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Paul
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Luctérios a écrit Bon Hallberg a répondu avec son intelligence et son érudition coutumière au message précédent qui m'a pas mal choqué,...

Cela fait toujours cet effet quand je lance ce type de sujet. Je ne prends pas de pincettes avec les régimes dictatoriaux, rassurez vous. Mais j'estime mon questionnement légitime. Si j'essaye de faire des distinctions entre les régimes politiques, c'est pour pouvoir en parler plus clairement. Cela afin d'interpeller les gens sur notre propre histoire politique. Ce n'est à mon avis qu'en ayant une conscience approfondis de l'histoire de notre propre forme de gouvernement que nous pourrons éviter les bourdes du type de celle des EU en Irack. Une des raisons de ce chaos n'est elle pas qu'ils ont essayer d'imposer une solution à un peuple qui n'était pas près à l'accepter? Je trouve que nous oublions un peu vite que nous même n'y sommes pas arrivé d'un coup et que, ne serait-ce dans les deux derniers siècles, nous avons eu une histoire politique mouvementé. Il me semble aussi légitime d'aller plus loin et de se demander la part que des génis politiques tel que Louis XIV et Napoléon (tous deux classés comme "dictateur" ) ont dans la forme de notre gouvernement. Une bonne partie de notre code civil provient encore du "code Napoléon". Dans le même ordre d'idée la démocratie n'est pas sans danger, Hitler a été appelé à former son gouvernement après des élections démocratiques, ainsi que beaucoup des dictateurs actuels. Comment peut on (doit on?) intervenir de l'extérieur?

Je n'ai malheureusement pas l'érudition nécessaire pour développer moi même ces sujets.

Luctérios a écrit ...La réalité, c'est que, tout de même la déclaration des droits de l'homme était sûrement un progrès par rapport à ce qui a pu exister avant, encore que... Cette même déclaration n'a pas évité l'éclosion des totalitarismes et c'est en cela qu'elle était morte née, parce que coupée de sa source divine...

Juste avant il y eu l'expérience des Républiques Guaranis fondées en Amérique du Sud par les jésuites et qui ont fonctionnées de manière exemplaire pendant un siècle et demi. Totalement démocratiques dans leur fonctionnement politique, totalement communistes dans leur gestions économique. Tous avaient un profond sens du bien commun, s'appuyant sur l'enseignement des évangiles. Est il possible de faire fonctionner ce type de société en dehors de cette relation divine commune? Les soviétiques le pensaient on a vu le résultat. Mais la question demeure.
Notre société est en grande partie fondée sur l'individualisme et l'égoïsme, sans doute pas totalement consciement. Mais dans les faits la solidarité repose sur l'état et est de ce fait déshumanisée. Si il en était autrement je pense que le problème des discriminations se poserait différement. Il me semble me rappeler qu'au moment de l'afflue des boats people vietnamien il y avait eu un essai pour les répartir sur tout le territoir en faisant appel aux organisations caritatives. Devons nous nous interdire ce type de réflexion à cause du principe de libre circulation des personnes? Si on ne le fait pas on est confronté à des situations comme celle des immigrants qui sont restés dans le nord après la fermeture de Sangatte et qui sont toujours en situation illégale mais qui ne veulent pas s'intégrer chez nous car ils estiment, sans doute justement, qu'ils ont plus de chance de s'intégrer dans un pays dont ils parlent la langue. D'où mon questionnement précédent:

Paul a écrit Il me semble incontournable qu'il y ait des quotas d'immigrations d type de ceux du Canada. Pourquoi les pays riches ne se répartiraient pas l'accueil des immigrés, ne serait-ce que parcequ'il est plus facile d'intégrer un étranger qui parle déjà la langue de son pays d'accueil?
Je sais on se heurte aux belles idées du pays des droits de l'homme....

Mais pragmatiquement, comment peut on gérer cette afflue de population du sud dans les meilleurs conditions? Et éviter les drames qui se passent quotidiennement à la frontière Marocaine, au large de l'Espagne et de l'Italie. Ne devrait on pas rétrocéder aux pays limitrophe ces enclaves européennes de l'Afrique du Nord qui attirent ces clandestins? Encore une idée pragmatique qui se heurte au principe international de l'intangibilité des frontières. Cela a été fait pour les pieds noir et les grecques d'asie mineur. Cela n'a pas été fait pour Chypre ni pour l'Irlande et regardons le résultat, encore qu'aujourd'hui l'espoir soit grand que ces communautés arrivent de nouveau à vivre ensemble. Comme par hasard cela a pris à peu près la durée d'une génération.

J'espère que ce développement rendra mes interrogations plus intelligibles et moins choquantes.

Edité Lundi 9 avril 2007 :22:03 par Paul


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Lucterios
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Euh, je ne vois vraiment pas ce que vient faire le problème nord-irlandais dans la question de l'immigration. Quant à traiter Louis XIV (ou même Napoléon, à la limite) de dictateur au sens mussolinien du terme (c'est ainsi que tu le vois n'est-ce pas ?), c'est à la fois une approximation globale et un raccourci totalement inacceptable d'un point de vue historique !

La société louis-quatorzienne était faite de pouvoirs et de contre pouvoirs qui ne peuvent la faire assimiler à celle d'une quelconque république bananière ! Il y avait la noblesse, le clergé et ses différents ordres, les corporations, les provinces, etc... N'oublions pas non plus que le Roi avait des devoirs chrétiens à rendre envers Dieu et son peuple.

Quant au régime napoléonien, il était certes très autoritaire. Il peut à la limite être qualifié de dictature au sens romain, mais attention de ne pas le confondre avec, je ne sais pas, moi la Corée du Nord pour prendre un cas limite.

Quant au problème de l'immigration, il est extrêmement complexe et je n'ai pas du tout envie de l'évoquer, surtout en période électorale ou nombre de candidats en ont fait leur cheval de bataille...


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Paul
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(@paul)
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Lucterios a écrit Euh, je ne vois vraiment pas ce que vient faire le problème nord-irlandais dans la question de l'immigration.

Les nationalistes irlandais accusent bien les anglais de les avoir "colonisé". Le rapport est tout simplement celui d'une population immgrée qui a refusé de s'intégrer. Pour régler le problème, les anglais auraient pu lors de la création de la république irlandaise évacuer tout leurs ressortisants comme la france en Algérie.

Mais arrêtons la, je comprends tout à fait que tu ne veuilles pas poursuivre cette discussion en période électorale.

Lucterios a écrit ...
Quant au régime napoléonien, il était certes très autoritaire. Il peut à la limite être qualifié de dictature au sens romain, mais attention de ne pas le confondre avec, je ne sais pas, moi la Corée du Nord pour prendre un cas limite...

Loin de moi cette idée. Je suppose que mon interrogation première concerne la stabilité et les possibilités d'action politique que confèrent un règne long. Ce dont nous avons éventuellement profité, et de la nécessité (ou non) de telles périodes pour fonder une nation.

Pffiew, difficile pour un néophite de discuter avec un spécialiste, il y a toujours des problèmes de language. J'ai le même problème avec mon professeur préférer (mon épouse) mais la il s'agit d'économie..


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Lucterios
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Attention justement aux mots que tu emploies : en Irlande du Nord, il ne s'agit pas "d'immigrés", mais de colons. Ils se fichent pas mal de "s'intégrer" à l'Irlande catholique qu'ils méprisent ! Ils se considèrent comme de loyaux sujets de la Couronne, alors que les autres sont des rebelles, nuance.

Quant à comparer la situation irlandaise à celle de l'Algérie, non. La question irlandaise remonte au XVII e siècle, au moins. Le drame algérien est bien plus récent. Il n'y rien de commun entre les deux situations. Tout cela est d'ailleurs bien trop complexe pour être analysé en deux mots...


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Hallberg
(@hallberg)
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C'est une assez mauvaise surprise de constater que tu n'as pas pris acte de mes propres objections. Je ne reviens donc pas sur le contenu explicite de tes dernières interventions, j'attends de connaître tes objections à mes objections...

Je ne me permets qu'une remarque sur le contenu explicite. Je pense que c'est totalement involontaire de ta part, puisque tu avoues être néophyte, mais il se trouve que tes propos, notamment ceux portant sur l'histoire politique, sont absolument pleins de ce que l'on appellerait des raccourcis ravageurs, des clichés répandus et autres simplifications outrancières. Je crois qu'au delà de tes intentions, excellentes je n'en doute pas, ton propos pourrait par moments être interprété dans le style "j'y connais rien mais je me permets quand-même d'avoir ma petite idée dessus". Naturellement je me doute bien que ce n'est pas ton propos, mais dans la société civile actuelle, ce sont parfois ces raccourcis qui, au nom de la supposée sagesse collective, font que le pékin moyen prend des positions parfois radicales sur un sujet alors que ses principaux appuis sont l'opinion, l'idée-reçue, les craintes et espoirs collectifs... Naturellement je ne doute pas que tes propres développements, contrairement à cette tendance malheureuse, ne sont proposés qu'à la discussion. Néanmoins je me permets de te recommander une réelle prudence, et d'alimenter ta réflexion de façon vraiment plus aboutie, parce que sauf à entrer dans cette mentalité "le bon sens populaire", il se trouve, et j'en suis navré, que des éléments du style "les quotas ne sont peut-être pas si mauvais puisque les canadiens le font" ou encore "la démocratie est peut-être dangereuse puisque les nazis sont arrivés démocratiquement au pouvoir" (qui ne sont ni du faux absolu ni du vrai absolu, mais simplement du court-circuitage de l'essentiel de la "matière à interrogation" et donc, des raccourcis dangereux pour la méthodologie de la pensée) peuvent très, très facilement irriter ceux qui se donnent pour éthique personnelle de ne pas céder à ce genre de facilités. Je crois sincèrement qu'il n'y a pas de notions historiques "faciles". L'histoire est une complexité, l'histoire est difficile, et pour moi, être néophyte, ce n'est pas espérer saisir quelques concepts plus faciles que les autres. C'est bien plus avancer très prudemment et très lentement vers des concepts forcément nuancés, complexes, délicats à tout point de vue.

Si ça peut te rassurer, Lucterios et moi n'avons rien de spécialistes. Lucterios est littéraire et moi je suis géographe-musicien. L'histoire politique est celle qui m'intéresse le moins et mes propres connaissances sont largement insuffisantes pour passer ne serait-ce qu'une licence, ça ne fait donc pas de moi un "spécialiste". Mais sur ce que je connais, je m'efforce de me documenter le plus régulièrement posssible (parce que ça entraine les cellules grises) et surtout, je tente d'astreindre ma pensée personnelle à une certaine méthodologie et à une discipline la plus rigoureuse possible. Les rencontres et les gens qui débusqueront les simplifications et les idées reçues dans mon raisonnement me font progresser. À ce stade je refuse qu'on me prenne pour une référence sous prétexte qu'on m'a demandé de m'occuper du forum, néanmoins je crois que rappeler prudence, méthode, remise en question de ce qui parait trop simple, peuvent être recommandées.


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Paul
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Hallberg a écrit C'est une assez mauvaise surprise de constater que tu n'as pas pris acte de mes propres objections. Je ne reviens donc pas sur le contenu explicite de tes dernières interventions, j'attends de connaître tes objections à mes objections...

Je ne suis pas sur d'avoir saisis tous les points auquels tu fait allusion, mais je vais essayer d'y répondre plus loin.

Hallberg a écrit Néanmoins je me permets de te recommander une réelle prudence, ...des éléments du style "les quotas ne sont peut-être pas si mauvais puisque les canadiens le font" ... peuvent très, très facilement irriter ceux qui se donnent pour éthique personnelle de ne pas céder à ce genre de facilités.

Je trouve dommage que cela puisse énerver aussi facilement, car cela concerne beaucoup de monde. Je reconnais le caractère primaire de ce style de phrase, mais comme elles sont dans tous les discours actuellement, si ceux qui les emploient pour débuter une réflexion se sentent trop vite rejetés, la situation ne risque pas d'aller en s'améliorant. Je continue bien à discuter malgrès la présence assez régulière d'un certain anti-américanisme primaire que je sais être, par ma double culture, une simplification outrancière dans certains domaines.

Hallberg a écrit Je crois sincèrement qu'il n'y a pas de notions historiques "faciles". L'histoire est une complexité, l'histoire est difficile, et pour moi, être néophyte, ce n'est pas espérer saisir quelques concepts plus faciles que les autres. C'est bien plus avancer très prudemment et très lentement vers des concepts forcément nuancés, complexes, délicats à tout point de vue.

...Les rencontres et les gens qui débusqueront les simplifications et les idées reçues dans mon raisonnement me font progresser. À ce stade je refuse qu'on me prenne pour une référence sous prétexte qu'on m'a demandé de m'occuper du forum, ...

Je pense que c'est surtout la qualité de tes réponses qui est appréciée de tous. Et je suis tout à fait d'accord avec le point précédent. C'est parce que j'ai l'impression que je peux progresser dans le sens que tu dis que j'apprécis ce forum.

Sur le fond:

Hallberg a écrit ...Rendons obligatoire l'anonymat du CV et substituons à la lettre de motivation une sorte de dissertation, interdisons l'entretien, obligeons l'employeur à embaucher "en aveugle" uniquement sur la base d'un dossier écrit montrant les qualités intellectuelles... Condamnons l'employeur qui se débrouillerait quand-même pour rencontrer le candidat avant l'embauche...

Si l'idée du CV anonyme me semble intéressante pour réduire tous les cas de discriminations (race, sexe, age, etc.) Le reste me semble aussi simpliste que certains de mes propos.
Une des grandes avancée dans la non discrimination à l'embauche me semble justement la désintellectualisation des critères d'embauches. Je trouve très intéressantes les embauches faites autour de différents tests pratiques, directement liés au poste à pourvoir. Dans la mesure du possible ces tests sont basés sur des mises en situation réelle qui permettent de s'écarter des critères de choix basés sur des diplomes, la qualité de rédaction d'une lettre de motivation, etc. Ils permettent donc de rétablir une égalité des personnes face à l'embauche. Autre point, le marché du travail n'est pas constitué de cases anonymes que l'on pourrait remplir à l'aveugle, mais de demandes émanant de personnes humaines recherchant d'autres personnes ayant des compétences complémentaires et devant travailler dans la compréhension mutuelle vers un même but. Dans ce cadre il me semble impossible d'éviter la case entretien personnel. Bon cela représente une vision idéale qui est loin d'être appliquée partout. Mais il me semble que c'est un des principes à garder en ligne de mire.

Hallberg a écrit Il y a une distinction fondamentale: dans la démocratie, la loi est la mise en forme d'une maxime universelle puisqu'elle provient de la volonté générale.

La je ne suis plus d'accord du tout, la majorité n'a rien à voir avec l'universalité d'une proposition. Et la loi n'a rien d'universel. C'est une règle de vie en commun, et son adoption par une majorité n'est que la moins mauvaise solution de décider si oui ou non elle semble pouvoir participer efficacement au bien commun de la société. Si la sociologie était une science exacte, ce serait aux sociologues d'établir les lois nécessairent au bon fonctionnement de la société au temps "t". Avec toujours à l'esprit d'en réduire le nombre au minimum, afin d'assurer le maximum de liberté possible à chacun. Mais bon ce n'est pas le cas.

Si tu le permets, je voudrais bien revenir à mes simplifications outancières de certaines situations historiques. En réfléchissant sur ce qui m'a poussé à écrire ainsi, je pense y trouver d'abord une réaction à la simplification du discours actuel (médiatique, politique, intellectuel...) Mais je suis tombé dans le piège d'une discussion à chaud, c'est à dire que j'ai simplement pris à contre pied certaines "évidences de l'historiquement correct" pour faire réagir. Ce qui effectivement fonctionne mal sur un forum.

J'aimerai par contre essayer de continuer à discuter sur les sujet de la simplificaton des discours en politique et en histoire ainsi que sur les notions "d'historiquement et politiquement correct" Je me sens d'autant plus concerné que j'ai lu récement la correspondance que mon père entretenait avec sa jeune soeur pendant la 2eme GM. Ils avaient respectivement 19 et 16 ans. (ils sont tous les deux décédés) En résumer mon père écrivait à sa soeur qui était une gaulliste de la première heure, que tout n'était pas aussi simple, surtout si on voulait éviter l'éclatement de la France. Embarqué à bord d'un escorteur, il avait vécu Mers-El-Kébir et au moment de l'invasion de la zone libre s'était retrouvé aux Etat-Unis où il avait assisté aux haines franco-française entre les marins FFL et ceux qui étaient restés jusque là fidèle à Vichy. Ce sont ces lettres qui m'ont amené à réfléchir sur le fait que "c'est le vainqueur qui écrit l'histoire". Ce que je ne peux que constater après avoir lu mes livres d'histoires du lycée. (Fallait bien commencer quelque part) Depuis je me suis rendu compte que ce n'était pas facile de trouver des réflexions sur ce type de sujet, même avec internet. Si vous avez des propositions je suis preneur.

Edité Mercredi 11 avril 2007 :23:38 par Paul


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Hallberg
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Paul a écrit Je trouve dommage que cela puisse énerver aussi facilement, car cela concerne beaucoup de monde. Je reconnais le caractère primaire de ce style de phrase, mais comme elles sont dans tous les discours actuellement, si ceux qui les emploient pour débuter une réflexion se sentent trop vite rejetés, la situation ne risque pas d'aller en s'améliorant.

Alors là, c'est quoi, ça, maintenant? Parce que c'est dans le discours médiatico-politico-populiste, il faudrait en tenir compte? Il faudrait considérer que les gens qui n'ont pas le courage de se servir de leurs neurones et se contentent de prendre acte et de reprendre ces concepts schématiques pour esquisser des discussions au raz des paquerettes, c'est de la pensée? Il faudrait accepter d'abaisser une partie des débats parce que les simplifications outrancières, c'est la seule chose que les "petites gens" ont pour alimenter leur cerveau? Mais on est à la limite de l'anti-intellectualisme, là! Alors les gens du forum, ils valent mieux que ça. Si ça part sur ce mode de pensée, franchement, je ne vois pas ce qu'on fait là. Allons dans le café le plus proche, ou faisons de l'histoire et de la philo en lisant les journaux, pendant qu'on y est.

Mais je suis tombé dans le piège d'une discussion à chaud, c'est à dire que j'ai simplement pris à contre pied certaines "évidences de l'historiquement correct" pour faire réagir. Ce qui effectivement fonctionne mal sur un forum.

Et comment que ça fonctionne mal. Et puis quoi, encore? Prendre volontairement le contre-pied d'un propos simpliste par un autre propos simpliste en voulant faire réagir, si ce n'est pas une méthode purement médiatico-politicienne... Je n'ai que faire des fadaises de l'appareil médiatico-politicard dont on abreuve les victimes de la paresse intellectuelle dominante et puisque je suis dans un forum, je prends la liberté de manifester un réel dédain pour qui se croira obligé d'en tenir compte.

Je continue bien à discuter malgrès la présence assez régulière d'un certain anti-américanisme primaire que je sais être, par ma double culture, une simplification outrancière dans certains domaines.

Sujet intéressant. Dans les simplifications les plus courantes, on trouve dans les deux camps le même syndrôme. Il est très facile de se faire taxer d'anti-américanisme si l'on met en doute le bien fondé d'importer tel ou tel fait culturel, économique ou politique. Je suppose que de l'autre côté, quiconque le fait par rapport à un truc censé être importé d'Europe, peut être taxé par certains d'anti-européen... Sont régulièrement "accusés" des gens qui sont très loin de l'authentique xénophobie (qui consisterait à considérer une civilisation comme étant supérieure, intrinsèquement, à une autre), mais ne cautionnent pas les phénomènes d'émulation. Autant le dire à beaucoup de monde qui ne semblent pas s'en rendre compte, ne pas considérer la civilisation américaine comme un modèle ni comme un repoussoir, mais seulement comme une autre civilisation qui ne doit pas appeler plus qu'une autre un rapport de comparaison, ni d'émulation, ni de mépris, n'est pas le début du pro ou de l'anti-américanisme. Si je dis que je suis européen et que j'ai mon mode de vie et de pensée qui n'est pas celui de mes voisins d'outre-Atlantique, hé bien, pour certains, ça suffit à me rendre potentiellement anti-américain. Triste réalité dont tout le monde, et pas que Paul, peut sentir les effets dans le corps social.

La je ne suis plus d'accord du tout, la majorité n'a rien à voir avec l'universalité d'une proposition.

Totalement. Le principe de la majorité n'est, malheureusement, qu'une solution nécessairement imparfaite pour tenter de s'éloigner le moins possible du bien commun, et l'universel est un absolu que les sociétés humaines poursuivent sans l'atteindre. Néanmoins, sauf à cautionner le cynisme en politique, il se trouve que c'est là l'un des rares cas où pour l'instant le pragmatisme semble difficile à éviter: en l'absence de mieux, la démocratie par représentation est le truc dont on se sert... Théorie comme expérience prouvent que jusqu'à présent, le reste entraine une plus grande restriction des libertés individuelles. La plupart des théories de la "remise en cause" du modèle de la démocratie par représentation aboutissent à une forme de cynisme...

Ce sont ces lettres qui m'ont amené à réfléchir sur le fait que "c'est le vainqueur qui écrit l'histoire". Ce que je ne peux que constater après avoir lu mes livres d'histoires du lycée.

ça n'est pas mal intentionné mais naturellement, aucune réflexion historique digne ne peut se fonder là-dessus. L'école n'est que ce qu'elle est et nous sommes bien d'accord pour dire que l'enseignement historique dispensé est riche en absurdités. L'histoire est écrite par les historiens, et même si dans les institutions (scolaire, politique...) l'histoire dite officielle est effectivement écrite, dans pas mal de cas, par le camp des vainqueurs, la recherche historique dans les pays à peu près convenables du point de vue de la liberté d'expression est encore le fait des historiens. Historiens qui, actuellement, progressent vraiment par un travail de remise en cause des "vérités acquises" qui n'en sont naturellement jamais. Il y a clairement des réflexes de protection de la part de la sphère politique, des lois "mémorielles" qui ne sont pas du tout à l'honneur de la France, à des choses qui, partout ailleurs, sont encore plus iniques. Les simplifications vont bon train et, personnellement, si je parviens à n'en être pas la victime, je n'admets d'en tenir compte que pour les battre en brèche, ce qui au fond est très facile.
Il n'en reste pas moins que l'histoire, Dieu merci, peut encore être le fait des historiens qui ne sont ni des vainqueurs ni des vaincus, ne serait-ce que dans les revues historiques grand public. Des livres scolaires, rien à tirer, mais ce n'est ni une surprise, ni une nouveauté, et je suppose que je ne vous apprends rien.


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Lucterios
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Juste une petite précision qui me paraît utile (J'ai encore deux ou trois papelards dans mes archives, à peu près sans importance, mais qui me permettent tout de même de ne pas raconter trop d'idioties sur ce sujet précis...)

Sur la question épistémologique du travail historique :

Il est évident que le problème premier qui se pose à l'historien est celui des sources. Elles sont partiales et bien souvent partielles. On nous apprend à tenir compte de l'homme (il s'agit le plus souvent d'hommes, malheureusement, en cela la vision que l'on a du passé est d'emblée imparfaite !), de son milieu social, de son éducation, etc...

Les sources de l'histoire antique nous sont connues par des les écrits d'hommes issus de milieux cultivés et aristocratiques. Vous chercherez vainement le point de vue de la paysanne de Thessalie, par exemple, sinon à travers certains fantasmes littéraires. Je ne m'étendrais pas là-dessus, cela nous entraînerait bien trop loin.

Sur le fait que ce sont les vainqueurs qui écrivent l'histoire, sans doute. Nous ne possédons pas le point de vue carthaginois sur les guerres puniques et encore moins une trace gauloise de la conquête de notre pays par l'Empire romain. C'est le genre de choses qui m'a posé suffisamment de problèmes dans le passé, pour que je puisse en parler avec une relative sérénité. J'ai recherché dans des sources médiévales en provenance des Celtes insulaires quelques bribes du passé, mais le tout ne nous est parvenu que sous forme symbolique et mythique. La réalité, c'est que les Celtes se moquaient pas mal de l'histoire au sens où l'a définie Hérodote et préféraient une pensée que nous qualifierions aujourd'hui de magique et qui rejoint celle de l'Inde : le naturel n'est que l'expression du surnaturel. Nous disons aujourd'hui que l'inconscient prime sur le conscient. C'est en cela que cela rejoint la vision platonicienne sur la manière d'appréhender le passé par le mythe !

Ai-je besoin de spécifier quelles sont ces sources au Moyen-Age ? Seuls des clercs, ou presque ont écrit l'histoire, du moins jusqu'au développement d'une bourgeoisie cultivée à la fin de la période. Quant à utiliser des sources littéraires qui sont parfois le fait de femmes (Marie de Champagne), je sais, je l'ai fait, mais ce n'est guère évident. Justement, j'ai cherché dans ma maîtrise à redécouvrir l'image de la société anglo-normande à travers une oeuvre épique du XII e siècle, mais comme le titre l'indique, il ne s'agissait que d'une image, n'est-ce pas ?

Bon, je vais en rester là sur le problème des sources. Que l'histoire soit subjective, tout le monde l'aura compris ! Maintenant, la discipline historique revendique le titre de science au même titre que la biologie et non (comme autrefois chez les Anciens) le simple nom de discipline littéraire... Elle se veut suffisamment éloignée de son sujet pour parvenir à l'émergence de concepts qui lui font entrevoir des faits et non la vérité, comme le rappelle ce bon Docteur Jones (vous savez le type mal rasé avec un chapeau, là ?)

Il ne faut pas se leurrer. L'historien aussi est victime de ses préjugés, et plus encore des limites philosophiques imposées par le paradigme dans lequel il se meut. Nous sommes passé d'un paradigme chrétien à un paradigme humaniste. Ensuite, nous sommes arrivés à celui des Lumières. Plus tard est venu le positiviste et maintenant, nous sommes dans une sorte de paradigme relativiste qui nous fait parfois prendre des vessies pour des lanternes. Bon, je simplifie à outrance. Il est évident que vous n'allez pas lire de la même façon un historien marxiste, ou un autre, issu de la nouvelle histoire, un anglo-saxon pragmatique ou un Espagnol catholique. Tenez, vous n'assisterez pas non plus de la même façon au cours d'histoire de la Révolution française à Paris I qu'au même dispensé à Paris IV. Je ne vous parle même pas des façons divergentes voire contradictoires dont le Moyen-Age est abordé. Et l'histoire antique aussi. Un jour, j'ai assisté à l'éloge en règle de l'impérialisme romain par une historienne ou prétendue telle se permettant de faire des digressions sur la situation actuelle (du fait des capacités assimilatrices de Rome). Elle n'avait que pour vague excuse le fait d'être d'origine italienne. Bon, comme j'en ai rien à faire de toutes ses âneries et que je n'ai pas digéré ma langue anéantie et mon peuple réduit en esclavage, cela m'a fait littéralement bondir ! D'ailleurs aujourd'hui, je suis obligé de m'exprimer dans un idiome abâtardi tiré du bas-latin, mais je n'ai pas le choix...

Sinon, ces choix philosophiques et ces querelles épistémologiques, je peux vous dire que j'en ai mangés... Entre ceux qui soutenaient mordicus que les Celtes insulaires n'avaient rien à voir avec leurs cousins continentaux et que donc, il était vain d'utiliser des sources médiévales irlandaises (d'autant plus suspectes qu'elles avaient été rédigées par des chrétiens, donc supposés opposés évidemment aux païens) et les autres qui n'étaient pas capables justement d'aborder sereinement la façon mythique et proche de la pensée indienne dont les Celtes voyaient le monde, je n'en pouvais plus. Ecoeuré, je n'ai jamais rendu mon D.E.A. et je n'ai pas poursuivi mes études...

Alors ma foi, les petites querelles sur l'histoire supposée officielle et quoi donc ? La vérité ? Honnêtement, cela me fait bien rire...

Edité Jeudi 12 avril 2007 :03:02 par Lucterios


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