Tu me fais sourire. Je suis en ville présentement, parce qu'il le faut bien. Je suis retournée faire un tour chez mes parents dernièrement et, quand nous sommes allés dormir à leur chalet, il y a un soir où on n'avait pas fermé les stores dans la pièce où je dormais et, à un moment donné où je voulais aller à la salle de bain, j'ai mis mes lunettes (je ne vois strictement rien sans lunettes ou verres de contact) et j'ai vu le ciel étoilé. Je l'avais déjà vu, évidemment, mais pas depuis des années et je suis restée bouche bée. Je ne pouvais plus détacher mes yeux du ciel tellement j'étais ébahie.
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
Ben oui, moi aussi je suis en ville pour le boulot. Mais j'ai bien en tête l'idée de m'éloigner des lampadaires des villes la prochaîne fois que je déménage !
Ca me fait plaisir que tu apprécies le spectacle ! Ca fait partie de mon rôle, en tant que membre d'un club d'astro, de montrer au gens l'intérêt de lever les yeux au ciel. Ca déborde un peu malgré moi sur ce forum, je suis désolé pour ceux qui n'apprécient pas.
Une anecdote en passant : tous les ans, en France, les clubs d'astro organisent "La nuit des étoiles". Elle a lieu la même nuit partout en France. C'est une soirée destinée au grand public, pour leur permettre de découvrir l'astro, pour s'initier, pour échanger des techniques, etc ... Eh bien l'an dernier, sur la pelouse où nous faisons ça habituellement, il y avait plein de petits goupes de personnes éparpillés un peu partout, allongés dans l'herbe, qui restaient là, les yeux dans le ciel, à contempler les étoiles. Je me suis dit "ceux-là, ils ont tout compris !". 
-Edité le: Mercredi 24 mai 2006 à 14:46 par Fung-
A bientôt ... 
Fung
Pour la nuit des étoiles, l'été dernier, j'étais avec mon fils (3 ans à l'époque) et ma fille et la meilleure amie de ma fille (5 ans à l'époque) sur le capot de ma voiture.
Il faisait un froid de chien (étonnant à cette époque) et je les avais emmitouflés dans un duvet. On a passé 1 heure à regarder les étoiles filantes et les différentes constellations que je connaissais (très très peu en réalité) la Grande Ourse, Cassiopée, la Petite Ourse (et je crois que c'est tout, désolée Fung !). Mais on a passé un moment très agréable que l'on aurait pas pu avoir en ville.
J'ai fait partie d'un club d'astronomie, quand j'étais au lycée puis en prépa à Lyon. En dépit du fait que nous avions notre local dans un endroit privilégié par rapport à beaucoup de nos collègues citadins aussi (sur le toît-terrasse d'un bâtiment, lui-même sur l'une des collines qui encradrent le centre-ville), nous avions des conditions d'observation fort médiocres. D'ailleurs, nous avions recentré le plus gros de l'activité sur l'observation de la Lune et du Soleil, parce que le reste, il fallait se déplacer loin avec le matériel pour voir quelque-chose. L'astronomie n'est pas quelque-chose que l'on peut pratiquer en ville. Du reste, dans l'obervation solaire (qui évidemment se fait par instruments interposés), tout prend un caractère très scientifique, le côté esthétique est très en retrait. Des gens analysaient par exemple le spectre luminueux pour en déduire des informations de composition chimique de l'étoile, etc. Dans ces conditions, même si ça m'intéressait, n'étant pas compétent sur le côté scientifique et sur le matériel électronique et informatique, je reprenais la rédaction des dossiers pour les mettre en forme et je bricolais la partie mécanique des instruments. D'autre-part je faisais le guide lors des manifestations publiques, je m'étais attiré un certain succès avec une expo sur les croyances liées à la Lune. Tout ça m'amusait, mais je pense que j'aurais plus goûté le plaisir contemplatif de l'astronomie si on avait pu, plus souvent que deux fois l'an, aller planter des lunettes dans un pré loin de toute lumière artificielle pour se contenter de profiter du spectacle. L'astronomie en ville, faut vraiment, vraiment, le vouloir. Même si je n'y faisais pas fondamentalement des choses qui ne me plaisaient pas, sans l'ambiance, la convivialité, je ne serais pas resté longtemps. À la campagne, ça aurait probablement été fort différent.
Pour le reste il faut se rendre à l'évidence, l'habituelle confrontation du citadin et du rural qui tentent de se persuader que c'est mieux chez eux est infantile et revient à ne pas comprendre que chaque mode de vie correspond à celui qui l'a choisi - quand il l'a choisi. Sur ce point, néanmoins, j'ai connu quelques cas malheureux, de personnes faisant des études pour exercer un métier plutôt citadin (genre professeur d'université) alors qu'ils n'avaient pas envie de vivre en ville.
Pour ma part, j'ai mes habitudes et mes exigences, et je ne me laisse pas convaincre que la campagne, c'est mieux, ni que c'est moins bien. C'est un mode de vie, voilà tout. Pour l'instant, il est fort improbable que je me trouve bien en milieu rural, et même dans une ville moyenne. J'ai des habitudes très liées aux grandes villes, en dehors des raisons professionnelles:
- Je fais de la musique classique, c'est en ville que se trouve l'enseignement, la recherche, les bibliothèques possédant des collections dans ce domaine, ainsi que la plus grande concentration d'autres praticiens pour monter des projets;
- Je veux pouvoir aller à l'opéra, je n'imagine pas me contenter du disque, de la vidéo et d'un ou deux spectacles vivants par an seulement; et quand j'achète des disques, c'est en général des trucs assez pointus qu'on ne trouve pas partout;
- J'aime les vieux films, et j'aime avoir le choix de voir les films modernes autres qu'européens et américains, possibilité offerte principalement en ville;
- J'aime me déplacer à l'heure que je veux, or sans voiture ça n'est pas possible ailleurs;
- J'aime les livres, et notamment je cours tout le temps après des ouvrages très spécialisés qu'on ne trouve que dans des librairies très particulières, sur le cinéma, les trains, l'histoire, etc, et j'estime toujours que le contact avec le libraire et la possibilité de feuilleter, de flaner dans la librairie ne peut pas être remplacée par un quelconque mode de vente à distance, sans compter les délais;
- Je ne pratique pratiquement pas de sport;
- J'aime les musées et les expositions, etc.
Donc ces aspects-là ont été prioritaires, dans la mesure où maintenant, entre les efforts de rééquilibrage et d'aménagement du territoire et autres, et les moyens de communication modernes, on peut avoir plein de choses à la campagne, mais en acceptant des compromis (par exemple, avoir la télévision cablée plutôt que d'aller dans les salles, etc).
En revanche:
- J'aime regarder le ciel, même si scientifiquement j'y connais rien;
- J'aime les chats et les oiseaux;
- Je déteste la chaleur, qui est étouffante, moite et sale en ville, l'été;
- J'aime l'architecture rurale et le patrimoine régional;
- J'aime dormir, et on dort mieux quand il n'y a pas de bruit;
- j'aime observer le travail des artisans et des agriculteurs;
Ces critères sont pour l'instant secondaires, donc je suis obligé de les sacrifier ou de faire des compromis que je ne ferais pas sur d'autres choses.
J'aime voyager à la campagne, mais vous me direz, en citadin, genre, au lieu des dix kilomètres à pied, se faire appeler un taxi à la gare la plus proche, et en limitant le nombre ou la durée des déplacements en fonction du coût. Après, le rhume des foins me dissuade d'aller à la campagne à certaines saisons, ça c'est un handicap sanchant que les citadins sont plus sujets aux allergies que les autres...

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Excuse-moi, Hallberg, si je t'ai fait croire que je renvoyais la ville et la campagne dos à dos. J'ai été plus longtemps citadine que campagnarde pour l'instant et j'apprécie de revenir dans ma ville.
Par contre tes besoins ne sont pas forcément spécifique à LA ville mais à UNE (ou deux) ville(s) bien ciblée(s), pour moi Paris ou Berlin. Les autres villes sont beaucoup plus pauvres pour répondre à tes besoins.
Quant au sport, pour moi c'est un peu de Groove (parcequ'il n'y a rien d'autre et qu'on s'y fait et que je ne l'écoute que dans mes cours) et surtout de la lecture, du jardinage et les visites chez les copains (on ne les prend pas loin pour ne pas avoir à faire trop de Km)
Quant à l'astronomie, il y a des associations qui viennent par chez nous de toute la France pour voir les étoiles (plateau de 900m de hauteur). Mais Montpellier arrive à faire de la pollution lumineuse même à 60 Km de la ville. Enfin tout est relatif et le ciel est plus dégagé qu'en ville, c'est sûr.
Mon mari, qui est chauffeur de bus à Montpellier, fait les 45Km aller et retour pour avoir le beurre et l'argent du beurre (et la crémière quand il arrive à la maison
)
Tout à été réfléchi et choisi pour notre part. On a eu de la chance de pouvoir le faire.
Marrant. Je ne sais pas si ça se voit sur ma figure
mais effectivement, si beaucoup savent que j'habite à Paris, il est moins évident pour ceux à qui je n'en ai pas parlé que Berlin est une autre des villes de ma vie. En plus petit, néanmoins, j'ai vécu longtemps à Lyon et j'envisage totalement de m'y ré-installer si besoin. Lyon, Berlin puis Paris, dans l'ordre chronologique de découverte, voilà effectivement mon petit univers, minéral et pollué
. Il y a plein d'autres endroits que j'ai trouvé très chouettes, plein d'autres où je voudrais aller, mais pour l'instant, c'est là que je me sens à la maison.
Après, si j'avais des enfants, je couperais probablement la poire en deux en me souvenant de ma propre enfance. J'étais bien content d'habiter sur une rue à la circulation très limitée où l'on pouvait jouer, un bois que nous avions truffé de cabanes, et une école dont la cour de récréation, ouverte à tous vents, comportait des pelouses, des arbres, un ruisseau (dans lequel nous faisions des barrages, on se faisait engueuler quand on les laissait déborder) et un gros rocher.
-Edité le: Mardi 6 juin 2006 à 00:43 par Hallberg-

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Sur ce point, néanmoins, j'ai connu quelques cas malheureux, de personnes faisant des études pour exercer un métier plutôt citadin (genre professeur d'université) alors qu'ils n'avaient pas envie de vivre en ville.
Bien, ça me ressemble ça
. Mais j'avais l'intention de vivre en retrait de la ville et de voyager plus, tout simplement.
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
de criscros :
On a passé 1 heure à regarder les étoiles filantes et les différentes constellations que je connaissais (très très peu en réalité) la Grande Ourse, Cassiopée, la Petite Ourse
Si tu connais Cassiopée, tu peux facilement trouver Andromède (à droite de Cassipée sur la photo, on ne lit que "And", le reste est coupé).

Et dans cette constellation, il y a la galaxie qui porte le même nom (galaxie d'Andromède ou M31 pour les connaisseurs). Sur la photo, c'est le ovale rouge en haut à droite. L'avantage de cette galaxie c'est qu'on peut la voir à l'oeil nu en campagne, et avec des jumelles de base en ville (si, si, je l'ai fait en plein Paris !)
A bientôt ... 
Fung