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Le concept de la divinité

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Cherrydean
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Début du sujet  

Si vous voulez un autre titre au sujet, juste à me le dire.

Je reprends donc ici les posts qui se trouvaient dans un sujet de la rubrique Yoko puisque c'est ici qu'ils sont à leur place.

Citation de Bardamu
Un Dieu, c'est quoi au juste ? Un être ayant une puissance tellement grande qu'il pourrait être considéré comme tel ? Un être né ainsi ? Où est-ce autre chose ?

Pour essayer de répondre à cette question, je vais prendre un exemple tiré de Saint Seiya (les Chevaliers du Zodiaque en VF).

Pour ceux qui ne connaissent pas ou qui ne s'en souviennent plus, c'est un DA japonais tiré du manga éponyme de Masami Kurumada. Dans cet univers, les Dieux Grecs existent encore et se réincarnent à des périodes bien précises.
Athéna, la fille de Zeus, tient la première place dans cette histoire puisqu'elle a la garde de la Terre.
Elle a sous ses ordres, des Chevaliers Sacrés appelés Saints (des mortels) et sont divisés en 3 ordres : Bronze, Argent et Or. Chaque Chevalier est rattaché à une Constellation (il y en donc 88 en tout). Ceux qui sont rattachés aux 12 Constellations du Zodiaque, sont les Chevaliers d'Or et sont donc les membres les plus puissants de leur ordre.

Ces Chevaliers tirent leur puissance du Cosmos : grosso modo c'est une force, une étincelle divine présente en chaque être humain et s'il réussit à s'y éveiller, il peut alors délivrer des attaques dévastatrices (entre autres) en "brûlant son Cosmos".
Bien entendu, rares sont les êtres à s'éveiller à ce fameux Cosmos.

Il va de soi que les Chevaliers d'Or maîtrisent parfaitement ce Cosmos, parce qu'ils maîtrisent le 7ème Sens ou Ultime Cosmos.

Nous connaissons tous les 5 sens (ouïe, vue, toucher, goût et odorat) ainsi que le 6ème sens (intuition, télépathie) ; ce dernier sens est plus ou moins développé chez les humains. La plupart des Chevaliers de base possèdent le 6ème sens.
Le 7ème Sens, quant à lui englobe, les 6 premiers et permet à celui qui le maîtrise de capter avec une plus grande sensibilité le Cosmos qui se trouve au plus profond de son être mais également à l'extérieur de lui et lui permet (entre autres) de porter des attaques à la vitesse de la lumière. Qui plus est, même s'il était privé de ses 5 sens, ce ne serait pas un gros problème puisque ce 7ème Sens suppléerait efficacement à cet handicap.

Vous pensez que c'est fini ? Eh non ! ^^

Parce qu'il existe également un 8ème Sens : l'Arayashiki ou la Source.
Ce 8ème Sens permet à celui qui le maîtrise d'échapper à la Mort : son âme échappe à l'attraction fatale du Monde des Morts et est libre de voyager où bon lui semble ; elle peut se réincarner dans un nouveau corps. Le possesseur d'un tel sens est virtuellement immortel (nous disons bien virtuellement).
Un Chevalier d'Or dans la saga maîtrise ce fameux 8ème Sens : Shaka de la Vierge, "L'Homme le plus proche des Dieux".

Et ce n'est pas fini !

Il existe un 9ème Sens : la Volonté Divine.

Celui ou celle qui maîtrise ce 9ème Sens fusionne totalement avec le Cosmos, et devient un Dieu ou une Déesse à part entière, acquérant ainsi des pouvoirs dépassant l'entendement.

Dans la saga, durant ce que nous appellons les Âges Mythologiques, des hommes et des femmes se seraient éveillés à cette Volonté Divine, devenant ainsi des Dieux et des Déesses et prenant en main le destin de notre monde.

Je sais que ce n'est peut être pas le meilleur exemple mais je le trouve très intéressant dans la mesure où potentiellement, chacun d'entre nous peut nous acquérir l'immortalité, au sens propre du terme.

Edité Vendredi 7 septembre 2007 :00:14 par Cherrydean

Edité Vendredi 7 septembre 2007 :00:16 par Cherrydean

Edité Samedi 8 septembre 2007 :09:20 par Cherrydean


Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...


   
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Cherrydean
(@cherrydean)
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Début du sujet  

Citation de Hallberg
Alors là, franchement, c'est effectivement l'exemple le plus surprenant qui soit et qui donne un tour totalement inattendu à la chose...

Je ne connais pas l'oeuvre (même la série animée), aussi j'ai une question fondamentale pour comprendre le raisonnement:
Le bouquin de Kurumada est-il surtout une oeuvre esthétique à visée littéraire stricte, ou affiche-t-il clairement des ambitions philosophiques?
Cette question se pose de plus en plus en ce qui concerne les oeuvres de fiction japonaises contemporaines. Certains d'entre-vous ont peut-être eu connaissance de l'affaire autour de la série animée "Evangélion" du studio Gainax. À partir des allusions bibliques, beaucoup de spectateurs ont supposé que l'oeuvre était une construction philosophique particulièrement hermétique et demandant un décryptage complexe. Du reste, de toutes ces analyses, aucune ne donnait de résultat probant et, dans l'immédiat, on prenait l'oeuvre pour un véritable monstre d'hermétisme symboliste. Résultat des courses, l'auteur finit par révéler qu'il n'y avait aucune intention philosophique, que l'assemblage de référence n'était là que pour faire exotique pour le public asiatique et amuser un public adolescent en lui donnant l'impression de manipuler des concepts à peu près aussi flous que la Force selon Maître Yoda - et pour finir l'auteur termina la discussion en terminant sa série sur une provocation envers les "chercheurs de sens" (des épisodes finaux sans aucune trace de réponse, et même stylistiquement déconnectés du reste).
Depuis cette histoire, bien que n'ayant pas fait partie des gens qui cherchaient à tout prix à analyser, j'avoue me méfier fondamentalement de ce genre d'auteur quand il ne dit pas clairement ses intentions. Ce Kurumada étant totalement inconnu pour moi, je voulais donc juste savoir s'il avait affiché clairement un caractère mystique ou philosophique pour son ouvrage.

Parce que franchement, si ce n'est pas le cas, à la lecture de ton explication, je ne vois de nouveau que deux hypothèses:

Soit c'est un peu léger, parce que chercher Dieu en l'homme ou faire du concept de Dieu un simple outil à la réalisation complète de l'humanité est loin d'être une nouveauté - et en général on n'a plus besoin de faire tant d'effets de manche pour le dire. À la limite on trouvera plus riche et moins démonstratif du côté de Nietzsche; et au sujet de ce dernier, ça me fait quand même sacrément penser au parti-pris bourrin qu'il y a parfois dans l'interprétation du "surhomme", à savoir, associer par réflexe le degré supposé de perfection de l'évolution humaine à une idée de puissance physique ou magique. Je ne vais pas vous resservir le couplet moralisateur sur "les nazis l'ont cru", mais je crois quand-même qu'il faut être prudent et mesuré...
Donc, au total, j'ai quand-même un peu l'impression à te lire que c'est probablement passionnant du point de vue littéraire, mais qu'en termes de sens, c'est beaucoup de bruit pour pas grand-chose, ce manga...

Soit... c'est épouvantablement hermétique et il nous faudra encore des pages d'explications pour piger...
J'espère (pour l'auteur) que c'est le cas, et j'espère (pour nous) que ça ne l'est pas
---
Complément à ma réponse, je n'avais pas mesuré la portée de la question liminaire. Je crois que ton interrogation porte principalement sur les divinités et les panthéons des polythéïsmes et/ou des religions pragmatiques/propitiatoires. Cette interrogation n'a plus du tout lieu d'être dans le cadre des pensées contemporaines, elle n'a aucune prise sur le concept philosophique et religieux (monothéïsmes, déïsmes et polythéïsmes mystiques actuels) du divin.

La nuance est de taille, d'une part on se situerait dans le domaine de la croyance dans le cadre d'une pensée magique, d'autre-part dans le domaine de la foi en une transcendance. C'est touffu (mais pas foutu) et il est vrai que ça n'avait pas été abordé.
Néanmoins, sauf ton respect, je ne crois pas que la question d'origine ait été posée en envisageant l'alternative du paganisme et des pensées proto-religieuses à l'antique. Connaissant bien les personnes qui ont lancé ce débat, je crois pouvoir dire sans trop me tromper que leur question au sujet de Yoko concernait le phénomène de la foi au sens moderne et philosophique du terme (transcendance, morale et salut).

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Citation de Bardamu
Je connais pas Evangelion donc je ne peux pas me prononcer ^^

En ce qui concerne Saint Seiya, je te file ce lien si tu veux connaître le synopsis de la saga.

En ce qui concerne le message véhiculé dans l'oeuvre de Kurumada ce n'est pas essentiellement l'accession à un quelconque statut divin. Pour moi (ainsi que la plupart des fans) c'est le dépassement de soi au service d'une juste cause (les 5 héros sont à chaque fois obligés de se surpasser pour vaincre des ennemis bien plus puissants qu'eux, et ce dans le but de protéger Athéna et tout ce qu'elle représente (voir un peu plus bas)), le sacrifice pour la cause que l'on défend, l'honneur et l'amitié.

Cependant, en grattant un peu, cette oeuvre présente plusieurs niveaux de lecture. Pour ma part, se pose une question intéressante : Quel Dieu a la cause la plus juste dans cette saga ?

Contrairement à la plupart des Dieux de l'Olympe qui pensent que les Hommes doivent les craindre et les respecter et par conséquent se soumettre à leur volonté, Athéna - à qui Zeus a confié la garde de la Terre - préfère laisser aux mortels le choix de prendre en main leur destin, son rôle consistant à empêcher à ce que toute force maléfique vienne menacer la Terre et ses habitants.

Bien entendu, tout ça n'est pas du goût des Immortels, en particulier Poséïdon et Hadès : tous deux pensent que non seulement les Hommes se sont détournés des Dieux mais qu'en outre ils ont souillé la Terre qu'ils leur ont donné. Par ailleurs, ils pensent qu'Athéna, à force de côtoyer les humains, a fini par devenir comme eux, trahissant ainsi son héritage divin.

A maintes reprises, ces deux Dieux ont tenté de renverser Athéna et de prendre possession de la Terre. Poséïdon veut submerger les terres émergées sous les flots et de bâtir un monde nouveau sur les ruines de l'ancien ; Hadès veut faire pareil (avec d'autres méthodes mais le résultat est le même). Il y eut donc de nombreuses batailles au cours desquelles bon nombre de Chevaliers, de Marinas (les guerriers de Poséïdon) et de Spectres (les guerriers d'Hadès) y trouvèrent la mort.

(La guerre la plus terrifiante eut lieu en 1743, au cours de laquelle les troupes d'Athéna affrontèrent celles d'Hadès. A l'issue de la Guerre Sainte, seuls 2 Chevaliers d'Or survécurent : Sion du Bélier et Dohko de la Balance. Le premier reçut la charge de Grand Pope, représentant terrestre d'Athéna et Maître du Sanctuaire ; le second fut chargé de surveiller la tour où ont été enfermés les esprits des 108 Spectres d'Hadès)

On l'aura compris : dans Saint Seiya rien n'est tout blanc ou tout noir. Chaque camp possède son propre idéal et est prêt à mourir pour lui. Le point de vue d'Athéna se défend bien sûr mais quand on regarde bien, celui de ses ennemis également.

Il y a un passage intéressant quand Seiya de Pégase finit par faire face à Hadès après avoir traversé les Enfers, s'ensuit alors ce dialogue :

- Hadès : Quelle tristesse...
- Seiya : Quoi ?
- Hadès : Vous, les humains... Incapables de discerner vos propres capacités et votre force physique... Vos actes ne sont qu'outrage et défiance... Aujourd'hui encore vous ne savez pas vous contenter de la Terre que Dieu vous a donnée... Vous avez besoin de tendre les mains vers l'espace... Et finalement, vous serez même allés jusqu'à affronter Dieu lui-même... Pour les Hommes, les Dieux étaient des êtres craints et respectés. Mais maintenant, il ne vous reste plus rien de cette dévotion... Alors plus que la bêtise, c'est la tristesse qui vous caractérise.
- Seiya : Comment ?! Parce que tu penses être un Dieu qui mérite d'être respecté ? Un Dieu doit être juste ! Où est la justice d'un Dieu démoniaque qui veut anéantir le genre humain et dominer la Terre ?!


Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...


   
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Hallberg
(@hallberg)
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Ah oui, je vois. Il y a là des variations très XXe siècle par rapport à la mythologie proprement-dite. Il y a quelque-chose d'un héritage romantique dans l'idée de l'affirmation individuelle. C'est vrai qu'à la lecture de la question qui terminait ton premier exposé, ça me faisait franchement penser à du Nietzsche avec des gros sabots. Là, dit comme ça, c'est vraiment loin de sources antiques dans le genre des Métamorphoses. En comparaison, chez Ovide, les dieux de l'Olympe sont franchement le reflet des mortels, leur condition divine étant donnée une fois pour toutes, les passages d'un monde à l'autre n'ayant rien à voir avec la vertu, mais relevant plutôt des opportunités politiques, matrimoniales, amoureuses...
Apparemment cette oeuvre japonaise est vraiment une curiosité. Dans l'idée de la vertu, il y a quelque-chose de la tragédie classique, mais il y a aussi quelque-chose de curieusement judéo-chrétien. ça diverge en plein de point de la religion des anciens, autant que des mythes classiques. Le cas Evangélion que je citais (la série étant en soi assez bien réalisée, d'ailleurs, pour une série télé s'entend) est une fumisterie notoire. Là, c'est franchement curieux mais bon, c'est intéressant de voir quelle vision un japonais peut donner de tout ça.

J'attends avec impatience le développement de ton analyse. Quelle source a-t-il utilisé? Comment justifie-t-il les dérives par rapport à la mythologie classique? Qu'est-ce qui lui a donné l'idée de mettre des implications morales dans un univers mythologique où la chose était à l'origine fort différente? S'il transforme ainsi les attributions d'Athéna, n'est-ce pas par une interprétation assez large de ses attributions traditionnelles? Parce que les paradoxes que celà représente pour le XXe siècle (déesse de la raison et de la sagesse, des sciences et techniques, mais aussi avec des attributions guerrières) peuvent soulever bien des questions. Athéna chargée de présider au destin des mortels, c'est piquant... si c'est un résumé de l'humanité telle que le voit l'auteur...


Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler


   
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Bardamu
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Hallberg a écrit J'attends avec impatience le développement de ton analyse. Quelle source a-t-il utilisé? Comment justifie-t-il les dérives par rapport à la mythologie classique? Qu'est-ce qui lui a donné l'idée de mettre des implications morales dans un univers mythologique où la chose était à l'origine fort différente? S'il transforme ainsi les attributions d'Athéna, n'est-ce pas par une interprétation assez large de ses attributions traditionnelles? Parce que les paradoxes que celà représente pour le XXe siècle (déesse de la raison et de la sagesse, des sciences et techniques, mais aussi avec des attributions guerrières) peuvent soulever bien des questions. Athéna chargée de présider au destin des mortels, c'est piquant... si c'est un résumé de l'humanité telle que le voit l'auteur...

Ca, j'en sais rien, le mieux est de demander à l'auteur comment lui sont venues ses idées smiley



   
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PulkoMandy
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Oui mais l'auteur ne passe pas souvent par ici smiley


"Qui a un pied dans la barque et l'autre dans le canoë tobera à l'eau."
proverbe tuscarora


   
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Bardamu
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C'est sûr que les chances qu'il passe ici sont de 0,00001% smiley

Disons que le mieux est d'aller dans un site ou un forum consacré à Saint Seiya ^__^

Mais bon, rien ne vous empêche d'exposer votre point de vue sur cette oeuvre ou encore de mettre vos idées sur le sujet en question (il ne porte pas QUE sur Saint Seiya smiley )



   
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Hallberg
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En fait je ne demandais pas tant ce que l'auteur avait exactement en tête (ce qu'il est effectivement le seul à savoir, ou du moins celui qui le sait le mieux), mais plutôt ce que tu en pensais toi-même et à quelles références celà te faisait penser.

En effet la réflexion d'origine est venue quand tu as évoqué la question (éternelle et renouvellée...) "qu'est-ce qu'un dieu?". Or je ne te surprendrai pas en te disant que sortir Saint-Seya comme première réponse en la matière est quelque-chose d'extrèmement insolite. Pour ma part, le vague souvenir de la série animée diffusée dans les années 1980 dont je n'ai pas vu grand-chose (je n'étais pas très "client" du "club Dorothée") et ce qu'on en disait à l'époque, m'incitaient à penser que les allusions mythologiques contenues dans l'oeuvre visaient plus à donner un ton grandiose, prétexte à une série qui apparemment faisait surtout alterner un verbiage prétentieux et de la bagarre. Tu m'intrigues énormément en lui attribuant un propos philosophique sous-jacent, à vrai-dire je ne m'en doutais pas du tout.

En revanche le récit me semble un peu brut de décoffrage. Tel que tu l'as exposé, je ne vois pas encore vraiment de nouveauté autre que l'influence judéo-chrétienne dans la "moralisation" partielle du propos. La définition de l'héroïsme fondé sur la vertu me semble ne rien apporter par rapport à l'héritage classique. La question de la "justesse" des desseins des dieux est intéressante, mais si elle doit aboutir à un banal "rien n'est tout noir ou tout blanc", non seulement ça n'est pas une révolution, mais surtout, on n'a pas appris grand-chose depuis Homère. D'accord, il y a la prise en compte de l'impératif moral, mais après-tout, là dessus, il y a probablement des tas de gens comme moi à qui Kant suffit largement et qui n'ont pas eu besoin d'une "mythologie nouvelle mouture". Après-tout, la résurgence post-romantique des panthéons et des sagas, de Wagner à Giraudoux, c'est bien plus pour parler de l'homme que pour avoir une nouvelle théorie sur le divin dans la mesure où (mais on se trompe peut-être) les religions des anciens n'ont plus grand-chose à nous dire là-dessus, ce qui, fort heureusement d'ailleurs, les laisse à la diposition de l'art qui s'en sert depuis plus de mille ans avec grand profit smiley.
"Saint-Seya" apparait donc bien plus, aux yeux du béotien, comme une réappropriation de plus, cultivée et modernisée, dans une démarche assez conventionnelle à ceci-près qu'elle est, stylistiquement, exotique. Il s'est trouvé que cette oeuvre diffusée par erreur, comme tant d'autres, dans les programmes enfantins, a probablement été mal comprise par une partie de notre génération qui n'en a retenu que le côté clinquant, et qu'une autre partie n'a eu que ça comme approche de la mythologie classique (défaillance du système éducatif autant que manque de curiosité de leur part).
À noter que, n'ayant jamais apprécié la chose du point de vue esthétique, je suis probablement assez peu porté à l'indulgence.
Mais quelqu'un qui a le feu sacré comme toi est bien plus en mesure de nuancer l'approche, et c'est en fait surtout ce que je demandais.


Opération Sisyphe
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Gobol
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Pour ma part, je ne connais absolument pas Saint-Seyia. J'ai même mis très longtemps à comprendre que c'était la même chose que les Chevaliers du Zodiaque, chose que j'ai effectivement dû entre-apercevoir quand j'étais enfant, et encore, ma mère exerçait une censure furieuse sur tout ce qui émanait des Japonais en général, et du Club Dorothée en particulier (plus parce que ça passait sur TF1 que par aversion pour Dorothée, qu'elle nous autorisait à regarder du temps de Récré A2).
Bref, tout ça pour dire que je n'aurais sans doute pas répondu à cette question de la divinité en prenant l'exemple d'un dessin animé, c'est un fait, mais après-tout, je ne me permettrai pas trop de juger sans connaître.

Pour ceux qui me connaissent, la réponse ne les surprendra pas, mais en ce qui me concerne, je ne peux parler que du seul Dieu que je connais, à savoir le Dieu des Chrétiens. Quant au concept de la divinité, à savoir si l'homme s'est inventé un dieu pour répondre à ses angoisses existentielles sur la vie et la mort, sur le bien et le mal... A la limite, c'est une question que je me pose de temps en temps, c'est-à-dire dans les moments de doute, parce que ça remet en cause l'existence même de Dieu : s'il est une construction humaine, le Dieu auquel je crois ne peut pas exister, puisque je crois que Dieu était là depuis le commencement, et qu'il sera là jusqu'à la fin des temps, qu'après même la mort du dernier homme et la fin de notre monde, il sera encore là...
Je crois en un Dieu tout puissant, mais aussi infiniment aimant, qui nous aime tant qu'il nous laisse libres... Rien à voir avec une quelconque mythologie...


On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.


   
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Bardamu
(@bardamu)
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Hum, l'un n'empêche pas l'autre : les Dieux des religions polythéistes (quelles qu'elles soient) peuvent très bien représenter les multiples facettes du Dieu Unique.



   
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Gobol
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Tu peux développer, là ? Je ne comprends pas bien ce que tu veux dire...


On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.


   
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Bardamu
(@bardamu)
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Eh bien je suis persuadé que les peuples polythéistes reconnaissaient l'existence d'un Dieu, se trouvant bien au-delà des multiples dieux qu'ils vénéraient.
En ce qui concerne ces derniers, ils sont des archétypes, c'est à dire qu'ils symbolisent les différentes forces universelles (l'Amour, la Mort, la Sagesse, etc...). Le nom et l'apparence que leur ont donné les différents peuples n'a que peu d'importance.

Mais Le Dieu, lui, est au-delà des archétypes, au-delà des noms et des apparences (puisqu'il les adopte toutes). Il Est (et en même Il n'Est Pas).

Pour reprendre l'exemple de mon précédent post, Dieu serait comme un diamant, et les dieux (même ceux qui sont considérés comme "maléfiques") seraient ses multiples facettes.



   
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Gobol
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Je comprends ce que tu veux dire, mais je ne suis pas vraiment d'accord. Le Dieu des chrétiens et des Juifs (et aussi celui des Musulmans, puisque les trois "religions du Livre" semblent partir de la même croyance en un Dieu Unique) est justement "Unique". Et il est bien fait mention dans l'Ancien Testament du "veau d'Or", idole vénérée comme un dieu, et qui attire les "foudres" de Dieu. Donc, si j'ai bien compris ce que dit la Bible, en aucun cas il ne peut y avoir confusion entre des dieux et Dieu lui-même. Et puis, Dieu est tout Amour. Il est omniscient, omnipotent, (il sait tout et peut tout), mais toujours dans le respect de la liberté de l'homme. Imagine un père vis-à-vis de son fils. Tout père normalement constitué veut le meilleur pour son enfant : il se plie en quatre pour le bonheur et le bien-être de son enfant. Eh bien Dieu, c'est pareil...


On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.


   
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Bardamu
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Je suis également d'accord avec toi mais je parlais d'un point de vue polythéiste, pas monothéiste ^^

Ceci dit quand on y réfléchit bien, quand on regarde au-delà des apparences, des dogmes, etc... les 2 visions, loin de s'opposer, se rejoignent complètement.



   
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Eli
 Eli
(@eli)
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Bardamu a écrit Ceci dit quand on y réfléchit bien, quand on regarde au-delà des apparences, des dogmes, etc... les 2 visions, loin de s'opposer, se rejoignent complètement.

Je dirais le contraire ! C’est à première vue seulement et très superficiellement que les deux se ressemblent !

Comme l’a mentionné Gobol, Dieu (dans le sens chrétien) est un Dieu unique. Certes, il est « divisé » en trois personnes (pour nous donner une image plus compréhensible pour notre entendement limité), il est alors tentant de dire que les multiples dieux du polythéisme forment ensemble un concept unique de divinité. Mais c’est montrer une ignorance totale de la différence fondamentale entre le polythéisme et le monothéisme (je dis monothéisme en me référant au christianisme que je connais).

Dans les religions polythéistes (je me réfère aux grecs et aux romains, car les autres religions polythéistes me sont inconnues), les dieux ne sont pas Dieu. Ils sont bien plutôt comme des êtres humains, qui ont des pouvoirs dépassant ceux des hommes normaux vivant sur terre. Je dis qu’ils sont des être humains parce qu’ils se comportent aussi mal que les hommes :

Par exemple, Apollon est un des dieux les plus admirés et pourtant : Dieu de la divination, de la musique et de la poésie, protecteur des muses, il est en même temps guerrier et pasteur. Purificateur et guérisseur en tant que dieu solaire, il est aussi vindicatif et violent, souvent emporté par la colère. […] Malgré sa beauté et sa gloire, il est malheureux en amour. Les nymphes et les mortelles fuyant ses ardeurs trouvent la mort ou sont violées par lui. […] Il perce avec ses flèches les Aloades, massacre, avec sa sœur les enfants de Niobé, écorche vif le satyre Marsyas qui osait le défier comme musicien... (Petit Robert des noms propres).

Les hommes craignent donc les dieux et les rites religieux visent à apaiser les dieux pour s’en attirer les bonnes grâces, pour éviter d’en être les victimes. Les hommes vénèrent les dieux parce qu’ils en ont peur et en attendent quelque chose en échange, parce que les dieux sont plus puissants qu’eux, pas parce que les dieux sont Dieu. C’est la loi du plus fort en quelque sorte.

En revanche le Dieu unique (--> religion monothéiste) révélé dans la Bible est la divinité justement et non plus une projection des caractères humains.
Dieu peut certes être terrible, parce qu’il est juste et saint et que par conséquent il ne peut supporter le mal, le péché qui est dans tous les hommes. Mais Dieu est aussi amour et grâce et il donne un moyen à l’homme de se libérer du jugement qu’il risque pour ses mauvaises actions. Comme il est juste il ne peut laisser le mal impuni, il envoie alors son fils Jésus pour « payer la dette » des mauvaises actions des hommes. Toute personne qui accepte que sa dette soit payée par Jésus ne craint alors plus le jugement de Dieu. Une personne qui a trouvé ce salut en Jésus n’a plus peur de Dieu, c’est une relation d’amour qui existe entre le croyant et son Dieu.

Je souligne aussi que Dieu (dans l’Ancien Testament) démontre déjà cette grâce et cet amour envers les hommes même avant la venue de Jésus. La Loi donnée au peuple d’Israël peut paraître certes très sévère (peine de mort) mais pas injuste, si on la lit on y voit déjà la grâce de Dieu envers les hommes.

Extraits de la Loi dans l'Ancien Testament:

Pas de peine de mort pour homicide involontaire
Vous vous désignerez des villes ; elles seront pour vous des villes de refuge, et l’homicide qui, par mégarde, aura frappé à mort quelqu’un, s’y enfuira. Et ce seront pour vous des villes de refuge de devant le vengeur, afin que l’homicide ne meure point [avant] qu’il n’ait comparu en jugement devant l’assemblée.
(La Bible, livre des Nombres chapitre 35 versets 11-12)

A propos de l’esclavage : Si ton frère, un Hébreu, homme ou femme, t’a été vendu, il te servira six ans, et, la septième année, tu le renverras libre de chez toi. Et quand tu le renverras libre de chez toi, tu ne le renverras pas à vide. Tu lui donneras libéralement de ton menu bétail, et de ton aire, et de ta cuve : tu lui donneras de ce en quoi l’Éternel, ton Dieu, t’aura béni ; et tu te souviendras que tu as été serviteur dans le pays d’Égypte, et que l’Éternel, ton Dieu, t’a racheté ; c’est pourquoi je te commande ces choses aujourd’hui.
(La Bible, livre du Deutéronome chapitre 15 versets 12 à 15)

Remise d’une dette trop lourde à assumer : Au bout de sept ans, tu feras relâche. Et c’est ici la manière du relâche : tout créancier relâchera sa main du prêt qu’il aura fait à son prochain ; il ne l’exigera pas de son prochain ou de son frère, car on aura proclamé la relâche de l’Éternel. Tu l’exigeras de l’étranger ; mais ta main relâchera ce que ton frère aura de ce qui t’appartient, sauf quand il n’y aura point de pauvre au milieu de toi ;
(Deutéronome 15 v 1 à 4)

Jour de congé obligatoire pour TOUS les travailleurs
Pendant six années tu sèmeras ta terre, et tu en recueilleras le rapport ; et la septième, tu la laisseras en jachère, et tu la laisseras inculte, et les indigents de ton peuple en mangeront, et ce qu’ils laisseront de reste, les bêtes des champs le mangeront. Tu en feras de même pour ta vigne et pour ton olivier. Six jours tu feras ton ouvrage, et le septième jour tu te reposeras, afin que ton bœuf et ton âne aient du repos, et que le fils de ta servante et l’étranger respirent.
(Exode 23 v 10 à 12)

Ne pas déposséder les pauvres de leurs biens
Si ton frère est devenu pauvre, et vend une partie de sa possession, alors que celui qui a le droit de rachat, son plus proche parent, vienne et rachète la chose vendue par son frère. Mais si un homme n’a personne qui ait le droit de rachat, et que sa main ait acquis et trouvé suffisamment de quoi faire son rachat, il comptera les années depuis sa vente, et restituera le surplus à celui à qui il avait vendu, et il retournera dans sa possession. Et si sa main n’a pas trouvé suffisamment de quoi lui rendre, la chose vendue restera en la main de celui qui l’aura achetée, jusqu’à l’année du Jubilé : la chose vendue sera libérée au Jubilé, et [le vendeur] rentrera dans sa possession.
(Lévitique 25 v 25 à 28 )

A propos des étrangers : Et tu ne grappilleras pas ta vigne, ni ne recueilleras les grains tombés de ta vigne ; tu les laisseras pour le pauvre et pour l’étranger. Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu. […] Si quelque étranger séjourne avec toi dans votre pays, vous ne l’opprimerez pas. L’étranger qui séjourne parmi vous sera pour vous comme l’Israélite de naissance, et tu l’aimeras comme toi-même ; car vous avez été étrangers dans le pays d’Égypte.
(Lévitique 19 v 10 et 33-34)

Donc bon tu me dis que polythéisme et monothéisme se ressemblent je veux bien mais il faudrait développer un peu plus ton opinion parce que pour l'instant je ne vois pas vraiment ce qui peut te faire dire ça, ils me semblent au contraire radicalement opposés...


PS désolée c'est un peu long, j'ai essayé de faire des paragraphes et mises en évidences pour que ça soit plus facile à lire...

Edité Jeudi 27 septembre 2007 :20:07 par Eli


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Fantôme chouette ou chouette fantôme ?
Gütiokipänjä !!!
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Hallberg
(@hallberg)
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C'est tellement bien dit que je n'ai pas beaucoup à rajouter. Il ne faut pas se laisser griser par l'élégance des métaphores (le coup du diamant...). Une telle analogie fait complètement passer à la trappe la distinction fondamentale entre religion propitiatoire/pragmatique et religion de salut avec implications philosophiques et morales.


Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler


   
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