attaque restent parmi mes films favoris, ceux qui ont une chance qu'un jour, selon l'humeur, je les déclare faisant partie de mes trois préférés. Puis par la suite j'ai découvert, des mêmes auteurs, La double vie de Véronique et THX-1138 que je n'aurais peut-être pas connus sans ces deux trilogies plus grand public et plus médiatisées.
Dans les années 90, j'ai aussi découvert des réalisateurs qui continuent de m'intéresser maintenant, notamment Wargnier (Indochine en 92), Cameron (Terminator 2 en 91, Burton (Ed Wood en 95), Lasseter (Toy Story en 95)...

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Pour Koko: je me permets de ne pas voir du tout quel lien il peut y avoir entre le fait d'être informaticien et Tolkien. Entre l'informatique et Jackson, éventuellement, dans la mesure où il s'est servi de trucages informatiques dans son film... Tu as diagnostiqué en ma personne un archéo-geek amateur de Verne, de Balzac et de Flaubert, de cinéma muet, de Wagner, de musique baroque, et techniquement bloqué à l'avion à hélice et à la locomotive à vapeur. Je pense que Tolkien, qui a écrit son bouquin avant la dernière guerre, est un truc qui te reste de la génération de geeks pré-informatiques comme moi. Respect pour l'ancêtre, s'il-te-plait.
D'ailleurs, puisque tu aimes le cinéma japonais, le dernier film d'Otomo est un truc pour archéo-geek fini (Steamboy). Ben j'ai beaucoup aimé.
Sinon, effectivement je n'ai pratiquement pas parlé de cinéma asiatique, j'aurais pu citer aussi Ghost in the shell qui, lors de ma première projection, m'avait totalement bluffé. Dans l'asiatique, aussi, mais en Chine, Adieu ma concubine de Chen Kaige en 93, grande impression aussi. Plus récemment, rien de très original, comme beaucoup d'européens ignares du cinéma asiatique, je vais voir surtout Wong Kar-Wai, Miyazaki, Ang Lee, Takahata...

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Je n'écoutais pas beaucoup de films jusqu'à il y a quelques années.
Même si je sors de la limite de temps prévue par Hallberg, je ne peux ne pas mentionner le film "Annie" (1981). Il a marqué mon enfance et je suis sautée sur l'édition spéciale anniversaire sur DVD lorsque je l'ai vu en magasin.
Sinon, les films que j'ai aimé le plus sont "Le seigneur des anneaux", "Star War" et "Harry Potter", même si je trouve dommage qu'ils aient coupé autant d'éléments dans le quatrième. Mais bon, il fallait bien qu'ils coupent quelque part. Les "Harry Potter" me font tout particulièrement rêver, ce sont des rêves de jeunesse qui s'emparent de moi quand j'entre dans cet univers.
Sinon, je dirais que "Second Hand Lions" m'a beaucoup marqué.
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
Ben moi, je suis un archéo-archéo-geek... Je suis resté à l'âge du fer ! Je préfère lire la Volsunga saga ou les romans arthuriens plutôt que le pavé de Tolkien... Et je rejoins Hallberg en ce que les Nibelungen de Fritz Lang me passionnent bien plus que la version filmée de Jackson ! 
Moi, franchement, j'aime beaucoup le film de Jackson, sachant que malencontreusement, on a eu des versions littéralement sabotées au montage en salle, et qu'il faut se rabattre sur les DVD pour avoir la totalité de l'oeuvre (qui, au fond, et en dépit de la subdivision de Tolkien, aurait probablement gagné à être distribuée en quatre volets mais dans son intégralité).
Le film de Jackson doit énormément à Lang, rien que pour le principe de base (la fantaisie héroïque exige la longueur, principalement en raison de son hérédité, la mythologie nordique). Il lui emprunte également son traîtement de la lumière et du décor, la gestion chorégraphique de la masse des figurants.
Néanmoins, il s'appuie également sur d'autres héritages, et notamment dans son montage fondamentalement différent du rythme lent et de la conscience "picturale" de Lang. Jackson joue sur un langage du montage plus varié, allant du plan-séquence à la fraction de seconde. En cela, il s'appuie énormément sur Abel Gance, sur le style russe (Eisenstein; les russes blancs de "l'Albatros"). Il met en oeuvre une mobilité de caméra, et notamment tant une utilisation massive de la caméra "subjective" que de déplacements "suggestifs" si vous me passez l'expression, qui évidemment ramènent à Gance, mais aussi, en Allemagne, plutôt à Murnau qu'à Lang. Enfin dans son utilisation du décor naturel, et du décor en peinture sur verre (chez lui parfois à l'informatique, mais bon), il est plus proche d'un certain cinéma anglo-saxon; mais dans certaines séquences, son style et son propos (la montagne, écrasante expression des sentiments humains) est très voisine du film de montagne allemand (Fanck), lui-même héritier direct du premier romantisme. Naturellement, isolément, il y a des tonnes d'autres références partout. À mon sens, c'est le seul projet des vingt dernières années à s'inscrire dans la lignée des Nibelungen ou de Napoléon.

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Tolkien est apprécié par ma génération, en particulier par les informaticiens (c'est juste un constat). De même les références à Douglas Addams sont très nombreuses dans les millieux technophiles, en particuliers chez les gens développant de l'open-source. C'est comme ça.
Après on peut avoir 100 ans et aimer Tolkien ou être un pro de la programmation et détester les films de Peter Jackson. Ce ne sont pas des règles absolues.
PS : Au fait quand je parles de la trilogie de PJ c'est bien entendu les versions longues, les scènes amputées au cinéma se font vraiment remarquer par leur absence.
Je n'ai jamais vu les versions longues. J'ai acheté les trois DVD après les avoir vus au cinéma. Je ne nie pas qu'esthétiquement ce soit joli... C'est l'Heroic-Fantasy qui m'ennuie en fait. Je n'ai jamais été capable d'achever le bouquin. C'est beaucoup trop loin de la connaissance livresque et psychique que j'ai des mondes nordiques, donc je me fais suer, je cherche des références que je ne trouve pas, je trouve toutes ces créatures complètement ridicules. Franchement, je m'y retrouve mieux quand je lis Thorgal et à la limite je préfère voir Conar le Barban, au moins cela me fait rigoler...
Il me semble que Tolkien disait qu'il ne fallait chercher aucune référence dans son oeuvre.
Il invente un monde et ce monde doit être pris tel quel.
C'est sur que ce n'est pas facile à lire, à part le SDA, je ne suis pas arrivée à lire ses autres livres... en général, les arbres généalogiques du début des récits me font abandonner !
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Si nous parlons bien du film de Jackson (je n'ai pas lu l'ouvrage de Tolkien), le tissu référentiel est ouvertement présent partout. Il est impossible de voir ce travail comme une oeuvre absolument démiurgique, l'allusion et la référence sont partout, tant dans le "contenu visuel" (thèmes, décors, costumes, typologies) que dans la forme (sur ce point le film de Jackson est un foisonnement de figures de style très bien mises en situation, alors qu'il ne m'a pas semblé en inventer lui-même).
Après, je m'inscris un peu en faux contre la vision de Lucterios. Je pense qu'on se place ici dans le processus d'enfantement de mythes ou de "demi-mythes" dirais-je (c'est-à-dire capables d'imprégner la conscience collective mais sans réelle signification philosophique voulue), par le principe de référence et d'émancipation. Je prends la chose exactement comme l'Orlando Furioso qui est de la fantaisie héroïque sur le mince prétexte d'un personnage à peu près historique, ou Notre-Dame de Paris qui est un moyen-âge romantique fantasmé qui ne nous dit absolument rien d'intelligent sur le moyen-âge historique. Je pense qu'il faut reconnaître les oeuvres à visée esthétique (éventuellement totalement gratuite) comme telles, leur approche supposant l'abandon provisoire de la dimension intellectuelle, historique, philosophique et ésotérique, sans quoi, à l'évidence, ça va sembler creux, vain et superflu. Or effectivement, le film de Jackson n'a probablement rien à nous dire sur les mythes, et je pense qu'il est extrèmement naïf d'y chercher une transcendance. S'y forcer reviendrait à refuser l'idée d'art pour les sens et à mettre en avant l'obsession toute contemporaine pour le sens.

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Moi j'ai découvert l'oeuvre de Tolkien, dont j'avais vaguement entendu parler, par un livre illustré par Alan Lee qui s'appelle justement l'Anneau de Tolkien , et qui met en relation l'oeuvre avec les grands mythes fondateurs de l'humanité, notamment ceux des civilisations nordiques qui me sont chers. Donc, j'ai acheté le bouquin et j'ai commencé à le lire. Je dois dire que cela m'a bien barbé. Je préfère nettement Marion Zimmer-Bradley, tant qu'à faire !... Alors les films ? Ouais c'est pas mal, mais à la limite, je préfère me repasser en boucle Excalibur...
-Edité le: Mercredi 28 juin 2006 à 18:26 par Lucterios-


